Danielle Martineau

Danielle Martineau
Naissance
Québec
Activité principale Chanteur, instrumentiste
Genre musical Musique traditionnelle
Instruments accordéon

Danielle Martineau est une accordéoniste et chanteuse traditionnelle québécoise originaire de Québec, basée aux îles de la Madeleine[1],[2],[3].

Co-fondatrice de plusieurs formations dont Joséphine, Rockabayou et Les Crapaudes, elle est nommée trois fois aux Prix Juno, en 1996 et en 1997 dans la catégorie Album folk et musique traditionnelle de l'année - solo, ainsi qu'en 1999 dans la catégorie Album jeunesse de l'année.

En 2024, elle reçoit le titre de Maître de traditions vivantes de la part du Conseil québécois du patrimoine vivant[4]. Elle est également médiatrice et activiste culturelle.

Biographie

Premiers contacts avec la musique traditionnelle

Né en 1951 à Québec, Danielle Martineau a son premier contact avec les arts traditionnels québécois à travers la danse traditionnelle par des formations de la Fédération Loisir-Danse Québec qu'elle suit en tant que monitrice de camps d'été.

Jeune adulte, elle revient à Québec après quelques années passées à Gagnon. C'est alors qu'elle commence à s'impliquer comme pianiste et danseuse au sein de l'Ensemble folklorique La Parenté. Elle y côtoie son directeur, Normand Legault, ou encore l'accordéoniste Adélard Thomassin qu'elle accompagne au piano. Elle fréquente également les veillées de danse traditionnelle organisées à l'Université Laval[5].

Fondation des Danseries de Québec

Alors que les veillées de danse à l'Université Laval prennent fin, elle participe activement à la création des Danseries de Québec en 1981 afin de poursuive l'organisation de veillées de danse dans la Capitale Nationale[6]. Elle obtient l'accès à la Maison Couillard, une ancienne école, avec l'objectif de développer également une offre de formation en danse et en musique traditionnelle[5].

Danielle Martineau représente également l'organisme au premier Conseil de la culture de Québec. Elle se heurte aux perceptions négatives envers les arts traditionnels, qui sont considérés comme des loisirs plutôt que des pratiques culturelles. À la suite de cette expérience, elle contacte le Ministère des affaires culturelles du Québec qui la charge d'un mandat d'analyse de la question de la danse folklorique afin de déterminer si cette pratique est culturelle. Elle réalise ce mandat en 1983-1984, lequel aboutira avec le rapport La problématique de la danse folklorique au Québec. Le rapport, qui conclut que le milieu de la danse traditionnelle perçoit ses activités comme étant de nature culturelle, restera cependant sans suite[5].

Intensification de la pratique artistique

Au milieu des années 80, Martineau commence à être plus active comme artiste professionnelle. En 1986, elle fonde le groupe Joséphine, qui se spécialise en musique cajun. Le groupe se produit dans différents contextes jusqu'en 1991, notamment au Carnaval de Québec mais aussi en Europe et aux États-Unis. Par la suite, alors que son intérêt pour la composition se développe, elle quitte Joséphine et fonde Rockabayou, qui remportera notamment le Félix de l'Album folklore de l'année en 1993[7].

Elle s'installe dans Lanaudière et y poursuit ses activités d'activiste culturelle en plus de sa carrière de musicienne. En 1998, elle fait paraître le disque de musique pour enfants Accordélidon[8]. Elle co-fonde peu après le duo les Crapaudes avec la chanteuse Lisan Hubert[9]. Ensemble, elles lancent également une grande recherche sur la transmission de répertoires familiaux dans Lanaudière qui mènera à la publication de l'ouvrage On a du plaisir nous autres![10] et à la création du Centre régional d'animation du patrimoine oral de Lanaudière (CRAPO) en 2003.

À partir des années 2000, de nouveaux projets s'enchaînent. Elle fait paraître l'album Hommage à Marius Barbeau réalisé pour la Société Radio-Canada en 2003[11], puis un disque de compositions instrumentales appelé Les secrets du vent en 2004. Elle sort l'album de musique cajun Moi et la Belle avec Marc Grenier en 2010.

