Droits LGBT en Birmanie

Droits LGBT en Birmanie
Image illustrative de l'article Droits LGBT en Birmanie
Dépénalisation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe  Non
Sanction de 10 ans de prison à la perpétuité
Protection contre les discriminations  Non
Identité de genre  Non
Service militaire  Non
Partenariat  Non
Mariage  Non
Adoption  Non

Les droits des personnes LGBTQ en Birmanie ne sont pas les mêmes que ceux du reste de la population. Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe y sont illégale et l'article 377 du code pénal prévoit une peine d'emprisonnement de 10 ans à la perpétuité. Les personnes transgenres sont quant à elles soumises au harcèlement policier et leur genre n'est pas reconnu par l'État[1]. Durant la dictature du Conseil d'État pour la paix et le développement (1997-2011), il était difficile d'obtenir des informations précises quant au statut juridique ou social des personnes LGBT. Cependant, la démocratisation du pays leur permet d'acquérir plus de visibilité et de soutien dans le pays[2],[3],[4]. Malgré la victoire de Ligue nationale pour la démocratie de Aung San Suu Kyi lors des élections législatives de 2015, et en dépit des promesses, il n'y a eu aucun changement des lois anti-LGBT.

Lois sur les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe

L'article 377 du code pénal introduit en 1861 sous la domination coloniale britannique interdit les « relations sexuelles contre nature », sans plus de précision sur ce que sont les « relations sexuelles contre nature »[5]. Cet article se traduit dans la pratique par une interdiction des relations sexuelles entre personnes de même sexe, en particulier entre hommes[5],[6]. La sanction est une amende et une peine de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans[5]. Même si la loi n'est pas strictement appliquée, elle permet un harcèlement policier des personnes LGBT[5],[6],[7]. Les personnes LGBT sont également ciblées par les « lois de l'ombre », créée par la loi sur la police de Rangoon de 1899 et loi sur la police de 1945, qui permet aux forces de l'ordre de détenir une personne qu'ils considèrent se comporter étrangement sans mandat[8].

Reconnaissance des couples de même sexe

Il n'existe aucune forme de reconnaissance pour les couples de même sexe, que ce soit en union civile ou mariage[9]. En 2014, un couple homosexuel birman a attiré l'attention des médias après avoir organisé une cérémonie officieuse de mariage à la suite de 10 ans de vie commune. Cela a également déclenché une forte réaction chez les conservateurs, qui ont demandé que les lois anti-homosexualité soient appliquées contre le couple[10].

Droits des personnes trans

La Birmanie ne permet pas le changement de sexe[11]. Les personnes trans y sont soumises à des viols, aux mauvais traitements et à des extorsions de la part de la police, et sont souvent la cible de « loi de l'ombre ». Généralement, il y a seulement trois options de carrière « respectables » pour les femmes transgenres : esthéticienne, styliste ou nat kadaw (« esprit femme »)[12]. En tant que nat kadaw, les personnes LGBT peuvent se voir accorder une forme de respect et de vénération dans la société birmane.

Références

  1. (en) James Nickerson, « Myanmar's abused, intimidated LGBT people long for acceptance in new era », sur Reuters UK, (consulté le ).
  2. (en) « Gay subject of documentary warns of continuing rights violations in Myanmar », sur Mizzima, (consulté le ).
  3. (en) Matthew McFetridge, « The Outlook for LGBT Rights in Myanmar », sur The Diplomat, (consulté le ).
  4. (en) Jared Ferrie, « LGBT festival opens in Myanmar after first public launch party », sur Yahoo! Finance, (consulté le ).
  5. (en) Denmark-Myanmar Programme on Rule of Law and Human Rights et Commission internationale de juristes, In the shadows: Systemic injustice based on sexual orientation and gender identity/expression in Myanmar, , 82 p. (lire en ligne), p. 23-25, 78
  6. David Gilbert et Nang Hsu Mon Thar, « Moving from the Shadows: Law and SOGIE Rights in Myanmar's Democratic Transition », Australian Journal of Asian Law, vol. 20, no 1,‎ , p. 1–9 (ISSN 1839-4191, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Lae Phyu Pyar Myo Myint et Nyein Ei Ei Htwe, « Prejudice and progress: a snapshot of LGBT rights in Myanmar », sur The Myanmar Times, (consulté le ).
  8. (en) Lynette J. Chua et David Gilbert, « Sexual Orientation and Gender Identity Minorities in Transition: LGBT Rights and Activism in Myanmar », Human Rights Quarterly, vol. 37, no 1,‎ , p. 1–28 (ISSN 1085-794X, DOI 10.1353/hrq.2015.0016, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) Samantha Hawley, « Myanmar couple in 'first public gay wedding ceremony' », sur ABC News, Australian Broadcasting Corporation, (consulté le ).
  10. (en) « Burma's homosexuality law 'undermining HIV and Aids fight' », sur The Guardian, (consulté le ).
  11. (en) Charlotte England, « Myanmar's transgender people not just chasing rainbows in fight for equality », sur The Guardian, (consulté le ).
  12. (en) Nick Baker, « How Myanmar's Paranormal Spirit Wives Escape LGBTQ Persecution », sur Vice, (consulté le ).
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