Crachoir

Un crachoir ou bassin à cracher est un récipient utilisé pour recevoir les crachats, dans une demeure ou dans un édifice public. Les crachoirs sont en général ronds ou ovales. D'abord faits de bois ou de tôle, puis, le plus souvent, de métal, de laiton ou de céramique, les crachoirs peuvent être remplis de sable, de cendre ou de sciure de bois. À fond plat ou sur un pied très bas, couverts ou non, ils peuvent comporter une ou deux anses, ou encore un manche creux fermé par un bouchon et servant d'orifice d'évacuation[1].
Histoire
Le terme crachoir apparaît pour la première fois en 1546, lorsque le médecin attaché à la cour du roi François Ier met à la disposition des gentilshommes une petite boîte placée sur leur table de nuit pour soulager leurs bronches. Ce crachoir se retrouve dans les inventaires après décès uniquement des aristocrates[pas clair]. Il sert également de poubelle de table dans laquelle on jette petits os et pelures de fruits[2].
L'usage du crachoir se popularise à partir de 1882 lorsque Robert Koch isole le bacille de la tuberculose et constate que le crachoir regorge de ces bacilles. Alors qu'il était fréquent de cracher par terre, ce qui facilitait la propagation de fléaux comme la tuberculose, le crachoir devient à la fin du XIXe siècle un objet de santé publique couramment placé dans les bureaux, les saloons (crachoir au sol), les bistrots (crachoir de comptoir), etc.
Après l'épidémie de grippe espagnole de 1918, l'hygiène et le savoir-vivre condamnent l'utilisation des crachoirs publics, et l’usage du crachoir décline rapidement. Ce déclin est également favorisé par l'usage du tabac à fumer (cigarette, pipe), qui est alors considéré comme plus hygiénique que le tabac à mâcher ou à chiquer, car il ne fait pas cracher. Par ailleurs, aux États-Unis, la gomme à mâcher, inventée par Thomas Adams en 1872 (appelée chewing-gum en Europe francophone), remplace progressivement le tabac à mâcher chez de nombreux jeunes.
Il existe aussi des crachoirs de poche, appelés aussi crachoirs portatifs, sous forme de tube en métal avec un couvercle ou de petite bouteille à deux ouvertures, utilisés par certains tuberculeux (notamment dans les sanatoriums) ou par des médecins pour analyser les expectorations (consistance, couleur). Des « crachoirs de malade », généralement en faïence, ont également servi pour les blessés de la Première Guerre mondiale.
Le crachoir est encore utilisé chez les dentistes (crachoir fontaine).
Lors de la dégustation du vin, celui-ci est recraché dans un crachoir. Il en existe en inox, en plastique, ou encore en bois ou en porcelaine, intégrés à la table ou au bar. On les retrouve dans les caveaux de dégustation, où ils sont utilisés par les clients, ou encore dans les concours des vins et les dégustations commerciales, où ils sont utilisés par les professionnels – œnologues, journalistes, etc.
Au XXIe siècle, la version moderne du crachoir est un sachet en plastique avec un tampon absorbant.
Crachoir dans la société chinoise

En Chine, sous la dynastie Qing, un crachoir d'or figurait parmi de nombreux objets exposés au pied de l'empereur lors des principales cérémonies[3].
Avec l‘avènement du communisme, en 1949, le crachoir devint beaucoup plus populaire : on place des crachoirs dans tous les lieux publics, et dans de nombreux foyers. Il s'agissait ici encore d'une mesure d'hygiène, puisqu'il était fréquent jusqu'alors de cracher par terre. Ces crachoirs étaient habituellement en porcelaine blanche, parfois ornée de décorations traditionnelles.
Les officiels chinois utilisèrent même des crachoirs lors de réunions officielles ; c'était plus particulièrement le cas avec Deng Xiaoping. Ce fut la source de moqueries dans la presse internationale[réf. nécessaire]. La Chine décida alors de supprimer les crachoirs des lieux publics à partir de la fin des années 1980[réf. nécessaire].
Galerie de photographies
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Crachoir au sol dans un saloon -
... dans une salle d'audience -
... dans un Parlement : caisse rectangulaire
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Crachoir en laton, Mexique. -
Catalogue de crachoirs. -
Crachoir du XIXe siècle à bords droits. -
Crachoirs intégrés à la table pour dégustateurs de thé. -
Crachoir du XVIIIe en faïence avec une anse.
Références
- ↑ Catherine Arminjon, Nicole Blondel, Objets civils domestiques : principes d'analyse scientifique, vocabulaire, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, 1984, p. 302
- ↑ Victor Gay, Glossaire archéologique du moyen âge et de la renaissance, Société bibliographique, 1887, p. 486
- ↑ (en) Wan Yi, Wang Shuqing and Lu Yanzheng, Life in the Forbidden City, 2006, Commercial Press (H.K.) Ltd., page 30
Voir aussi
Liens externes
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