Didier Tallineau

Didier Tallineau
Tueur
Image illustrative de l’article Didier Tallineau
Information
Nom de naissance Didier Émile Tallineau
Naissance
Niort (Deux-Sèvres)
Décès (à 41 ans)
Prison de Fresnes (Val-de-Marne)
Cause du décès Cancer de la plèvre
Nationalité française
Surnom Le « briseur de crânes »
L'« homme aux deux visages »
Condamnation

Sentence 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans
Actions criminelles meurtres, tentatives de meurtres
Victimes 2 + 2 tentatives
Période -
Pays Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la Suisse Suisse
Régions Pays de la Loire
Ville Oulmes, Châteaubriant, Düsseldorf
Arrestation

Didier Émile Tallineau né le à Niort et mort le à la prison de Fresnes[1], est un criminel français.

Entre 1989 et 1999, Tallineau a tué deux jeunes femmes, a tenté d'en tuer une autre et aurait tenté de tuer un de ses aide-cuisiniers. Il a été condamné, en 2001 et 2002, à 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans.

Fait rarissime dans les annales judiciaires, Tallineau a été libéré de prison, en , après avoir bénéficié de la loi Kouchner. Une polémique s'était alors instaurée, et sous la décision du garde des sceaux, avait entraîné le retour en prison de Tallineau en .

Victime d'un cancer de la plèvre, Tallineau est mort en prison 15 mois après sa réincarcération, le .

Biographie

Jeunesse

Didier Tallineau naît le à Niort. Il est l'unique garçon d'une fratrie de quatre enfants. Son père est chauffeur-routier et souvent absent à cause de son travail. La mère de Tallineau est, en revanche, qualifiée de femme "très autoritaire" : il avouera, des années plus tard, ne jamais s'être senti en sécurité en sa compagnie.

En 1975, à l'âge de 10 ans, Tallineau commence à effectuer des crises de nerfs, ce qui le mènera à casser des chaises, ou d'autres formes de matériel afin de pouvoir, selon son expression, "s'exprimer" et se "faire comprendre"[2].

En 1980, à 14 ans, Tallineau simule une scène de crime au domicile de ses parents, en faisant croire à un cambriolage. La police vient sur les lieux, mais ne trouve aucun signe d'effraction ni de vol. Tallineau reconnaît alors avoir menti pour rendre le ville "plus vivant". Au vu de son jeune âge, aucune poursuite n'est envisagée à l'égard de Tallineau[2].

Au début des années 1980, Tallineau acquiert une passion pour le travail. Le jeune homme rêve alors de devenir un "travailleur exemplaire" et "cadre"[2].

En 1984, Didier Tallineau effectue son service militaire à l'âge de 19 ans[2].

En 1985, Tallineau se lance dans la restauration comme saisonnier. Il travaille en Suisse comme aide-cuisinier dans un grand hôtel d'une station de ski. Il rencontre Catherine Charuau, avec qui il achète une maison à Oulmes en 1989. Les disputes fréquentes du couple deviennent rapidement de notoriété publique[2].

Parcours criminel

Dans la nuit du 7 au , Tallineau rentre de son travail, à la suite d'une soirée alcoolisée. Furieuse de ce retard, Catherine Charuau lui annonce qu'elle le quitte pour démarrer une nouvelle vie. Une énième dispute éclate alors à leur domicile d'Oulmes. À l'aide d'un objet contondant, Tallineau frappe sa compagne en lui portant un coup sur la tête : l'objet reste indéterminé. Catherine succombe à ses blessures. Il la traîne jusqu'à leur potager, puis l'enterre en l'aspergeant de parfum. Le lendemain, il frappe à la porte de ses voisins, inquiet, car sa compagne de 22 ans a disparu[3]. Quelques jours plus tard, Tallineau revient voir ses voisins, leur expliquant que Catherine l'a quitté, en emportant sa collection de peluches. Elle avait fait la même chose avec son précédent compagnon. La différence par rapport à sa précédente rupture est que Catherine était restée en contact avec sa mère. En ce qui concerne sa rupture avec Tallineau, Catherine ne donne aucune nouvelle. En raison de son assiduité, Tallineau n'est pas soupçonné d'être l'auteur de la disparition de sa compagne. Lorsque les voisins de Tallineau demandent s'il a des nouvelles de Catherine, ce dernier leur affirme que Catherine a quitté la région et qu'il y a eu un chèque sur Bordeaux, le . Il affirme qu'elle s'est également achetée une voiture. Au fil des mois, la mère de Catherine commence à avoir de sérieux doutes et alerte souvent les gendarmes. Les gendarmes lui affirment ne rien pouvoir faire, la disparue étant majeure[4].

