Djobo Boukari

Djobo Boukari
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Djobo Boukari est né vers 1936 à Sokodé (Tchawanda) et mort le à Sokodé, était un économiste, haut fonctionnaire et homme politique togolais. Premier directeur général de l’Office des Produits Agricoles du Togo (OPAT), il a également travaillé au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Sa mort ainsi que la gestion de sa succession ont suscité de nombreuses controverses.

Biographie

Jeunesse et formation

Djobo Boukari naît à Sokodé dans les années 1930. Il commence sa scolarité en 1942 dans une école française, puis poursuit en 1948 au collège moderne de Sokodé. Très tôt engagé, il fonde un groupe de solidarité appelé Secours au Peuple Opprimé (SPO).

En 1955, il obtient un baccalauréat scientifique avant de poursuivre des études de droit à Dakar, puis en France à Bordeaux et Paris. Il devient président de l’association estudiantine Jeune Togo (1958-1959) et adhère à la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF).

Il complète sa formation par un cursus en planification économique à l’École nationale de la France d’Outre-Mer.

Le , il meurt brutalement[1]. À la suite de son décès, des rumeurs circulent selon lesquelles il aurait été empoisonné[2],[3].

Carrière professionnelle

De retour au Togo en 1961, il occupe plusieurs responsabilités dans l’administration économique. En 1965, il est nommé premier directeur général de l’OPAT, où il met en œuvre visant à moderniser la filière agricole. Il est relevé de ses fonctions en 1971, dans un contexte de fortes tensions politiques sous le régime d’Eyadéma.

En 1974, il rejoint le PNUD, où il est successivement affecté en République centrafricaine, au Gabon, en Guinée, puis au siège de l'organisation aux États-Unis. Il y mène des missions liées au développement et à la planification économique.

Lors de la Conférence nationale souveraine (1991-1992), il joue un rôle modéré et respecté au sein de l’opposition togolaise.

En 1992, il quitte le PNUD et rentre définitivement au Togo[3].

Engagement politique

Djobo Boukari défend une vision du développement fondée sur la transparence, la rigueur financière et la souveraineté économique. Il entretient des relations avec plusieurs courants de l’opposition démocratique.

En 1997, quelques semaines avant sa mort, il rédige un document devenu célèbre dans le débat politique togolais, souvent qualifié « Testament politique ». Il y formule plusieurs propositions :

  • la présence d’observateurs internationaux aux élections ;
  • l’adoption du bulletin unique ;
  • une réforme en profondeur du code électoral ;
  • la suppression des bureaux de vote mobiles ;
  • l'utilisation d'une encre indélébile pour le vote ;
  • la mise en place d'une commission électorale véritablement indépendante ;
  • un découpage électoral plus équilibré ;
  • une libéralisation des médias d’État ;
  • un élargissement de l’espace politique aux Togolais de la diaspora.

Ces propositions sont régulièrement évoquées dans les débats relatifs aux réformes politiques au Togo[4],[3].

Controverses liées à sa succession

Après sa mort, la gestion de sa succession devient l’un des dossiers judiciaires les plus médiatisés du Togo.

Selon plusieurs médias, un montant estimé à plus de 500 millions de francs CFA aurait disparu d’un compte ouvert à l’Union Togolaise de Banque (UTB) dans le cadre du règlement de la succession de Djobo Boukari. Une propriété immobilière appartenant au défunt aurait également été vendue à un prix jugé nettement inférieur à sa valeur réelle. Certains articles de presse mentionnent par ailleurs qu’une avance de fonds important aurait été remise à la notaire alors chargée de la procédure.

La gestion de la succession a d’abord été confiée à Me Mouhamed Tchassona-Traoré, avant d’être transférée à Me Monique d’Almeida-Ahadji. Plusieurs sources de presse rapportent que des accusations d’irrégularités, d’opacité et de mauvaise administration ont été formulées à l’encontre des professionnels impliqués.

En 2020, une décision judiciaire retire officiellement la gestion de la succession à Me d’Almeida-Ahadji, décision confirmée le par la Cour d’appel de Lomé, qui rejette le recours introduit par la notaire. Certains héritiers indiquent par également qu’une partie du dossier aurait été portée devant une juridiction française[3],[5],[6].

Situation actuelle

La famille continue de réclamer transparence et restitution des comptes. Pour plusieurs observateurs, ce dossier illustre les défis de la gestion notariale et de la protection des héritages au Togo[7],[5],[6].

Héritage et mémoire

Djobo Boukari est présenté par ses proches ainsi que par plusieurs organisations de la société civile comme un homme intègre, rigoureux et profondément engagé pour le développement du Togo. Ses idées, notamment celles formulées dans son « testament politique », continuent d’alimenter la réflexion sur la gouvernance et les réformes politiques dans le pays[8],[3].

Notes et références

  1. Le Correcteur, « Togo / Main basse sur la succession de Djobo Boukari: La Notaire Monique d’Almeida-Ahadji accusée de bradage des biens, 500 millions FCFA emportés sur le compte UTB. Les complices à la barre - 27avril.com », 27avril.com,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. SIKAA JOURNAL, « DES CENTAINES DE MILLIONS LAISSÉS EN HÉRITAGE PAR DJOBO BOUKARI MAIS... », sur SIKA'A Journal, (consulté le )
  3. « Notre devoir de souvenir: Djobo Boukari », sur Visions Solidaires, (consulté le )
  4. « Le testament politique de Feu DJOBO Boukari », sur www.letogolais.com (consulté le )
  5. « Scandale dans la gestion de succession de feu Djobo Boukari : Comment la notaire Monique d'Almeida- Ahadji a ruiné les héritiers », sur Le Correcteur (consulté le )
  6. SIKAA JOURNAL, « DES CENTAINES DE MILLIONS LAISSÉS EN HÉRITAGE PAR DJOBO BOUKARI MAIS... », sur SIKA'A Journal, (consulté le )
  7. Le Correcteur, « Togo / Main basse sur la succession de Djobo Boukari: La Notaire Monique d’Almeida-Ahadji accusée de bradage des biens, 500 millions FCFA emportés sur le compte UTB. Les complices à la barre - 27avril.com », 27avril.com,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. « Le testament politique de Feu DJOBO Boukari », sur www.letogolais.com (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la politique
  • icône décorative Portail du Togo