Cour-cheverny (AOC)

Cour-cheverny
Image illustrative de l’article Cour-cheverny (AOC)
Vendanges à Cour-Cheverny en 1905.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1951 (VDQS) et 1993 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Blésois et Sologne
Localisation Loir-et-Cher
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 812 heures (à Blois - Le Breuil)
Sol sablo-argileux, sablo-siliceux, argilo-calcaires
Superficie plantée 72 hectares (moyenne 2022-2024)[1]
Nombre de domaines viticoles ~24 déclarants[2]
Cépages dominants romorantin B[note 1]
Vins produits blancs
Production 3 000 hectolitres (moyenne 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum de 4 500 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 53 hl/ha en sec et 36 en moelleux (en 2023)[1]
Site web vins-cheverny.com

Un cour-cheverny[note 2] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Cheverny, sur 11 communes du département de Loir-et-Cher[3]. Il appartient au vignoble de Touraine, dans la région viticole de la vallée de la Loire.

La quasi-totalité de la production est un vin blanc sec (95 % de la production en moyenne de 2022 à 2024[1]), la production de vin moelleux étant confidentielle (5 %). La surface de production représente 70 hectares[1] avec comme cépage unique le romorantin B. Le nom de l'appellation peut être complété par la dénomination géographique « Vin de Loire ».

Histoire

Le romorantin est introduit par François Ier en 1519[4]. La crise du phylloxéra touche durement le vignoble à la fin du XIXe siècle. Ce vignoble, reconnu comme appellation d'origine par l'arrêt du tribunal de Blois du , obtient le label de vin délimité de qualité supérieure (VDQS) par l'arrêté du sous le nom « Mont-près-Chambord, Cours-Cheverny »[5] ; ce VDQS est renommé cour-cheverny en 1973, puis passe en AOC par le décret du [6]. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.).

Le cahier des charges a été modifié successivement en [7], en [8], en [9] et en [3].

Vignoble

Aire d'appellation

Les régions viticoles de Touraine, d'Anjou et de Basse-Loire.
Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble s'étend sur onze communes du Loir-et-Cher : Cellettes, Cheverny, Chitenay, Cormeray, Cour-Cheverny, Huisseau-sur-Cosson, Montlivault, Mont-près-Chambord, Saint-Claude-de-Diray, Tour-en-Sologne et Vineuil[3].

À noter que l'aire d'appellation du cour-cheverny est incluse dans celle du cheverny, le cour-cheverny couvrant uniquement les vins blancs produits à partir du romorantin.

Géologie et orographie

Le vignoble s’inscrit dans la région de la Sologne viticole, sur un relief faiblement ondulé, les parcelles se situant sur les plateaux et légers coteaux autour des communes entre Cheverny, Cour‑Cheverny et les villages de la rive droite du Cosson[3].

Le substrat appartient au Bassin parisien, dominé par des formations calcaro‑siliceuses.

Les sols reposent sur des niveaux géologiques typiques de la Sologne[3] :

  • sables et argiles à silex, dépôt emblématique de ce secteur ;
  • présence de craies tuffeau et niveaux calcaires plus ou moins altérés selon les localisations.

Climatologie

C'est un climat tempéré d'influence océanique dégradé. Au sud de Blois, les vignobles subissent les influences de la Loire et des importants massifs forestiers de la Sologne.

Encépagement

Le cour-cheverny est issu à 100 % du romorantin B[note 1]. Les grappes et les baies du romorantin sont petites à moyennes. La grappe est cylindrique et ailée. Le cépage est de bonne vigueur mais la production est irrégulière. Il est assez sensible à la pourriture grise.

Méthodes culturales

Travail manuel

Ce travail commence par la taille. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[10]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. Pour finir avec le travail manuel à la vigne se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes[10]. De désherbage. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.)[10]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Rendements

Les rendements sont de 60 hectolitres par hectare pour le rendement de base et 72 hectolitres par hectare pour le rendement butoir pour le vin blanc sec. Pour le vin moelleux, ces valeurs sont de 50 hl/ha et 60 hl/ha respectivement[3].