Un soir de , en Suisse, Tallineau assiste à une soirée alcoolisée, en compagnie de plusieurs aides-cuisiniers. Lors de celle-ci, l'un des aides-cuisiniers est assomé en état d'ivresse, dans les toilettes de l'établissement. La victime est découverte baignant dans une mare de sang par l'un des collègues de Tallineau. La police est appelée et se rend sur les lieux. Les fêtards sont interrogés, mais aucun d'entre-eux dit n'avoir vu quelque chose. La victime n'est pas en mesure de déterminer qui l'a agressé, en raison d'une amnésie déclenchée par le coup. Étant inconnu des services de police, Tallineau n'est pas plus soupçonné que ses camarades de soirée. Il ne sera jamais inquiété pour cette tentative de meurtre présumée[2].

En , Tallineau séjourne dans son hôtel Suisse, à proximité de son lieu de travail. A cette période là, celui-ci est touché par deux incendies qui font des dégâts importants. La police Suisse est appelée et conclue à des incendies criminels. Soupçonné d'en être à l'origine, Tallineau est placé en garde à vue, mais est relâché car aucune preuve ne pèse contre lui. A la suite de cette garde à vue, Tallineau quitte donc la Suisse[2].

En 1994, les parents de Catherine Charuau viennent voir Maître Genty. Ce dernier les persuade d'aller au parquet. Les parents le font et une enquête est ouverte, en . Tallineau est ré-interrogé sur les faits, mais livre la même version d'un départ volontaire, conformément à ses précédentes déclarations. Après cet interrogatoire, Tallineau semble prendre peur et décide de partir en Serbie, où l'extradition se fait rare. Il reprend contact avec une ancienne petite-amie allemande, Christine Richter, qui réside à Düsseldorf (Allemagne)[2].

Dans l'après-midi du , Tallineau se rend chez Christine et lui demande de l'héberger, prétendant que sa voiture est en panne. Elle accepte cette demande et lui propose de sortir au restaurant. Tallineau décline l'offre, affirmant être fatigué, et demande de l'aider à faire la vaisselle. Alors qu'elle range des couverts, Tallineau l'a frappe à coup de rouleau à pâtisserie. La jeune femme lui demande d'appeler un médecin, mais Tallineau lui dit qu'il est préférable d'acheter des médicaments et affirme ne pas avoir de carte bancaire allemande pour le faire. Christine lui donne alors une de ses cartes. Tallineau la prend, mais retire tout l'argent disponible. Revenu chez elle, il lui dit que la carte ne fonctionne pas. Elle lui en donne alors une deuxième. Il la prend et la retire de nouveau jusqu'à l'épuiser, puis part dans sa voiture pour rejoindre la Serbie, sans même aider Christine. La victime arrive jusqu'à son téléphone, pour appeler une amie. Celle-ci vient sur le champ et l'emmène à l'hôpital. Après cinq jours d'hospitalisation, Christine s'en sort in extremis[2]. Christine dépose plainte contre Tallineau pour tentative de meurtre, mais aucune arrestation n'a lieu, la Serbie ne pouvant extrader dans les pays européens[2].

En 1998, Tallineau déménage en Loire-Atlantique et s'installe avec sa nouvelle compagne, devenue sa femme. Son enfant naît cette même année. Il devient par la suite le patron du bar La Louisiane.

