Crémant de Limoux

Crémant de Limoux
Image illustrative de l’article Crémant de Limoux
Bouteille de crémant de Limoux.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1990
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) Limouxin
Localisation Aude
Climat méditerranéen sous influence océanique
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 169 heures (à Carcassonne)
Sol terres argilo-calcaires
Superficie plantée 1 176 hectares (en 2024)[1]
Nombre de domaines viticoles 1 coopérative, 22 vignerons et 8 négociants
Cépages dominants chardonnay B[note 1]
Vins produits mousseux blancs
Production 49 821 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 42 hl/ha (en 2024)[1]

Un crémant de Limoux est un vin effervescent d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Limoux, à 25 kilomètres au sud de Carcassonne, dans le département de l'Aude. Cette petite région produit aussi deux autres vins effervescents, la blanquette de Limoux et le « limoux méthode ancestrale », ainsi que des vins tranquilles rouges et blancs, le tout sous l'appellation limoux.

Histoire

Moine goûtant son vin.

C'est en 1531 que les moines de l'abbaye de Saint-Hilaire, près de Limoux, produisirent un vin blanc qui prit mousse naturellement. Ce vin est présenté comme ayant été le premier vin effervescent du monde[3]. Durant la seconde partie du XIXe siècle, la production de vins mousseux se développe autour de Limoux, en utilisant notamment la méthode champenoise pour faire de la blanquette de Limoux. En 1913, est commercialisé un mousseux local sous le nom de crémant. Les principales entreprises de Limoux sont liées à la production viti-vinicole. On note principalement, la cave coopérative des vignerons du Sieur d'Arques et la Cave coopérative Anne de Joyeuse[4].

Pour diversifier leur gamme, les producteurs autour de Limoux se mettent à planter plutôt du chardonnay (au goût considéré comme plus marchand) que le plus traditionnel mauzac. En conséquence, ils obtiennent que le « crémant de Limoux » soit reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC), produit par seconde fermentation en bouteilles (la méthode champenoise) avec les cépages mauzac, chardonnay et chenin (ces deux derniers maximum 20 % de l'encépagement chacun) cultivés sur les 42 communes du vignoble de Limoux, au rendement limité à 7 500 kg/ha[5]. En , les règles de taille de la vigne sont modifiées, tandis que la densité de plantation est fixée à un minimum de 4 000 pieds/ha[6].

En , l'encépagement est modifié au profit du chardonnay, complété par du chenin (entre 20 et 40 %), du mauzac (moins de 20 %) et du pinot noir (moins de 10 %) ; le rendement butoir est fixé à 9 000 kg/ha[7]. En , le cahier des charges introduit la possibilité de produire aussi du crémant rosé ; l'aire d'appellation passe à 41 communes (Vendémies est annexée par Limoux) ; le chardonnay devient l'unique cépage principal, chenin, mauzac et pinot noir étant les cépages complémentaires ; le rendement maximum est de 60 hl/ha et le butoir à 70 hl/ha[8]. Le texte réglementaire est modifié en [9], puis en (le rendement maximum est désormais de 70 hl/ha et celui butoir de 78 hl/ha[2].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'appellation

Son terroir viticole se situe le long de la haute vallée de l'Aude entre les plateaux du Chalabrais à l’ouest, celui de Lacamp à l’est. L'aire d'appellation est la même que l'appellation limoux, soit 41 communes : Ajac, Alet-les-Bains, Antugnac, Bouriège, Campagne-sur-Aude, Cassaignes, Castelreng, Cépie, Conilhac-de-la-Montagne, Couiza, Cournanel, Coustaussa, La Digne-d'Amont, La Digne-d'Aval, Espéraza, Fa, Festes-et-Saint-André, Gaja-et-Villedieu, Gardie, Ladern-sur-Lauquet, La Serpent, Limoux, Loupia, Luc-sur-Aude, Magrie, Malras, Montazels, Pauligne, Peyrolles, Pieusse, Pomas, Roquetaillade, Rouffiac-d'Aude, Saint-Couat-du-Razès, Saint-Hilaire, Saint-Polycarpe, Serres, Tourreilles, Villar-Saint-Anselme, Villebazy et Villelongue-d'Aude[2].

