Dash Akol (nouvelle)

Dash Akol
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Nouvelle
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Dâsh Âkol ( persan : داش آکل (داستان کوتاه)) est l'une des onze nouvelles du recueil Trois gouttes de sang écrite par Sadegh Hedayat et publiée pour la première fois en . Elle s'inspire de la vie de Dâsh Âkol.

Récit

Dâsh Âkol était un homme aimé de tous à Chiraz. Il faisait la loi dans le quartier de Sardezak . Il était bienveillant avec les braves gens, et celui qui osait s'en prendre aux femmes et aux enfants était sûr d'avoir affaire à lui. Kâkâ Rostam, quant à lui, était un soulard, fumeur d'opium, qui jouait les durs et était souvent la cible des coups de poings de Dâsh Âkol. Il cherchait dès lors une occasion pour prendre sa revanche. Mais voilà qu'à Chiraz, la mort d'un propriétaire du nom de Hâdji Samad est annoncée. Ce dernier a nommé Dâsh Âkol exécuteur testamentaire. Cette nomination lui déplait parce qu'il chérit sa liberté par-dessus tout et que cette tâche l'obligera à assumer de lourdes responsabilités. Rendant visite à la veuve il aperçoit la fille de quatorze ans de Hâdji Samad et il tombe éperdument amoureux d'elle. Il considère immédiatement que les fonctions d'exécuteur testamentaire qu'il a acceptées ne sont pas compatible avec ses sentiments puisqu'il devient aussi le tuteur de la fille de Hâdji Samad, dont le nom est Mardjân. Il garde secrets ses sentiments. Il s'achète un perroquet pour parler avec et lui confier son chagrin. Il assume ses responsabilités, cesse de régner en maître dans les rues et de se disputer avec les malfrats, et consacre sont temps à la gestion du domaine de feu Hâdji Samad et de sa famille. Sept années s'écoulent jusqu'à ce qu'un prétendant soit trouvé pour Mardjân, qui déjà 21 ans. Comme dernière tâche de sa mission de tuteur, Dâsh Âkol organise le mariage de la jeune femme et l'accompagne jusqu'à son nouveau foyer conjugal. Cette même nuit, Kâkâ Rostam vient chercher querelle à Dâsh Âkol et en vient aux mains avec lui. Kâkâ Rostam finit par le blesser avec son poignard. Le lendemain, lorsque le fils aîné de Hâdji Samad vient au chevet de Dâsh Âkol, ce dernier lui confie son perroquet et meurt peu après.

Le soir même, Mardjân pose la cage du perroquet devant elle et l'observe, quand soudain l'oiseau , imitant la voix de Dâsh Âkol croasse:« Mardjân ... Mardjân... tu me fais mourir... À qui le dire?... Mardjân... ton amour... m'à tué !

Extraits du texte original

Dash Akol était un homme de trente-cinq ans, robuste mais au visage peu avenant. Quiconque le voyait pour la première fois était rebuté par son apparence, mais s’il s’asseyait un moment avec lui et écoutait les récits que tout le monde racontait sur sa vie, il le captivait. « Et dans la nuit, quand la ville de Chiraz, avec ses ruelles tortueuses, ses jardins enchanteurs et ses vins de pourpre était plongée dans le sommeil, quand les étoiles, tranquilles dans le ciel d'encre, échangeaient des clins d'œil mystérieux, quand Mardjân, toute rose dans son lit, respirait doucement et revoyait en rêve les événements du jour, alors le vrai Dâsh Âkol se délivrait de l'enveloppe de réserve où il était tenu entravé par les conventions sociales et les idées qui lui avaient été inculquées depuis l'enfance, et il s'abandonnait sans retenue à ses sentiments et à ses désirs naturels. Librement il serrait Mardjân dans ses bras, il sentait les doux battements lents de son cœur, ses lèvres brûlantes, son corps souple, il baisait ses joues. Mais lorsqu'il s'éveillait en sursaut, il s'adressait des injures, maudissait la vie, et se mettait à tourner dans la chambre comme un fou en se parlant à mi-voix. Et toutes la journée il se plongeait dans le tournillon des affaires de Hadji, ppour étouffer sa passion. »[1]

Adaptation théâtrale

La pièce La Vipère dorée d'Ali Nassirian et Dâsh Âkol de Bahram Beyzai s'inspirent de cette histoire

Cinéma

Trois réalisateurs ont pris ce thème pour réaliser chacun un film : Massoud Kimiai, Mohammad Arab, Reza Karimi (ce dernier, en 2013, a appelé son film Hail and Sun) .

Références

Bibliographie

  • (en) Sivan Balslev, Iranian Masculinities: Gender and Sexuality in Late Qajar and Early Pahlavi Iran, Cambridge University, , 325 p. (lire en ligne)
  • Sadeq Hedayat (trad. du persan par Gilbert Lazard), Trois Gouttes de sang, Paris, Phébus, , 192 p. (ISBN 978-2843048593)

Articles connexes

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