Dans la nuit du 19 au , à Châteaubriant, Tallineau travaille dans son bar, lorsqu'arrive Carole Le Yondre, une étudiante infirmière de 20 ans, entrée en compagnie de ses amis. Tallineau sympathise avec eux. Vers h du matin, les amis de Carole s'en vont. Seule Carole reste pour aider Tallineau à faire la vaisselle. Pris d'une pulsion, Tallineau essaye de l'embrasser à plusieurs reprises, mais la jeune fille le repousse. Agacé d'essuyer ses refus, Tallineau la frappe à coup de queue de billard. Il descend ensuite la victime dans la cave, puis la tue à coups de fut de bière portés sur la tête. À la suite du meurtre, Tallineau enroule le corps dans une bâche et le cache derrière les casiers à bouteilles, au fond de la cave. Pour parer les odeurs cadavériques, Tallineau déverse plusieurs bombes de lavande. Le corps y reste pendant cinq jours, jusqu'à ce qu'une première perquisition ait lieu dans le bar, qui ne donnera rien. Dans la nuit du 24 au , Tallineau décide de se débarrasser du corps. Il parcourt dix kilomètres en voiture, après avoir chargé le corps dans le coffre. Vers h du matin, Tallineau découvrant un chemin privé, décide de déposer le corps dans le fossé. Pendant qu'il s'apprête à déposer le corps, il est surpris par une automobiliste en train de rentrer chez elle. Dès que Tallineau voit l'automobiliste, il rentre aussitôt dans sa voiture et s'en va, laissant un sac poubelle dans le fossé. Il déposera le corps un peu plus loin, avant de retourner chez lui. Le corps est retrouvé vers h 20 du matin sur une route nationale à proximité de Châteaubriant (Loire-Atlantique). Un cycliste remarque une odeur nauséabonde. Il s'arrête et trouve le cadavre en putréfaction dans le fossé. Il appelle les gendarmes, qui viennent avec un médecin. La victime est rapidement identifiée comme étant Carole Le Yondre. Une information judiciaire pour meurtre est alors ouverte. Le matin-même, l'automobiliste de la nuit passée trouvera le sac poubelle. Quand elle apprendra par ses collègues que Carole Le Yondre a été retrouvée dans des sacs poubelles, elle se demandera si l'homme qu'elle a croisé la nuit précédente y est pour quelque chose et préviendra la gendarmerie. Elle précisera aussi que l'homme avait une Nevada rouge bordeaux. Les gendarmes remontent jusqu'à toutes les voitures de ce type et obtiennent gain de cause deux jours plus tard, en remontant jusqu'à celle de Tallineau[3],[4].

Arrestation

Dans la matinée du , les gendarmes montent une planque derrière le bar de Tallineau et le voient en train de nettoyer la voiture. À partir d'un moment, les gendarmes décident de l'interpeller. Un premier gendarme entre dans la voiture et en ressort, l'air préoccupé. Il demande alors à un collègue de rentrer à son tour dans la voiture de Tallineau. Ils y découvrent une odeur de putréfaction, que Didier Tallineau avait parfumée de senteur lavande. Les gendarmes trouvent des traces de sang dans la voiture. Tallineau est aussitôt placé en garde à vue, ainsi que sa femme et tous les clients présents le soir du drame. Tallineau affirme d'abord que Carole Le Yondre était présente et qu'elle est restée avec lui pour l'aider à faire la vaisselle, mais passé quelques instants, elle est partie. Après, il met en cause un certain Karim, qui aurait tué Carole Le Yondre, alors qu'il était descendu à la cave. Ensuite, Tallineau aurait abandonné le cadavre à la campagne. Après un grand nombre d'heures de garde à vue, Tallineau change de version à trois reprises. Les gendarmes se rendent compte qu'il ment[3].

Le , Tallineau finit par avouer qu'il a tué Carole Le Yondre. Il raconte que la nuit du crime, Carole Le Yondre est arrivée avec ses amis dans son bar. Il a sympathisé avec eux. Vers h du matin, ses amis s'en vont, mais Carole reste pour l'aider à faire la vaisselle. Il a voulu l'embrasser, mais elle n'arrêtait pas de le repousser, donc il décide de la frapper à coup de queue de billard. Ensuite, il affirme avoir mis le corps dans la cave et l'a achevée avec une bouteille de bière. Il enroule le corps dans une bâche et le cache derrière les casiers à bouteilles, au fond de la cave. Le cadavre y restera cinq jours, puis Didier Tallineau cache le corps dans sa voiture pour l'abandonner sur un chemin privé. Mais, voyant une voiture arriver derrière lui, il décide d'abandonner le corps dans un autre endroit, laissant un sac poubelle dans le fossé. Les gendarmes perquisitionnent son bar. Dans la cave, les gendarmes retrouvent des traces de sang et un trousseau de clés. Lorsque la perquisition touche à sa fin, il propose de servir à boire aux gendarmes, qui acceptent de boire un verre. Après ce dernier verre, Tallineau est mis en examen pour assassinat puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Nantes[3].