Vins

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Année cour-cheverny sec cour-cheverny moelleux
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 64 2 964 46 5,4 194 36
2023 67 3 533 53 5,1 182 36
2024 72 2 048 29 1,1 40 -

Titres alcoométriques volumiques minimal et maximal

Le titre alcoométrique volumique du cour-cheverny est de 10,5 % du volume au minimum (13,5% pour les vins moelleux) et de 12,5 % du volume au maximum pour les vins secs après enrichissement (sans limite pour les vins moelleux, qui ne peuvent être enrichis)[3].

Vinification et élevage

Voici les méthodes générales de vinification pour cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs, négociants et caves coopératives. Les vins moelleux ont un taux de sucres résiduels par litre supérieur à 20 g/L et ne peuvent avoir été enrichis.

Vinification en blanc

Pressoir pneumatique servant au pressurage.

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[10]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[10]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[10]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique puis l'élevage est réalisée en Fûts ou en cuves. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[10]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Terroir et vins

Les sols sablo-argileux, sablo-siliceux et argilo-calcaires donnent des vins blancs qui ont une couleur aux reflets dorés avec des arômes fruités, de miel et d'acacia. La bouche est vive et sèche avec une grande longueur en bouche[4].

Gastronomie

Ces vins s'accordent bien avec des poissons, des coquillages, des fruits de mer... Ils se servent aux alentours de 10 degrés et se gardent au moins dix ans ; leur conservation peut atteindre 25 ans pour les meilleurs millésimes[11].

Économie

Commercialisation

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (C.H.R.), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S.).

Structure des exploitations

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[12]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Listes des producteurs

Cette AOC comprend 30 producteurs avec 26 viticulteurs dont 25 vinifient leurs vins[13]. Sur ces vinificateurs, il y a 21 domaines, 2 caves coopératives et 2 maisons de négociants[13].

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. « AOC Cour Cheverny – À la découverte d’un cépage emblématique », sur maisondesvinsdecheverny.fr (consulté le ).
  3. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « COUR-CHEVERNY » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  4. Site de la Maison des Vins de Cheverny, page sur l'AOC Cour-cheverny, consulté le 10 mars 2011
  5. « Arrêté du 10 septembre 1951 relatif aux conditions d'attribution du label des « vins délimités de qualité supérieur » aux vins bénéficiant des appellations d'origine Mont près Chambord », publié au JORF du p. 9506.
  6. « Décret n° 93-494 du 24 mars 1993 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Cour-Cheverny » », publié au JORF no 73 du .
  7. « Décret n° 2009-1253 du 16 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Touraine », « Coteaux du Vendômois », « Montlouis-sur-Loire », « Orléans-Cléry », « Touraine Noble Joué », « Valençay », « Orléans », « Cour-Cheverny » et « Jasnières » », publié au JORF no 0242 du .
  8. « Décret n° 2011-1200 du 26 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Cour-Cheverny » », publié au JORF no 0225 du .
  9. « Arrêté du 12 août 2019 homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Cour-Cheverny » », publié au JORF no 0198 du .
  10. Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  11. Vins et vignobles de France : Vins de Loire, Les vignobles de la vallée de la Loire, page sur Cheverny, Cour-cheverny et Valençay, p.  42
  12. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
  13. Site de l'INAO, fiche sur Cour-cheverny, consulté le 10 mars 2011

Voir aussi

Bibliographie

  • Sophie de Salettes, « Cheverny et Cour Cheverny - Un archipel de vignes aux portes de la Sologne », Revue des vins de France, no 621,‎ , p. 96-100
  • Michel Mastrojanni : Les Vins de France (guide vert solar). Éditions Solar, Paris 1992 - 1994 - 1998, (ISBN 2-263-02796-3)
  • Vins et vignobles de France : Vins de Loire, 92 pages, Timée Éditions, Boulogne, 2008.

Liens externes

Articles connexes

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