Dominique Boullier

Dominique Boullier
Dominique Boullier en 2009.
Fonctions
Rédacteur en chef
Conseiller municipal de Rennes
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Centre d'études européennes de Sciences Po ( - )
Parti politique
Directeur de thèse
Gérard Althabé (d)
Site web

Dominique Boullier est un sociologue français né à Rennes en 1954, rédacteur en chef de la revue Cosmopolitiques, professeur des universités et spécialiste des usages du numérique et des technologies cognitives.

Il est également engagé en politique contribuant à créer Génération écologie, puis élu au conseil municipal de la ville de Rennes en qualité de membre de Convergences Écologie Solidarité.

Biographie professionnelle

Avant de devenir professeur des universités, Dominique Boullier exerce plusieurs activités professionnelles. Étudiant à l'IUT de Rennes - Département de Carrières Sociales de 1972 à 1974, il fut ensuite éducateur de jeunes délinquants (CREAI de Bretagne de 1974 à 1980), soignant en institution psychanalytique (Centre Psychothérapique de Nantes de 1980 à 1981), chercheur contractuel en sociologie (association ARES, Rennes de 1982 à 1989), créateur et chef d'entreprise en documentation technique et ergonomie des interfaces homme-machine (Euristic Média de 1989 à 1996). Il fut aussi chercheur pendant un an (1985-1986) à l'université de Californie (Berkeley), à l'Institute for Urban and Regional Development (IURD), le laboratoire de Manuel Castells.

En 1987, sous la direction de Gérard Althabe, il a soutenu une thèse de sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales intitulée Du rapport de générations dans le champ résidentiel. La construction des groupes d’âge adolescent.

Il est également diplômé en sciences du langage à l'université Rennes 2 Haute Bretagne (1990).

Puis, tout en continuant son activité professionnelle, il prépare sa candidature à l'habilitation à diriger des recherches en sciences de l'information et de la communication, qu’il obtient en 1995 à l'université Bordeaux III[1].

Nommé professeur des universités en sciences de l'information et de la communication à l'université de technologie de Compiègne (1996 à 2005), il y crée en 1997 avec Jean-Paul Barthès, le DESS DICIT (Diplôme en Ingénierie de Communication Industrielle et Technologique: concepteurs-rédacteurs en documentation technique), l'une des deux premières formations universitaires à distance, sur la plate-forme Lotus Notes et LearningSpace (pl). Membre (1996-2005) puis directeur (à partir de 1998) de l'unité de recherche en sciences humaines COSTECH (Connaissance, Organisation, Systèmes Techniques) à la suite de Bernard Stiegler et de John Stewart, il fut également chargé de mission auprès du directeur du département STIC (Sciences de l'information et de la communication) du CNRS, Francis Jutand, de 2000 à 2004.

En 2002, il créa le LUTIN (Laboratoire des Usages en Technologies d'Information Numérique) à la Cité des sciences et de l'industrie de Paris (Unité Mixte de Services du CNRS) qu’il dirigea jusqu’en 2007.

Par la suite, professeur des universités en sociologie à l'université de Rennes II (2005-2009), il dirige le Laboratoire d'Anthropologie et de Sociologie (LAS) succédant ainsi à Armel Huet. En 2007, il est à l’origine, avec Alain Somat (professeur à l’université de Rennes 2), de la création de la plateforme d’observation des usages des technologies de l'information et de la communication « LOUSTIC »[2] déposée par la Maison des Sciences de l'Homme en Bretagne[3] dans le cadre du contrat de Plan État-Région 2007-2013.

Il est depuis , professeur des universités en sociologie à Sciences Po (Paris), chargé de mission pour les stratégies numériques auprès du directeur, Richard Descoings jusqu’à sa disparition, émérite depuis . Il fut membre du médialab dont il fut le coordonnateur scientifique avec Bruno Latour de 2009 à 2013. Il a donné des cours en « sociologies de la communication », sur les «enjeux socio-politiques du numérique »[réf. nécessaire].

De à la fin 2016, il a dirigé le Social Media Lab de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et y a enseigné un cours en sciences humaines et sociales (SHS) intitulé « Enjeux socio-politiques du numérique ». Après avoir soutenu la dissolution de son laboratoire par la direction, il a rejoint le Digital Humanities Institute, récemment créé pour contribuer au nouveau master en Digital Humanities, avec notamment Frédéric Kaplan et Franco Moretti. Il a quitté l'EPFL en Août 2019 pour retrouver son poste à Sciences Po et rejoindre le Centre d’études européennes et de Politique Comparée.

