Défense collective

Défense collective
Logo de Défense collective.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
aide juridique
Pays
Organisation
Site web

La Défense collective (DC, Defco) est un collectif de soutien juridique français d'extrême gauche fondé à Rennes en .

Le groupe se présente comme un collectif de soutien juridique mais forme également ses membres aux « actions coups de poing », parfois violentes, visant des militants d'extrême droite ou les forces de l’ordre lors de manifestations[1].

Sous surveillance des autorités, la « DefCo » fait l’objet d’un décret de dissolution pris par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, en . Ce décret de dissolution du collectif, est suspendu en référé par le Conseil d'État en , puis annulé pour excès de pouvoir en .

Plusieurs de ses membres sont accusés de violences sexistes et sexuelles en 2025.

Histoire

Le collectif est créé en , peu avant les contestations liées à la réforme du code du travail. Il se présente comme un « groupe ouvert, public et autonome » qui revendique « des positions politiques critiques assumées sur le rôle de la police et de la justice ». Son activité de legal team[2] consiste à fournir une aide juridique, en assistant les manifestants en amont comme en aval des manifestations[3],[4]. Parmi les nombreux groupes de soutien juridique qui existent en France et en Europe, la Défense collective de Rennes se situe à l'extrême gauche de l'échiquier politique français[2].

La Défense collective tient un blog[5], et son audience sur les réseaux sociaux peut atteindre 4 000 abonnés en 2023[3]. D'autres groupes Défense collective existent en à Paris, Marseille ou Toulouse, les deux derniers ayant été créés dans le contexte des manifestations des gilets jaunes[2].

En , une trentaine de membres du groupe Défense collective sont suspectés d'être à l'origine d'une opération « péage gratuit » au péage de La Gravelle. Six sont verbalisés[6].

En , le député RN de Moselle Laurent Jacobelli alerte le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, sur ce qu'il appelle « l'impunité des mouvements antifas »[2]. Le ministre indique alors avoir identifié un mouvement nommé Defco faisant partie de la mouvance d'ultragauche. Selon le ministre, la venue du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, en à Bruz, avait été perturbée par 200 manifestants d'ultragauche, parmi lesquels des membres de la Défense collective se trouvaient potentiellement[3].

En , le ministre de l'Intérieur annonce son intention de dissoudre le mouvement Defco[7], indiquant que celui-ci « appelle au soulèvement »[8]. En , une note des policiers des renseignements territoriaux identifie trois manifestants condamnés pour violences comme des membres de la Défense collective[9].

Le , le décret de dissolution de la Défense collective est publié au Journal officiel[10],[11],[12]. Le lendemain, une manifestation de soutien au collectif, interdite par la préfecture, rassemble une centaine de personnes à Rennes[13]. Les avocats Aïnoha Pascual et Raphaël Kempf annoncent leur intention de saisir le Conseil d'État, et indiquent que « le ministère de l'intérieur s'en prend à une organisation qui assure la défense juridique de personnes interpellées. C'est la première fois que les autorités visent ce type de mouvement »[10]. La dissolution de Défense collective est cependant suspendue par le Conseil d'État, le [14]. Les juges mettent en doute la légalité du décret de dissolution pris par Gérald Darmanin : celui-ci ne démontrerait pas en quoi Defco enfreint la loi[15]. Le Conseil d'État reconnaît en que le décret est entaché d'excès de pouvoir et l'annule définitivement[16].

En le collectif traverse une crise importante. Plusieurs membres sont accusés de violences sexistes et sexuelles (VSS).

Notes et références

  1. « Accusations de violences sexuelles : ce groupe d’ultragauche rennais annonce sa restructuration », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  2. Maylen Villaverde, « Société. Qu'est-ce que Défense Collective, le groupement rennais que Gérald Darmanin envisage de dissoudre », sur franceinfo.fr, France 3 Bretagne, (consulté le ).
  3. Louis Valleau, « Qu'est-ce que Défense Collective, ce collectif rennais d'ultragauche que Gérald Darmanin souhaite dissoudre ? », Le Figaro, (consulté le ).
  4. Caroline Quevrain, « Gérald Darmanin veut sa dissolution : ce que l'on sait du collectif rennais Défense Collective », sur TF1 Info, (consulté le ).
  5. Karl Laske, « Sortie de piste pour «le shérif» de la BAC de Rennes », sur Mediapart, (consulté le ).
  6. Mathieu Charrier, « Opération péage gratuit à La Gravelle en Mayenne : six membres de l'ultragauche rennaise verbalisés », Ouest-France, (consulté le ).
  7. AFP, « Gérald Darmanin annonce la création d'une « cellule anti-ZAD » », Le Monde, (consulté le ).
  8. AFP, « Violences policières : Gérald Darmanin compte 36 enquêtes de l'IGPN mais annonce la création d'une cellule anti-ZAD », Libération, (consulté le ).
  9. Quentin Cezard et Press Pepper, « JUSTICE. "J'ai cru mourir." Prison avec sursis pour les manifestants ayant attaqué un hôtel 4 étoiles de Rennes », sur franceinfo.fr, France 3 Bretagne, (consulté le ).
  10. Jérôme Hourdeaux, « Le décret de dissolution de Défense collective publié au « Journal officiel » », sur Mediapart, (consulté le ).
  11. Mathilde Durand, « Qu'est-ce que « Défense collective », le groupuscule rennais dont le gouvernement vient de prononcer la dissolution ? », Le Parisien, (consulté le ).
  12. Pascal Charrier, « Ultragauche : qu'est-ce que le collectif Defco, qui vient d'être dissous par le gouvernement », La Croix, (consulté le )
  13. AFP, « Une centaine de manifestants à Rennes contre la dissolution de la DefCo », 20 Minutes, (consulté le ).
  14. Jérôme Hourdeaux, « Le Conseil d'État suspend la dissolution du groupe rennais Défense collective », sur Mediapart, (consulté le ).
  15. AFP, « La dissolution du groupe d'ultragauche Defco suspendue par le Conseil d'État », La Croix, (consulté le ).
  16. Frédérique Jourdaa, « Le Conseil d'État annule la dissolution de Défense Collective décidée par Gérald Darmanin », Ouest-France, .
  • icône décorative Portail de la politique française
  • icône décorative Portail des années 2020