Cushing (Québec)

Cushing
L'ancien magasin général, construit en 1826.
Géographie
Pays
Province
Région administrative
Municipalité régionale
Ville
Coordonnées
45° 35′ 37″ N, 74° 27′ 39″ O
Fonctionnement
Statut
Carte

Cushing est un hameau compris dans le territoire de la ville de Brownsburg-Chatham, en Argenteuil, au Québec (Canada).

Toponymie

Le lieu est nommé d'après l'un de ses pionniers, Lemuel Cushing (en)[1]. Homme politique et homme d'affaires, Cushing fait fortune en exploitant la forêt du canton de Chatham, puis opère des stations touristiques à Caledonia Springs (Ontario) (en) et à l'île Cushing (en) près de Portland (Maine). Il est conseiller, puis maire de la municipalité du canton de Chatham, ainsi que préfet du comté d'Argenteuil et juge de paix. Cushing s'enrôle dans la milice lors de la rébellion des Patriotes et prend part à la bataille de Saint-Eustache[2].

Géographie

Situation

Cushing est situé dans le territoire de la ville de Brownsburg-Chatham, en Argenteuil, dans les Laurentides, au Québec (Canada)[3].

Topographie

Le secteur est situé dans les basses-terres du Saint-Laurent[4].

Hydrographie

Le hameau est implanté le long de la rivière des Outaouais[4].

Démographie

Évolution démographique
1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981
871668775---
(Sources : Statistique Canada et Bureau fédéral de la statistique, population des localités non constituées)

Aménagement du territoire

Cushing est un ancien lieu de villégiature transformé progressivement en lieu de résidence permanente. En raison de la protection de la zone agricole, le développement de la villégiature y est contraint[4].

Architecture et patrimoine

Le hameau compte de nombreux bâtiments « à fort potentiel historique et patrimonial » : l'ancienne église Saint-Gilles, la maison James Brock Cushing, l'ancien magasin général, la maison de Lemuel Cushing, une maison de pierre d'esprit français, l'ancien hôtel Ottawa half way home, l'église Saint-Mungo et son presbytère et l'ancienne école[5],[6].

La plupart des maisons de pierre de Cushing sont faites de calcaire issu de la formation de Beekmantown (en). Leur aspect brun boueux caractéristique est dû à l'oxydation des grains qui composent les moellons[1].

Paysages

Cushing est généralement reconnu pour la qualité de ses paysages[7],[8]. La route 344 qui le traverse constitue un corridor panoramique en raison du caractère pittoresque du hameau, des vues sur la rivière des Outaouais ainsi que de la présence de faune et de flore intéressante[9]. La succession de boisés matures et de perspectives sur la rivière des Outaouais et sur les bâtiments anciens bien conservés contribue à la qualité du paysage, probablement préservé parce qu'à l'écart des grands axes routiers[10].

Histoire

Le canton de Chatham est peuplé sous l'impulsion du colonel Daniel Robertson à partir de 1797[note 1]. Vers 1800, les abords de la rivière Outaouais en Argenteuil sont colonisés par des immigrants d'origine britannique et américaine[1]. Lemuel Cushing, trifluvien d'ascendance anglaise, s'installe dans le canton de Chatham vers 1823[2]. C'est à cette période qu'émerge un hameau[1].

Le canal de Carillon, permettant de contourner les rapides du Long-Sault, est construit en 1833 afin d'offrir à la flotte britannique une alternative au fleuve Saint-Laurent pour rejoindre les Grands Lacs[11]. Le canal facilite également le commerce.

Une mission presbytérienne est fondée en 1830. L'église Saint-Gilles est construite la même année pour accueillir les méthodistes et presbytériens[12]. L'église Saint-Mungo est construite en 1836[13].

Un bureau de poste est établi en 1841 et demeure en opération jusqu'en 1915[14].

En 1850, un atelier de fabrication d'outils est construit. L'atelier fabrique également de l'huile entrant dans la composition de l'encre[2].

