Disparition de Danielle Judic
La disparition de Danielle Judic est une affaire judiciaire française non élucidée. Le , la pharmacienne de Belle-Île-en-Mer Danielle Judic, âgée de 26 ans, participe à un réveillon qu’elle quitte vers 22 heures en voiture. Le lendemain, elle est introuvable[1]. L’enquête policière qui s'ensuit ne parvient pas à déterminer les causes de sa disparition[2], et différentes hypothèses ont été avancées[3]. Un non-lieu est prononcé en 1990.
Faits
Soirée du réveillon 1978
Danielle Judic est une pharmacienne de 25 ans installée depuis 1976 au Palais, plus grande ville de Belle-Île-en-Mer, une île du Morbihan située au large des côtes bretonnes[4]. Le , elle participe à une soirée de réveillon chez un des médecins de l'hôpital de l'île, où sont présents de nombreux membres du personnel médical[2].
Le à 20h45, une voisine la croise devant chez elle. Danielle Judic remonte à son appartement avant de partir en voiture pour la soirée du réveillon, où elle arrive à 21h30[5]. Selon les témoins interrogés, elle quitte discrètement la soirée à 22h30[5]. À 23h40, elle est aperçue au volant de sa voiture, partant de la pharmacie et roulant le long de l'église du Palais[5]. Une autre témoin passant dans la rue affirme avoir vu la voiture à 1h30 devant la pharmacie, mais indique que le véhicule ne s'y trouve plus à 2h.
Selon d'autres témoignages, vers 22 heures, un couple la voit sortir de la maison, visiblement en colère[3]. Elle se serait disputée avec son amant présent à cette soirée[1], qui l'a menacée avec un couteau[6]. Elle prend sa voiture, et des témoins la voient rentrer chez elle[1] (probablement pour se changer : sa robe de soirée est retrouvée par sa femme de ménage le [7]). Elle repart ensuite en voiture sur la route de Bangor, et bifurque vers Port-Coton, en direction des falaises de Gouphar, un lieu où la route serpente près de falaises escarpées[3].
Les trois jours suivants, une tempête frappe l'île[3]. Le , la disparition de Danielle Judic est signalée et les premières recherches commencent[3].
Enquête
Le , les gendarmes de Belle-Île entrent dans son appartement : ils y découvrent la chienne et le chat de Danielle Judic, abandonnés depuis plusieurs jours, ainsi que les restes d'un petit déjeuner (un bol ayant servi à boire du café, du pain grillé et du beurre, un couteau et trois verres). Sur une chaise se trouve la tenue de Danielle Judic qu’elle portait le 31, et dans un placard, les gendarmes retrouvent son sac à main avec ses pièces d'identité, les papiers de sa voiture et une importante somme d'argent[5].
La police judiciaire de Rennes reprend le dossier le [5]. Des nouveaux témoins affirment avoir vu la voiture de Judic devant le lieu du réveillon à 23h45, puis que le véhicule n'est plus là quelques minutes plus tard. Tous les invités à la soirée du réveillon affirment néanmoins que Danielle Judic n'est pas réapparue à la fête[5].
Hypothèses
La première hypothèse envisagée est celle d'un accident de voiture : roulant de nuit sur une route dangereuse, Judic aurait pu tomber dans les falaises. Néanmoins, aucun reste de la voiture ni de trace de dérapage n'est retrouvé[3]. Les recherches menées par les plongeurs ne donnent aucun résultat[3]. Certaines personnes évoquent son projet de partir en voyage au Mexique ou en Australie[1]. Toutefois, comme son nom n'apparaît pas dans les registres des bateaux qui ont quitté l'île pour rejoindre le continent, cette possibilité est écartée[7].
La brigade des stupéfiants est chargée du dossier à la demande du procureur. Danielle Judic aurait en effet pu participer à un trafic de produits pharmaceutiques[3]. Son amant Cornu est suspecté de l'avoir assassinée[7]. Il a souvent été répété que Cornu serait décédé par suicide en prison six mois plus tard alors qu’il est incarcéré dans le cadre d'un trafic de stupéfiants[7]. En réalité, il meurt à son domicile 15 ans plus tard[7].
En 1990, la procédure judiciaire se conclut par un non-lieu[7].
En 2010, un squelette retrouvé sur une plage laisse penser qu’il pourrait s'agir du sien ; mais les analyses démontrent qu’il s'agit d'un individu mort une centaine d'années auparavant[7].
En 2015, une nouvelle hypothèse est avancée : sa voiture aurait pu tomber dans un gouffre qui a ensuite été rebouché[6]. Cette même année, la famille demande au député Yves Daniel de pouvoir accéder au dossier de l’enquête[8].
En 2024, l’enquête est confiée à l’association Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD)[9].
Dans la culture
La disparition de Danielle Judic est adaptée en roman par Christophe Ferré en [10],[11].
Références
- Joseph Le Corre pour Bretons, « ENQUÊTE. La mystérieuse disparition de la pharmacienne de Belle-Île, il y a 45 ans », sur Ouest-France.fr, (consulté le )
- Margaux d'Adhémar, « «Il aurait pu la tuer par jalousie»: sur les traces de la jeune pharmacienne disparue de Belle-Île-en-Mer », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
- « Belle-Ile-en-Mer (56). L'énigme de la pharmacienne », Le Télégramme, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jacques Pradel, « Cold case à Belle-Île-en-Mer », sur Soirmag, (consulté le )
- [vidéo] « Mystère à Belle-Ile-en-Mer : enquête sur la pharmacienne disparue », Le Monde, , 16:57 min (consulté le ) La vidéo reprend les rapports d’enquête de la gendarmerie.
- « Danielle Judic. Une nouvelle hypothèse », Le Télégramme, (lire en ligne, consulté le )
- lemonde.fr, « Mystère à Belle-Ile-en-Mer : sur les traces de la pharmacienne disparue », sur Le Monde (consulté le )
- ↑ Presse Océan, « Faits divers. Ils ont disparu sans laisser de traces », sur Presse Océan, (consulté le )
- ↑ « Ille-et-Vilaine : bénévole, elle retrouve une personne disparue depuis 12 ans », sur actu.fr, (consulté le )
- ↑ « « La disparue de Belle-île » : Christophe Ferré se penche sur un célèbre cold case », 20 Minutes, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Littérature : Christophe Ferré donne sa vision sur une disparition non élucidée à Belle-Île », sur actu.fr, (consulté le )
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