Activités politiques

Outre ses activités scientifiques, Dominique Boullier est aussi engagé politiquement tant au niveau local que national. Dans les années 1970, il exerce des responsabilités locales au sein de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) de Rennes jusqu’en 1975 ainsi qu’au sein de la CFDT d'Ille-et-Vilaine jusqu’en 1978.

Il contribua, par la suite, à créer Génération écologie (dirigée par Brice Lalonde) en 1991 en Bretagne dont il fut membre du bureau national (1992 à 1994)[réf. nécessaire]. Leader départemental de Génération écologie, il se présente à plusieurs élections : aux élections régionales de 1992, puis aux élections législatives de 1993 (circonscription Rennes-Sud, score 12,66 %) et enfin aux élections cantonales de 1994 (canton de Rennes-Nord, score 5,76 %). En 1994, il quitte cette organisation avec Noël Mamère puis devient membre du bureau national de Convergences écologie solidarité de 1994 à 1998, année de l'entrée collective de cette organisation au sein du parti Les Verts (France).

Durant cette période, Dominique Boullier fut membre à plusieurs reprises du CNIR des Verts, qu'il quitte en 2008.

Élu au conseil municipal de la ville de Rennes sur la liste d'Edmond Hervé en qualité de membre de Convergences Écologie Solidarité, il est nommé adjoint à l'environnement et aux nouvelles technologies (1995-2001). En tant qu'adjoint, il fut l'initiateur du projet de résidence Salvatierra, premier immeuble de 40 logements HQE en France, inauguré en 2002, et du Premier Forum de l'Internet coopératif en 1998 à Rennes[4]. Ulcéré par les « arrangements et coteries » - qu’il dénoncera dans un entretien accordé à la presse régionale[5] - au sein d’un conseil municipal où les élus Verts sont selon lui, « une minorité dans la majorité », il ne briguera pas un second mandat aux élections municipales de 2001. Il se présente, en 2004, aux élections cantonales (canton de Hédé) sur la liste des Verts[6] ayant parmi ses opposants Jean-Louis Tourenne, qui sera président du conseil général d'Ille-et-Vilaine.

Il tient un blog sur Mediapart depuis 2010.

Activités éditoriales et publications

Dominique Boullier a dirigé et contribué à plusieurs revues[réf. nécessaire]. De 2001 à 2004, il fut rédacteur en chef des Cahiers du Numérique. À l'initiative de la revue Cosmopolitiques (2002), il en est resté le rédacteur en chef depuis son origine jusqu'à sa mise en sommeil en 2012. Il a dirigé plusieurs numéros de cette revue.

Il publie plusieurs ouvrages dans des spécialités variées mais son travail de recherche concerne avant tout les usages du numérique. Ses travaux commencèrent 1982 avec les évaluations des usages du Minitel, pour des recherches contractuelles sur les usages des TIC. Il étudie ainsi toutes les nouvelles technologies grand public émergentes (CB, messageries, internet) puis, à partir des années 1990, ses recherches se centrent sur les usages des TIC dans les entreprises (santé, transport, sécurité, bâtiment, notamment). Il contribue au courant dit de l'analyse des usages, comprenant aussi les études de réception de la télévision, et plus récemment il participe aux convergences avec les sciences cognitives à travers l'étude du document numérique, des jeux vidéo (Lutin Game Lab) et des univers virtuels (Solipsis)[réf. nécessaire].

Il est le créateur du concept d'habitèle[7], néologisme permettant de désigner la compétence humaine à porter nos appartenances comme une nouvelle enveloppe (après l'habit, l'habitat, et l'habitacle) qui offre un nouveau cadre théorique à l'analyse des usages du téléphone mobile et des identités numériques. Cela le conduit à traiter les données dites personnelles comme des données relationnelles et à repenser le « personal data ecosystem » en termes anthropologiques d'enveloppe numérique[réf. nécessaire].

Il a développé des recherches et des enseignements sur les politiques des architectures numériques, dans la lignée de Lawrence Lessig, en proposant d'insister avant tout sur la préservation politique du pluralisme de ces architectures (selon une philosophie étendue du pluralisme inspirée de Michael Walzer). Il a notamment appliqué cette approche pour critiquer l'âge de la prédation (sur Internet Actu) de la part des plateformes numériques et pour montrer les différentes politiques des villes intelligentes.

