Disomie uniparentale

La disomie uniparentale est la présence chez une personne de deux chromosomes d'une même paire provenant d'un seul de ses parents, sans que la paire ne comporte de chromosome supplémentaire. Cette personne a donc bien 46 chromosomes mais 24 chromosomes proviennent de l'un des parents et 22 chromosomes proviennent de l'autre parent. La disomie n'est généralement pas visible et remarquée, mais elle est donc un mode de transmission inhabituel des maladies génétiques.

Selon l'origine parentale, on parle de disomie maternelle ou paternelle.

Il existe deux types de disomie :

  • L'isodisomie où les deux copies proviennent du même chromosome.
  • L'hétérodisomie où les deux copies proviennent de chromosomes différents.

La disomie est un moyen cellulaire de correction d'une anomalie de répartition chromosomique d'un gamète dont le nombre de chromosomes est incorrect (monosomie, trisomie) lors de la fécondation.

Causes des disomies

Trois mécanismes - ce n'est pas exhaustif - sont les plus probables :

  • un gamète anormal disomique (qui habituellement conduit à une trisomie) rencontre un gamète nullosomique pour le même chromosome (qui habituellement mène à une monosomie). Il y a compensation des deux anomalies mais on se retrouve avec deux copies d'un parent, ce qui aboutit à un marquage uniquement paternel ou maternel de certains gènes par méthylations.
  • la duplication d'un chromosome dans un zygote monosomique ou la "correction (ou réduction) de trisomie". Un zygote trisomique qui s'autrorépare par la perte d'un chromosome surnuméraire. Si la correction d'une trisomie se fait au hasard, c'est une fois sur trois que les deux chromosomes homologues conservés proviennent d'un même parent . Ce mécanisme de correction de trisomie serait le plus fréquent.

Il existe des trisomies confinées au placenta, en mosaïque ou non (c'est-à-dire qu'une partie des tissus sont concernés par secteurs), qui indiqueraient une réduction de la trisomie pour l'embryon.

Conséquences d'une disomie

La plupart du temps, les disomies n'ont aucune conséquence sur le fœtus, mais dans certains cas elles peuvent en avoir :

Survenue d'une maladie récessive

Si le chromosome dupliqué est porteur d'un allèle pathologique récessif. La mucoviscidose surviendrait une fois sur 500 par une disomie maternelle. Des maladies génétiques récessives très rares peuvent apparaître par ce mécanisme en l'absence de consanguinité.

Survenue de maladies génétiques liées à des gènes soumis à empreinte

Plusieurs maladies sont en rapport avec des gènes soumis à empreinte s'exprimant en cas de disomie uniparentale.

Syndrome de Prader-Willi

Dans 20% des cas du syndrome de Prader-Willi, il existe une disomie uniparentale paternelle du chromosome 15.

Syndrome d'Angelman

Dans 5% des cas du syndrome d'Angelman, il existe une disomie uniparentale maternelle du chromosome 15.

Syndrome de Silver-Russell

Dans 10 % des cas du syndrome de Silver-Russell, il existe une disomie uniparentale maternelle du chromosome 7 humain[1].

Diabète néonatal transitoire

Dans 40% des cas du diabète néonatal transitoire, il existe une disomie uniparentale paternelle du chromosome 6.

Syndrome de Beckwith-Wiedemann

Dans 20 % des cas du syndrome de Beckwith-Wiedemann, il existe une disomie uniparentale paternelle du chromosome 11.

Disomie uniparentale maternelle du chromosome 20

Certains spécialistes parlent de disomie uniparentale pour caractériser la trisomie en ce que deux chromosomes de la même paire proviennent de la branche paternelle ou maternelle. La disomie uniparentale peut aussi causer des syndromes, notamment en se trouvant combinée avec une trisomie en mosaïque (partiellement corrigée, avec des cellules non affectées par la trisomie dont les deux exemplaires présents finalement proviennent du même parent). Pouvant ainsi être retrouvée en cas de trisomie 20, la disomie maternelle du chromosome 20 peut causer un syndrome avec retard de croissance prénatal et postnatal, légers traits dysmorphiques, microcéphalie, lent développement psychomoteur[2].

Notes et références

  1. (en) Eggermann T, Spengler S, Gogiel M, Begemann M, Elbracht M, « Epigenetic and genetic diagnosis of Silver-Russell syndrome » Expert Rev Mol Diagn, 2012;12:459-471
  2. « Orphanet: Syndrome de disomie uniparentale maternelle du chromosome 20 », sur www.orpha.net (consulté le )


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