Diocèse de Tripoli
| Diocèse de Tripoli (la) Dioecesis Tripolitanus | |
| Informations générales | |
|---|---|
| Pays | - Royaume de Jérusalem puis - Liban |
| Rite liturgique | Latin |
| Type de juridiction | Siège titulaire |
| Siège | Tripoli |
| (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org | |
Le diocèse de Tripoli était un diocèse dans le comté de Tripoli, lui-même faisant partie des États latins d'Orient.
Histoire
Le diocèse latin de Tripoli fut fondé en 1104, au lendemain de la première croisade. Il resta un évêché résidentiel jusqu'en 1289, date à laquelle il devint un évêché titulaire, ce qu'il est encore aujourd'hui dans l'Église catholique.
Tripoli avait été le siège d'un diocèse grec-orthodoxe jusqu'au moins le Xe siècle, mais s'il y avait un évêque orthodoxe en 1104, il fut écarté. Les diocèses orthodoxes d'Arqa et d'Orthosias (en), également mentionnés au Xe siècle, semblent avoir été intégrés au diocèse latin de Tripoli[1].
Le premier évêque latin fut nommé par le comte Raymond de Saint-Gilles lors du siège de Tripoli. Les évêques de Tripoli étaient traditionnellement suffragants de l'archevêque de Tyr, mais comme Tyr se trouvait en territoire musulman, l'autorité sur Tripoli fut affirmée par le patriarche d'Antioche, Bernard de Valence. Ce fut le premier et, pendant quelques années, le seul diocèse du comté de Tripoli[2]. Malgré sa grande étendue géographique, il n'était pas subdivisé en archidiacres en raison du faible nombre de chrétiens latins sous sa juridiction[3]. La majorité des chrétiens de l'évêché étaient des maronites, non en communion avec les Latins ou les Grecs[4]. À la fin du XIIIe siècle, il existait également une communauté nestorienne dans la ville même[4].
En 1113, le pape Pascal II confirma la juridiction de Bernard de Valence sur Tripoli. En 1127, après la conquête de Tyr en 1124, le pape Honorius II ordonna à Tripoli de se soumettre à l'archevêque de Tyr, qui dépendait du patriarche latin de Jérusalem. En réponse, Bernard de Valence divisa la juridiction de Tripoli en nommant des évêques pour Tortose et Gibelet[5]. Tous ces diocèses refusèrent de se soumettre à Tyr et restèrent de facto suffragants d'Antioche par l'intermédiaire du patriarcat d'Aimery de Limoges[6], bien qu'Innocent II leur ordonnât à nouveau de se soumettre à Tyr en 1138[7].
Après les conquêtes de Saladin entre 1182 et 1192, Tripoli fut coupée de tout contact terrestre avec Antioche, et les relations entre évêques et patriarches durent se faire par voie maritime[8]. En 1237, Tripoli était l'un des sièges les plus riches d'Antioche[9] et le resta jusqu'en 1289[10]. À ce titre, elle fut la cible privilégiée des mesures papales. Entre 1198 et 1289, huit clercs furent fournis à l'Église et reçurent des prébendes[11].
Contrairement à de nombreux évêques d'Europe occidentale, l'évêque de Tripoli n'exerçait aucune seigneurie temporelle, mais seulement une juridiction spirituelle[12]. Le chapitre cathédral était composé d'une communauté de chanoines augustins. C'était l'une des cinq cathédrales des États croisés dont les chanoines n'étaient pas séculiers, les autres étant celles de Jérusalem, Bethléem, Nazareth et Hébron[3]. Il y également avait une communauté de religieuses cisterciennes à Tripoli[13].
Liste des évêques
- Albert (ou Hubert) de Saint Érard (fl. 1104–1115)[14]
- Pons (fl. 1115)[15]
- Bernard (fl. 1117–1127)[15]
- Guillaume Ier (fl. 1132)[15]
- Gérard (c. 1137–1145)
- Guillaume II (c. 1149–1152)[16]
- Gombauld (fl. 1170)[15]
- Romain (fl. 1174–1179)[15]
- Jean (1183–1184)[16]
- Aimery (1186–1190)[16]
- Pierre d'Angoulême (c. 1191–1196, puis transféré à Antioche)[16]
- Laurent (fl. 1198–1199) nommé en 1198 par la patriarche d'Antioche alors qu'il était archevêque d'Apamée, mais le pape Innocent III annule cette translation avant qu'il ne soit sacré, car fait contre l'autorité papale[17],[15]
- Geoffroy (fl. 1204–1217)[18]
- Robert (fl. 1217–1228)[17],[15]
- Guy de Valence (c. 1228-1237)[17]
- Albert (c. 1243)[17],[15]
- Gregorio di Montelongo (1249–1251)[19]
- Opizo(c. 1252–1259)[20]
- Paul de Segni (1261–1285)[16]
- Cinthius de Pinea (1285–1286)[16]
- Bernard de Montmajour appelé aussi Bernard de Montmirat (fl. 1286–1296)[21]
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Latin Diocese of Tripoli » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Hamilton 1980, p. 140.
- ↑ Hamilton 1980, p. 25.
- Hamilton 1980, p. 116.
- Hamilton 1980, p. 207.
- ↑ Hamilton 1980, p. 27–28.
- ↑ Hamilton 1980, p. 41–42.
- ↑ Hamilton 1980, p. 71.
- ↑ Hamilton 1980, p. 212.
- ↑ Hamilton 1980, p. 229.
- ↑ Hamilton 1980, p. 287.
- ↑ Hamilton 1980, p. 306.
- ↑ Hamilton 1980, p. 137–138.
- ↑ Hamilton 1980, p. 365.
- ↑ Hamilton 1980, p. 409 donne un floruit de 1104–1110, tandis que Cahen 1940, p. 321–322 donne 1112 et 1115.
- Cahen 1940, p. 321–322.
- Hamilton 1980, p. 409.
- Williams 2003, p. 102–103.
- ↑ Cahen 1940, p. 321–322, l'indique en 1204 et 1209, tandis que Hamilton 1980, p. 409 l'indique en 1217.
- ↑ Hamilton 1980, p. 409; Cahen 1940, p. 321–322 l'indique potentiellement comme évêque en 1252–1256.
- ↑ Hamilton 1980, p. 409; Cahen 1940, p. 321–322 ne l'indique en tant qu'évêque qu'à partir de 1257.
- ↑ Hamilton 1980, p. 409, donne les dates de 1286–1291; Cahen 1940, p. 321–322, donne 1289–1296.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Emmanuel Guillaume-Rey, Les familles d'outre-mer de du Cange, Paris, Imprimerie Impériale, , 998 p. (lire en ligne).
- Claude Cahen, Études arabes, médiévales et modernes : La Syrie du nord à l'époque des croisades et la principauté franque d'Antioche, P. Geuthner, (ISBN 9782351594186, lire en ligne).
- (en) Bernard Hamilton, The Latin Church in the Crusader States : The Secular Church, Ashgate, .
- (en) Steven J. Williams, The Secret of Secrets : The Scholarly Career of a Pseudo-Aristotelian Text in the Latin Middle Ages, University of Michigan Press, .
Liens externes
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