Drapeau de la république de Venise

Drapeau de la république de Venise
Drapeau de la république de Venise.
Drapeau de la république de Venise.
Utilisation Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après
Caractéristiques
Création 1659
Proportions 1:2
Éléments Le lion d'or de saint Marc sur fond rouge foncé accompagné de six sestieri à la volée.

Le drapeau de la république de Venise (en italien: bandiera della Repubblica di Venezia), communément appelé la bannière de saint Marc (en italien: gonfalone di San Marco) ou l'étendard de saint Marc, était le symbole de la république de Venise, de sa création jusqu'à sa chute, en 1797.

Le drapeau a inspiré les drapeaux modernes de la ville de Venise et de la région de Vénétie, en Italie[1].

Apparence

La charge principale du drapeau est le lion de saint Marc, ailé et auréolé, représentation de Marc l'Évangéliste, le saint patron de Venise[2]. Un trait distinctif du drapeau est ses six franges latérales distinctes, qui ont été ajoutées pour représenter les six sestieri originaux de Venise. Les franges servent également à éviter d'endommager la partie centrale du drapeau par le vent[3],[4].

Différentes versions sont utilisées par la République de Venise. En particulier, la posture du lion représenterait la situation dans laquelle est hissée la bannière: sur un navire de guerre le lion tient une épée, si on l'observe depuis un lieu de conflit la bannière figure un lion tenant un livre fermé[4], enfin dans le cas échéant, le lion tient un livre ouvert. Toutefois, les autorités vénitiennes n'ont jamais statué sur une standardisation de leur drapeau, et il a ainsi existé de nombreuses versions de la Bannière de saint Marc, qu'elles aient variés par la couleur du drapeau, la posture de lion (il tient tantôt une croix, une épée ou un livre) ou le fond derrière ce dernier[5].

Histoire

On ne sait pas quand la république de Venise a officiellement adopté le drapeau. Un chroniqueur, Jean le Diacre , a décrit comment en 998 le doge de Venise Pietro II Orseolo s'est vu remettre un vexillum triomphale (bannière triomphale) avant de mener une expédition navale contre les Narentins, des pirates qui mouillaient au large de la côte orientale de l'Adriatique[6],[7]. Cependant, cette chronique ne mentionne pas l'utilisation du lion de saint Marc et les couleurs utilisées dans le drapeau.

La première utilisation enregistrée du lion de Saint-Marc sur fond rouge par les Vénitiens remonte à la fin du XIIIe siècle[8]. L'archiviste génois Jacques de Voragine fait référence au lion de Saint-Marc comme symbole officiel de Venise. Il mentionne également comment l'expression « PAX TIBI MARCE EVANGELISTA MEUS » a été trouvée sur le drapeau[6].

La ville a commencé à utiliser ce symbole lorsque des lions ont été apportés en ville par des vikings revenant d'un raid en Afrique du Nord[9]. Puis, il a été pourvu d'ailes et choisi comme symbole de Venise en raison de ses connotations avec saint Marc. La tradition vénitienne raconte que Saint Marc voyageait d'Aquilée à Rome lorsqu'un ange apparut alors qu'il se trouvait dans la lagune de Venise et déclara : « Pax tibi, Marce, evangelista meus ». Hic requiescet corpus tuum' (La paix soit avec toi, ô Marc, mon évangéliste. Ici ton corps reposera)[10]. La légende a été utilisée en 828 par les marchands vénitiens Rustico da Torcello et Bon da Malamocco pour justifier leur voyage à Alexandrie pour ramener le cadavre de Saint Marc à Venise et l'enterrer dans la ville. À partir de ce moment, Saint Marc devint le saint patron de Venise et commença ainsi l'association entre la ville et le lion ailé[10].

La vexillologue Whitney Smith suggère que les couleurs choisies, rouge et or, ont été sélectionnées sur la base du fait qu'elles étaient les couleurs de l'Empire byzantin, les précédents dirigeants de la région[8].

Drapeaux de la République de Venise, Tableau des pavillons ou bannières que la plupart des nations arborent à la mer, 1756

Pendant 337 ans, douze gonfaloniers, des mercenaires de Perast (aujourd'hui au Monténégro), ont été nommés par le Sénat vénitien pour garder le drapeau de la République à tout moment sous peine de mort. Huit personnes furent exécutés en 1571 après la bataille de Lépante pour ne pas l'avoir protégé[3].

Il existe plusieurs variantes existantes pendant la République de Venise indépendante : le Lion tient tantôt un sabre, une croix ou une épée, est orienté à gauche ou à droite, et se tient parfois sur une ligne horizontale bleue[11].

À la suite de la chute de la république de Venise en par la France et l'Autriche, le lion de Saint-Marc fut supprimé dans toute Venise. En conséquence, le drapeau traditionnel a été aboli et remplacé par deux bandes horizontales égales de bleu sur le jaune[12].

Le dernier endroit où le drapeau fut utilisé comme symbole de la république fut Perast, en Albanie vénitienne, ville fidèle à Venise. Perast a continué à célébrer sa fidélité à Venise pendant plusieurs mois en continuant à arborer le drapeau. Le , la marine autrichienne arrive dans la ville et la bannière de Saint-Marc est abaissée pour la dernière fois. Le capitaine Joko Viskovich a prononcé un discours dans la langue locale, déclarant : « L'histoire de ce jour sera connue dans toute l'Europe, comment Perast a maintenu dignement jusqu'au bout l'honneur du drapeau vénitien, en l'honorant de cette cérémonie solennelle, en l'abaissant à terre, baigné de nos larmes universelles et amères. »[13].

