Cui Bin

Cui Bin
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
(à 61 ans)
Nom dans la langue maternelle
崔邠 (Cui Bin)
Nom de naissance
崔邠 (Cui Bin)
Autres noms
prénom de courtoisie : Churen (處仁)
Époque
Nationalité
Activité
fonctionnaire, ministre, rédacteur d’édits impériaux
Père
Cui Chui
Autres informations
Distinction
* titre posthume de ministre des Fonctionnaires
* nom posthume de Wenjian (文简)

Cui Bin (chinois : 崔邠 ; chinois traditionnel : 崔邠 ; pinyin : Cuī Bìn ; Wade : Ts'ui Ping) (754-815) également connu sous le prénom de courtoisie de Churen (處仁), est un lettré, un haut fonctionnaire et un ministre de la dynastie Tang. Originaire du comté de Wucheng, Qinghe (actuelle ville de Hengshui, province du Hebei), il est membre d’une grande lignée de fonctionnaires et provient de la branche mineure de la famille Cui de Qinghe[1].

Biographie

Cui Bin naît en 754. Il passe les examens impériaux et obtient le titre académique de jinshi. Puis, il réussit également l’examen pour devenir un fonctionnaire de « qualité vertueuse et intègre » capable de donner des conseils francs et de formuler des remontrances. Cette sélection est faite sous la présidence du poète célèbre Bao Fang[2].

Sous le règne de l’empereur Zhenyuan (r. 785-805), Cui Bin devient officier de district de Weinan. Puis il est affecté au poste de remontrant de gauche[note 1], avant d’être promu au poste d'officier de remontrance de droite, chargé de corriger les erreurs du gouvernement impérial[3],[4]. Il rédige des mémorandums critiquant le chancelier Pei Yanling (裴延齡) pour sa corruption, ce qui le rend célèbre pour son courage et sa franchise[5] vol. 163. Par la suite, il occupe successivement les emplois de fonctionnaire auxiliaire au ministère de la Guerre et celui de responsable de la rédaction des édits impériaux. Vers 802[2], il devient rédacteur impérial au Secrétariat central. Puis, il est promu, vers 806, vice-ministre au ministère des Rites et reçoit la distinction honorifique du grade de « pourpre et or »[note 2],[6] ,[7].

Cui Bin est connu pour sa tempérance, son calme, sa discrétion et son honnêteté, et il est particulièrement respecté pour sa simplicité et son sens du devoir. Il mène une vie simple et frugale. L’empereur l’apprécie beaucoup et vers 810, il accorde à Cui Bin le poste de grand ministre des Cérémonies impériales en plus de celui d’assumer la responsabilité des nominations au ministère des Fonctionnaires[3],[7]. Selon l'usage de l'époque, lorsque le grand ministre des Cérémonies impériales prenait ses fonctions, il était coutume pour lui de poser un acte protocolaire en procédnat à une grande revue des « Quatre ensembles musicaux ». Pendant la cérémonie, Cui Bin de sa propre initiative, ôte son chapeau de fonction en partant de chez lui et guide personnellement le palanquin de sa mère, Madame Li, pour participer à la cérémonie[8]. Sur le chemin, même les princes et hauts dignitaires descendent de cheval et s'écartent pour les laisser passer, pour rendre hommage à Cui Bin qui, par le geste simple de conduire le palanquin de sa mère, démontre une grande piété filiale. Ce geste fort est remarqué et rapporté comme exemplaire [3],[7],[6]. Peu de temps après la mort de sa mère, survenue plus d’un an plus tôt, Cui Bin meurt également. Il décède en mars de l’année 10 de l’ère Yuanhe (815), à l’âge de 62 ans[note 3].

Cui Bin reçoit le titre posthume de ministre des Fonctionnaires et le nom posthume de Wenjian (文简)[8].

* * *

Cui Bin provient de la branche mineure de la famille Cui de Qinghe qui est l’une des « Cinq familles et sept clans » des aristocrates de la région centrale; elle possède une histoire prestigieuse depuis les dynasties Wei et Jin. Parmi eux, la branche mineure de la famille Cui figure parmi les « Sept familles et dix maisons » de la dynastie Tang[7].

Cui Bin est avant tout un fonctionnaire et un lettré officiel plutôt qu’un poète célèbre pour son œuvre propre, mais on trouve tout de même deux de ses textes dans l’Intégrale de la poésie des Tang, volume 330. Ils sont ci-dessous.

Textes

Le premier texte est un morceau de musique rituelle destiné à être chanté et joué lors d’un sacrifice au temple du Prince héritier Wen Gong.

