Degré de choc

Le degré de choc d'une météorite caractérise l'étendue des fracturations et des modifications pétrographiques dues à un métamorphisme de choc lors d'une ou plusieurs collisions du corps parent avec un autre astéroïde.

La classification en fonction du degré de choc a été introduite en 1991 par Dieter Stöffler, Klaus Keil et Edward Scott[1] pour les chondrites ordinaires. Elle a ensuite été généralisée aux autres météorites[2], précisée et complétée[2],[3],[4],[5].

Nomenclature

Météorite de taille 4 cm environ issu du météore de Tcheliabinsk montrant une fracturation de niveau S4.

On distingue les catégories suivantes :

  • S1 : absence totale de choc (pressions inférieures à 5 GPa)
  • S2 : choc très faible (5-10 GPa). Assombrissement irrégulier de l'olivine sous lumière polarisée ; fractures planes et irrégulières (cassures hors des plans de clivage naturels).
  • S3 : faiblement choqué (15-20 GPa). Faibles fractures dans l'olivine sous lumière polarisée ; veines de choc sombres et quelques poches de fusion.
  • S4 : modérément choqué (30-35 GPa). Faibles déformations planes (fracturation plane) de l'olivine sous lumière polarisée ; quelques poches de matériau fondu, veines de choc sombres interconnectées.
  • S5 : fortement choqué (45-55 GPa). Fractures planes et déformations très marquées dans l'olivine ; altération du plagioclase en maskelinite (en). Formation de veines sombres d'impactite (ou de fusion).
  • S6 : choc très violent (75-90 GPa) ; recristallisation de l'olivine, avec altération locale en ringwoodite et fusion du plagioclase en verre.

Des pressions de choc plus élevées provoquent la fusion de la roche, produisant une suévite.

Notes et références

  1. ↑ (en) Dieter Stöffler, Klaus Keil et Edward R.D Scott, « Shock metamorphism of ordinary chondrites », Geochimica et Cosmochimica Acta, vol. 55, no 12,‎ , p. 3845-3867 (DOI https://doi.org/10.1016/0016-7037(91)90078-J)
  2. (en) Jörg Fritz, Ansgar Greshake et Vera A. Fernandes, « Revising the shock classification of meteorites », Meteoritics & Planetary Science, vol. 52,‎ (DOI 10.1111/maps.12845).
  3. ↑ (en) Alan E. Rubin, « A shock-metamorphic model for silicate darkening and compositionally variable plagioclase in CK and ordinary chondrites », Geochimica et Cosmochimica Acta, vol. 56, no 4,‎ , p. 1705-1714 (DOI 10.1016/0016-7037(92)90236-C).
  4. ↑ (en) Alan E. Rubin, Edward R.D. Scott et Klaus Keil, « Shock metamorphism of enstatite chondrites », Geochimica et Cosmochimica Acta, vol. 61, no 4,‎ , p. 847-858 (DOI 10.1016/S0016-7037(96)00364-X).
  5. ↑ (en) T. J. Barrett, A. Černok, G. Degli-Alessandrini, X. Zhao, M. Anand, I. A. Franchi et J. R. Darling, « Exploring relationships between shock-induced microstructures and H2O and Cl in apatite grains from eucrite meteorites », Geochimica et Cosmochimica Acta, vol. 302,‎ , p. 120-140 (DOI 10.1016/j.gca.2021.03.018).
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