Domina Percipia
Domina (Dame) Percipia est une châtelaine légendaire du XIe siècle, originaire des Baronnies, figure fondatrice de la lignée des Mévouillon.
Biographie
Percipia est mentionnée dans des actes de la seconde moitié du XIe siècle. Elle est mentionnée dans deux donations de son fils, répertoriées l'une dans le Cartulaire de Saint-Victor de Marseille - CSV (acte no 730, daté de 1060), l'autre dans le Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny (acte no 3590, daté de 1082[1])[2],[3]. Elle apparaît ainsi comme la mère de l'évêque de Gap, Ripert (Ego Rupertus/Ripertus, Percipiae filius), le donateur, et de ses frères, Laugier, Hugues et Raimbaud (fratres mei Laugerius, Hugo et Raimbaldus), mentionnés dans l'acte no 730[2],[3]. Dans l'acte no 3590 de Cluny, elle semble déjà morte[3].
Cette filiation fait dire aux historiens qu'elle serait la souche de la famille de Mévouillon[4].
Ripert-Monclar (1907), dans ses annotations du Cartulaire de la commanderie de Richerenches, considérait Percipia comme la fille probable de Raimbaud — mentionné dans l'acte no 2779 (1023), du Cartulaire de Cluny —, et ainsi comme étan la nièce de Féraud, évêque de Gap (1034-1040)[3],[5].
Toutefois, le nom de son époux n'est pas connu et fait l'objet de débats. Magnani (1999) cite Ripert-Monclar (1907) en indiquant qu'elle aurait épousé « Geoffroi ou Isnard, fils d'Isnard de Volonne et de Dalmace »[5]. Pour Jean-Pierre Poly (Lignées et domaines en Provence, 1972) ou encore Marie-Pierre Estienne (2004, 2008)[6],[7], elle pourrait être l'épouse de Laugier II, fils de Pons III, petit-fils de Pons II, précariste de l'Église d'Arles[5].
Magnani (1999) conclue qu'« Aucune de ses hypothèses ne peut être confirmée par la documentation, mais il est presque certain, d'après le recoupement des domaines, que les Mévouillon sont apparentés à l'évêque Féraud et à sa famille »[5].
Famille
Percipia a quatre fils (CSV, no 730)[2],[3],[6],[7] :
- Laugier III, qui adopte le surnom patronymique de Medillone (CSV, no 184, 1057) , ∞ Dalmatia.
- Ripert Methulensis (1087), évêque de Gap (1053-1061), ∞ Beatrix, dont (CSV, no 711)[2] :
- Ripert-Giraud [II],
- Isnard/Ysnard,
- Pierre,
- Raimbaud,
- Hugues.
- Hugues Metullionis (1087).
- Raimbaud.
Ces frères portant le surnom patronymique de Mévouillon (formes de Medillone, de Methulensis et de Mettulionis) « impliquent qu’ils aient été les ascendants des Raymond de Mévouillon successifs des XIIe et XIIIe siècles. »[8]
Postérité
Le village de Le Poët-en-Percip a adopté son suffixe en-Percip[9], parce qu'elle y aurait vécu[10].
Références
- ↑ Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny. Tome troisième - 987-1027, t. 4, Paris, Imprimerie nationale, 1876-1903 (lire en ligne), pp. 744-745, no 2779.
- Joseph-Hyacinthe Albanès, complété, annoté et publié par le chanoine Ulysse Chevalier, Gallia christiana novissima. Histoire des archevêchés, évêques et abbayes de France d'après les documents authentiques recueillis dans les registres du Vatican et les archives locales : Aix, Apt, Fréjus, Gap, Riez et Sisteron, t. 1, Montbéliard, 1899-1920 (lire en ligne), p. 467-468.
- Ripert-Monclar, Cartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214) / publié et annoté par le marquis de Ripert-Monclar, Avignon, F. Seguin, , CLXIV-307 p. (lire en ligne), p. LVII et ss..
- ↑ Estienne 1997.
- Eliana Magnani (Vita Regularis. Ordnungen und Deutungen religiosen Leben im Mittelalter), Monastères et aristocratie en Provence - milieu Xe - début XIIe siècle, Lit Verlag, (lire en ligne), chap. 10, p. 82-83.
- Estienne 2004, p. 34.
- Estienne 2008, p. 22-24.
- ↑ Estienne 2004, p. 34-35.
- ↑ Estienne 2008, p. 35.
- ↑ Dieudonné L. Naire, « Une histoire d’ici : '’arrière pays Vaisonnais. Madame Domina Percipia », juin 2010
Voir aussi
Bibliographie
- Marie-Pierre Estienne, Châteaux médiévaux dans les Baronnies, Alpara, coll. « DARA - Document d'Archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne », , 164 p. (ISBN 978-2-91612-502-2, lire en ligne).
- 1Marie-Pierre Estienne, Châteaux, villages, terroirs en Baronnies Xe – XVe siècle, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, , 287 p. (ISBN 978-2-82182-761-5, lire en ligne).
- Marie-Pierre Estienne, « Domina Percipia, documents pour un portrait emblématique », dans Collectif, sous la direction de Guy Barruol, directeur de recherche au CNRS, Les Baronnies au moyen âge, femmes, hommes, territoires, villages, châteaux et églises, Forcalquier, Les Alpes de Lumière, , 167 p. (ISBN 978-2-90616-237-2).
Liens externes
- « Origine de la famille des Mévouillon » (2009), travaux généalogiques, sur le site thierryhelene.bianco.free.fr.
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