Domenico Romano

Incipit de Viaggio d'un mercatante che fu nella Persia par Domenico Romano, 1507-1510, publié en 1559.

Domenico Romano est un marchand vénitien qui a relaté son voyage en Iran entre 1506 et 1510 environ, intitulé Viaggio di un mercante che fu nella Persia.

Histoire

Initialement inconnu, l'auteur fut finalement identifié par Jean Aubin comme étant Domenico Romano. Le récit de ses voyages figure en anglais dans A Narrative of Italian travels in Persia, in the 15th and 16th centuries, compilé à l'origine par Giovanni Battista Ramusio[1],[2].

Domenico Romano est le seul voyageur italien connu, parmi ceux cités dans la collection Hakluyt, à avoir visité l'Iran sous le règne du shah Ismaïl Ier, probablement entre 1506 et 1510[3].
Il fit une brève description du Shah Ismaïl :

« Alors tous les seigneurs chantent les louanges de leur maître Ismaïl, vantant sa bienveillance à leur égard. Il a environ trente et un ans, est très beau, d'un visage magnanime et de taille moyenne ; il est blond, robuste et a de larges épaules. Sa barbe est rasée et il ne porte qu'une moustache, sans paraître très poilu. Il est aimable comme une jeune fille, gaucher de nature, vif comme un faon et plus fort que tous ses seigneurs. Aux épreuves de tir à l'arc au champ d'honneur, il est si habile que sur dix flèches abattues, il en atteint six. Pendant les jeux, on joue de la musique et des danseuses exécutent leurs danses traditionnelles, chantant les louanges d'Ismaïl. (...) Ce Shah est aimé et vénéré par son peuple comme un dieu, et surtout par ses soldats, dont beaucoup partent au combat sans armure, comptant sur la protection de leur maître Ismaïl[4],[5]. »

Le palais de Hasht Behesht (Tabriz) fut visité vers 1510 par Domenico Romano. Il en laissa une description longue et élogieuse[6]. Il décrivit l'édifice comme un octogone d'une circonférence d'environ 63 à 72 mètres (soit 20 à 23 mètres de diamètre), haut de deux étages et surmonté d'un dôme. Il comprenait une salle entourée de trente-deux pièces et de plusieurs terrasses[7].

Le Vénitien s'émerveilla:

« Ce bâtiment, au rez-de-chaussée, possède quatre entrées, ainsi que de nombreux autres appartements, tous émaillés et dorés de diverses manières, et d'une telle beauté que les mots me manquent pour la décrire[8]. »

Domenico Romano est considéré comme le plus important voyageur de l'époque du Shah Esmaïl Ier[9].

Notes et références

  1. John E. Woods, The Aqquyunlu: Clan, Confederation, Empire, Salt Lake City, The University of Utah Press, (ISBN 0-87480-565-1, lire en ligne), p. 231 :

    « Il convient de dire quelques mots sur le volume 49 des Publications de la Hakluyt Society (Londres, 1873). Ce recueil comprend Travels to Tana and Persia de Giosafat Barbaro et Ambrosio Contarini, ainsi que A Narrative of Italian Travels in Persia in the Fifteenth and Sixteenth Centuries, qui rassemble « six récits d'Italiens sur leurs voyages en Perse à l'époque du shah Ismail » (introduction, v), à savoir Giosafat Barbaro, Ambrosio Contarini, Caterino Zeno, Giovanni Maria Angiollelo, un marchand vénitien anonyme qui a désormais été identifié par Jean Aubin comme étant Domenico Romano, et Vincentio d'Alèssandri. »

  2. (en) Sussan Babaie, Isfahan and its Palaces: Statecraft, Shi`ism and the Architecture of Conviviality in Early Modern Iran, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0-7486-3376-0, lire en ligne), p. 59, note 1
  3. John E. Woods, The Aqquyunlu: Clan, Confederation, Empire, Salt Lake City, The University of Utah Press, (ISBN 0-87480-565-1, lire en ligne), p. 232 :

    « Yaqub and His Court, Shaykhi, Album, 1478-90/883-96, Tabriz, Topkapı Sarayı Library, Istanbul, H. 2153, fols. 90b - 91a »

  4. (en) Charles Grey, Giovanni Maria degli Angiolelli et Vincentio d' 16 cent Alessnndri, A narrative of Italian travels in Persia, in the fifteenth and sixteen centuries, London, Printed for the Hakluyt society, , 202, 206 (lire en ligne)
  5. Ivan Stchoukine, Les peintures des manuscrits safavis de 1502 à 1587, P. Geuthner, (lire en ligne), p. 8 :

    « Un marchand anonyme vénitien, qui se trouvait au début du XVIe siècle en Perse et qui eut l'occasion de rencontrer plusieurs fois Ismaîl, vers 1508, le décrit de la façon suivante: « Il est... très beau, d'une allure magnanime, de taille moyenne, de teint clair, corpulent, aux épaules larges, mais ne paraissant pas lourd; sa barbe est rasée, et il ne porte que la moustache. Il est aimable comme une jeune fille, gaucher de nature, aussi vivace qu'un daim, et plus fort qu'aucun de ses nobles ». Suit une description de son adresse dans le tir de l'arc. « Ce Sophy est aimé et vénéré par son peuple comme un dieu, et spécialement par ses soldats, dont beau-coup se jettent dans la bataille sans armure croyant que leur maître Isma'il veillera sur eux dans le combat ». »

  6. (en) Sussan Babaie, Isfahan and its Palaces: Statecraft, Shi`ism and the Architecture of Conviviality in Early Modern Iran, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0-7486-3376-0, lire en ligne), p. 59
  7. Lisa Golombek et Donald Newton Wilber, The Timurid Architecture of Iran and Turan, vol. 1, Princeton, NJ, Princeton Univ. Pr, , 178–179 p. (ISBN 978-0691035871)
  8. Sussan Babaie, Isfahan and its Palaces: Statecraft, Shi`ism and the Architecture of Conviviality in Early Modern Iran, Edinburgh, Edinburgh University Press, (ISBN 9780748633760, lire en ligne), « Peripatetic Kings and Palaces: From Tabriz to Qazvin in the Sixteenth Century », p. 237
  9. (en) Michele Bernardini, « Italy iv. TRAVEL ACCOUNTS (1) A General Survey », sur iranicaonline.org
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