Couvent des Tiercelettes

Couvent des Tiercelettes
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Architecte
Girard
Ingénieur
Champion de la Bretonnière
Matériau
Calcaire, moellon, enduit, tuile, ardoise
Construction
Ouverture
1800 (hôpital)
Fermeture
Commanditaire
Tiercelettes de Saint-François
Propriétaire
Propriété d'un établissement public
Patrimonialité
Localisation
Pays
Commune
Adresse
40 rue Rabelais
Coordonnées
46° 27′ 54″ N, 0° 48′ 37″ O
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Le couvent des Tiercelettes est un ancien couvent, transformé en hôpital, situé au 40 rue Rabelais à Fontenay-le-Comte, dans le département français de la Vendée. en France[1].

Description

Les édifices se parent principalement d'une couverture en ardoise : les toitures, de longs pans agrémentés de croupes et de noues, surmontent les bâtiments ceignant la cour d'honneur, tandis que la chapelle arbore un toit à longs pans terminé par une croupe polygonale. Les autres constructions, pour leur part, se trouvent revêtues de tuiles. Quant aux matériaux employés pour le gros œuvre, l’édification repose sur l’usage du calcaire, du moellon et d’un enduit soigneusement appliqué[1].

Historique

Hôpital Saint-Jacques

Avant la Révolution française, la ville comprend deux établissements hospitaliers localisés dans le quartier des Loges. Le plus ancien desdits établissements, dénommé Hôtel-Dieu, également désigné sous l’appellation d’hôpital Saint-Jacques, se situe au niveau des numéros 51 à 63 de la rue des Loges. Son édification remonte aux alentours de l’an 1130, sous l’autorité de Guillaume X, duc d’Aquitaine, puis son assise est notablement accrue sous le gouvernement d’Alphonse de Poitiers. Par la suite, vers 1280, l’édifice est reconstruit à l’instigation de Philippe le Hardi[2].

Au cours du XVIe siècle, une adjonction bâtie est érigée sur le versant opposé de la rue des Loges, venant compléter le dispositif existant[2]. Cet ensemble architectural comprend notamment une chapelle placée sous le vocable de saint Jacques, tandis qu’un espace funéraire y est institué en 1613[2]. Dans ce même cadre chronologique, les années 1588 et 1628 sont caractérisées par la survenue de graves flambées épidémiques de peste, lesquelles entraînent une mortalité particulièrement élevée au sein des populations locales[2]. Les capacités hospitalières, tant en moyens matériels qu’en ressources humaines, se révèlent alors nettement insuffisantes pour absorber l’ampleur de ces crises sanitaires et atténuer les souffrances qui en résultent[2].

En 1684, l'hôpital connaît une mutation structurelle décisive à la suite d’une ordonnance royale émanant de Louis XIV, laquelle consacre son élévation au rang d’hôpital général. Cette requalification institutionnelle résulte du constat administratif selon lequel l’établissement satisfait l’ensemble des critères requis pour l’obtention de ce statut spécifique[2]. Dans cette nouvelle configuration, l’hôpital général est principalement destiné à l’accueil des indigents et des mendiants provenant de la cité ainsi que de son ressort environnant, leur offrant un hébergement de subsistance tout en les intégrant à des dispositifs d’occupation sous forme d’ateliers de travail. Parallèlement, une section d’instruction est instaurée, au sein de laquelle un maître assure l’initiation des personnes démunies à la lecture[2]. En 1733, l’établissement étend par ailleurs son champ d’accueil en recevant des militaires issus des régiments en garnison à La Rochelle ainsi que des marins en stationnement à Rochefort[3].

En 1770, l’établissement est durement affecté par de substantielles dégradations imputables à des inondations ; il demeure néanmoins dans l’incapacité de réunir les moyens financiers indispensables à la réfection des édifices sinistrés[3].

Révolution française

Chapelle du couvent des Tiercelettes construite au XVIIe siècle.

La Révolution française engendre une succession de bouleversements majeurs qui se prolongent sur plusieurs années[2]. En janvier 1794, les huit dernières religieuses encore présentes sont expulsées dans des conditions d’humiliation et de flétrissure publique[2]. Elles sont ensuite conduites à l’abbaye de Celles, où elles demeurent détenues jusqu’au 27 juin 1794[2]. Bien que l’édifice ne soit pas cédé comme bien national, une disposition législative adoptée par le Corps législatif et le Conseil des Cinq-Cents le 15 avril 1798 prescrit la réaffectation des établissements hospitaliers de la ville vers l’ancien couvent des Tiercelettes de Saint-François, sis sur la route de Nantes, à l’emplacement correspondant aujourd’hui au 40 rue Rabelais. Ce couvent appartient autrefois aux Tiercelettes, congrégation également désignée sous les appellations de religieuses du Tiers-Ordre de Saint-François ou de dames de la Grand’Maison. Celles-ci acquièrent ce terrain en 1614 en vue d’y édifier leur nouvelle maison conventuelle, dont certains vestiges subsistent encore à l’époque contemporaine[2].

