Culture de Majiabang

Culture Majiabang

Définition
Caractéristiques
Répartition géographique 30° 44′ 09″ N, 120° 42′ 54″ E, Zhejiang, Jiangsu
Période Néolithique
Chronologie 5 000-3 350 av. J.-C., suivi par Culture de Liangzhu
Description de l'image Majiabang_map.svg.

La culture de Majiabang, anciennement orthographiée Ma-chia-pang est une culture néolithique qui occupait le delta du Yangtsé, principalement autour du lac Tai, à l'ouest de l'actuelle Shanghai [note 1], et au nord de la baie de Hangzhou. Cette culture s'est étendue sur le sud du Jiangsu et le Zhejiang, au nord de la baie de Hangzhou, d'environ 5 000 à 3 000 av. J.-C.. [1] Elle coexiste avec la culture Hemudu dans le Zhejiang, au sud de la baie[2]. La dernière partie de cette période est aujourd'hui considérée comme une phase culturelle distincte, appelée culture Songze [3] . Les cultures de Majiabang et de Songze ont été remplacées, dans leur région d'origine, par la culture Liangzhu.

Sur la base de leurs découvertes archéologiques, les archéologues ont émis l'hypothèse que la culture de Majiabang est à l'origine de la première économie de pêche, de chasse et de cueillette en Chine, et que le système agricole dominé par le riz a été développé par les populations vivant à cette époque[4].

Les Majiabang cultivaient le riz. À Caoxieshan 31° 22′ 24″ N, 120° 47′ 52″ E et Chuodun 31° 23′ 16″ N, 120° 51′ 02″ E sites de la culture Majiabang, les archéologues ont mis au jour des rizières, témoignant du rôle central du riz dans leur économie[5],[6]. De plus, des restes de faune exhumés de sites archéologiques Majiabang indiquent que ces populations avaient domestiqué des porcs. Cependant, la présence de restes de cerfs sika et de chevreuils montre qu'elles ne dépendaient pas entièrement de l'agriculture[7]. Les sites archéologiques attestent également de la fabrication d'ornements en jade par les Majiabang.

Dans la strate inférieure du site de fouilles de Songze, dans le district de Qingpu de Shanghai, les archéologues ont trouvé le squelette couché de l'un des premiers habitants de la région  — un homme de 25 à 30 ans avec un crâne presque complet datant de l'époque de Majiabang[8].

Cultures apparentées

Au départ, les archéologues considéraient les sites de Majiabang 30° 42′ 05″ N, 120° 42′ 18″ E et ceux du nord du Jiangsu comme appartenant à une même culture, qu'ils nommaient la culture Qingliangang. Les archéologues ont par la suite réalisé que les sites du nord du Jiangsu appartenaient à la culture Dawenkou et ont renommé ceux du sud du Jiangsu « culture de Majiabang ». Certains chercheurs affirment que la culture Hemudu a coexisté avec celle de Majiabang en tant que deux cultures distinctes, ayant connu des échanges culturels entre elles[réf. nécessaire]. D'autres chercheurs regroupent Hemudu avec les sous-traditions Majiabang[9].

Environnement

Le climat de cette période était caractérisé par des précipitations annuelles plus importantes qu'actuellement, et des températures moyennes plus élevées. Entre 7 000 et 6 500 av. J.-C., les précipitations annuelles étaient de 1 500 à 2 000mm, avec une température moyenne de 15 à 18 °C. Après cela, la température moyenne a diminué il y a environ 6 000 av. J.-C., puis a légèrement augmenté à nouveau il y a environ 5 500 av. J.-C.. Depuis 5 300 av. J.-C., la température a progressivement baissé, parallèlement aux changements climatiques survenus en Europe du Nord et en Asie du Nord au cours de l'époque récente.

Sites associés

Un fourneau de cuisine en céramique a été découvert sur le site de Weidun.

