Diaspora kabyle
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2 000 000-2 500 000 (2004)[1],[2],[3] |
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700 000-800 000[4],[5] |
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56 000[5] |
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20 565 (2021)[6] |
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16 000[5] |
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15 000[5] |
| Population totale | 2 800 000-3 400 000 (2004) |
| Régions d’origine | Kabylie |
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| Langues | Kabyle, Arabe algérien, Français, Anglais, Néerlandais |
| Religions | Islam, Irréligion, Christianisme |
| Ethnies liées | Kabyles |
La diaspora kabyle (en kabyle : Iqvayliyen di beṛṛa, en tifinagh : ⵉⵇⵠⴰⵢⵍⵉⵢⴻⵏ ⴷⵉ ⴱⴻⵕⵕⴰ) désigne les populations ayant d'origine kabyle ou ayant d'ascendance kabyle, vivant à l'extérieur de la Kabylie. Cela inclut d'autres régions d'Algérie tels qu'Alger, où elle est la plus présente en Algérie, ainsi que d'autres pays à travers le monde, principalement en Europe de l'Ouest (France, Belgique et Royaume-Uni), mais également en Amérique du Nord (Canada et États-Unis).
Histoire
XVIe au XIXe siècle
A l'époque ottomane, de nombreux kabyles pratiquaient une émigration temporaire et s'enrôlaient dans les armées du dey d'Alger ou de celui de Tunis[7].
Plus tard, deux ans après la défaite de l'Émir Abdelkader, en 1849, de nombreuses familles religieuses kabyles émigrèrent vers la Syrie mais celle-ci resta statistiquement peu importante[8].
Ce fut également le cas avec la révolte de Mokrani de 1871 à l'issue de laquelle de nombreux kabyles migrèrent vers la France métropolitaine. Des Kabyles qui échappent aux exécutions sommaires sont déportés en Nouvelle-Calédonie, où leurs descendants vivent toujours[9]. En 1905, l’essor économique de la France attirent les premiers ouvriers algériens, « pour la plupart originaires de Grande Kabylie ». Puis des soldats démobilisés restent en métropole après la première guerre mondiale[10]. En 1912, selon une commission d'enquête, près de 10 000 Kabyles travaillent en France notamment dans les Bouches du Nord et le Pas-de-Calais. En 1934, les Kabyles représentent les 3/4 des émigrés et en 1950, 50 à 60 % des Algériens travaillant en France sont d’origine kabyle.
XXe siècle
La diaspora kabyle s'est principalement établie en France au cours du XXe siècle. On estime alors une population s'élevant à 10 000 en 1912 en France, principalement présente dans les Bouches du Nord et dans le Pas-de-Calais. Plus tard, en 1934, on estime que 3/4 des émigrés algériens en France étaient d'origine kabyle et en 1950, 50 à 60% d'entre eux[11].
Démographie
Population
Aujourd'hui, la population de la diaspora kabyle la plus importante se trouve en Algérie. Elle est répartie à Alger, qui en compte environ 2 000 000[1], ainsi qu'à Constantine, Sétif et Oran[2],[3].
Quant à la plus importante communauté kabyle hors Algérie, elle se trouve en France où sa population se situerait entre 700 000 et 800 000 personnes[4].
Selon une enquête effectuée, en 1999, par le Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique, 1,5 à 2 millions de personnes vivant en France parlaient les langues berbères (kabyle, chleuh, rifain, chaoui)[10].
La Belgique a elle aussi sa propre communauté kabyle. On estime alors qu'il y aurait environ 56 000 kabyles vivant en Belgique.
En Amérique du Nord, le Canada est le pays qui abrite la plus forte communauté kabyle, atteignant 25 565 personnes[6].
Religion
Bien qu'ils soient en majorité musulmans, il existe une population kabyle non-musulmane. En France, il existe une population kabyle non affiliée, ainsi que des communautés catholique et évangélique. Il y a notamment une église évangélique Kabyle de Paris, non affiliée au CNEF, et localisée rue Jules-Auffret, à Pantin[12].
Positions politiques

Aujourd'hui, la diaspora kabyle est présente dans le domaine musical. Les chansons en kabyle permettent aux musiciens de maintenir la langue berbère et participe à la résistance à l'arabisation imposée au Maghreb[13].
De nombreux mouvements politiques, tels que le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie exilé à Paris ainsi que d'autres associations telles que la CKF (Coordination des Kabyles de France) luttent contre cela.