Hymne pour le temple du prince héritier Wen Gong (享文恭太子庙乐章)
Chinois

醴齐泛樽彝,
轩县动干戚。
入室僾如在,
升阶虔所历。

奋疾合威容,
定利舒皦泽。
方崇庙貌礼,
永被君恩锡。

Traduction libre

Le vin doux et pur déborde des coupes et des vases rituels,
L’ensemble d’instruments sonne, les lances et les plaques frappent.
Entrant dans la salle, on croit le voir encore présent,
En montant les marches, je m’incline avec piété.

Il se précipite avec une grande dignité en imposant son autorité,
Dans la quiétude bienveillante se répand l'éclat de sa grâce lumineuse.
Nous honorons ici les rites dus à l'enceinte sacrée,
Recevant pour toujours la grâce et la faveur du souverain.

* * *

Le deuxième texte appartient au genre souvent appelé poème de réponse ou poème entre lettrés.

Au vice-ministre intérimaire des Rites, grand secrétaire, directeur des Archives impériales Zhang Mi — lui qui a composé des poèmes d’offrande et de réponse fondés sur les caractères séparés et combinés ; de garde de nuit je les ai récités et goûtés, et j’ai simplement continué par ce poème (禮部權侍郎閣老史館張秘監閣老有離合酬贈之什宿直吟翫聊繼此章)
Chinois

脈脈羨佳期,
月夜吟麗詞。
諫垣則隨步,
東觀方承顧。

林雪消豔陽,
簡冊漏華光名。
坐更芝蘭室,
千載各芬芳。

節苦文俱盛,
即時人並命。
翩翻紫霄中,
羽翮相輝映。

Traduction libre

En silence, j'envie ces heureux moments partagés,
Par les nuits de lune, on chante de beaux vers.
Au Bureau des remontrances, je suis ses pas,
À la Bibliothèque de l'Est, je reçois vos bienveillants regards.

La neige des bois fond sous le soleil éclatant,
La lumière resplendissante filtre à travers les registres et les livres.
Nous siégeons tour à tour dans cette chambre aux orchidées,
 Pour mille générations, chacun en sentira le parfum.

La rigueur morale et l'excellence littéraire s'épanouissent ensemble,
En ce moment même, nos destins se trouvent liés.
Nous voguons librement dans les hauteurs pourpres du ciel,
Nos plumes et nos ailes se répondent en un mutuel éclat.

Notes et références

Notes

  1. Fonctionnaire chargé de conseiller l’empereur sur les erreurs, les oublis ou injustices.
  2. C'est un titre honorifique impérial de très haut rang civil. Il comprend l'octroi de la robe pourpre, de la ceinture dorée et d'un pendentif en forme de poisson d’or . Cet honneur est réservé aux fonctionnaires de 3 ᵉ rang et au-dessus.
  3. Les sources disent qu'il est mort à l'^ge de 62 ans, mais le calcul donne plutôt 61 ans. Ou alors, il était considéré comme dans sa soixante-deuxième année de vie.

Références

  1. (zh) Ouyang Xiu, Song Qi et d’autres (dynastie Song du Nord), 新唐書 (Nouvelle histoire des Tang), vol. tableau 12, lignée des premiers minsitres, section 2 (famille Cui),‎
  2. (en) Harvard University, Academia Sinica, and Peking University, « Chinese Biographical Database Project (CBDB); Cui Bin », Cambridge, Massachusetts et Pékin (Chine) (consulté le )
  3. (zh) « 崔邠(Cui Bin) », sur Gushiwen.cn,‎ (consulté le )
  4. (zh) « 崔邠(Cui Bin) », sur Chinese Text Project, Ctext.org (consulté le )
  5. (zh) « (崔邠) (崔邠) (Cui Bin), dans 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang) »,‎ (consulté le )
  6. (zh) « (崔邠) (崔邠) (Cui Bin), dans 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang) »,‎ (consulté le )
  7. (zh) « (崔邠) (崔邠) (Cui Bin) », sur Baike.baidu, Pékin,‎ (consulté le )
  8. (zh) Zhao Ying (赵瑩), Liu Xu (刘昫); Zhang Zhao (张昭), Jia Wei (贾纬), Zhao Xi (赵熙), et autres sous les Jin postérieurs, 舊唐書 (旧唐书) (Ancienne histoire des Tang), vol. biographie de Cui Bin, Shuju,‎ ordonné en 941, achevé en 945

Liens externes

  • icône décorative Portail de la poésie
  • icône décorative Portail de la Chine
  • icône décorative Portail de l’Asie