Dumont d'Urville (aviso colonial)
| Dumont d'Urville | |
| |
| Type | Aviso colonial |
|---|---|
| Classe | Classe Bougainville |
| Histoire | |
| A servi dans | Marine française |
| Lancement | 21 mars 1931[1] |
| Statut | Démoli |
| Équipage | |
| Équipage | 14 officiers 121 marins |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 103,7 m |
| Maître-bau | 12,98 m |
| Tirant d'eau | 4,80 m |
| Déplacement | 1 969 tonnes |
| Propulsion | diesel 2 moteurs Burmeister & Wain 2 hélices |
| Puissance | 3 200 cv |
| Vitesse | 17 nœuds |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 3 canons de 138 mm modèle 1927 en 3 tourelles simples 4 canons de 37 mm antiaériens en 4 affûts simples 6 mitrailleuses AA de 13,2 mm en 2 affûts doubles |
| Rayon d'action | 13 000 nautiques à 8,5 nœuds 7 600 nautiques à 14 nœuds |
| Pavillon | France |
Le Dumont d'Urville est un aviso colonial français de la classe Bougainville, mis en service en et démoli en .
Construction
Le Dumont d'Urville est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes Sud-Ouest de Bordeaux en . Il est lancé en et entre en service en .
Le Dumont d'Urville en chiffres
À l'instar des autres avisos de la classe Bougainville, le Dumont d'Urville est destiné à servir dans les territoires de l'Empire colonial français, souvent dans des conditions éprouvantes. D'une longueur de 103,7 m et d'une largeur de 12,7 m, il possède un tirant d'eau de 4,15 m. Il déplace 1 969 tonnes à vitesse normale et 2 600 tonnes à pleine charge. La superstructure, les ponts et la coque sont recouverts d'un blindage en acier de 5 à 6 mm d'épaisseur, offrant une protection contre les tirs d'armes légères et de mitrailleuses. En temps de paix, l'équipage du Dumont d'Urville se compose de 14 officiers et 121 marins[2].
Le navire est propulsé par deux moteurs diesel à deux temps six cylindres de marque Sulzer, construits sous licence, et entraînant chacun une hélice. Ces moteurs, capables de fournir une puissance totale de 4 200 chevaux, permettent au Dumont d'Urville d'atteindre une vitesse de croisière de 15,5 nœuds (28,7 km/h). Son stock de mazout lui confère une autonomie de 9 000 milles nautiques (17 000 km) à une vitesse de 14 nœuds (26 km/h)[3].
L'artillerie du Dumont d'Urville se compose de trois pièces simples de 138 mm modèle 1927, les deux premières superposées à l'avant de la superstructure et la troisième située à l'arrière de celle-ci, le tout protégé par des boucliers en acier de 3 mm d'épaisseur. Le bâtiment est également équipé d'un télémètre modèle 1932 d'une hauteur de 3 m, installé sur le toit de la passerelle et assurant la transmission des données au système de conduite de tir mécanique de type aviso[4]. Le Dumont d'Urville dispose en outre de quatre pièces antiaériennes simples de 37 mm modèle 1925 de calibre 50[5] et de huit mitrailleuses de 8 mm modèle 1914 en quatre affûts doubles, destinées à prémunir le navire contre le mitraillage au sol[6].
Carrière
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Dumont d'Urville est envoyé en Nouvelle-Calédonie pour affermir l'autorité du gouvernement de Vichy sur l'île. Le vaisseau arrive à Nouméa le . Toutefois, un croiseur de la Marine royale australienne, le HMAS Adelaide, arrive lui aussi, transportant le représentant de la France libre Henri Sautot, ce qui conduit au départ du gouverneur vichyste à bord du Dumont d'Urville le [7].
L'aviso colonial est ensuite incorporé aux Forces navales françaises d'Extrême-Orient. Dans la nuit du 16 au , il fait partie, avec le croiseur léger Lamotte-Picquet et les avisos Amiral Charner (un autre aviso colonial de la classe Bougainville), Tahure et Marne, de la petite escadre commandée par le capitaine de vaisseau Bérenger, qui surprend la flotte thaïe au mouillage à Koh Chang. Après avoir coulé deux garde-côtes cuirassés, trois torpilleurs et endommagée plusieurs autres unités, le groupe naval français regagne, indemne, sa base de Poulo Condor.
En , le Dumont d'Urville secourt les survivants du RMS Laconia torpillé par le sous-marin allemand U-156.
En 1944, son armement est modernisé : quatre pièces simples antiaériennes de 40 mm Bofors Mk 1/2 sont ajoutées, ainsi que 11 pièces simples antiaériennes de 20 mm Oerlikon. Des mortiers anti-sous-marins et des grenades sous-marines sont installés[1]. L'artillerie anti-aérienne d'origine française est débarquée.
En septembre 1946, le Dumont d'Urville transporte Hô Chi Minh et sa délégation vers l'Indochine à son retour de la conférence de Fontainebleau à la suite de l'échec des négociations[8]. Il participe au bombardement de Haïphong le .
Le Dumont d'Urville reste en service dans la marine française jusqu'en , avant d'être démoli[1].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « French aviso Dumont d'Urville » (voir la liste des auteurs).
- Le Masson 1969, p. 12
- ↑ Jordan 2016, p. 9-10, 14.
- ↑ Jordan 2016, p. 10, 15.
- ↑ Jordan 2016, p. 10-11, 17.
- ↑ Roberts 1980, p. 276.
- ↑ Jordan 2016, p. 10-11, 16-18.
- ↑ (en) Denise Fisher, « Supporting the Free French in New Caledonia : First Steps in Australian Diplomacy », Explorations : A Journal of French-Australian Connections, vol. 49, no 1, , p. 18-37 (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Reportage de Jean Guisnel et David Korn-Brzoza, réalisé par David Korn-Brzoza Histoire des Services Secrets Français - Episode 1[1]
Bibliographie
- Alain Boulaire, La Marine française : De la Royale de Richelieu aux missions d'aujourd'hui, Quimper, éditions Palantines, , 383 p. (ISBN 978-2-35678-056-0).
- (en) John Jordan, « The Colonial Sloops of the Bougainville Class », dans Warship 2016, Londres, Conway, (ISBN 978-1-84486-326-6), p. 8-29.
- (en) Henri Le Masson, The French Navy, MacDonald & Co. (Publishers) Ltd., (OCLC 30466).
- Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'histoire, Rennes, Marines Éditions, , 619 p. (ISBN 978-2-35743-077-8).
- Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française : des origines à nos jours, Rennes, Ouest-France, , 427 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7373-1129-2, BNF 35734655).
- Rémi Monaque, Une histoire de la marine de guerre française, Paris, éditions Perrin, , 526 p. (ISBN 978-2-262-03715-4).
- (en) John Roberts, « France », dans Roger Chesneau (dir.), Conway's All the World's Fighting Ships 1922–1946, New York, Mayflower Books, (ISBN 0-8317-0303-2), p. 255-279.
- Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. II : 1870-2006, Millau, Rezotel-Maury, , 591 p. (ISBN 2-9525917-1-7, lire en ligne).
- Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, Tallandier, coll. « Dictionnaires », , 537 p. [détail de l’édition] (ISBN 978-2847340082).
- Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0).
Articles connexes
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