Détente de Joule-Thomson

Schéma de principe de la détente de Joule-Thomson.
La détente de Joule-Thomson réalisée à l'aide d'un étranglement dans la conduite.
La détente de Joule-Thomson réalisée à l'aide d'un étranglement dans la conduite.

La détente de Joule-Thomson est une détente laminaire stationnaire et lente réalisée en faisant passer un flux de gaz au travers d'un tampon (ouate ou soie grège en général) ou d'un étranglement, dans une canalisation calorifugée et horizontale, la pression régnant à gauche et à droite du tampon (ou de l'étranglement) étant différente[1]. Dans tous les cas, cette détente est isenthalpique.

Lorsqu'un gaz subit une détente de Joule et Thomson sans variation de température, on dit qu'il suit la deuxième loi de Joule. C'est le cas notamment des gaz parfaits. Pour les gaz réels en revanche, la détente de Joule-Thomson est généralement accompagnée d'une variation de température : c'est l'effet Joule-Thomson.

Démonstration

Considérons un fluide s’écoulant dans un étranglement de tuyau horizontal (pour simplifier le premier principe) aux parois calorifugées () et indéformables (). Le système étudié sera une particule de fluide ; l’écoulement est stationnaire et les pressions loin de l’étranglement sont uniformes. Le système est avant l’étranglement à (), et après l’étranglement à (), de telle sorte que (Théorème de Bernoulli et conservation du débit volumique).

Pour cette transformation, le premier principe s'écrit :

Or il n'y a pas d'échanges thermiques avec l'extérieur car on considère une particule de fluide contenue dans un tuyau dont les parois sont calorifugées.

Ainsi :

Comme la particule de fluide subit en amont la pression et en aval la pression , les seuls travaux effectifs sont les travaux des deux forces de pression générées par et  :

Partition des volumes tels que définis dans la démonstration.

Pour exprimer et , il est nécessaire d'être un peu astucieux. On définit le volume qu'occupe initialement notre particule de fluide (), c'est-à-dire à , en englobant l'étranglement (ou la paroi poreuse). Lorsqu'une infime durée s'écoule, donc à , le volume qu'occupe la particule de fluide est légèrement déplacé dans le sens de l'écoulement, mais de telle sorte à ce qu'il englobe toujours l'étranglement ().

Ainsi les deux volumes possèdent une partie commune qui englobe l'étranglement et que l'on note . On redéfinit alors nos deux volumes comme étant : et .

On peut maintenant facilement exprimer et en décomposant la détente en deux étapes : la compression de en et la détente de en .

On a alors : Grâce à la précédente décomposition des volumes, on s'est facilement débarrassé de et donc également des effets inconnus potentiellement produits par la paroi poreuse ou l'étranglement.

D'après le premier principe on avait :

On a bien, quel que soit le fluide, une transformation isenthalpique[2].

Cas du Gaz parfait - Démonstration

Si le fluide est un gaz parfait, il suit la deuxième Loi de Joule qui stipule que l'enthalpie du système ne dépend que de la température.

Cela se traduit par :

Ainsi, dans le cas de la détente isenthalpique de Joule-Thomson :

Dans le cas du gaz parfait, on a bien une transformation isotherme.

Coefficient de refroidissement des gaz réels - Démonstration

Pour un gaz réel, on peut écrire la différentielle totale exacte de l'enthalpie (variation infinitésimale) en fonction des variables d'état et  :

De plus, on définit le coefficient de refroidissement (aussi appelé coefficient de Joule-Thomson) par la mesure de la variation de température en fonction de la compression du système lors de la transformation, ce qui équivaut mathématiquement à : .

Ici la transformation étant isenthalpique () :

Conservation de la masse

Lorsque le régime permanent stationnaire est instauré, le débit massique est constant et la masse entrante dans la canalisation est alors la même que la masse sortante.

Enthalpie

L'enthalpie est une grandeur physique homogène à une énergie. Elle est notée .

Notes et références

  1. ↑ « Détente de Joule-Thomson » dans Thermodynamique. Principe et applications, Pierre Infelta et Michael Graetzel, Universal-Publishers, 2006.
  2. ↑ « Enseignement | Nicolas Pavloff », sur www.lptms.universite-paris-saclay.fr (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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