Down by the Riverside

Down by the Riverside

Chanson
Genre Negro spiritual, gospel
Auteur Traditionnel

Down by the Riverside (litt. « Au bord de la rivière », également connu sous les titres Ain't Gonna Study War No More et Gonna Lay Down My Burden) est un negro spiritual traditionnel. Ses origines remontent à avant la guerre de Sécession[1], bien qu'il ait été publié pour la première fois en 1918, à Chicago, par la Rodeheaver Company dans Plantation Melodies : A Collection of Modern, Popular and Old-time Negro-Songs of the Southland[2]. Ce chant est également connu sous les titres suivants : Ain' go'n' to study war no mo', Ain't Gwine to Study War No More, Down by de Ribberside, Going to Pull My War-Clothes et Study war no more. Il est enregistré pour la première fois par le Jubilee Quartet de l'université Fisk en 1920 (et publié par Columbia en 1922). On compte au moins 14 enregistrements de gospel afro-américain antérieurs à la Seconde Guerre mondiale[3].

De par son imagerie pacifiste, Down by the Riverside sert également de protest song contre la guerre, notamment pendant la guerre du Vietnam[1]. Elle figure aussi dans des recueils de chants socialistes et ouvriers[4].

Paroles

La chanson présente de nombreuses variations de paroles, mais généralement, chaque strophe suit une structure standard, avec une seule phrase différente d'une strophe à l'autre. La chanson commence souvent ainsi :

Gonna lay down my burden
Down by the riverside (3×)
Gonna lay down my burden
Down by the riverside
Je vais déposer mon fardeau
Au bord de la rivière (3×)
Je vais déposer mon fardeau
Au bord de la rivière

Avec le refrain :

I ain't gonna study war no more
Study war no more
Ain't gonna study war no more
Je n'étudierai plus la guerre
N'étudierai plus la guerre
Je n'étudierai plus la guerre

D'autres vers pouvant apparaître dans les strophes, à la place de Gonna lay down my burden, incluent :

  • Gonna lay down my heavy load (« Je vais déposer ma lourde charge »)
  • Gonna cross the river Jordan (« Je vais traverser le Jourdain »)
  • Gonna talk with the Prince of Peace (« Je vais parler avec le Prince de la Paix »)
  • Gonna climb the road to heaven (« Je vais gravir la route vers le ciel »)
  • Gonna climb up on that mountain (« Je vais escalader cette montagne »)
  • Gonna walk down that road of peace (« Je vais emprunter ce chemin de paix »)…

Thèmes

Ce chant spirituel est riche en images bibliques[5]. Il s'articule autour de l'idée de se libérer de la colère et du pessimisme pour revêtir une nouvelle âme, dans le décor d'une rivière, avant de la traverser.

La chanson évoque le baptême par l'eau, reprenant la métaphore du passage du Jourdain vers la Terre promise dans l'Ancien Testament[6]. Le refrain « Je n'apprendrai plus la guerre » fait référence à un passage du Livre d'Isaïe, chapitre 2, verset 4 (Bible du roi Jacques) : « Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, Et l'on n'apprendra plus la guerre »[1]. Un des versets fait également référence à Jésus-Christ : « Je parlerai avec le Prince de la Paix », titre souvent utilisé pour le désigner. Dans « Je gravirai le chemin du ciel », le chemin symbolise le parcours difficile de la vie, un voyage parfois périlleux et semé d'épreuves. Ce sentiment est similaire à celui exprimé par le vers « J'escaladerai cette montagne », qui représente lui aussi le chemin ardu de l'existence.

Enregistrements

Une chanson intitulée Down by the Riverside est enregistrée à Londres vers 1904 par le chanteur baryton R. Lloyd Morgan pour Columbia[7]. Le premier enregistrement authentifié de la chanson date de 1920, par les Fisk University Jubilee Singers, à New York, sous le titre I Ain't Goin' to Study War No More. On compte ensuite des enregistrements par le Morehouse College Quartette (1923), Mme. C. Mae Frierson Moore with Four Aces of Harmony (1925), le Norfolk Jubilee Quartette, Sam Morgan's Jazz Band, Lester McFarland and Robert A. Gardner et le Missouri Pacific Diamond Jubilee Quartette (1927)[8].

L'enregistrement de 1944 par Sister Rosetta Tharpe with Lucky Millinder and His Orchestra est sélectionné en 2004 pour faire partie du Registre national des enregistrements de la Bibliothèque du Congrès[9]. Rosetta Tharpe enregistre à nouveau la chanson en 1949 avec The Dependable Boys et le Sam Price Trio. Cette version est samplée par Beyoncé avec Willie Nelson dans le final de Smoke Hour ★ Willie Nelson paru en 2024 sur l'album Cowboy Carter[10].

La version enregistrée par Bing Crosby et Gary Crosby avec le John Scott Trotter Orchestra en 1953 atteint la 22e place dans le magazine américain Cash Box et la 28e place dans les charts britanniques[11].