En 2021, la diaspora kabyle se réunit à Montréal pour évoquer la « mauvaise gestion de la Covid-19, la manipulation sur les responsables des incendies, les arrestations des militants, la multiplication du phénomène de harragas ». En 2024, Radio-Canada fait état de pressions, par le régime algérien, sur des ressortissants canadiens, d'origine kabyle, proches du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie[14],[15].
Personnalités notables
Arts
Cinéma
- Isabelle Adjani, actrice et chanteuse française d'origine kabyle par son père.
- Dany Boon, acteur, humoriste, réalisateur, scénariste et producteur français.
- Jalil Lespert, acteur et réalisateur français d'origine kabyle par sa mère.
- Samy Naceri, acteur français de père kabyle[16],[17].
- Marie-José Nat (1940-2019), actrice française d'origine kabyle par son père.
- Jacques Villeret (1951-2005), acteur français.
Dessin et peinture
- Ghilas Aïnouche, caricaturiste et dessinateur de presse.
Danse et musique

- Slimane Azem (1918-1983), chanteur, auteur-compositeur-interprète, poète et fabuliste d'expression kabyle.
- Alain Bashung (1947-2009), auteur-compositeur-interprète et acteur français d'ascendance kabyle par son père.
- Areski Belkacem, compositeur, musicien, comédien et chanteur français.
- Kenza Farah, chanteuse, auteure-compositrice-interprète franco-algérienne de RnB, de hip-hop et de pop.
- William Grigahcine (DJ Snake), DJ, compositeur producteur et réalisateur artistique franco-algérien d'origine maternelle kabyle.
- Thomas Idir (Sinik), rappeur, tatoueur et chroniqueur français d'ascendance paternelle kabyle.
- Rachid Taha (1958-2018), chanteur et musicien franco-algérien de père kabyle.
- Sofiane Zermani, rappeur, acteur et producteur musical français. Il est connu sous le nom de scène Fianso.
- Karim Zenoud (Lacrim), rappeur, acteur et entrepreneur franco-algérien.
Littérature
- Sabri Louatah, écrivain et scénariste français.
- Alice Zeniter, romancière, traductrice, scénariste, dramaturge et metteuse en scène de théâtre française d'ascendance paternelle kabyle.
Théâtre et humour
- Mohand Fellag, acteur, humoriste, metteur en scène et écrivain d'expression kabyle, française et arabe.
- Daniel Prévost, comédien et humoriste français[18],[19].
Journalisme
- Rachid Arhab, journaliste et ancien membre du CSA.
Politique
- Fadela Amara, femme politique française, militante féministe et haute fonctionnaire[20],[21].
- Tarik Brahmi, homme politique franco-canadien et membre du NPD.
- Aïssa Dermouche, haute fonctionnaire français.
- Lydia Guirous, femme politique française.
- Augustin Ibazizen (1897-1980), avocat, homme politique, conseiller d'État et écrivain français[22].
- Rachid Kaci, haut fonctionnaire et homme politique français[23],[24],[25].
- Hadja Lahbib, journaliste et femme politique belge et membre du MR.
- Ali André Mécili (1940-1987), homme politique franco-algérien.
- Ferhat Mehenni, homme politique, écrivain, auteur-compositeur-interpréte kabyle exilé en France. Il est fondateur et président du MAK.
- Laurette Onkelinx, femme politique belge et membre du PS.
- Karim Ouchikh, avocat et homme politique français. et président de Souveraineté, identité et libertés.
Sciences
- Noureddine Melikechi, physicien atomique travaillant à la NASA.
Sport
- Robert Abdesselam (1920-2006), joueur de tennis, avocat et homme politique français.
- Karim Benzema, footballeur international français évoluant au poste d'avant-centre.
- Bernard Goutta, joueur français de rugby à XIII et rugby à XV puis entraîneur.
- Yazid Mansouri, footballeur international algérien ayant évolué au poste de milieu offensif.
- Kylian Mbappé, footballeur international français d'origine maternelle kabyle.
- Karim Ziani, footballeur international algérien.
- Zinédine Zidane, footballeur international français ayant évolué au poste de milieu offensif.
Divers
- Idriss Aberkane, conférencier, essayiste, entrepreneur et polémiste français.
- Le Raptor, vidéaste web et polémiste français d'extrême droite.
