Dandara

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Lieu inconnu |
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Palmares War (d) |
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| Distinction |
Dandara est une guerrière noire ayant vécu au Brésil durant l'époque coloniale. Elle se suicide en se jetant dans le vide après avoir été faite prisonnière[1] le , afin de ne pas revenir à son ancienne condition d'esclave. Elle est l'épouse de Zumbi dos Palmares[1],[2] avec qui elle a trois enfants[1]. Sa figure est largement enveloppée de mystère puisqu'il n'existe presque aucune donnée sur sa vie ou ses actes. Pratiquement tous les récits relatifs à elle sont épars et déconnectés les uns des autres et présentent des traits légendaires[2].
Personnalité et capacités
Décrite comme une héroïne[3], Dandara maîtrise les techniques de la capoeira. Elle participe aux côtés d'hommes et de femmes à de nombreuses batailles pour défendre le quilombo de Palmares, un lieu de refuge pour esclaves en fuite établi au XVIIe siècle dans la Serra de Barriga, dans l'état d'Alagoas, dont l'accès est rendu difficile par la géographie et la végétation dense[4].
On ne sait pas si Dandara est née au Brésil ou sur le continent africain. Encore jeune fille, elle rejoint un groupe de noirs en lutte contre le système colonial et esclavagiste en place depuis presque un siècle. Elle participe également à l'élaboration de stratégies de défense du quilombo[4].
Au-delà de la guerre, elle participe aux activités quotidiennes à Palmares : chasse et agriculture. En effet, on pratique au quilombo la polyculture de maïs, manioc, haricots, patate douce, canne à sucre et banane.
Les habitants de Palmares connaissent la métallurgie et fabriquent des outils pour l'agriculture et des armes pour la guerre. Ils travaillent aussi le bois et la céramique. Le palmier à huile, dont l'abondance dans la région est à l'origine du nom Palmares, est utilisé pour produire de l'huile, des boissons, la toiture des maisons de bois et pour tresser paniers et cordes. Les activités se destinent initialement à la subsistance des habitants, mais ceux-ci se mettent ensuite à commercer avec les villes et les engenhos (exploitations sucrières) de la région.
Historique
Les attaques contre Palmares deviennent fréquentes à partir de 1630, avec l'invasion hollandaise. D'après les récits sur Dandara, celle-ci tient un rôle important dans la rupture de son mari avec l'oncle de celui-ci, Ganga-Zumba, premier grand chef du quilombo de Palmares. En 1678, Ganga Zumba conclut un traité de paix avec le gouverneur du Pernambouc. Le document prévoit que les autorités libèrent les palmariens qu'elles ont faits prisonniers lors d'un affrontement antérieur, ainsi que la liberté des habitants nés à Palmares, et accorde à ces derniers la permission de faire du commerce. En échange, les habitants du quilombo doivent livrer les esclaves fugitifs qui viennent y chercher refuge. Dandara, au côté de Zumbi, s'oppose au pacte qui ne prévoit aucunement la fin de l'esclavage. Ganga-Zumba est finalement assassiné par un palmarien opposé à sa proposition[4].
Littérature
Le récit de sa vie est repris sous forme romancée par l'écrivaine brésilienne Jarid Arraes, dans l'ouvrage intitulé As lendas de Dandara, publié en , aux Éditions Cultura, puis en , sous le titre Dandara et les esclaves libres, en version française, aux Éditions Anacoana[5],[6].
Hommages
- 1984 - L'actrice Zezé Motta joue Dandara dans le film Quilombo, de Cacá Diegues[7].
- 2016 - Maracatu Nação Fortaleza a l'intention d'honorer Dandara lors de son défilé de carnaval de rue[8].
- 2017 - Le livre As lendas de Dandara, 3e édition (2022)[9], de Jarid Arraes, rassemble dix histoires et illustrations qui développent la trajectoire de Dandara avec des éléments de fantaisie[10]. C'est un récit en cordel (poésie populaire)[11].
- 2018 - Un jeu de plateforme 2D et de métronome, intitulé Dandara, est sorti en son honneur, développé par le studio brésilien Long Hat House et édité par Raw Fury[12].
- 2019 - Entre octobre et , le groupe Samba de Dandara a enregistré l'album Samba de Dandara, sous la direction musicale de Samuel Silva et la production musicale de Laís Oliveira, en s'inspirant de la guerrière[13].
- 2020 - Dans le livre Heroínas Negras Brasileiras em 15 cordéis, 2e édition (2020), l'écrivaine Jarid Arraes consacre l'un des poèmes cordel et une brève biographie à la fin de l'entrée à Dandara dos Palmares[14].
Bibliographie
- Jarrid Arraes (trad. Paula Anacoana), Dandara et les esclaves libres, Éditions Anacoana, , 152 p. (ISBN 978-2918799979)
- (pt) Leonardo Chalub (ill. Luís Matuto), Dandara e a Falange Feminina de Palmares, Nemo Editora, , 192 p. (ISBN 9786586128796)
Références
- (pt) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en portugais intitulé « Dandara » (voir la liste des auteurs).
- Damas Negras, por Reginaldo de Souza Santos
- Entrevista: Sem grilhões, a resistência negra, entrevistadora Flávia Mattar, entrevistada Alzira Rufino
- ↑ (pt-BR) « Lei n.º 13.816/09 », sur www.planalto.gov.br (consulté le )
- (pt) Dandara Tinoco, « Descrita como heroína, Dandara, mulher de Zumbi, tem biografia cercada de incertezas », sur globo.com, O Globo, (consulté le ).
- ↑ « Rencontre littéraire avec Jarid Arraes : “Dandara et les esclaves libres” », sur Cap Magellan (consulté le ).
- ↑ « Dandara et les esclaves libres - Une héroïne de la lutte contre l'esclavage », sur Editions Anacaona : littérature brésilienne, féminisme et diversité (consulté le ).
- ↑ (pt-BR) « Zezé Motta: uma mulher que abriu caminhos », sur Nexo Jornal (consulté le ) : « E também em “Quilombo” de Cacá Diegues, quando temos a oportunidade de ver a atriz como uma rainha, uma guerreira, a Dandara de Palmares, inspiração de força e determinação para muitas mulheres negras brasileiras. »
- ↑ « Maracatu Nação Fortaleza, Carnaval de rua 2016 », sur www.nacaofortaleza.com (consulté le )
- ↑ (pt-BR) As lendas de dandara (lire en ligne)
- ↑ (pt-BR) Valkirias, « Consciência negra e representatividade: As Lendas de Dandara », sur Valkirias, (consulté le )
- ↑ (pt) Karla Cristina Eiterer Rocha et Enilce do Carmo Albergaria Rocha, « A LITERATURA E A REPRESENTAÇÃO FEMININA EM DANDARA, A HEROÍNA NEGRA DE PALMARES », IPOTESI – REVISTA DE ESTUDOS LITERÁRIOS, vol. 23, no 1, , p. 43–54 (ISSN 1982-0836, DOI 10.34019/1982-0836.2019.v23.28903, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (pt-BR) Por Víctor Aliaga, « Criadores de Dandara revelam detalhes da produção do game brasileiro », sur IGN Brasil, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) « Grupo Samba de Dandara se eleva em álbum altivo e ativista que exalta a força ancestral da mulher », sur G1, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Jarid Arraes, Heroínas negras brasileiras: em 15 cordéis, Editora Seguinte, (ISBN 978-65-5782-007-0, lire en ligne)
Liens externes
- « Dandara », sur Fondation pour la memoire de l'esclavage (consulté le )
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