Cymbopogon schoenanthus
Citronnelle du désert, Jonc odorant
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Clade | Angiospermes |
| Clade | Monocotylédones |
| Clade | Commelinidées |
| Ordre | Poales |
| Famille | Poaceae |
| Genre | Cymbopogon |
Cymbopogon schoenanthus, la Citronnelle du désert ou le Jonc odorant, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Poacées, croissant dans les paysages arides du nord de l'Afrique et du Proche-Orient.
Caractéristiques
Description de l'espèce
C'est une herbe pérenne, hémicryptophyte, formant des touffes, caractérisée par ses racèmes densément poilus, sa glume inférieure des épillets sessiles submembraneuse et ses pédicelles inférieurs renflés[1]. Ses feuilles longues de 15 à 35 cm rougissent et s'enroulent en vieillissant et dégagent une odeur aromatique au froissement[2],[3].
Le chaume est érigé de 20 cm à 1,3 m de haut, il est glabre. Les limbes sont filiformes à plats, de 1,5 à 4 mm de large, scabres en dessous. Les gaines sont glabres, légèrement scabres, souvent auriculées. La ligule mesure de 1,4 à 5 mm de long, elle tronquée ou arrondie, glabre. Les panicules spathées sont érigées et mesurent 10 à 30 cm de long ; les spathéole font 15 à 36 mm de long, glabre ; le pédoncule mesure 3,5 à 25 mm de long, fin, il présente un tomentum éparse dans la partie supérieure ou est parfois complètement glabre. Les racèmes mesurent 13 à 29 mm de long ; les entre-nœuds du rachis et les pédicelles sont densément poilus le long des marges et sur le dos. Les épillets sessiles mesurent 4 à 7 mm de long ; leur glume inférieure est étroitement lancéolée, submembraneuse, mesure 0,8 à 0,9 mm de large, est acuminée, concave sur le dos, glabre ou légèrement tomenteuse ; l'arête mesure de 6 à 9 mm de long. Les épillets pédicellés mesurent 5 à 7 mm de long ; leur glume inférieure est lancéolée, glabre, à 7 nervure (parfois 3)[4].
Distinction avec les espèces proches
On distingue deux sous-espèces :
- subsp. schoenanthus du nord du Sahara
- subsp. proximus (Hochts. ex A. Rich.) Maire & Weiller, du sud du Sahara, a des racèmes, arêtes et pédoncules plus courts et sa glume inférieure des épillets sessiles est finement tomenteuse sur le dos[4]
Caractéristiques chimiques
Les principaux constituants identifiés dans l'huile essentielle de Cymbopogon schoenanthus sont du pipéritone (68,4%) et du δ-2-carène (11,5%). Elle contient également du limonène (associé à du β-phellandrène) (2,2%)[5].
Taxonomie et classification
Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng.[6].
L'espèce a été initialement classée par Linné dans le genre Andropogon sous le basionyme Andropogon schoenanthus L.[6] qu'il décrit ainsi[7] :
« ANDROPOGON paniculæ ſpicis conjugatis ovatis. Fl. zeyl. 465. (ſub Lagnro) Mat. med. 31. Juncus odoratus aromaticus. Bauh. pin. II. theatr. 163. Gramen ad junceum accedens aromaticum majus ſyriacum. Moriſ. hiſt. 3. p. 229. ſ. 8. t. 9. f. 25. Gramen Dactylon aromaticum, multiplici panicula, ſpicis brevibus tomento candicantibus ex eodem pediculo binis, Pluk. alm. 175. t. 190. f. I. Habitat in India, Arabia. »
— Carl Linnæus, Species Plantarum II
Puis en 1815 Sprengel précise et valide cette descriptions en ces termes[8] :
« C. bractea foliacea ſtriata, flosculis ſubſpicatis, flosculis hermaphroditis quaternis. Andropogon Schoenanthus L. Habitat in India orientali. »
— Curtio Sprengel, Plantarum minus cognitarum pugillus secundus
Ce taxon porte en français les noms vernaculaires suivants : Citronnelle[6], herbe à chameau[6],[9].
Synonymes
D'après Plants of the World Online[10]:
- Andropogon schoenanthus L. in Sp. Pl.: 1046 (1753)
- Cymbopogon citriodorus Link in Enum. Hort. Berol. Alt. 1: 107 (1821), nom. superfl.
- Sorghum schoenanthus (L.) Kuntze in Revis. Gen. Pl. 2: 792 (1891)
- Trachypogon schoenanthus (L.) Nees in Linnaea 7: 281 (1832)
- Andropogon lanigerum Desf.
- Andropogon nardus Trin.
- Andropogon schoenanthus L.
- Cymbopogon citriodorus Link
- Cymbopogon martini Stapf
- Sorghum schoenanthus (L.) Kuntze
- Trachypogon schoenanthus (L.) Nees
Étymologie
Elle doit son nom de Citronnelle du désert[11] à son odeur aromatique discernable lorsqu'on froisse ses feuilles fraiches (elle est d'ailleurs une parente de la Citronnelle asiatique : Cymbopogon citratus) et à son milieu de vie. Maire note cependant que son odeur est « aromatique mais non de citron »[3].
Le nom de genre Cymbopogon vient du grec ancien κύμβη (kumbe) : « petite barque », et πώγων (pôgôn) : « barbe », en référence aux spathes en forme de bateau et aux inflorescences villeuses à plusieurs arêtes[12].