Lorsque l'incarcération de Tallineau paraît dans le journal, un gendarme retraité ayant travaillé dans la disparition irrésolue de Catherine Charuau prévient immédiatement les parents de la disparue ainsi que la police de Châteaubriant[4],[5].

Découverte du corps du premier meurtre

En , le dossier de Catherine Charuau est rouvert. À Oulmes, les enquêteurs fouillent le passé du couple Tallineau-Charuau. Catherine savait que Didier la trompait. Il y avait des disputes dans ce couple. Ils interrogent la compagne de Tallineau. Elle ne sait rien, mais elle leur fait visiter son appartement. Les enquêteurs découvrent que le couple collectionne des peluches. Les proches de Catherine Charuau, les reconnaissent tout de suite. Ils s'intéressent aussi au compte bancaire de Catherine depuis , car depuis , le compte ne bouge plus. Elle avait mis un chèque de 15 000 francs. Après plusieurs expertises graphologiques, il s'avère finalement que le chèque a été signé par Tallineau, pour faire croire que Catherine était encore vivante. Les gendarmes ayant désormais suffisamment de preuves pour accabler Tallineau, l'extraient de sa prison[5].

Le , Tallineau est placé en garde à vue, dans le cadre de la disparition de Catherine. De la même manière que ces précédents interrogatoires, il se dit totalement étranger à la disparition de son ancienne compagne. Au bout de vingt-quatre heures, les gendarmes le mettent face à ses contradictions. Tallineau devient alors agressif. Accablé par les parents de Catherine Charuau, il se met à pleurer et leur raconte être arrivé chez lui très tard, les soir des faits, et affirme que Catherine lui aurait reproché au point de vouloir le quitter. Tallineau lui aurait donné une gifle et qu'elle serait morte à la suite de cela. Tallineau dit avoir enterré le corps de Catherine dans son potager, à Oulmes. Le , les gendarmes vont à l'ancienne habitation de Tallineau. Quand les recherches débutent, Tallineau est impassible. Les gendarmes suivent les indications de Tallineau et finissent par trouver le corps, bien centré dans le potager. Du parfum est également retrouvé à proximité du corps. Tallineau affirme qu'il a aspergé le corps de parfum avant de l'enterrer, car il avait des chiens au moment des faits. Les gendarmes ne croient pas à l'accident, ils pensent que Tallineau a tué Catherine de la même façon qu'il a tué Carole. Tallineau est mis en examen pour le meurtre de Catherine Charuau, puis reconduit à la Maison d'arrêt de Nantes[4],[5],[6].

Après la découverte de ces deux meurtres, à dix ans d'intervalle, le parquet de La Roche-sur-Yon enquête sur l'existence d'autres victimes. Les enquêteurs découvrent qu'une plainte contre Tallineau a été déposé, en , à la suite d'une tentative de meurtre visant Christine Richter. Ils découvrent que Christine et Tallineau ont eu une relation amoureuse, de 1992 à 1993, et qu'ils se sont revus de manière épisodique, en 1994. Lorsque les enquêteurs découvrent le type d'agression dont a été victime Christine — un violent coup à la tête —, ceux-ci demeurent convaincus que Tallineau est bien l'auteur des faits[2],[7].

Au début de l'année 2000, Tallineau est placé en garde à vue concernant la tentative de meurtre de Christine Richter, en 1994. Il nie dans un premier temps les faits. Les gendarmes font alors venir la victime en confrontation avec Tallineau. Christine lui demande alors pour quelle raison l'a t-il violemment frappée, mais Tallineau ne répond pas. Après avoir nié les faits, il reconnaît avoir porté un coup accidentel à la tête de la victime, mais réfute toute intention homicide. Le juge d'instruction ne croit pas à cette version. Tallineau est mis en examen pour tentative de meurtre puis reconduit à la Maison d'arrêt de Nantes[2],[7].

