Dépeceur de Mons

Dépeceur de Mons
Fait reproché Homicides
Chefs d'accusation Assassinats
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Ville Environs de Mons
Date -
Nombre de victimes 5
Jugement
Statut Affaire non résolue

L'Affaire du Dépeceur de Mons est le surnom utilisé par la presse belge pour désigner un dossier judiciaire concernant l’assassinat de cinq femmes dans la région de Mons en Belgique, entre 1996 et 1997.

À ce jour, le ou les auteurs de ces faits ne sont pas identifiés.

Les découvertes

Le 22 mars 1997

Le , le policier Olivier Motte se rend à cheval sur son lieu de travail lorsqu'il découvre la présence de plusieurs sacs-poubelle en contrebas de la rue Émile Vandervelde à Cuesmes. Ils sont au nombre de huit, dans lesquels se trouvent des restes humains. Il s'ensuit la descente sur place du juge d'instruction Pierre Pilette. Les membres proviennent de trois femmes, à savoir : Martine Bohn, Jacqueline Leclercq et Nathalie Godard. Il s'agit de bras et de jambes[1].

Sur les huit sacs, cinq proviennent de la commune de Knokke-Heist[2] et portent une mention en faisant état.

Le dimanche , un neuvième sac est découvert dans cette même rue[3].

Le 24 mars 1997

Le , le nombre de sacs découverts est porté à dix avec la découverte d'un sac contenant le buste d'une femme au chemin de l'Inquiétude à Mons[4]. La végétation intacte sous le sac montre que celui-ci a été déposé la veille alors que la ville était quadrillée par les forces de police à la recherche d'indices ou pendant la nuit : le meurtrier semble les défier.

Le 12 avril 1997

Le deux sacs sont découverts à Havré, dans la rue du Dépôt, à proximité de la rivière de la Haine, un affluent de l'Escaut. Un pied, une jambe et une tête se trouvent dans les sacs[5]. C'est la seule tête découverte dans le cadre de l'affaire.

Les victimes

Des restes humains ont été découverts dans la région de Mons, ainsi que dans le nord de la France, entre et , souvent dans des sacs poubelles. La mutilation systématique des corps a rendu difficile leur identification. Les sacs poubelles ont été retrouvés dans des lieux aux noms évocateurs : « avenue des Bassins », dans la rivière « Haine », « chemin de l'Inquiétude », « rue du Dépôt », « chemin de Bethléem » à proximité de la rivière « Trouille », etc. En plus des corps, des sous-vêtements de couleurs vives sont également découverts dans les sacs. Toutes les victimes avaient pour point commun de fréquenter le quartier de la gare de Mons, et étaient toutes en proie à des difficultés socio-économiques ou familiales.

Carmelina Russo

Carmelina Russo, 42 ans, disparue le . Son bassin est découvert le suivant dans l'Escaut à Château-l’Abbaye, dans le département du Nord en France[6].

Martine Bohn

Martine Bohn, 43 ans, disparue le , ancienne prostituée[2] originaire de France. Le , son buste est repêché près de Mons, dans la Haine.

Jacqueline Leclercq

Jacqueline Leclercq, 33 ans, mère de 4 enfants, disparue depuis le [6]. Ses bras et ses jambes, sont retrouvés par un policier[7] le dans neuf sacs poubelle en contrebas de la rue Émile Vandervelde à Cuesmes[8],[9].

Nathalie Godart

Nathalie Godart, 21 ans, disparue le . Son buste est retrouvé le au chemin de l'Inquiétude à Mons[10].

Begonia Valencia

Begonia Valencia, 38 ans, disparue de son domicile de Frameries le . Son crâne est retrouvé à Hyon, le .

L'enquête

Pour les besoins de l'enquête, une cellule est spécialement crée, elle est baptisée la cellule Corpus[7].

Cette cellule est dirigée par le juge d'instruction Pierre Pilette du parquet de Mons[7].

Dès le début de l'enquête, celui-ci fait part du manque d'effectif mis à disposition de la cellule Corpus, en vain, l'affaire étant considérée comme étant « locale[7] ».

En 2007, la cellule ne compte plus que quatre enquêteurs[7].

Les suspects et autres hypothèses

Durant l'enquête plusieurs personnes ont pu être suspectées d'être impliquées dans ces meurtres, mais aucune charge probante n'a été retenue contre elles[9] :

