Cyrille Vaillancourt

Cyrille Vaillancourt, né le Saint-Anselme et mort le à Lévis, est un journaliste, haut fonctionnaire, dirigeant coopératif et homme politique québécois. Il est reconnu comme l’un des principaux artisans de la structuration moderne de l’industrie acéricole au Québec et comme une figure majeure du mouvement coopératif, notamment au sein du réseau Desjardins. Il siège au Sénat du Canada de 1944 à 1969.

Biographie

Né à Saint-Anselme, dans la région de Bellechasse, Cyrille Vaillancourt est le fils du médecin et homme politique Cyrille-Émile Vaillancourt et de Marie-Louise Larochelle[1]. Il fait ses études au Collège de Lévis, puis à l’Université Laval, où il étudie la philosophie[1]. Après un bref passage dans le journalisme, il entre au service du ministère de l’Agriculture du Québec[1].

Carrière

Au début du XXe siècle, Vaillancourt est chargé par le gouvernement du Québec de dossiers liés à l’apiculture et, plus tard, à l’acériculture[2]. Durant la Première Guerre mondiale, alors que le sucre est rationné, il joue un rôle actif dans la promotion de l’apiculture comme source de remplacement, fondant en 1918 le périodique L’Abeille, destiné à la formation et à l’organisation des producteurs[2].

À partir de 1918, il est également impliqué dans l’amélioration des pratiques acéricoles[2]. À cette époque, les producteurs québécois sont fortement dépendants de quelques acheteurs américains, en particulier de la Cary Maple Sugar Company, qui impose des prix bas et uniformes, indépendamment de la qualité du produit[3]. Cette situation contribue à une stagnation des revenus et à une faible standardisation de la production.

En 1925, à la suite d’une tentative infructueuse de négociation avec l’industriel américain George C. Cary, Vaillancourt entreprend l’organisation collective des producteurs québécois[3]. Il fonde à Plessisville la Société coopérative des producteurs de sucre d’érable, avec l’objectif de structurer la mise en marché, d’améliorer la qualité du sirop et du sucre d’érable et d’obtenir de meilleurs prix pour les producteurs[4].

La coopérative met progressivement en place des normes de classification, des infrastructures d’entreposage, des mécanismes de commercialisation et des activités de promotion. Elle parvient à écouler ses produits au Canada, aux États-Unis et en Europe. Malgré la crise provoquée par la faillite de la Cary Maple Sugar Company en 1931 et par la Grande Dépression, la coopérative survit grâce à la contribution financière de ses membres et à l’appui du gouvernement du Québec[3].

Cette organisation deviendra Citadelle, aujourd’hui l’une des principales coopératives acéricoles en Amérique du Nord[3]. Vaillancourt en demeure le directeur général jusqu’à son décès.

Parallèlement à son rôle dans l’acériculture, Vaillancourt occupe des fonctions de premier plan au sein du mouvement coopératif financier[2]. Il devient directeur de la Caisse populaire de Lévis en 1924, puis vice-président et administrateur[2]. De 1927 à 1963, il est directeur général de la fédération régionale des caisses populaires et devient le premier président de la Fédération des caisses populaires du Québec, aujourd’hui connue sous le nom de Mouvement Desjardins[5],[2].

Il est également président de plusieurs organisations affiliées, dont Assurance-vie Desjardins, l’Association coopérative Desjardins et la Société de gestion Aubigny[2].

En 1943, Cyrille Vaillancourt est nommé au Conseil législatif du Québec pour la division De La Durantaye[6]. L’année suivante, il est nommé sénateur libéral pour la division de Kennebec, fonction qu’il occupe jusqu’à sa démission en pour raisons de santé[6]. Il siège donc au Sénat du Canada pendant vingt-cinq ans.

Distinctions

Vaillancourt reçoit plusieurs distinctions honorifiques, dont le titre de commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 1944 et celui de commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand en 1947[1]. Il est également colonel honoraire de la milice canadienne, membre actif de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et administrateur scolaire à Lévis pendant plus de trente ans[1].

Publications et vie personnelle

Il fonde ou dirige plusieurs périodiques à vocation éducative et coopérative, dont L’Abeille et l’érable et La Revue Desjardins[2]. En 1950, il cosigne avec Albert Faucher l’ouvrage Alphonse Desjardins, pionnier de la coopération d’épargne et de crédit en Amérique[2].

Cyrille Vaillancourt est marié successivement à Maria Ferland puis à Marie-Blanche Normandin. Il meurt à Lévis le , à l’âge de 77 ans.

Références

  1. « Cyrille Vaillancourt », sur Assemblée nationale du Québec, (consulté le )
  2. « Vaillancourt, Cyrille - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le )
  3. (en) Peter Kuitenbrouwer, « How Quebec Farmers Took On Vermont’s Maple Syrup King—and Won », sur The Walrus, (consulté le )
  4. « La coopérative », sur www.citadelle-camp.coop (consulté le )
  5. « Présidents du Mouvement Desjardins | Desjardins », sur Desjardins.com (consulté le )
  6. « L'hon. Cyrille Vaillancourt, C.B.E., sénateur », sur Parlement du Canada (consulté le )

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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