L'épithète latin schoenanthus est la forme contractée de schoeni odorati flos, lui-même équivalent du grec σχοίνου ανθος (schoínou anthos), ce dernier à rapprocher de σχοίνοσ (schoínos) : jonc odorant[1],[13].
Noms dans d'autres langues
En arabe on appelle la Citronnelle du désert : Izkhir[1] ou Idkhir (إيدخير)[14].
En anglais elle est appelée Camel hay[1].
En hindi on la nomme Khavi[1].
Écologie
Origine et distribution
La Citronnelle du désert est native du nord de l'Afrique jusqu'au Sahel, du Proche Orient et est présente jusqu'en Iran[10].
Habitat
Plante des milieux ouverts semi-désertiques sur sols calcaire, rocailleux[4].
Impact de l'Homme sur les populations sauvages
D'après un modèle de prédiction du risque d'extinction ciblant les espèces de plantes à fleur, la Citronnelle du désert ne serait pas en danger d'extinction[15]. Une évaluation humaine dans le cadre de l'approche de la Liste Rouge de l'UICN permettrait d'affiner cette prédiction.
Usages
Les romains s'en servaient pour épicer le vin ou aromatiser l'huile pour servir de cosmétique ou de parfum[1].
La plante sert de ressource fourragère dans le Sahel[16].
Liens externes
- (en) Catalogue of Life : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (en) Flora of Pakistan : Cymbopogon schoenanthus (consulté le )
- (fr + en) EOL : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (en) IRMNG : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (en) NCBI : Cymbopogon schoenanthus (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Cymbopogon schoenanthus (Linnaeus) Sprengel (consulté le )
- (en) POWO : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (consulté le )
- (fr) Tela Botanica (France métro) : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. 1815 (consulté le )
- (en) Tropicos : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (+ liste sous-taxons) (consulté le )
- (en) World Flora Online : Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. (+WFO Plant List) (consulté le )
Références
- (en) Otto Stapf, « The Oil-Grasses of India and Ceylon (with plate) », Bulletin of miscellaneous information (Royal Botanic Gardens, Kew), vol. 1906, no 8, , p. 297-362 (lire en ligne
)
- ↑ Claude Lemmel, « Atlas du Sahara - Cymbopogon schoenanthus »
[PDF] (consulté le )
- René Maire, Flore de l'Afrique du Nord, Paris, Lechevalier, 1952-1987, 16 volumes, env. 5000 pp. (lire en ligne), Vol. I, p. 286
- Soenarko 1977, p. 302
- ↑ Ga Alitonou, F Avlessi, F Tchobo et J-P Noudogbessi, « Chemical composition and biological activities of essential oils from the leaves of Cymbopogon giganteus Chiov. and Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng (Poaceae) from Benin », International Journal of Biological and Chemical Sciences, vol. 6, no 4, (ISSN 1991-8631, DOI 10.4314/ijbcs.v6i4.37, lire en ligne, consulté le )
- GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 14 septembre 2025.
- ↑ (la) Carl von Linné, Species plantarum :exhibentes plantas rite cognitas, ad genera relatas, cum differentiis specificis, nominibus trivialibus, synonymis selectis, locis natalibus, secundum systema sexuale digestas..., vol. II, Impensis Laurentii Salvii, (lire en ligne)
- ↑ (la) Curtio [Kurt] Sprengel, Plantarum minus cognitarum pugillus secundus, Halae, apud C.A. Kümmelium, , 98 p. (lire en ligne), p. 15
- ↑ Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 14 septembre 2025.
- (en) « Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
- ↑ E. MENSAH, « Stratégies fonctionnelles de Cymbopogon schoenanthus (Citronnelle du désert), graminée fourragère soudanienne cultivée sous compost au Sud Bénin », Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires, vol. 13, no 2, , p. 110–118 (ISSN 2028-991X, DOI 10.5281/zenodo.15527811, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Grass genera of the world - Cymbopogon Spreng. », sur www.delta-intkey.com (consulté le )
- ↑ Yves Duhoux, « Les premiers phytonymes grecs : les données mycéniennes », Actes du colloque international “Les phytonymes grecs et latins”, Nice, Publications du Centre LAMA, , p. 97-122 (lire en ligne)
- ↑ Zaidi Abdelhamid, « Cymbopogon schoenanthus, obs 106996396 on iNaturalist », sur inaturalist.org (consulté le )
- ↑ (en) Steven P. Bachman, Matilda J. M. Brown, Tarciso C. C. Leão et Eimear Nic Lughadha, « Extinction risk predictions for the world's flowering plants to support their conservation », New Phytologist, vol. 242, no 2, , p. 797–808 (ISSN 1469-8137, DOI 10.1111/nph.19592, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Ezéchiel J.-P. A. Mensah, Valentin Kindomihou, Silvère Tovignan et Aliou Saïdou, « Agronomic Responses of Cymbopogon schoenanthus L. Spreng., a Sudanese Forage Grass Grown under Compost for a Bio-Ecological Pasture in the Southern Benin », European Journal of Biology and Biotechnology, vol. 2, no 3, , p. 64–69 (ISSN 2684-5199, DOI 10.24018/ejbio.2021.2.3.187, lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
(en) Otto Stapf, « The Oil-Grasses of India and Ceylon (with plate) », Bulletin of miscellaneous information (Royal Botanic Gardens, Kew), vol. 1906, no 8, , p. 297-362 (lire en ligne)
(en) Soejatmi Soenarko, « The genus Cymbopogon Sprengel (Gramineae) », Reinwardtia, Bogor, Indonesia, Herbarium Bogoriense, vol. 9, no 3, , p. 225-375 (lire en ligne)
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