Destin commun (laboratoire d'idées)

Destin commun
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Pays
Organisation
Fondateurs
Mathieu Lefèvre (d), Maïder Piola-Urtizberea (d)
Présidente
Laurence de Nervaux (d) (depuis )
Site web

Destin commun est un laboratoire d'idées (think tank) français consacré à la cohésion sociale. Créé en 2017 par Mathieu Lefèvre-Marton, il constitue la branche française du réseau international More in Common, présent notamment en Allemagne, au Brésil, en Espagne, en Pologne, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

L'organisation mène des recherches sur la perception des phénomènes de polarisation et des points de convergence au sein de la société française. Elle publie régulièrement des enquêtes d’opinion publique et propose des outils destinés aux acteurs de la société civile. Le think tank publie en moyenne six études par an, régulièrement relayées dans les médias français.

Destin commun se présente comme « un laboratoire d’idées et d’action qui a pour ambition de bâtir une société plus soudée, dont les membres sont convaincus que ce qu’ils partagent est plus important que ce qui les divise ». Ses travaux s’appuient sur la psychologie sociale et sur des enquêtes qualitatives et quantitatives destinées à identifier différentes « familles de valeurs » au sein de la société française[1].

Historique

Le think tank Destin commun est fondé en 2017 par Mathieu Lefèvre-Marton. Il s'agit de la branche française du groupe More in Common créé en hommage à la députée britannique Jo Cox, assassinée en juin 2016 par un militant d’extrême droite[2]. L’organisation conduit des enquêtes, sur la base d’entretiens et de sondages, portant sur la cohésion sociale et sur la manière dont les citoyens perçoivent les fractures culturelles, politiques et économiques.

En 2024, dans le cadre des élections législatives françaises, le think tank publie un rapport intitulé « Le Jour d'après : penser le 8 juillet 2024 » consacré aux conséquences d'une éventuelle victoire du Rassemblement national. Ses auteurs signent une tribune dans le quotidien Le Monde à la veille du scrutin soulignant le risque pour la démocratie que représentent les pouvoirs d'extrême droite[3].

En 2026, l’organisation publie une enquête sur l’état de la vie démocratique en France[4].

En mai 2026, le fondateur de Destin commun, Mathieu Lefèvre-Marton, devenu conseiller de Raphaël Glucksmann sur les questions de données et d'opinion en vue de l'élection présidentielle de 2027, se trouve au cœur d'une polémique politique. Une note interne qu'il a rédigée, intitulée « Les trois « publics cibles » », est révélée le par Politico avant d'être largement reprise par la presse française[5]. Ce document de travail de quarante-huit diapositives propose une segmentation de l'électorat à travers trois archétypes — un cadre supérieur écologiste, un retraité aisé et une enseignante de gauche modérée — et recommande au député européen de cibler en priorité les catégories socioprofessionnelles supérieures, les retraités aisés et les habitants des grandes métropoles. Une page intitulée « cibles à éviter » suscite particulièrement la controverse en listant les 18-25 ans, les personnes percevant moins de 1 500 euros mensuels, les familles monoparentales, les habitants des banlieues et de certaines régions (Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Grand Est), ainsi que les électorats des Républicains, du Rassemblement national et de La France insoumise[6]. Plusieurs commentateurs rapprochent ce document de la note publiée en 2011 par le think tank Terra Nova, qui préconisait à la gauche de se recentrer sur les diplômés et les jeunes urbains au détriment des classes populaires. Vivement critiquée par La France insoumise et par François Ruffin, président du mouvement Debout !, qui accusent l'eurodéputé de délaisser les milieux populaires, la note provoque l'embarras dans l'entourage de Raphaël Glucksmann. Ce dernier rejette publiquement les conclusions du document, qu'il qualifie de « volé » et affirme « n'avoir aucune valeur politique »[7].

Organisation

Forme juridique

Destin Commun est une association loi de 1901, membre du réseau international More in Common.

Financement

Parmi les financeurs du think tank figurent la Fondation de France, la Fondation Hippocrène, l'Agence française de développement, le Crédit mutuel, la Fondation Daniel et Nina Carasso ou encore la Fondation d'entreprise Crédit coopératif.

Direction

Depuis , Destin commun est dirigé par Laurence de Nervaux, ancienne responsable de la philanthropie à la Fondation de France[8].

Notes et références

  1. ↑ Francis Charhon, « Mathieu Lefevre (Destin Commun) : "Le point de départ de Destin Commun est une inquiétude sur l’état de la cohésion sociale en France" », sur Carenews, (consulté le )
  2. ↑ Éric Larpin, « Il faut améliorer en France la diversité des donateurs », sur La Croix, (consulté le )
  3. ↑ « L’expérience des droites radicales au pouvoir montre qu’accéder aux responsabilités n’est pas un facteur de modération », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ Marine Lamoureux, « Ce qui nous relie : l’enquête inédite sur ce qui fait de nous des Français », sur La Croix l'hebdo, (consulté le )
  5. ↑ Sandrine Cassini, « Présidentielle 2027 : une note confidentielle alimente le procès en « macronisme » contre Raphaël Glucksmann », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Sarah Benhaïda, « « Éviter » les jeunes et les banlieues : une note interne crée le malaise dans le parti de Raphaël Glucksmann », Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ Louis Nadau, « « On reçoit beaucoup de conneries » : la note interne qui conseille à Raphaël Glucksmann d'ignorer les pauvres », sur Marianne, (consulté le )
  8. ↑ « Laurence de Nervaux prend la direction de Destin Commun », sur Carenews, (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail des associations
  • icône décorative Portail de la société