Il a mis en place durant l'année 2015 à la Fondation Maison des Sciences de l'Homme un séminaire sur les « sciences humaines et sociales troisième génération » (SHS3G) qui rassemble des chercheurs soucieux de comprendre ce que le Big Data fait aux sciences sociales.

Il intervient à plusieurs reprises dans le débat public pour la régulation des plateformes numériques et en particulier des médias sociaux pour lutter contre ce qu'il appelle le « réchauffement médiatique », qui vise la haute fréquence et la réactivité abusive des propagations sur ces plateformes.

Il a créé une chaine YouTube de courtes vidéos sur le numérique (47 fois 2 minutes 30) issues d'un Mooc développé sur mobile pour Sciences Po. Il publie notamment dans la revue en ligne AOC (par exemple sur ChatGPT, Roblox, les émeutes en 2022-2023) et The Conversation.

Ouvrages

  • Les Mots pour le faire. Conception des modes d'emploi, Paris, Ed. Descartes, 1992 (avec Marc Legrand).
  • Gare du Nord, Mode d'emploi, Paris, Plan Urbain - RATP - SNCF, 1994 (avec Isaac Joseph).
  • L’Urbanité numérique. Essai sur la troisième ville en 2100, Paris, L’Harmattan, 1999.
  • Les Sapeurs-pompiers : des soldats du feu aux techniciens du risque, Paris, PUF, 2000 (avec Stéphane Chevrier).
  • Derrière chez moi… l’intérêt général, Paris, Textuel, 2001 (collection « Le Génie associatif »).
  • L’Outre-lecture. Manipuler, (s’)approprier, interpréter le Web, Paris, Bibliothèque Publique d’Information/Centre Pompidou, 2003 (avec Franck Ghitalla et alii).
  • Déboussolés de tous les pays !, Paris, Éditions Cosmopolitiques, 2003.
  • La Télévision telle qu’on la parle. Trois études ethnométhodologiques, Paris, L’Harmattan, 2004.
  • La ville évènement, collection « La ville en débat », PUF, 2010.
  • Opinion mining et sentiment analysis. Méthodes et outils, Open Press Éditions (collection Sciences Po médialab), 2012 (avec Audrey Lohard) disponible en freemium.
  • Evénements et sécurité. Les professionnels des climats urbains, Paris, Les Presses des Mines, 2012 (avec Stéphane Chevrier et Stéphane Juguet).
  • Sociologie du Numérique, Paris, Armand Colin, 2016 (ISBN 9782200291655).
  • Sociologie du Numérique, Paris, Armand Colin, 2016 (2de édition 2019).
  • Comment sortir de l'emprise des réseaux sociaux, Paris, Le Passeur éditeur, 2020.
  • Puissance des plateformes numériques, territoires et souverainetés, Research paper, Sciences Po Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté, (v2 ).
  • Propagations. Un nouveau paradigme pour les sciences sociales  Armand Colin, 2023.
  • Déshumanités numériques. Armand Colin, 2025[8]

Notes et références

  1. « Contact : le journal de l'Université - N°131 - 1995 | 1886 - Collections patrimoniales numérisées de Bordeaux Montaigne », sur 1886.u-bordeaux-montaigne.fr (consulté le ), p. 2
  2. http://www.loustic.net/
  3. « Maison des sciences de l'homme en Bretagne », sur mshb.fr via Wikiwix (consulté le ).
  4. Dominique Bouiller, « L’énergie politique d’un bâtiment passif : la résidence HQE Salvatierra à Rennes », Cosmopolitiques,‎ (lire en ligne Accès libre)
  5. Article Ouest France, 6 décembre 2000, « Dominique Boullier jette l’éponge ». Entretien avec Dominique Boullier
  6. Résultats des élections cantonales publiés par Ouest France : http://elections2004.ouestfrance.fr/cantonales/35/canton3517.html
  7. Dominique Boullier (2004). Objets portables en tous genres et prises sur le monde : l'habitèle comme extension du domaine de la personne in Consommation & Société no 4. Consultable sur le site de la revue sous ce lien : http://www.argonautes.fr/sections.php?op=viewarticle&artid=225
  8. « Déshumanités numériques de Dominique Boullier », sur Etudes,

Liens externes

  • icône décorative Portail de la sociologie
  • icône décorative Portail de la politique française
  • icône décorative Portail de l’écologie politique