Coulée-de-serrant

Coulée-de-serrant
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1952 (DGC) et 2011 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Anjou
Localisation Savennières (Maine-et-Loire)
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 845 heures (à Angers)
Sol schistes
Superficie totale 6,87 hectares
Nombre de domaines viticoles 1 (monopole)
Cépages dominants chenin B[note 1]
Vins produits blancs secs, demi-secs, ou moelleux
Production 150 à 190 hectolitres selon l'année
Pieds à l'hectare minimum 5 000 ceps/ha[1]
Rendement moyen à l'hectare 20 à 30 hl/ha

Une coulée-de-serrant[note 2] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur le lieu-dit de la coulée de Serrant (47° 23′ 32″ N, 0° 38′ 15″ O), sur la commune de Savennières en Maine-et-Loire, rive droite de la Loire, en aval d'Angers. Cette appellation, enclavée dans l'AOC savennières, fait partie du vignoble de la vallée de la Loire.

L'AOC a été reconnue initialement par décret le , initialement dénommée « Savennières Coulée de Serrant »[2].

Histoire

Le vignoble de la coulée de Serrant est réputé avoir été planté en 1130 par des moines cisterciens[1]. Il a été longtemps la propriété du seigneur de Serrant (la famille de Brie-Serrant puis les Walsh de Serrant, au château de Serrant sur la commune voisine de Saint-Georges-sur-Loire), qui lui a laissé son nom.

En 1952, le savennières est reconnue comme appellation d'origine contrôlée (AOC), avec dans son aire de production les parcelles de la coulée de Serrant, dont la production a droit d'avoir sur l'étiquette et les déclarations le nom du lieu-dit[3]. Au tout début de la décennie 1980, le propriétaire en monopole de la Coulée, Nicolas Joly, découvre l'agriculture biodynamique (à partir du livre de l'occultiste autrichien Rudolf Steiner) et la teste sur une petite parcelle ; en 1984, il fait passer tout son domaine en biodynamie[4].

Par le décret du , l'appellation spécifique « Savennières Coulée de Serrant » est créé[2], modifiée en « Coulée de Serrant » par le décret du [1].

Vignoble

Image externe
Orthophoto du parcellaire de l'AOC

Le vignoble de la coulée de Serrant se situe en Anjou, au sud-ouest d'Angers en rive droite de la Loire, sur la commune de Savennières juste au sud du village d'Épiré. Il s'agit d'un vallon séparant le petit plateau d'Épiré et celui plus au sud de la roche aux Moines. En Anjou, une « coulée » est un vallon couvert de vignes ; d'où le mot « découliner », descendre une pente[5]. L'aire d'appellation comprend le « grand clos de la Coulée » (3 hectares et 98,5 ares, sur le flanc sud du coteau de Chambourreau), le « clos du Château » (85,5 ares, sur le versant en face, au sud du grand clos) et les « Plantes » (2 ha et 3 ares, montant sur le plateau de la roche aux Moines), pour une surface totale de 6,87 ha[1].

Le sous-sol est formé de formations schisteuses et schisto-gréseuses de l'Ordovicien supérieur au Dévonien inférieur[1], avec la présence de rhyolite sous forme de filons volcaniques. Le sol pentu du coteau est peu épais (20 à 40 cm), très caillouteux. Le seul cépage autorisé par le cahier des charges[1] est le chenin B[note 1]. La densité est de 4 800 à 6 700 pieds par hectare, renouvelés par sélection massale (pas de clone, conservant ainsi une diversité génétique).

Les inter-rangs d'une parcelle du Clos de la Coulée de Serrant : herbes et petites fleurs.

Du compost (produit par un troupeau d'une douzaine de bovins) est apporté aux vignes, complété par le pacage de moutons sur les parcelles en hiver ; au printemps, des poules limitent la prolifération des escargots, tandis qu'une dizaine de ruches assurent la pollinisation. Les traitements de la vigne sont limités : un peu de soufre et de bouillie bordelaise (cuivre et chaux) pour la protéger des maladies cryptogamiques ; pas de pesticide, d'herbicide ni d'insecticide chimiques, remplacés par des tisanes et des préparations biodynamiques[6]. Les inter-rangs et tournières sont laissés enherbés. Le rendement maximum autorisé est de 30 hectolitres par hectare pour les vins secs (rendement butoir à 35) et de 25 hl/ha pour les vins moelleux (rendement butoir à 30)[1]. Les vendanges manuelles se font en plusieurs tries sélectives, la récolte étant choisie surmûrie et souvent en partie botrytisée (touchée par la pourriture noble).

Vins

Bouteilles de coulée-de-serrant (Clos de la Coulée de Serrant, à gauche) et de savennières-roche-aux-moines (Clos de la Bergerie, à droite), du même producteur.

La fermentation se fait avec des levures indigènes (pas de levurage) et sans chaptalisation, ni débourbage, ni collage[7] ; l'élevage se fait ensuite en fût de chêne pendant six à huit mois, avec un apport de bois neuf limité (de l'ordre de 4 %), une filtration très légère et peu de sulfitage[8].

La production est de l'ordre de 20 000 à 25 000 bouteilles par an (variant selon l'année)[9], soit de 150 à 190 hectolitres (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl). Le domaine produit aussi du savennières-roche-aux-moines (cuvée « Le Clos de la Bergerie ») et du savennières (cuvée « Les Vieux Clos ») pour une production totale de l'ordre de 38 000 bouteilles[10].

Un coulée-de-serrant a une robe jaune dorée soutenue ; le nez évoque les fruits (plutôt le coing, mais aussi l'abricot, la pomme, la poire, ou le miel d'acacia, évoluant en vieillissant vers les fruits secs, la cire d'abeille et des touches minérales) ; la bouche est décrite comme onctueuse, le sucre étant équilibré par l'acidité et la minéralité. Les vins sont de longue garde, avec potentiel sur dix à vingt ans[10]. Selon le site du producteur, ce vin doit être ouvert 24 heures avant dégustation, carafé et servi à température de cave (13 à 15 °C)[7]. Il se marie « bien avec les viandes blanches en sauce, les poissons au beurre blanc ou même simplement avec un chèvre ou un vieux cantal »[9].

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « COULÉE DE SERRANT » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1625 du , modifié par le décret no 2015-1073 du publié au JORF du .
  2. Décret no 2011-1625 du relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Savennières Coulée de Serrant », publié au JORF no 0272 du .
  3. « Décret du 8 décembre 1952 portant délimitation de l'appellation d'origine contrôlée « Savennières » », publié au JORF du 10 décembre 1952.
  4. Nicolas Joly, Le Vin du ciel à la terre : la viticulture en biodynamie, Paris, Ellébore Sang de la Terre, (ISBN 978-2-86985-171-9), « La renaissance de la Coulée de Serrant », p. 16.
  5. « Coulée », sur Wiki-Anjou (consulté le ).
  6. « Actes Agricoles sur le vignoble de la Coulée de Serrant », sur coulee-de-serrant.com (consulté le ).
  7. « Au cellier », sur coulee-de-serrant.com (consulté le ).
  8. « Tout sur la Coulée de Serrant », sur vinsdeloire.fr (consulté le ).
  9. « Présentation de nos vins », sur coulee-de-serrant.com (consulté le ).
  10. « AOC Savennières-coulée-de-serrant », sur hachette-vins.com (consulté le ).

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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