Jugement dans l'affaire Charuau-Richter

Le , le procès de Tallineau débute devant la Cour d'assises de Vendée, pour le meurtre de Catherine Charuau et la tentative de meurtre de Christine Richter[2],[4],[5],[7].

Lors de son arrivée dans le box, l'accusé, âgé de 36 ans, fait profil bas et garde la tête baissée. Durant le procès, Tallineau affirme ne pas avoir voulu tenter de tuer Christine et dit avoir tué Catherine par accident. La Cour ne croit pas à cette thèse et atteste que la manière dont Tallineau a procédé ressemble à un crime prémédité. Cette "mise en scène" faisant croire à une rupture interroge également les enquêteurs ayant confondu Tallineau. L'enquête réalisée n'a cependant pas permis d'établir une préméditation pour le meurtre de Catherine. Lors des réquisitions, Tallineau est présenté comme dangereux et contenant un risque de récidive avéré[2],[4],[5].

Le , Tallineau est condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté de 20 ans. Tallineau conteste cette décision et décide d'interjeter appel[2],[4],[5],[7].

Tallineau comparaît en appel, du 29 au , devant la Cour d'appel de Loire-Atlantique, pour le meurtre de Catherine Charuau et la tentative de meurtre de Christine Richter. Tallineau est de nouveau condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté de 20 ans[2],[7].

Jugement dans l'affaire Carole Le Yondre

Le , le procès de Tallineau débute devant la Cour d'assises de Loire-Atlantique, pour l'assassinat de Carole Le Yondre[2],[7].

Désormais âgé de 37 ans, Tallineau décide de revenir sur ses aveux et de se rétracter. Dans son box, il déclare avoir découvert le corps sans vie de la jeune femme après s'être réveillé dans la cave de son bar, en état d'ivresse. Sa déclaration n'est cependant pas prise au sérieux, du fait de ses anciens aveux et de son mode opératoire sur ses précédentes victimes. La Cour présente Tallineau comme étant un tueur en série arrêté à ses débuts ; ce type de criminel se distingue à partir de trois meurtres[5],[7].

Le , Tallineau est reconnu coupable de meurtre et condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté de 20 ans ; les jurés n'ayant pas retenu la préméditation. Il ne fait pas appel de cette décision[2],[4],[5],[7].

Procédure de remise en liberté

Dès , Tallineau sollicite une demande de suspension de peine pour raison de santé. L'avocat du détenu dépose alors une demande de libération. Tallineau est très vite admis à l'Hôpital de la prison de Fresnes en l'attente d'être examiné par un Collège de médecins afin d'évaluer si son pronostic vital est engagé ou non[5].

En octobre et , Tallineau est examiné à deux reprises par un collège de médecins. Ceux-ci font état d'une santé très détériorée du condamné et concluent à son incompatibilité vis-à-vis de sa détention. Tallineau bénéficie alors de la « loi Kouchner », entrée en vigueur le , qui permet de suspendre les peines des détenus malades si leur pronostic vital est engagé ou si leur état est incompatible avec la détention[3],[5]. La demande de libération de Tallineau est alors acceptée le [8].

Libération provisoire et polémique

Le , Tallineau est libéré de prison, après n'y avoir effectué que 5 ans et 4 mois de détention. En effet, l'homme de 39 ans est atteint d'un cancer de la plèvre et est en phase terminale ; il a été conclu que son espérance de vie était entre 6 et 12 mois. Tallineau s'installe alors chez ses parents à Olonne-sur-Mer en Vendée, à proximité des habitants et des familles de Catherine et de Carole. Cette nouvelle ne passe pas inaperçue et suscite une indignation[3],[5].

En , le voisinage tout entier fait circuler une pétition afin de renvoyer Tallineau en prison, mais cette dernière n'aboutit pas. Une polémique éclate alors et les plaintes se multiplient ; provoquant un "scandale de la population" à Olonne-sur-Mer. Maître Stéphane Maitre, avocat de la famille de Carole Le Yondre, signale l'installation sans surveillance de Tallineau et demande une nouvelle expertise médicale. Quelques jours plus tard, Tallineau est interviewé par un journaliste, qui se rend chez ses parents. Tallineau raconte avoir de graves difficultés à ses déplacer et à s'exprimer ; des arguments confortés par le journaliste, qui remarque une santé très diminuée chez le meurtrier. Tallineau affirme cependant accepter une éventuelle décision de retour en prison, si son état venait à s'améliorer[5],[9].