Le , un extrait de la chanson est interprété par Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins et Johnny Cash dans les studios Sun à Memphis, lors de la session improvisée baptisée « Million Dollar Quartet »[12].

Au fil des années, la chanson est enregistrée par un très grand nombre d'artistes de styles différents, parmi lesquels, Jimmie Lunceford, Leadbelly (1940), Bunk Johnson (1942), Big Bill Broonzy (1952), Mahalia Jackson (1955), Pete Seeger (1956), Patsy Cline, Paul Anka, Louis Armstrong (1958), Nat King Cole, le Golden Gate Quartet, Billy Lee Riley (1959), Tennessee Ernie Ford (1960), Al Hirt (1961), Bill Haley (1962), Trini Lopez, Jackie Wilson, Little Brother Montgomery (1965), Jimmy Smith & Wes Montgomery, Herbie Mann (1966), Big Maybelle (1968), Sonny Terry & Brownie McGhee (1969), Jackie DeShannon (1970), Van Morrison, Big Mama Thornton (1971), Charlie Rich (1976), Etta James (1983), Maceo Parker (1991), Mavis Staples and Lucky Peterson (1996), Peter, Paul and Mary (1998), Barbara Hendricks (1999), Roger McGuinn (2005), Michelle Shocked (2007), The Blind Boys of Alabama, Willie Nelson & Wynton Marsalis (2008), Chimène Badi (2011), Taj Mahal (2013), etc. Le site SecondHandSongs en recense plus de 400 versions[8].

Cette chanson est également populaire en Jamaïque. Elle est enregistrée en version ska par The Maytals en 1964 et en reggae par Impact All Stars[13] et par Burning Spear en 1973. Elle est également échantillonnée par Devon Russell (Thanks and Praise, 1981) et par le chanteur de dancehall Busy Signal (Praise & Worship, 2009).

En France, la chanson est adaptée par Pierre Delanoë, Albrecht Marcuse et Georges Aber, avec des paroles différentes et dépourvues de tout sens religieux, sous le titre Qu'il fait bon vivre, et enregistrée en 1959 par Les Compagnons de la chanson. Cette version française est ensuite interprétée par Annie Cordy, John William, Caterina Valente, Jacques Hélian et Georges Guétary[8]. Elle est elle-même adaptée à nouveau en 2016 par Jean Dujardin et Bruno Salomone dans la bande originale du film Brice 3 sous le titre Qu'il fait bon vivre (Laisse le tranquille)[14].

Notes et références

  1. (en) Daniel R. Katz, Why Freedom Matters : Celebrating the Declaration of Independence in Two Centuries of Prose, Poetry and Song, Thomas Allen & Son, (ISBN 978-0-7611-3165-6), p. 155-157.
  2. (en) Homer Alvan Rodeheaver, Plantation Melodies : A Collection of Modern, Popular and Old-time Negro-Songs of the Southland, Rodeheaver Company, (présentation en ligne).
  3. (en) Robert M.W. Dixon, John Godrich et Howard Rye, Blues and Gospel Records 1890-1943, Clarendon Press, , 4e éd. (ISBN 978-0-1981-6239-1, lire en ligne).
  4. (en) Elizabeth Morgan, Socialist and Labor Songs : An International Revolutionary Songbook, Oakland, PM Press & Charles H. Kerr Publishing Company, (ISBN 978-1-6048-6392-5, lire en ligne), p. 79-80.
  5. (en) « A Brief History of “Down by the Riverside” », sur The Tabernacle Choir (consulté le ).
  6. (en) T. S. McMillin, The Meaning of Rivers : Flow and Reflection in American Literature, Iowa City, University of Iowa Press, (ISBN 978-1-5872-9978-0, lire en ligne), p. 44.
  7. (en) « Columbia matrix 25616. Down by the riverside / R. Lloyd Morgan », sur Internet Movie Database (consulté le ).
  8. (en) « Cover versions of Down by the Riverside », sur SecondHandSongs (consulté le ).
  9. (en) Gayle Wald, « “Down by the Riverside”-- Sister Rosetta Tharpe with Lucky Millinder and His Orchestra (1944) » [PDF], sur LOC.gov, (consulté le ).
  10. (en) « Beyoncé and Willie Nelson's SMOKE HOUR ★ WILLIE NELSON », sur WhoSampled (consulté le ).
  11. (en) « Song artist 4 - Bing Crosby », sur The World's Music Charts (consulté le ).
  12. (en) Patrick Humphries, Elvis The #1 Hits : The Secret History of the Classics, Kansas City, Andrews McMeel Publishing, (ISBN 978-0-7407-3803-6, lire en ligne), p. 38.
  13. (en) « Down by the Riverside (Riverside Reggae) », sur Apple Music (consulté le ).
  14. « Brice 3 (2016) », sur Cinezik (consulté le ).

Liens externes

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