Cum secundum
| Cum secundum | |
| |
| Bulle pontificale du pape Honorius III | |
|---|---|
| Date | 22 septembre 1220 |
| Sujet | Institution du noviciat et discipline interne de l'ordre des Frères mineurs. |
Cum secundum est une bulle pontificale promulguée par le pape Honorius III le , durant la cinquième année de son pontificat été émise à Viterbe. Adressée aux prieurs et custodes des Frères mineurs, elle constitue l'un des premiers textes normatifs visant à structurer la vie communautaire de l'ordre naissant. Ce document répond aux risques d'instabilité liés à l'absence de clôture et à la grande liberté de mouvement des premiers frères, facteurs pouvant nuire à la discipline et à la formation des nouveaux membres[1].
Contexte historique
L'intervention d'Honorius III s'inscrit dans une phase de transition institutionnelle pour les Frères mineurs. François d'Assise et certains observateurs contemporains, comme Jacques de Vitry, avaient exprimé des inquiétudes concernant l'admission trop rapide de postulants et l'errance de certains frères s'affranchissant de l'obéissance à leurs supérieurs. La bulle impose ainsi une plus grande rigueur dans le discernement vocationnel. Les dispositions de Cum secundum ont été intégrées par la suite dans la Règle non bulée de 1221, prolongeant le noyau primitif de la règle approuvée oralement par Innocent III[1].
Contenu
Le texte débute par une exhortation à la prudence et à la réflexion avant l'engagement dans une vie de perfection. Le souverain pontife y établit plusieurs prescriptions juridiques et disciplinaires. L'acte instaure l'obligation d'une année d'épreuve, ou noviciat, avant toute profession religieuse définitive. Une fois cet engagement prononcé, la bulle interdit formellement de quitter l'ordre, tout en enjoignant aux autres institutions ecclésiastiques de ne pas accueillir les transfuges. Honorius III proscrit également l'errance hors de l'obéissance des supérieurs, rappelant que l'usage de l'habit franciscain doit s'accompagner du respect de la pauvreté professée. Pour garantir l'application de ces mesures, le pape accorde aux supérieurs le pouvoir d'infliger des censures ecclésiastiques aux contrevenants jusqu'à leur repentir. Le document se conclut par une clause pénale invoquant l'indignation de Dieu et des apôtres Pierre et Paul contre quiconque s'opposerait à ces dispositions[1].
Réception
Les prescriptions de cette bulle ont été confirmées par les pontifes successifs, notamment par Grégoire IX en 1227 et Innocent IV en 1246. Par ailleurs, Honorius III a complété ce dispositif législatif avec la bulle Fratrum minorum du , ordonnant aux évêques de traiter comme excommuniés les frères ayant quitté l'ordre en rupture d'obéissance[1].
Notes et références
- (it) OFSL Liguria, « Documenti della Curia Romana », (consulté le )
- Portail du catholicisme
- Portail de l’histoire