Le site de Weidun 31° 43′ 09″ N, 120° 03′ 34″ E, l'une des découvertes archéologiques les plus importantes de la culture Majiabang, a été mis au jour en septembre 1985 dans le village de Weidun, à Changzhou, dans la province du Jiangsu. Sur ce site, plusieurs artefacts et une trentaine de sépultures ont été exhumés par l'équipe archéologique du musée de Changzhou et du département d'anthropologie de l'université du Zhejiang[10]. Les dépôts du site, d'une épaisseur de près de deux mètres, se composent de six couches : une couche labourée en surface, puis des couches successives de terre jaune-brun, jaune-vert, gris-brun, gris-noir et enfin une couche de terre jaune-brun stérile en profondeur[10]. Parmi ces sépultures, 33 ont été attribuées à la période de la culture Majiabang et se trouvaient sous des couches de terre jaune-brun, gris-brun et gris-noir. Seules sept sépultures contenaient des objets funéraires ; la tombe M127, découverte sous la couche de terre jaune-brun, en fait partie. À l'intérieur de cette tombe, les archéologues n'ont trouvé aucune trace de cercueil ou de fosse funéraire ; ils ont seulement trouvé un squelette masculin couché sur le dos, incliné à 20 degrés et faisant face à l'est, avec quelques objets funéraires, dont des herminettes en pierre, des fusaïoles et des bols Bo en céramique[11].

Culture matérielle

Artefacts

Dans la culture Majiabang, les gens commençaient déjà à fabriquer des objets avec différents matériaux, notamment le jade et la poterie. Ils fabriquaient ces objets à des fins diverses. Ces artefacts néolithiques représentent généralement la combinaison de croyances et de besoins économiques. Ils peuvent également être considérés comme le reflet du statut social et de l’identité de leurs propriétaires à cette époque.

Jade

Majiabang Jade Jue

Le peuple Majiabang utilisaient le jade pour la confection d'ornements. Sur le site de Weisun, plusieurs objets en jade ont été découverts dans les dépôts de la culture Majiabang, notamment des boucles d'oreilles Hue, des pendentifs Huang, un petit tube et d'autres ornements[12]. Par exemple, une bague penannulaire en jade et des disques semi-annulaires en jade, tous fabriqués à partir de matériaux locaux.

Poterie

Poterie rouge de Majiabang.

Dans la culture Majiabang, toute la poterie de la période ancienne et la majeure partie de celle de la période récente étaient fabriquées à la main. Comparée à la période ancienne, la période récente présente une plus grande variété de types et de styles de poterie[13]. Les poteries étaient conçues pour un usage précis. Par exemple, les pots, les jarres, les bols, etc. étaient essentiels à la vie quotidienne, notamment pour la cuisine, les boissons et les rituels. Durant la période ancienne, les potiers utilisaient la boue des berges, le bois de chauffage accumulé et la terre nivelée pour fabriquer leurs poteries; tandis que durant la période récente, ils commencèrent à utiliser un revêtement rouge sur la poterie. De plus, ces objets en poterie pouvaient également être utilisés comme objets funéraires, ce qui pourrait être prouvé par les découvertes archéologiques de ces tombes.

Sur le site de Weidun, les archéologues ont découvert un grand nombre d'objets en poterie, notamment des chaudrons Fu, des pots Guan, des trépieds Ding, des assiettes à pied Dou, des bols Bo et des bol Pén; la plupart étant en argile fine, et certains étaient dégraissés avec des coquillages ou du sable[12].

Chaudron Fu

Le chaudron Fu se décline en trois types : A, B et C. Le type A présente un large rebord, un col évasé et un col resserré. Il se divise en deux sous-types : Aa, sans décoration sur le rebord; et Ab, orné d’une bordure florale. Le type B, quant à lui, se caractérise par un col resserré et un corps incurvé[14].

Pot Guan

Bien que le pot Guan compte cinq types, la plupart étant des fragments, le type A se caractérise par des épaules arrondies et un col resserré. Il se subdivise en trois sous-types : le type Aa, à bord plat et droit ; le type Ab, à bord concave ; et le type Ac, à bord légèrement concave et recourbé. Le type B se distingue par un corps élancé, des épaules inclinées et un petit fond plat. Il se divise également en deux sous-types : le type Ba, à bord étroit et incurvé ; et le type Bb, à bord arrondi et col évasé. Le type C se caractérise par un bord étroit et un corps court. Le type D se distingue par ses anses en forme de mufle de bœuf. Il se subdivise lui aussi en deux sous-types : le type Da, avec des anses sur le bord ; et le type Db, avec des anses sous le bord. Le type E se caractérise par un pied annulaire et une taille réduite. Il se divise également en deux sous-types : le type Ea, à ventre arrondi ; et le type Eb, à profil anguleux[15].

