Du Breuil (acteur)

Pierre-Jean Guichon
Fonction
Sociétaire de la Comédie-Française
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Conjoint
Mlle Du Breuil (d)
signature de Du Breuil (acteur)
Signature.

Du Breuil, né Pierre-Jean Guichon en à Paris et mort le à Saint-Germain en Laye, est un acteur français.

Biographie

Fils du chirurgien Guichon, qui demeurait à deux portes du café Procope, il a débuté à la Comédie-Française le jeudi par le rôle de Xipharès dans Mithridate. Reçu, le , lorsqu’il s’est retiré en 1758, avec la pension de 1 500 livres, il y avait longtemps qu’il jouissait d’une part entière[1].

Du Breuil, qui n’a jamais été passable dans aucun rôle, et dont tout l'emploi consistait à jouer les confidents de tragédie, à doubler quelques grimes, à remplir les utilités, n'en est pas moins parvenu à rester trente-cinq années, au théâtre, comme s’il avait été l’acteur le plus précieux au public et à tous ses camarades. Reconnu de son vivant pour un très mauvais acteur, il possédait en revanche une réputation établie d’être excellent juge des ouvrages de théâtre, s'y connaissant mieux que tous ses camarades. Cette qualité unique, dont nul de ses contemporains ne connaissait l’origine ou la raison, mais qui le faisait rechercher des auteurs dramatiques, explique l’exceptionnelle durée de sa carrière de trente-cinq années au théâtre[2].

Sa mort a permis de comprendre la raison de sa réputation de critique de premier ordre, lorsqu’un particulier a déclaré qu'il perdait une pension de 600 livres que lui payait Du Breuil pour répandre journellement le bruit qu'il était grand connaisseur en pièces de théâtre. Cet homme-réclame passait son temps dans les cafés, à vanter continuellement le jugement exquis de Du Breuil. Personne n’ayant d’intérêt à le contredire, cette opinion passait de bouche en bouche, et l’on se disait au parterre : « Vous voyez cet acteur si ridicule ? C’est le plus éclairé de tous les comédiens sur le mérite d’une pièce nouvelle. » Ne pouvant persuader le public qu’il était bon acteur, il était parvenu, grâce à cette opération de relations publiques, du moins à le convaincre de l’infaillibilité de son jugement ritique[2].

Il avait épousé Marie-Elisabeth Taitté, actrice du même théâtre, qui passait pour n’avoir pas plus de talent que lui[3].

Carrière à la Comédie-Française

Entrée le [1]
Nommé 98e sociétaire en
Départ en (retraite)

Liste non exhaustive :

Jugements

« Si quelque auteur compose jamais un livre sur les réputations usurpées, Dubreuil pourra lui fournir un chapitre assez plaisant[2]. »

Notes et références

  1. Georges Monval, Comédie-française (1658-1900) : liste alphabétique des sociétaires depuis Molière jusqu’à nos jours, Paris, Aux bureaux de l’amateur d’autographes, , x-134 p., 26 cm (OCLC 3909994, lire en ligne).
  2. Pierre-David Lemazurier, « Dubreuil. (Pierre Guichon, sieur) », dans Galerie historique des acteurs du Théâtre français : depuis 1600 jusqu’à nos jours, t. 1, J. Chaumerot, , 2 vol. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica), p. 244-6.
  3. ↑ Jean-Claude Montanier, D’Allainval (L'Abbé) Auteur dramatique (1696-1753) : biographie dévoilée et l’intégralité de son théâtre, Perlingo, , 544 p. (ISBN 978-2-32238-523-2, OCLC 1404342537, lire en ligne), p. 190.
  4. ↑ « Mars 1725 », Mercure de France, Paris, vol. 16,‎ , p. 564 (ISSN 2419-2007, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  5. ↑ Pierre-Claude La Chaussée, Le Préjugé à la mode, comédie en vers et en cinq actes, Paris, Le Breton, , [6]-120 p., in-12 (lire en ligne sur Gallica).
  6. ↑ Barthélemy-Christophe Fagan, L’Amitié rivale, Comédie en vers et en cinq actes représentée pour la première fois sur le théâtre de la Comédie française, le 16 novembre 1735, Paris, H. du Sauzet, , vii-87 p., 15 cm (OCLC 421760474, lire en ligne), p. 8.
  7. ↑ « Spectacles », Mercure de France, Paris, G. Cavelier ; Jean de Nully, vol. 39,‎ , p. 1628 (ISSN 2419-2007, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).

Liens externes

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