Denis Pierre Jean Papillon de La Ferté

Denis Pierre Jean Papillon de La Ferté
Gravure d’Augustin de Saint-Aubin (1770).
Fonction
Intendant
Menus-Plaisirs du roi
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Enfants
Louis Victor Xavier Papillon de La Ferté (d)
Alix Marie Denise Papillon de La Ferté (d)
Autres informations
A travaillé pour
Date de baptême
Blason.

Denis Pierre Jean Papillon de La Ferté, dit le marquis de La Ferté, né le à Châlons-en-Champagne et guillotiné le 19 messidor an II à Bercy, est un intendant français des Menus plaisirs de la Maison du roi.

Biographie

Fils de Pierre Papillon de La Ferté (~1682-1753), seigneur de La Ferté, président-trésorier de la généralité de Champagne, lieutenant du roi de Châlons, Papillon de La Ferté acheta en 1756, pour 260 000 livres, la charge d’intendant des Menus-Plaisirs de la Maison du roi qu’il conserva jusqu’en 1792. Dans ces fonctions, il est notamment chargé d'une part importante des préparatifs du sacre de Louis XVI, en [1].

Détenant également le titre de commissaire du roi auprès de l’Académie de musique, Papillon de La Ferté exerça, à l’Opéra, une influence dominante. Cette influence fut même supérieure à celle du ministre, qui détenait le pouvoir nominal[2], mais qui laissait son second gouverner. Ainsi, Papillon de La Ferté imagina et proposa, dans ce poste qu’il occupa pendant les dix années qui précédèrent la Révolution, quantité de projets pour l'Opéra.

Papillon de La Ferté a beaucoup écrit durant son passage aux affaires[a]. Sa carrière administrative, sa vie publique et privée, ses menées artistiques, ont par ailleurs été documentées grâce aux nombreuses pièces publiées par Adolphe Jullien dans divers articles, brochures ou livres sur l’Opéra au XVIIIe siècle, d’après ses lettres et ses papiers manuscrits conservés aux archives de l’Opéra et à la bibliothèque de la ville de Paris.

Castil-Blaze qualfie néanmoins celui qui joua un tel rôle dans l’histoire musicale française de « vieux dévot, libertin et frappé d’imbécillité dès ses plus jeunes ans[3] ».

On doit également plusieurs ouvrages à cet homme de sciences et amateur d’art, collectionneur passionné de paysages, principalement par Boucher, Robert, Fragonard et Vernet, auquel il a commandé une série de sept grands panneaux décoratifs pour son hôtel particulier[4] : Éléments de géographie, agrémenté de 20 cartes en 1783, un Système de Copernic ou abrégé de l’astronomie, la même année ; en 1784, il publie Traité élémentaire sur les mathématiques, enfin, en 1787, Éléments d’architecture de fortifications et de navigation.

Amateur d’art, il publie, en 1776, l’ouvrage Extraits des différents ouvrages publiés sur la vie des peintres, en 2 volumes, qui sera réédité, en 1796, sous le pseudonyme M. P. D. L. F.[5].

À l’avènement de la Révolution, Papillon de La Ferté prête le serment civique, fait don de son argenterie à la Monnaie, se fait élire commandant de la Garde nationale du district de l'île Saint-Louis, où il avait une maison. Durant la Terreur, la loi sur les suspects conduit cependant à son arrestation et son emprisonnement à la prison du Luxembourg, en raison de son ancienne appartenance à la cour. Il est guillotiné place du Trône-Renversé.

Publications

Notes et références

Notes

  1. ↑ De nombreuses lettres et rapports de sa main se trouvent ainsi aux Archives nationales.

Références

  1. ↑ Youri Carbonnier (Scarlett Beauvalet et Marie-Claude Dinet-Lecomte (dir.)), Les sacres des rois de France au XVIIIe siècle. Fastes de la monarchie et organisation minutieuse, in Fêtes et réjouissances dans la France du Nord du XVIe siècle à la Révolution, Encrage, (ISBN 978-2-36058-066-8, lire en ligne), p. 53-76
  2. ↑ Adolphe Jullien, Un potentat musical, Papillon de La Ferté son règne à l’Opéra de 1780 à 1790, Paris, A. Detaille, 1876, p. 5.
  3. ↑ Adolphe Jullien, L’Opéra secret au XVIIIe siècle, Paris, E. Rouveyre, 1880, p. 4.
  4. ↑ Après son exécution, sa collection fut saisie, en partie au profit des collections nationales et en partie rendue à sa famille, avant d’être vendue en février 1797.
  5. ↑ notice d'autorité de la B.N.F

Bibliographie et sources

Sources

Bibliographie

  • Adolphe Jullien, Un potentat musical, Papillon de La Ferté son règne à l’Opéra de 1780 à 1790, avec un portrait de lui gravé à l’eau-forte par Adolphe Varin, Paris, A. Detaille, 1876.
  • Armand Bourgeois, Le châlonnais célèbre Papillon de la Ferté, Intendant des Menu-Plaisirs du Roi et le théâtre au XVIIIe siècle. Conférence faite le 13 novembre 1909 au théâtre de Châlons-sur-Marne, imprimerie Robat, 1910.
  • Pascal Étienne (historien de l'art), « L'hôtel des Menus-Plaisirs », dans Le Faubourg Poissonnière : architecture, élégance et décor (catalogue), Paris, Délégation à l'Action artistique de la Ville de Paris, , 312 p., 24 cm (OCLC 15559648, BNF 34986401, SUDOC 001370952, présentation en ligne), p. 81-82, [compte-rendu].
  • Raphaël Mariani, « Papillon de La Ferté (1727-1794), régisseur de la société de cour », dans Pierre Jugie et Jérôme de La Gorce, Les Menus Plaisirs du Roi, Paris, PUPS, , 141 p. (ISBN 978-2-84050-906-6), p. 71-87.

Annexes

Liens externes

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