Après s'être établie aux Îles-de-la-Madeleine, elle contribue via le Réseau Traditions vivantes des Îles-de-la-Madeleine à la création de la plateforme Les Héritiers des Îles. La plateforme est lancée en 2023 et met en valeur les différentes collectes ayant été faites aux Îles-de-la-Madeleine, notamment par Simonne Voyer ou encore Russel Scott Young[12].

En 2024, elle reçoit la distinction de Maître de traditions vivantes en chant traditionnel octroyée par le Conseil québécois du patrimoine vivant selon le système des Trésors humains vivants de l'UNESCO[13].

Discographie

Solo

  • 1992 : Rockabayou, Production Bros
  • 1994 : Autrement, Production Bros
  • 1996 : Bal Canaille, Productions Milles-Pattes
  • 1998 : Accordélidon, Productions Tourne-Disque
  • 2004 : Les secrets du vent, indépendant

Dam'déridé

  • 1999 : Dam'déridé, indépendant

Les crapaudes

2001 : Plouf!, indépendant

Moi et la Belle

2010 : Moi et la Belle, indépendant

Collectif

2003 : Hommage à Marius Barbeau, Productions CBC Radio-Canada

Prix et distinctions

  • 1992 : Félix de l'album Folk de l'année pour Rockabayou
  • 1995 : Nomination, Félix de l'album folk de l'année pour Autrement
  • 1996 : Nomination, Juno Award for Roots & Traditional Album of the Year – Solo pour Autrement
  • 1999 : Nomination, Félix de l'album pour enfants pour Accordélidon
  • 1999 : Nomination, Juno Award for Children's album of the year pour Accordélidon
  • 2002 : Artiste de l'année 2002 - région de Lanaudière, octroyé par le Conseil des arts et des lettres du Québec
  • 2004 : Prix Mnémo pour le livre-CD On a du plaisir nous autres!
  • 2005 : Nomination, Artiste solo de l'année aux Prix de musique folk canadienne
  • 2012 : Prix Mnémo pour la série web Escale à Saint-Côme / Le chemin des savoirs produit par le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière
  • 2024 : Maître de traditions vivantes en chanson traditionnelle décerné par le Conseil québécois du patrimoine vivant

Références

  1. « Danielle Martineau, Notes Biographiques » [archive du ], Quebecinfomusique.com, (consulté le )
  2. « Danielle Martineau | Conseil québécois du patrimoine vivant », sur www.patrimoinevivant.qc.ca (consulté le )
  3. « Danielle Martineau | Maîtres de traditions vivantes | Conseil québécois du patrimoine vivant », sur www.patrimoinevivant.qc.ca (consulté le )
  4. « La Madelinienne d'adoption Danielle Martineau devient Maîtres de traditions vivantes », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
  5. Pierre Chartrand, « Danielle Martineau : un parcours étonnant », Bulletin Mnémo, vol. 21, no 1,‎ (lire en ligne)
  6. François Roy, « Les danseries de Québec font revivre le folklore », Le Soleil,‎
  7. Marie Delagrave, « Danielle Martineau & Rockabayou : Quand la musique traditionnelle véhicule des sujets sociaux », Le Soleil,‎
  8. (fr-CA) Josiane Ouellet, « Danielle Martineau Accordélidon : Le souffle au cour », sur Voir.ca, (consulté le )
  9. « Les Crapaudes se jettent à l'eau », Le Soleil,‎
  10. Claude Ribouillau, « On a du plaisir nous autres! », TRAD Magazine,‎
  11. « Quoi faire dans les maisons de la culture », La Presse, vol. 134, no 11,‎
  12. « Les Héritiers des Îles », sur Radio-Canada Ohdio, (consulté le )
  13. Pierre Gingras, « Maîtres de traditions vivantes », sur Le Journal de Québec, (consulté le )
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