Trépieds Ding

Il existe deux types de ding. Le type A a une forme de chaudron, tandis que le type B a une forme de pot. Plus précisément, les pieds du ding peuvent être de trois types : fuselés, larges, larges plats, et longs[15].

Assiettes à pied Dou

Contrairement aux autres, les assiette à pied Dou possèdent deux parties : la tige et le plateau. Chaque partie présente des caractéristiques distinctes. Le pied se décline en deux types : le type A, de forme fine; et le type B, de forme plus massive[15]. Quant au plateau, il se divise en quatre types: le type A, caractérisé par un plateau peu profond, qui se subdivise en deux sous-types : le type Aa, à collerette resserrée; et le type Ab, à collerette évasée. Puis le type B, caractérisé par un plateau profond, qui se subdivise également en deux sous-types : le type Ba, à collerette resserrée; et le type Bb, à collerette évasée[15].

Bol Bo

Le type Bo-bowl peut être divisé en deux types. Le type A présente un buste large et évasé; et le type B un buste contracté[16].

Bol Pén (盆)

Enfin, le bol Pen à encolure en bois se décline également en deux types. Le type A présente un ventre arrondi; tandis que le type B présente un profil angulaire[15].

Outils

D’après les découvertes archéologiques, les habitants de Majiabang utilisaient différents matériaux pour fabriquer leurs outils. Ces matériaux comprennent la pierre, le bois, l’os, les bois et dents de cervidés, le bois étant le principal[13].

Pierre

Sur le site de Weidun, les archéologues ont mis au jour quelques objets en pierre, principalement des herminettes et des haches, la plupart polies[12]. Les herminettes se répartissent principalement en deux types : le type A, large et plat; et le type B, de forme allongée[12]. Les haches se divisent également en deux types : le type A, trapézoïdal et plat; et le type B, en forme de languette[12].

Le bois

Rame en bois de Majiabang

Le bois est un autre matériau important. Sur le site de Weidun, plusieurs grands objets en bois ont été découverts. Il en existe principalement deux types : des avirons et des rames. L’aviron était fabriqué à partir d’un tronc d’arbre et mesurait 1,20 m de long, tandis que la rame a une forme plate et semi-elliptique avec une poignée, et sa longueur est plus courte que celle du skiff, qui varie de 70 à 90 cm[13].

Os, bois et dents

Bois de Majiabang

Quelques objets fabriqués à partir d'os, de bois de cervidés et de dents ont également été découverts sur le site de Weidun. Notamment des degrés et des couteaux en os, un outil en forme de chaussure en bois de cervidés, des pointes de flèches, des poinçons, des aiguilles, des lances et un tube[13].

Culture funéraire

Les sites funéraires du site de Majiabang.

La culture funéraire, composante essentielle de cette culture, témoigne des croyances et de la capacité à produire des artefacts au Néolithique. Durant la période Majiabang, la croyance en l'au-delà, selon laquelle les âmes pouvaient retourner sur leur lieu de vie après la mort, était répandue. Ceci pourrait expliquer la présence de tombes à proximité des habitations. L'étude de ces sépultures suggère que les populations de la période de 6 500 av. J.-C. ne disposaient pas de sépultures dédiées. Elles étaient généralement enterrées près de leurs villages, en position latérale, les membres fléchis et la tête orientée vers l'est . C'est le cas par exemple du squelette masculin découvert dans la tombe M127[11] du site de Weidun, couché à un angle de 20 degrés et orienté vers l'est. Cinq cents ans plus tard, leur culture funéraire a changé : ils étaient enterrés dans des fosses funéraires séparées dans une zone funéraire fusionnée, dans une position allongée, la tête au nord et les pieds au sud.

Culture du riz

Les grains de riz carbonisés appartiennent à Majiabang.

La riziculture est sans doute l'aspect le plus significatif de la culture Majiabang. Selon les experts, la culture du riz dans le delta du Yangzi a débuté dès les débuts de la période Majiabang[17]. Elle s'est rapidement développée, bien que la population dépende alors davantage de la chasse, de la pêche et de la cueillette[18]. Cette hypothèse a été confirmée par l'analyse des vestiges des anciennes rizières de Luojiajiao (datant de 5 300 à 4 900 av. J.-C.) qui sont parmi les plus anciennes. Sur ce site, les archéologues ont mis au jour des centaines de résidus de riz carbonisés et de grains de riz. D'après les études, la moitié appartiendrait à l'espèce cultivée "japonica", et l'autre moitié à des espèces sauvages . D'autres sites, datant de périodes plus récentes (entre 5 000 et 4 300 av. J.-C., et entre 4 300 et 3 500 av. J.-C.) , ont livré des vestiges de riz encore plus importants. Par rapport aux périodes précédentes, la proportion de riziculture a augmenté, tandis que la cueillette de plantes sauvages comestibles a diminué.

