Droits LGBT au Pakistan

Droits LGBT au Pakistan
Image illustrative de l'article Droits LGBT au Pakistan
Manifestations pour les droits des hijras en 2008.
Dépénalisation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe  Non
Sanction  2 ans de prison à perpétuité ; amendes. Mais peine non appliquée
Protection contre les discriminations  depuis 2010 ; uniquement pour l'identité de genre
Identité de genre  depuis 2010
Non-binarité  depuis 2010
Service militaire  Non
Don de sang  Non
Interdiction des thérapies de conversion  Non
Partenariat  Non
Mariage  Non
Adoption  Non
Version du drapeau pakistanais selon les drapeaux gays nationaux du monde.

Les droits des personnes LGBTQ au Pakistan ne sont pas les mêmes que ceux du reste de la population. D'après la loi, les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont illégales au Pakistan depuis 1860. En raison de l'intolérance religieuse pour certaines pratiques sexuelles, l'opinion publique a tendance à se braquer contre les minorités sexuelles.

Toutefois, une libéralisation croissante de la société a permis l'organisation de fêtes gays publiques[1]. En 2018, une loi garantissant les droits fondamentaux des personnes transgenres marque cependant une rupture historique[2],[3]. Le projet de loi initial avait peu de temps auparavant été salué par l'ONUSIDA[4].

Lois sur les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe

La Constitution pakistanaise ne mentionne pas explicitement l'orientation sexuelle ni l'identité de genre. Elle contient néanmoins certaines dispositions susceptibles d'avoir une incidence sur les droits constitutionnels des citoyens LGBTQ+ pakistanais[5].

  • Partie II 37. Le gouvernement s’engage à promouvoir les valeurs islamiques auprès de ses citoyens musulmans, à protéger le mariage et la famille et à s’opposer à l’obscénité.
  • Partie IX 227. L’Islam est la religion officielle de l’État et toutes les lois, règles, règlements et autres textes législatifs doivent être compatibles avec l’Islam, tel que défini par un conseil islamique nommé par le gouvernement.

Loi sur les personnes transgenres

La Loi sur les personnes transgenres (protection des droits) (Transgender Persons (Protection of Rights) Act) est adoptée par le Pakistan en [3]. Elle garantit les droits fondamentaux des citoyens transgenres et interdit les discriminations envers eux[3]. Les personnes trans obtiennent ainsi le droit de choisir leur identité de genre et de pouvoir la faire inscrire sur leurs papiers selon leur choix. Les choix officiels disponibles sont : féminin, masculin ou non-binaire[3]. La dernière catégorie est liée notamment aux « khwaja siras », expression pakistanaise désignant les personnes intersexuées, qui étaient traditionnellement respectées car on leur attribuait des pouvoir spirituels[3]. La non-discrimination de ces personnes est affirmée, notamment dans l'espace public, les écoles, au travail, dans les services publics, ainsi que par le droit de voter et d'être élu. Le gouvernement doit également créer des refuges permettant aux personnes concernées, en cas de besoin, de pouvoir bénéficier de soins de santé et psychologiques[3].

Affaires

L'organisation mondiale contre la torture (OMTC) a épinglé les conservateurs du Pakistan dans les régions tribales en 1997, au sujet de la flagellation d'un adulte et d'un mineur de sexe masculin, accusés d'exhibition sexuelle dans des bains publics. Les deux accusés ont été fouettés en public le à Bara Bazar dans le district de Khyber, une région administrée par les Afridi. On raconte que le mineur de 14 ans avait été payé pour une relation sexuelle. L'adulte a reçu 75 coups de fouet et l'adolescent 32[6],[7]. Un religieux pakistanais de Kahuta a déclaré le qu'il fallait tuer tous les homosexuels pour les empêcher de se multiplier, en suggérant de les décapiter ou de les lapider[8].

Plusieurs actes de pédérastie ont été rapportés, comme le fait de religieux sur des jeunes garçons dans des écoles coraniques ou médersas[9]. Ces affaires sont restées irrésolues et aucune poursuite n'a été engagée contre les suspects. L'abus sexuel sur mineur était généralement constitué de sodomie[10]. Alors que ces affaires mettent en scène des abus sur mineurs, les homosexuels ne veulent pas que l'on confonde ces abus avec leur sexualité. Les homosexuels pakistanais commencent à revendiquer leurs sexualité[11].

Des zones métropolitaines comme Lahore et Karachi ont été le théâtre de fêtes où des hommes ont manifesté leur sexualité au cours d'une marche des fiertés[11]. Ces fêtes comptaient de nombreux hommes dansant entre eux dans des discothèques et s'embrassant. En 2008, un scandale a eu lieu quand des passants ont vu un groupe de travestis dansant sur le toit d'une maison un jour de fête[1].

En 2005, un homme de 42 ans venant de Khyber a été accusé d'avoir épousé un adolescent de 16 ans lors d'une cérémonie traditionnelle. Une réunion tribale les a condamnés à quitter la région ou à encourir la mort[12]. En juin 2010, deux hommes de 42 et 18 ans ont été arrêtés à Peshawar, accusés d'avoir tenté de se marier, lors d'une descente de la police dans une fête[13].

Les lesbiennes ont moins de visibilité dans le pays et l'on rapporte peu d'informations sur des femmes engagées dans une relation homosexuelle. Un procès en 2008 montre la même désapprobation envers les lesbiennes qu'envers les gays[14],[15].

L'ONG Human Rights Watch annonçait en 2018 qu'au moins 57 personnes transgenres avaient été tuées au Pakistan depuis 2015[3].

Notes et références

  1. (en) Declan Walsh, « Pakistani society looks other way as gay men party », The Guardian, 14 mars 2006, consulté le 5 mai 2008.
  2. « Le Pakistan adopte une loi historique pour les droits des personnes trans », sur France 24, (consulté le )
  3. « Le Pakistan adopte une loi "historique" pour les personnes transgenres », sur BFMTV (consulté le )
  4. « L'ONUSIDA félicite le Parlement de la République islamique du Pakistan pour l'adoption du projet de loi sur les personnes transgenres », sur www.unaids.org (consulté le )
  5. « Constitution of the Islamic Republic of Pakistan | Rights Mapping and Analysis Platform », sur rimap.unhcr.org (consulté le )
  6. (en) Stefano Berti, Rights of the Child in Pakistan, Organisation mondiale contre la torture, 5 mai 2008, p. 14.
  7. Ibid.; Urgent Appeal, OMCT, PAK 300597, (1997-05-30)
  8. (en) Oliver Harvey, Cleric's chilling warning to UK, The Sun, 31 décembre 2007, consulté le 7 juin 2010.
  9. (en) « Madrassas hit by sex abuse claims », sur bbc.co.uk, (consulté le ).
  10. (en) Massoud Ansari, « Acid attack on boy who 'refused sex with Muslim cleric' », Telegraph,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) « Gay Pakistan - 'less inhibited than West' », sur bbc.co.uk, (consulté le ).
  12. (en) « First gay 'marriage' in Pakistan », sur bbc.co.uk, (consulté le ).
  13. (en) Reza Sayah, « Pakistan jails couple over gay marriage allegation », CNN.com,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) « Pakistan judge tells lesbian couple they broke the law », PravdaReport,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. (en) « Pak lesbian couple look at Musharraf for help - Times of India », The Times of India,‎ (lire en ligne, consulté le ).
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