L'utilisation du lion de Saint-Marc dans le drapeau de Venise ne reviendra qu'en 1848, date à laquelle il apparaît dans le canton du drapeau tricolore de la république de Saint-Marc[5],[12], état éphémère formé par la rébellion des Vénitiens envers les Autrichiens et qui durera jusqu'en 1849.

Utilisation moderne

Le drapeau est utilisé de manière continue dans toute la ville de Venise. On peut le trouver volant depuis les balcons des maisons, des hôtels et des bureaux gouvernementaux. Certains habitants de la ville choisissent également de faire flotter le drapeau comme pavillon depuis la poupe des bateaux privés, tandis que certains gondoliers choisissent d'attacher le drapeau à leur gondole. À certaines occasions, le drapeau de la république de Venise flotte au sommet d'un mât à l'extérieur de la basilique Saint-Marc, sur la place Saint-Marc[14].

Même s'il ne s'agit pas du drapeau de la région Vénétie, il est préféré par les personnes et les institutions de toute la région en raison de sa signification symbolique de l'unité du peuple vénitien et du patrimoine historique de la république de Venise[réf. nécessaire]. Le drapeau peut être vu dans de nombreuses autres villes comme Vérone ou Trévise, mais il est également utilisé dans certaines villes du Frioul, autrefois sous la domination de Venise. Le peuple vénitien a tendance à se reconnaître dans ce drapeau, devenu le véritable symbole de son unité[réf. nécessaire].

L'utilisation du drapeau a également été adoptée comme symbole par certains prétendant représenter le mouvement régionaliste vénitien[réf. nécessaire].

Le motif principal du drapeau de la république de Venise apparaît aux côtés du drapeau de Gênes, de la Croix de Pise et du drapeau du duché d'Amalfi sur le pavillon de la marine italienne[15].

Galerie

Drapeaux historiques de la commune

Drapeaux historiques de la commune[16] :

Drapeaux historiques de la république

Drapeaux d'État

Drapeaux de fortifications navales et terrestres

Drapeaux de fortifications navales et terrestres[23] :

Images supplémentaires

Notes et références

Notes

  1. ↑ Le drapeau représente Saint Marc l'Évangéliste, le saint patron de Venise.
  2. ↑ Les drapeaux représentant le lion de Saint-Marc sur fond blanc sont datés de 1355-56. Des drapeaux similaires peuvent être vus dans des sources contemporaines comme dans la carte-portulan attribuée à A. Dulcert.
  3. ↑ Parfois, le lion - avec ou sans auréole - tient une bible fermée, ou une bible sans écriture. Parfois, il tient aussi une croix ou une épée.

Références

  1. ↑ (it) « Consiglio Regionale Veneto - Leggi Regionali » [archive du ], sur www.consiglioveneto.it (consulté le )
  2. ↑ « Flags of the World : Venice » (consulté le )
  3. « The Flag of Venice », sur BANDIERE VENETE (consulté le )
  4. (it) « La Bandiera Veneta », sur bandierevenete.it (consulté le )
  5. (it) Roberto Breschi, « Venezia » (consulté le )
  6. Elizabeth Griffith, The Winged Lion of St. Mark: Logo of Venice, Inc., Frankfurt, European Business History Association 2005 Conference, , 9 p.
  7. ↑ (it) Giorgio Aldrighetti et Mario De Biasi, Il Gonfalone di San Marco, Venice, Filippi Editore, , 18 p.
  8. Whitney Smith, Flags Through the Ages and Across the World, Maidenhead, UK, McGraw-Hill, , 141 (ISBN 9780070590939, lire en ligne Inscription nécessaire)
  9. ↑ Günther Ludwig, Giampietro Costa et Alessandro Baldanzi, Les Vikings, Fleurus, coll. « La grande imagerie », , 32 p. (ISBN 9782215159148)
  10. John Julius Norwich, A History of Venice, New York, Knopf, , 28–30 p. (ISBN 0679721975)
  11. ↑ Jacqes-Nicolas Bellin, Tableau des pavillons ou bannières que la plupart des nations arborent à la mer, Paris,
  12. « Venice - Historical flags (Italy) », sur Flags of the World, (consulté le )
  13. ↑ Roger Crowley, « Roger Crowley: Lowering the Venetian flag in Perast », sur Roger Crowley: Narrative History at its Most Enthralling, (consulté le )
  14. ↑ « 5 things to know about Saint Mark's Square », sur The Art Post Blog, (consulté le )
  15. ↑ « Italy - Navy Flags », sur CRW Flags, (consulté le )
  16. ↑ « Italia città3 », sur www.rbvex.it (consulté le )
  17. « Venezia », sur www.rbvex.it (consulté le )
  18. ↑ Pierre Crolot, Le livre de drapeaux de Fribourg (Fahnenbuch/Book of Flags), Fribourg,
  19. ↑ http://www.venetinelmondo.org/wp-content/uploads/2018/03/bandiera-contarina.pdf
  20. ↑ « foto museo ve2 », sur www.cisv.it (consulté le )
  21. ↑ Giorgio Aldrighetti, Mario De Biasi, Il Gonfalone di San Marco, cit., p. 108.
  22. ↑ (it) AdminVNM, « Torna a rivivere la splendida Bandiera Contarina », sur VENETI NEL MONDO (consulté le )
  23. ↑ « Venezia », sur www.rbvex.it (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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