Orographie et géologie

Les versants sud des coteaux réservés à l’appellation présentent une combinaison de terres argilo-calcaires légères et caillouteuses[10].

Climat

Encépagement

Vignoble de Roquetaillade.

Le cahier des charges de l'appellation autorise comme cépages principaux le chardonnay B[note 1], ainsi que comme cépages accessoires le chenin B, le mauzac B et le pinot noir N[2].

Méthodes culturales et réglementaires

La production annuelle de crémant est de 30 000 hectolitres. Le rendement moyen est de 40 hectolitres/hectare[10]. Le crémant est élaboré en méthode traditionnelle. La différence avec la Blanquette réside dans le pourcentage des cépages ainsi que dans la durée du vieillissement sur lie qui est passée en 2004 de 12 mois à 15 mois minimum[11].

Vins

La hiérarchisation des AOC languedociennes.

Le crémant de Limoux est un mousseux, c'est-à-dire un vin effervescent. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer les différents produits de l'« appellation sous-régionale » (selon la hiérarchie mise en place par le CIVL)[12] limoux (du « limoux méthode ancestrale », de la blanquette de Limoux, ainsi que du vin tranquille en rouge ou blanc), de l'« appellation régionale » languedoc (vin tranquille dans les trois couleurs), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, aude, le-pays-cathare et haute-vallée-de-l'aude) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[1] :

Année crémant de Limoux blanc
(vin de base)
crémant de Limoux rosé
(vin de base)
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 1 025 54 064 53
2023 1 092 52 744 48
2024 1 176 49 821 42

Gastronomie

Étiquette de crémant.
Service du crémant de Limoux.

Le crémant se présente dans une robe pâle aux reflets dorés. Son nez est marqué par des notes de fleurs blanches rehaussées de pointes d'agrumes et de pain grillé[11].

Il est à déguster dans les deux ans qui suivent son acquisition. Il se sert à 6 / 7° de température, généralement à l'apéritif. Ce vin effervescent accompagne aussi poissons, viandes blanches et desserts[11].

Structure des exploitations

Il y a 400 producteurs qui se répartissent en deux caves coopératives, 24 caves particulières et 8 maisons de négoce[10].

Commercialisation

Le marché intérieur se subdivise en 53,90 % en grande distribution, 11,55 % en vente directe auprès des particuliers, 7,70 % chez les cavistes et 3,85 % dans les CHR (cafés, hôtels, restaurants). Pour l'export les pays suivants se partagent le marché : 7 % en Belgique, 5 % aux États-Unis, 3 % en Grande-Bretagne, 2 % au Canada, 1 % en Allemagne et 5 % dans les autres pays[13].

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « CRÉMANT DE LIMOUX » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. Le vin de Limoux
  4. « Blanquette de Limoux », Site de l'Insee (consulté le )
  5. « Décret du 21 août 1990 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Crémant de Limoux » », publié au JORF no 197 du .
  6. « Décret du 4 mai 1995 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Crémant de Limoux », « Limoux », « Blanquette de Limoux » et « Blanquette méthode ancestrale » », publié au JORF no 107 du .
  7. « Décret du 27 juillet 2004 modifiant le décret du 21 août 1990 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Crémant de Limoux » », publié au JORF no 178 du .
  8. « Décret n° 2009-1237 du 14 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Pomerol », « Coteaux de Die », « Châtillon-en-Diois », « Crémant de Limoux », « Limoux », « Crémant de Die » et « Clairette de Die » », publié au JORF no 0240 du .
  9. « Décret n° 2011-1785 du 5 décembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Crémant de Limoux » », publié au JORF no 0283 du .
  10. Les vins AOC de Limoux sur le site languedoc-wines.com
  11. Le crémant de Limoux sur le site limoux.fr
  12. « Le socle et la hiérarchie », sur languedoc-aoc.com (consulté le ).
  13. Production et commercialisation

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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