Décan en Égypte antique

Plafond astronomique dans la tombe de Senenmut.

En Égypte antique, les décans étaient ces étoiles que les prêtres-astronomes désignèrent afin d'observer leurs levers héliaques successifs à chaque décade, c'est-à-dire tous les dix jours. Le lever héliaque d'une étoile décanale, pris comme signal de la dernière heure de la nuit, faisait suite à une période d'invisibilité totale de soixante-dix jours, durée hautement symbolique puisque la mythologie égyptienne l'associait à celle mise par le défunt pour renaître dans l'au-delà. C'était d'ailleurs durant soixante-dix jours que s'effectuait la momification[1].

Les listes des décans furent publiées depuis la XIXe dynastie[2].

Cette convention fut adoptée suivant le calendrier égyptien qui comptait trente-six décades (douze mois, chaque mois découpé en trois décades) plus cinq jours épagomènes, soit 365 jours[3]. Ayant choisi d'adapter les heures de nuit à leur calendrier, les Égyptiens choisirent donc dix étoiles par décade. Un système de terne-six décans correspondait ainsi à trente-six décades, soit 360 jours. Le lever héliaque n'étant visible que de nuit, le nombre d'heures défini par les décans était égal au nombre de décans dont le lever était observable en une nuit. Ce nombre étant variable d'une saison à l'autre (excepté sous l'équateur) en Égypte, on ne pouvait observer en été (saison où les nuits sont les plus courtes) que le lever de douze décans en une nuit[note 1]. La conséquence fut un découpage de la nuit en douze heures de durées variables, aussi doit-on aux Égyptiens la division de la journée en vingt-quatre heures. Les trente-six décades correspondaient ainsi aux douze heures du jour et de la nuit[4].

La période d'invisibilité de soixante-dix jours permet de situer les décans sous le cercle de l'écliptique, dans une région du ciel que Richard Anthony Parker nomme l'anneau décanal[réf. nécessaire].

Il existait donc tente-six décans dits « réguliers » pour les 360 jours de l'année et douze décans spécifiques aux cinq jours épagomènes[pas clair]. Toutefois, certains décans désignaient aussi bien une étoile qu'un groupe d'étoiles. Le décan de l'Égypte antique désigne donc une région du ciel et ne doit pas être confondu avec la durée qu'est la décade[réf. nécessaire].

Le calendrier attique contient aussi des périodes de dix jours[réf. nécessaire]. De nos jours, la notion de décan de dix degrés de longitude écliptique est restée en astrologie[réf. nécessaire].

Notes et références

Notes

  1. ↑ L'année compte trente-six décans. La sphère céleste coupant le ciel en deux, théoriquement il y a dix-huit décans mais en été, en raison de l'aube et du crépuscule, et de la longueur de la nuit, il n'y en a pratiquement que douze.

Références

Bibliographie

  • Jean-Pierre Verdet, Histoire de l'astronomie ancienne et classique, Presses universitaires de France, , p. 16.

Articles connexes

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