Bibliographie
- Germaine Mailhe, Déportation en Nouvelle-Calédonie des communards et des révoltés de la Grande Kabylie (1872-1876), Editions L'Harmattan, , 424 p. (ISBN 978-2-296-29442-4)
- Mehdi Lalloui, Kabyles du Pacifique, Au nom de la Mémoire, (ISBN 978-2-910780-00-5)
Filmographie
- Une Journée au soleil (documentaire), de Arezki Metref et Marie-Joëlle Rupp, SaNoSi Productions, BIP TV (Berry Issoudun Première Télévision), deux versions (56 et 78 minutes), 2017[26],[13].
Notes et références
- Yves Montenay, « L’Algérie a mal à la Kabylie », Contrepoints, (lire en ligne).
- Encyclopædia Universalis, « KABYLES : Le peuple kabyle », sur Encyclopædia Universalis, (consulté le )
- (en) Moha Ennaji, Multiculturalism and Democracy in North Africa: Aftermath of the Arab Spring, Routledge, (ISBN 978-1-317-81361-3, lire en ligne)
- « Comment l’identité kabyle s’est forgée face à la France et au pouvoir algérien » (consulté le )
- « Kabyle Berber in Belgium », sur joshuaproject.net (consulté le )
- (en) « Ethnic or cultural origin by gender and age: Canada, provinces and territories », sur www150.statcan.gc.ca (consulté le )
- ↑ Alain Mahé, Histoire de la grande Kabylie XIX-XXème siècles : Anthropologie historique du lien social dans les communautés villageoises, Éditions Bouchène, (lire en ligne), p. 30
- ↑ Alain Mahé, Histoire de la grande Kabylie XIX-XXème siècles : Anthropologie historique du lien social dans les communautés villageoises, Éditions Bouchène, (lire en ligne), p. 170
- ↑ Jacques Simon, Algérie : le passé, L'Algérie française, La révolution (1954-1958), L'Harmattan, , 520 p. (ISBN 978-2-296-16844-2, présentation en ligne), p. 49-51).
- Arezki Metref, « Avec les Kabyles de Ménilmontant », Le Monde diplomatique, (lire en ligne).
- ↑ K. Direche-Slimani, « Kabylie : L'émigration kabyle : Entre tradition économique et histoire politique », sur OpenEdition Journals - Encyclopédie Berbère
- ↑ « Église Évangélique Kabyle de Paris », sur eglises.org (consulté le )
- Daniela Merolla (Professeure de littérature et art berbères), « La diaspora berbère ou amazighe : musique, littérature, cinéma et nouveaux médias », Inalco, (lire en ligne).
- ↑ Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « Des Canadiens accusent l’Algérie d’espionnage », sur Radio-Canada, (consulté le ).
- ↑ « Les Kabyles du Canada sont très inquiets », Le Matin d'Algérie, (lire en ligne).
- ↑ « Samy Naceri : Biographie et actualités », sur Gala (consulté le )
- ↑ Christophe Carrière et Pascal Ceaux, « Samy Naceri: le bon et la bête », L'Express, (lire en ligne)
- ↑ « Daniel Prévost, désormais Kabyle », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean-Baptiste Harang, « Daniel Prevost. Dernières nouvelles du père inconnu », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Libération, 26 février 2003 Portrait
- ↑ Christine Bard et Sylvie Chaperon (Notice rédigée par Yannick Ripa), Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe – XXIe siècle, Paris, Presses universitaires de France, , 1700 p. (ISBN 978-2-13-078720-4, OCLC 972902161, BNF 45220443, lire en ligne), p. 31 à 33
- ↑ « Par jugement du Tribunal de grande instance de la Seine en date du 25 mars 1966 - dit que Belkacem Iba-zizen sera prénommé désormais Augustin, Léon au lieu de Belkacem », mention marginale sur acte de naissance du 13 février 1903 de son épouse Madeleine Louise Octavie Boué, 3 E 123/20 img 3/435, Mézières-en-Brenne, 1903-1912. Voir en ligne
- ↑ Entretien, La Dépêche de Kabylie.
- ↑ « Rachid Kaci : L’électron libéral », interview de Rachid Kaci du sur le site kabyle.com par Boukhelifa Zahir.
- ↑ « La république des lâches. La faillite des politiques d'intégration, Rachid Kaci », sur Label Emmaüs (consulté le )
- ↑ Voir sur film-documentaire.fr.
Liens externes
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Karima Direche-Slimani, « Kabylie : L'émigration kabyle », Encyclopédie berbère, 2004
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