En , Tallineau est réexaminé par un collège de médecin et reste en liberté, les médecins confirmant que Tallineau est en phase de mourir. Un traitement lui est alors ordonné. Au fil des mois, Tallineau reprend des forces et ses voisins signent une pétition pour réclamer son retour en prison. Ils le surveillent tous les jours depuis chez eux et voient que sa santé s'est améliorée. Ils décrivent la santé de Tallineau : "Il bricole avec son père, il conduit sa voiture seul, sa vitesse est excessive...". Ils terminent cette phrase par : "un mal-être est en train de s'installer et il est de votre devoir de réagir avant qu'il ne se produise le pire"[3],[5],[10],[11].

A l'été , le collège de médecins ayant examiné Tallineau rend dans son rapport que les conditions de la loi Kouchner ne sont plus réunies ; le pronostic vital de Tallineau n'étant plus engagé, ce dernier demeure alors apte à retourner en prison, à l'instigation de Maître Stéphane Maitre[3],[9].

Retour en prison et mort

Dans la matinée du , Tallineau est de nouveau interpelé et reconduit à la prison de Fresnes. Il ne fait pas appel de cette décision, conformément à ses déclarations dans l'interview. Tallineau se montre cependant inquiet quant à son traitement en détention, qu'il juge inefficace[3],[5],[12].

Dans le courant de l'année 2006, son état ne faisant qu'empirer, Tallineau est hospitalisé à l'Hôpital de la Maison d'arrêt. Son avocat, Maître Loïc Cabioch, fait de nouveau appel à la loi Kouchner et demande une nouvelle suspension de peine. En , Tallineau est examiné en détention dans le cadre d'une suspension de peine. Le médecin le juge mourant, en allant même à comparer à « un squelette encore vivant »[3],[9],[13].

Tallineau meurt dans la nuit du , à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), à l'âge de 41 ans. Sa mort intervient seulement quelques jours avant que le tribunal d'application des peines de Créteil examine son état de santé pour sa nouvelle requête en suspension médicale de peine[14],[15].

Liste des victimes connues

Les faits Découverte Identité Âge Profession / Activité / Statut
Date Lieu Date Lieu
Oulmes Oulmes Catherine Charuau 22 serveuse
Suisse Suisse aide-cuisinier ? aide-cuisinier
Düsseldorf Düsseldorf Christine Richter ? ?
Châteaubriant Châteaubriant Carole Le Yondre 20 étudiante infirmière

Notes et références

  1. « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. « Faites entrer l'accusé », sur Télé 2 semaines (consulté le ).
  3. « Didier Tallineau : quand un meurtre en cache un autre », sur RTL.fr (consulté le ).
  4. Yann-Armel Huet, « Vendée. Didier Tallineau, ce tueur en série qui ressemblait à « monsieur tout le monde » », sur ouest-france.fr (consulté le ).
  5. « Mémoire du crime », sur Télé 2 semaines (consulté le ).
  6. [vidéo] « Arrestation pour le double meurtre de Châteaubriant et de Oulmes | INA » (consulté le )
  7. « Affaire Didier Tallineau, itinéraire d'un criminel en série en replay - Au bout de l'enquête, la fin du crime parfait ? », sur www.france.tv (consulté le )
  8. « Le garde des sceaux remet en cause le bien-fondé de la libération d'un condamné atteint d'un cancer », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Nathalie Guibert, « Le garde des sceaux remet en cause le bien-fondé de la libération d'un condamné atteint d'un cancer », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Un double meurtrier suspendu de peine », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  11. « Didier Tallineau reste en liberté », sur ladepeche.fr (consulté le )
  12. « Libéré parce qu'il souffrait d'un cancer, un condamné retourne en prison », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Retour en prison pour un assassin cancéreux - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
  14. « Un prisonnier malade d'un cancer meurt en détention à Fresnes », sur L'Obs, (consulté le ).
  15. « Mort d'un détenu cancéreux », sur 20minutes.fr (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Médiagraphie

Documentaires télévisés

Émissions radiophoniques

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