Notes

  1. Bien que les cartes modernes soient souvent utilisées pour illustrer l'étendue de la culture Majiabang, Pudong et le centre-ville de Shanghai étaient encore sous le niveau de la mer à cette époque, le littoral étant situé à Xinzhuang 31° 07′ 25″ N, 121° 22′ 13″ E, dans le district de Minhang.

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Majiabang culture » (voir la liste des auteurs).
  1. Wang (2001), p. 207.
  2. Long et Taylor, « A revised chronology for the archaeology of the lower Yangtze, China, based on Bayesian statistical modelling », Journal of Archaeological Science, vol. 63,‎ , p. 116 (ISSN 0305-4403, DOI 10.1016/j.jas.2015.08.019, Bibcode 2015JArSc..63..115L, lire en ligne Inscription nécessaire)
  3. Wang (2001), p. 206.
  4. Wang, Ding, Shu et Chen, « Exploration of early rice farming in China », Quaternary International, vol. 227, no 1,‎ , p. 23 (ISSN 1040-6182, DOI 10.1016/j.quaint.2010.06.007, Bibcode 2010QuInt.227...22W, lire en ligne Inscription nécessaire)
  5. (ja + zh) Search for the Origin of Rice Cultivation: The Ancient Rice Cultivation in Paddy Fields at the Cao Xie Shan Site in China, Miyazaki, Society for Scientific Studies on Cultural Property,
  6. Fuller et Qin, « Water management and labour in the origins and dispersal of Asian rice », World Archaeology, vol. 41, no 1,‎ , p. 88–111 (DOI 10.1080/00438240802668321, S2CID 85087946)
  7. Tsude, « Yayoi Farmers Reconsidered: New Perspectives on Agricultural Development in East Asia », Bulletin of the Indo-Pacific Prehistory Association, vol. 21, no 5,‎ , p. 53–59 (lire en ligne)
  8. « The Shanghainese of 6000Years Ago - the Majiabang Culture » [archive du ], Qingpu Museum, Shanghai (consulté le )
  9. Wang (2001), p. 209.
  10. « The Weidun Site in Changzhou, Jiangsu in 1985 », Chinese Archaeology, vol. 2, no 1,‎ , p. 89 (ISSN 2160-5068, DOI 10.1515/char.2002.2.1.89, lire en ligne Inscription nécessaire)
  11. « The Weidun Site in Changzhou, Jiangsu in 1985 », Chinese Archaeology, vol. 2, no 1,‎ , p. 89 (ISSN 2160-5068, DOI 10.1515/char.2002.2.1.89, lire en ligne Inscription nécessaire)
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  15. « The Weidun Site in Changzhou, Jiangsu in 1985 », Chinese Archaeology, vol. 2, no 1,‎ , p. 93 (ISSN 2160-5068, DOI 10.1515/char.2002.2.1.89, lire en ligne Inscription nécessaire)
  16. « The Weidun Site in Changzhou, Jiangsu in 1985 », Chinese Archaeology, vol. 2, no 1,‎ , p. 93–95 (ISSN 2160-5068, DOI 10.1515/char.2002.2.1.89, lire en ligne Inscription nécessaire)
  17. Wang, Ding, Shu et Chen, « Exploration of early rice farming in China », Quaternary International, vol. 227, no 1,‎ , p. 26 (ISSN 1040-6182, DOI 10.1016/j.quaint.2010.06.007, Bibcode 2010QuInt.227...22W, lire en ligne Inscription nécessaire)
  18. Chen, Ryves, Wang et Lewis, « Mid- to late Holocene geomorphological and hydrological changes in the south Taihu area of the Yangtze delta plain, China », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, vol. 498,‎ , p. 127–142 (ISSN 0031-0182, DOI 10.1016/j.palaeo.2018.03.012, Bibcode 2018PPP...498..127C, lire en ligne)

Pour en savoir plus

  • Chang, Kwang-chih . L'archéologie de la Chine ancienne.

30° 44′ 09″ N, 120° 42′ 54″ E

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