Transformation en hôpital

L’établissement nouvellement fondé ouvre ses portes le 10 mai 1800. Les activités des religieuses de la congrégation des Sœurs de Saint-Vincent de Paul y sont rétablies à compter du 20 juin 1801[2][4]. L’aménagement des bâtiments est ensuite confié à l’architecte Girard et à l’ingénieur Champion, chargés d’en organiser la restructuration fonctionnelle[2]. Au cours du XIXe siècle, l’ensemble hospitalier fait l’objet d’une succession d’interventions architecturales de grande ampleur. Parmi les réalisations les plus significatives figurent des corps de bâtiments disposés en U, édifiés à l’est de la chapelle entre 1826 et 1843, ainsi qu’un édifice longitudinal orienté selon un axe nord-sud, construit durant la première moitié du siècle. Ces ensembles, ultérieurement en grande partie démolis dans le cadre de programmes de modernisation hospitalière, témoignent des phases successives d’extension du site[4]. En 1832, l’architecte Joseph Babin engage la réalisation d’une citerne destinée à l’approvisionnement hydraulique de l’établissement. Un projet d’envergure relatif à l’amélioration de l’édifice destiné à accueillir l’hospice des aliénés est élaboré en 1843 par l’architecte communal Auguste Garnereau, sans toutefois recevoir d’exécution effective[1]. En 1854 est enfin édifié un établissement voué à l’instruction et à l’éducation d’enfants dépourvus de ressources et de soutien familial, dénommé « Orphelinat de l’Immaculée Conception ». Bénit la même année, cet établissement s’inscrit dans une logique de prise en charge et de formation des enfants en situation de précarité[3].

Le pavillon Sainte-Elisabeth.
Vue aérienne de l'ancien hôpital dans les années 50.

L'installation de l'établissement au sein des bâtiments de la rue Rabelais amorce une phase de mutations structurelles continues, reflétant les mutations intrinsèques de la praxis médicale. Cette dynamique d'extension matérielle se concrétise dès 1885 par l'érection d'un corps de bâtiment additionnel, implanté dans l'aire de la cour d'honneur, flanc sénestre de l'édifice[2]. En 1952, une restructuration d'envergure permet l'inféodation de nouveaux services nosocomiaux et d'une unité clinique, confirmant la plasticité de l'institution face aux exigences contemporaines de la thérapeutique et de la patientèle[2]. Le 10 mai de cette même année, les édiles du conseil d'administration actent la dénomination du pôle médico-chirurgical sous le patronage de Jean de Lattre de Tassigny, tandis que la clinique ouverte reçoit le nom de son fils, Bernard de Lattre de Tassigny. L'officialisation de cette double dédicace donne lieu, le dimanche 14 septembre 1952, à une célébration solennelle placée sous l'égide de Simonne Calary de Lamazière, devant un aréopage de notables et une assistance considérable[2]. La topographie hospitalière s'accroît ultérieurement en 1955 par l'inauguration d'un pavillon dévolu aux aliénés séniles et aux indigents âgés, puis s'achève en 1966 par la fondation de l'hospice du Petit Vignaud[4].

En 1972, l’édifice fait l’objet d’un vaste programme de restauration, engagé de manière méthodique à l’échelle de l’ensemble du bâti. En 1977, une école d’infirmières y est édifiée puis inaugurée le 4 novembre de la même année, la cérémonie étant placée sous la présidence d’Olivier Guichard, ancien ministre d’État. En avril 1979, soit cent cinquante années après leur installation initiale, les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul se retirent définitivement de l’établissement hospitalier dans un mouvement de désengagement discret, laissant progressivement place à un personnel exclusivement laïc[2]. En 1988, en raison de la nécessité impérieuse de réaliser un nouveau bâtiment chirurgical, la chapelle est démontée puis remontée avec une attention soutenue portée à sa structure ; toutefois, au cours de l’opération, les voûtes en berceau ainsi que le chœur tréflé ne sont pas réintégrés lors de la reconstruction[5]. Il est enfin précisé que la chapelle, le cloître et la galerie sont inscrits, depuis cette même année, au titre des monuments historiques[1].

Difficultés et fermeture

En 1990, l’institution se trouve confrontée à des contraintes significatives d’ordre fonctionnel et financier, rendant nécessaires des investissements considérables afin de garantir la pérennité de ses activités de soins, celles-ci étant, par ailleurs, soumises à des normes réglementaires en constante évolution[3]. En 2004, à l’occasion du tricent vingtième anniversaire de son établissement, l’hôpital interrompt son activité ; l’ensemble de ses services est alors relocalisé au sein du Pôle Santé[6]. Par la suite, à la suite de son acquisition par le groupe Édouard Denis, un programme de réhabilitation de l’édifice est envisagé, lequel prévoit sa reconversion en ensemble résidentiel comprenant quatre-vingts logements[7].

Références

  1. « Ancien couvent des Tiercelettes, actuellement hôpital », notice no PA00110098, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Robert Aujard, Fontenay-le-Comte : capitale du Bas-Poitou, ville millénaire, R. Aujard, (OCLC 462955351, lire en ligne).
  3. « Historique » Accès libre, sur Centre Hospitalier de Fontenay-le-Comte (consulté le ).
  4. « L’Historique de Fontenay-le-Comte (Vendée) 1728-1979 - Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul », (consulté le )
  5. « Couvent de tertiaires régulières franciscaines, puis hôpital », notice no IA85000509, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. « Des projets pour l’ancien hôpital de Fontenay-le-Comte » Accès libre, sur Ouest-France, (consulté le )
  7. « Un nouvel avenir pour l'ancien hôpital de Fontenay-le-Comte », sur Les Echos, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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