Dravida Nadu

Drapeau du DMK

Le mouvement Dravida Nadu était un mouvement séparatiste qui visait à créer une pays pour les dravidiens en établissant un État souverain dans les régions de l'Inde britannique, majoritairement de langue dravidienne, situées dans la Présidence de Madras (comprenant alors les actuels Andhra Pradesh, Tamil Nadu, Kerala, et la partie méridionale du Karnataka). Il fut initié par le Parti de la Justice sous Periyar, puis par le Dravida Munnetra Kazhagam (DMK) jusqu'à aujourd'hui.

Initialement, la revendication du mouvement se limitait aux régions de langue tamoule, mais elle s'est ensuite étendue — dans ses revendications — à d'autres États indiens à majorité dravidophone (Andhra Pradesh, Kerala et Karnataka)[1],[2],[3]. Parmi les autres appellations pour cet état souverain proposé figuraient « Inde du Sud », « Fédération du Deccan » et « Dakshinapath »[4],[5].

Le mouvement pour un état dravidien connut son apogée des années 1940-60, mais, par crainte de domination tamoule, il ne parvint pas à obtenir du soutien en dehors du Tamil Nadu, bien que le groupe ethnique majoritaire fût celui des télougous. La loi de 1956 sur la réorganisation des États indiens, qui créa des états linguistiques, affaiblit davantage cette revendication[6],[7]. En 1960, les dirigeants du DMK décidèrent de retirer la revendication d'un Dravida Nadu du programme du parti lors d'une réunion tenue en l'absence d'Annadurai. En 1963, l'adoption d'une loi criminalisation le sécessionnisme, entraîne l'abandon de cette revendication par Annadurai.

Histoire

Partie sud de la présidence de Madras en 1909

Le Dravida Nadu trouve ses origines dans le mouvement anti-brahmanique tamoul, dont l'objectif était de mettre fin à la domination brahmane dans la société et le gouvernement tamoul. Les premières revendications de ce mouvement étaient l'égalité sociale, un pouvoir accru et une plus d'autonomie[8]. Cependant, au fil du temps, il a intégré un mouvement séparatiste, réclamant un état souverain tamoul. Le principal parti politique soutenant ce mouvement était le Parti de la Justice, qui accéda au pouvoir dans la présidence de Madras en 1921.

Depuis la fin du XIXe siècle, les dirigeants tamouls anti-brahmanes affirmaient que les tamouls non brahmanes étaient les habitants originels de la région tamoule[9]. Les brahmanes, descendant des aryens, quant à eux, étaient non seulement oppresseurs, mais aussi une puissance étrangère, au même titre que les autorités coloniales britanniques[10].

Références

  1. Richard Warren Taylor, Religion and Society: The First Twenty-five Years, 1953–1978, Christian Literature Society (for the Christian Institute for the Study of Religion and Society, Bangalore), (OCLC 9007066), p. 242
  1. Richard Warren Taylor, Religion and Society: The First Twenty-five Years, 1953–1978, Christian Literature Society (for the Christian Institute for the Study of Religion and Society, Bangalore), (OCLC 9007066), p. 242
  2. Claude Emerson Welch, Political Modernization: A Reader in Comparative Political Change, Wadsworth Pub. Co, (OCLC 941238), p. 173
  3. Confronting the Body: The Politics of Physicality in Colonial and Post-Colonial India, Anthem Press, (ISBN 978-1-84331-032-7), p. 145
  4. M. Rafique Afzal, The Case for Pakistan, Islamabad, National Commission on Historical and Cultural Research, (OCLC 8165052), xxv
  5. Ranjit Tirtha, Society and Development in Contemporary India: Geographical Perspectives, Harlo, (ISBN 0-8187-0040-8, OCLC 6930110, lire en ligne), 161
  6. Romesh Thapar, Change and Conflict in India, Macmillan, (ISBN 0-8364-0222-7), p. 75
  7. C Rajeswara Rao, Defeat Separatist Conspiracy in Andhra, Communist Party of India, (OCLC 814926), p. 28
  8. Ugo M. Amoretti et Nancy Bermeo, Federalism and Territorial Cleavages, Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0-8018-7408-6), p. 286
  9. Gail Omvedt, Dalit Visions: The Anti-caste Movement and the Construction on an Indian Identity, Orient Longman, , 54–55 p. (ISBN 81-250-2895-1)
  10. Sten Widmalm, Kashmir in Comparative Perspective: Democracy and Violent Separatism in India, Routledge, , 101–107 p. (ISBN 978-0-7007-1578-7)
  1. Claude Emerson Welch, Political Modernization: A Reader in Comparative Political Change, Wadsworth Pub. Co, (OCLC 941238), p. 173
  2. Confronting the Body: The Politics of Physicality in Colonial and Post-Colonial India, Anthem Press, (ISBN 978-1-84331-032-7), p. 145
  3. M. Rafique Afzal, The Case for Pakistan, Islamabad, National Commission on Historical and Cultural Research, (OCLC 8165052), xxv
  4. Ranjit Tirtha, Society and Development in Contemporary India: Geographical Perspectives, Harlo, (ISBN 0-8187-0040-8, OCLC 6930110, lire en ligne), 161
  5. Romesh Thapar, Change and Conflict in India, Macmillan, (ISBN 0-8364-0222-7), p. 75
  6. C Rajeswara Rao, Defeat Separatist Conspiracy in Andhra, Communist Party of India, (OCLC 814926), p. 28
  7. Ugo M. Amoretti et Nancy Bermeo, Federalism and Territorial Cleavages, Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0-8018-7408-6), p. 286
  8. Gail Omvedt, Dalit Visions: The Anti-caste Movement and the Construction on an Indian Identity, Orient Longman, , 54–55 p. (ISBN 81-250-2895-1)
  9. Sten Widmalm, Kashmir in Comparative Perspective: Democracy and Violent Separatism in India, Routledge, , 101–107 p. (ISBN 978-0-7007-1578-7)
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