  • Léopold Bogaert dit le « gitan », l’ex-petit ami de Nathalie Godart fut inculpé et libéré quinze jours plus tard. Des analyses ADN ont permis de le disculper.
  • En 2007, l’arrestation à New York d’un dépeceur suscite l’intérêt : Smail Tulja alias Dzulric, 67 ans, est soupçonné de deux autres crimes dans son pays d’origine, le Monténégro. Il aurait séjourné en Belgique au moment des meurtres, notamment à Verviers et à Arlon. Mais aucune trace de lui à Mons. Cette piste a été abandonnée par les enquêteurs belges.
  • Les enquêteurs ont également interrogé la base du Shape, le centre de commandement militaire des forces de l'OTAN en Europe située à Casteau, pensant que le dépeceur avait pu travailler pour l’OTAN avant de repartir dans son pays d’origine.
  • En , un médecin montois de 62 ans, Jacques Antoine, est arrêté pour l’agression d’une esthéticienne. Peu avant, deux lettres l’accusant d’être le dépeceur, signées par son fils[11], avaient été envoyées au juge d’instruction, au procureur et aux policiers[12]. L'auteur des lettres avançait que son père s'était rendu à de nombreuses reprises à Knokke-Heist entre 1985 et 1995, commune dont certains sacs poubelles portaient la mention. Cependant, l'enquête a démontré qu'il s'agissait d'un lot refusé et donc vendu dans un magasin montois[11]. Il est également fait mention dans les courriers de la passion du docteur Jacques Antoine pour les armes à feu, alors qu'aucune des victimes du dépeceur de Mons n'a été tuée à l'aide de ce type d'arme[11]. Il en est de même pour la voiture de l'intéressé, qui ne correspond pas à celle aperçue par un témoin[11]. Finalement, aucune preuve n’a pu établir qu’il était l’assassin.
  • Un suspect dont le profil correspondait parfaitement à celui dressé par le FBI n'a jamais pû être relié formellement aux crimes malgré de très nombreux éléments troublants.

L'identité du tueur – pour autant que les meurtres en question soient véritablement l'œuvre d'un seul et même individu – demeure à ce jour inconnue. Il est à noter qu'entre le début de l'enquête en 1997 et 2010, près de 1700 dénonciations ont été faites.

La cellule d'enquête chargée de cette affaire a identifié cinq victimes. Toutefois, certains journalistes signalent qu'une autre femme pourrait être associée à cette affaire : Janine Sopka, 59 ans, retraitée habitant à Saint-Hilaire-sur-Helpe, disparue le . Le , une partie du corps de cette femme est retrouvée dans des sacs-poubelles, au bord du canal de la Sambre, à Locquignol, dans le département du Nord , puis d'autres éléments de corps seront retrouvés plus tard à Vieux-Condé[13],[14].

Documentaires télévisés

  • « Le dépeceur de Mons », réalisé par Marina Ladous et Goelle Leroy, 2005.
  • « L'ombre du dépeceur de Mons » dans Devoir d'enquête diffusé le sur la Une (RTBF).
  • « Le mystérieux dépeceur de Mons » (troisième reportage) dans « ... à Bruxelles » le dans Crimes sur NRJ 12.
  • « Affaire Leclercq : le dépeceur de Mons » premier reportage dans Chroniques criminelles diffusé le sur NT1.

Émissions radiophoniques

Vidéos

Bibliographie

  • Dani Corlana et Morgan Vanlerberghe, Il est moins cinq... Enquête sur le Dépeceur de Mons, Nombre7 éditions, 2022 (ISBN : 9782381539362[1].

Notes et références

  1. Wesley Muyldermans, Le Dépeceur de Mons, page 7
  2. Wesley Muyldermans, Le Dépeceur de Mons, La Boite à Pandore, , 192 p. (ISBN 9782875571724), page 8
  3. Wesley Muyldermans, Le Dépeceur de Mons, page 9
  4. Wesley Muyldermans, Le Dépeceur de Mons, page 11
  5. Wesley Muyldermans, Le Dépeceur de Mons, page 20
  6. « Selon Valenciennes, les restes retrouvés dans l'Escaut sont ceux de la Montoise Carmelina Russo » Article d'Éric Deffet publié le 17 juillet 1997 dans Le Soir
  7. « Dépeceur de Mons : le mystère reste entier | SONUMA », sur SONUMA (consulté le )
  8. « Il s'agit de Nathalie Godart et de Jacqueline Leclercq Deux victimes du dépeceur formellement identifiées » Article de Gisèle Maréchal publié le 10 juin 1997 dans Le Soir
  9. Le dépeceur de Mons, récit d’un cold case sur canalordinaire.wordpress.com
  10. « Il y a 20 ans, il découvre des sacs-poubelle abandonnés par le dépeceur de Mons: "Un animal avait quelque chose en bouche" », sur RTL Info, .
  11. « Dépeceur de Mons : des raisons de douter », sur www.lavenir.net (consulté le )
  12. « Dépeceur de Mons : un suspect relance l’enquête », sur Lesoir.be, (consulté le )
  13. « Le mystère des femmes dépecées », sur Le Parisien,
  14. « L'affaire Janine Sopka L'impossible piste du dépeceur », sur https://www.dhnet.be/,

[13] https://www.parismatch.be/actualites/societe/2023/10/28/sur-la-piste-du-depeceur-de-mons-les-enqueteurs-ont-ils-ete-a-deux-doigts-de-le-coincer-QGKWGUYF2ZCZLIMLE6IFHQSWWA/

Articles connexes

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