En 1857, le chemin de fer Carillon et Grenville est construit afin de contourner les canaux des Outaouais. Une seconde ligne, le chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental, est érigée en 1876 dans l'arrière pays, au pied des Laurentides ; l'activité économique délaisse l'abord des Outaouais et se concentre alors rapidement à Lachute[1].

Site de villégiature jusque dans les années 1930-1940, Cushing est transformé progressivement en lieu de résidence permanente[4].

Services

Transports

Le hameau est implanté sur le parcours de la route 344 (route des Outaouais) entre Greece's Point et Carillon. Les résidences patrimoniales en bordure de route, la concentration d'activités récréotouristiques, la cohabitation avec les cyclistes de même que les demandes répétées des citoyens ont poussé le ministère des Transports à y abaisser la limite de vitesse à 70 km/h[15].

Loisirs, culture et vie communautaire

Les plaisancier peuvent amarrer à une marina sur la rivière des Outaouais[16]. L'itinéraire cyclable de la route verte d'Argenteuil traverse le hameau[17].

Église Saint-Mungo.

Les fidèles de confessions unie et évangéliste se réunissent à l'église Saint-Mungo[18]. Construit en 1836, le bâtiment est protégé par un statut patrimonial municipal depuis 2007[4],[13]. En plus du cimetière y attenant, quelques cimetières familiaux abandonnés accueillent les dépouilles d'anciens habitants[19].

Commerces et services

Notes et références

Notes

Références

  1. Laframboise 1996, p. 134.
  2. Thomas 1896, p. 297-299.
  3. Commission de toponymie, « Cushing », Banque de noms de lieux du Québec, sur toponymie.gouv.qc.ca, gouvernement du Québec, (consulté le )
  4. Casaubon et Morency 2025, p. 103.
  5. Casaubon et Morency 2025, p. 339.
  6. Laframboise 1996, p. 144-149.
  7. Laframboise 1996, p. 132-149.
  8. Thomas 1896, p. 297.
  9. Casaubon et Morency 2025, p. 349.
  10. Laframboise 1996, p. 146.
  11. Gouvernement du Canada Agence Parcs Canada, « Histoire - Histoire : Carillon, maillon d'un réseau », sur parcs.canada.ca, (consulté le )
  12. Martin Dubois et al., Inventaire du patrimoine bâti de la MRC d’Argenteuil, Patri-Arch, , 125 p., p. 66
  13. Ministère de la Culture et des Communications, « Église de Saint-Mungo - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », Répertoire du patrimoine culturel du Québec, sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le )
  14. Bibliothèque et Archives Canada, « Cushing Archives », Bureaux et maîtres de poste, sur recherche-collection-search.bac-lac.gc.ca, gouvernement du Canada, (consulté le )
  15. Casaubon et Morency 2025, p. 146.
  16. Casaubon et Morency 2025, p. 139.
  17. Casaubon et Morency 2025, p. 188.
  18. Conseil du patrimoine religieux du Québec, « Église Saint-Mungo », Fiche 2003-15-161, Inventaire des lieux de culte du Québec, sur www.lieuxdeculte.qc.ca, (consulté le )
  19. Casaubon et Morency 2025, p. 334.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Alexis de Barbezieux, « Saint-Philippe d'Argenteuil », dans Histoire de la Province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation de la Vallée de l'Ottawa, Ottawa, Compagnie d'imprimerie d'Ottawa, , 609 p. (lire en ligne), p. 486-489
  • Marie-Josée Casaubon et Éric Morency (coordonnateurs), Schéma d'aménagement et de développement révisé, Lachute, Municipalité régionale de comté d'Argenteuil, , 33e éd. (1re éd. 2009), 829 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yves Laframboise, « Les Laurentides », dans Villages pittoresques du Québec, Montréal, Les Éditions de l'homme, , 354 p. (ISBN 9782761913249), p. 132-149
  • (en-CA) Cyrus Thomas, « Cushing », dans History of the Counties of Argenteuil, Quebec and Prescott, Ontario, Montreal, John Lovell and Son, , 675 p. (lire en ligne), p. 297-313. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

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Liens externes

  • icône décorative Portail des Laurentides