Edessa rufomarginata
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Arthropoda |
| Classe | Insecta |
| Ordre | Hemiptera |
| Sous-ordre | Heteroptera |
| Famille | Pentatomidae |
| Genre | Edessa (genre) |
Edessa rufomarginata ou punaise à rebord roux[1] est une espèce d'insectes du sous-ordre des hétéroptères (punaises) et de la famille des Pentatomidae.
Description
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Edessa rufomarginata est une punaise ovale au corselet quasi triangulaire. Le dessus est vert avec un rebord roux et de dessous est jaune avec des rayures noires. Les antennes divisées en cinq articles de même grosseur et les pattes sont rousses[1]. Il existe des variantes vertes, châtain ou noires selon les régions. Elle mesure de 14 à 20 mm de long.
Répartition et formes
Edessa rufomarginata est répandue du Mexique à l'Argentine[2].
Cette espèce est assez polymorphe, et on peut en rencontrer des formes différentes de la forme habituelle: au Venezuela peut se rencontrer une forme noire à bordure et pattes orange foncé à rouge (appelée forme IV); au Brésil, dans les États de Minas Gerais et de São Paulo, une forme de couleur châtain (appelée forme II), une autre, vert clair à ponctuation jaunâtre et bordures crème et membrane châtain clair à jaunâtre dans les États de Mato Grosso, de Minas Gerais et de Goiás (forme III), État dans lequel on rencontre encore une autre forme, vert olive à vert foncé, avec la membrane vert foncé métallisé et la bordure et les pattes rouges (forme V); en Argentine, dans les provinces de Córdoba et de Salta, on rencontre une forme vert clair à membrane châtain brillant, à bordure crème et à face ventrale et pattes jaunes à orange clair (forme VI); enfin, toujours en Argentine, mais dans la province de Misiones, on rencontre une forme vert sombre, à membrane noire translucide, à bordure et face ventrale jaunâtre, et à pattes et antennes orange clair (forme VII)[2].
Biologie
Alimentation
Edessa rufomarginata est phytophage, comme tous les Edessinae, et se nourrit sur de nombreuses espèces (polyphage). Dans le Cerrado brésilien, sa plante-hôte est le Péqui (Caryocar brasiliense, Caryocaraceae)[3],[4]. Elle a également été trouvée sur de nombreuses Solanaceae, notamment des plants de tabac (Nicotiana tabacum), de pomme de terre (Solanum tuberosum), dont elle est considérée comme un ravageur[5], de tomate (Lycopersicum esculentum), d'aubergine (Solanum melongena), de morelle de Buenos-Aires (Solanum bonariense), de Bringellier marron (Solanum mauritianum), de cocona (Solanum sessiliflorum), de morelle de Balbis (Solanum sisymbriifolium), et d'autres espèces du genre Solanum : Solanum andigena, Solanum granulosoleprosum, Solanum palinacanthum, Solanum paniculatum, Solanum variabile[6] et Solanum lycocarpum (feuilles, tiges et fruits)[7]. Elle a également été trouvée sur Schinus polygamus (Anacardiaceae), sur la yerba mate (Ilex paraguariensis, Aquifoliaceae), sur des plants de pastèque (Citrullus lanatus, Cucurbitaceae), sur le soja et les haricots (Fabaceae), sur Cerisier de Cayenne (Eugenia uniflora, Myrtaceae), Sesamum sp. (Pedaliaceae), le riz et le maïs (Poaceae)[6].
Reproduction
La femelle pond environ 14 œufs bleu-vert en deux rangées de 7, qu'elle ne garde pas. Après l'éclosion, les juvéniles de stade I restent groupés et se nourrissent du liquide des œufs éclos. Après la mue, les juvéniles de stade II montrent encore une forme de grégarité, se déplacent sur la plante hôte et se nourrissent de sève. À partir du stade III, les juvéniles sont entièrement solitaires[4].
Prédateurs et parasites
Des fourmis du genre Pheidole peuvent se nourrir d'oeufs d'Edessa rufomarginata. D'autres fourmis peuvent s'en prendre à des juvéniles, comme Pachycondyla villosa, et tant les adultes que les juvéniles peuvent être prédatés par des punaises carnivores comme Heniartes (Reduviidae)[4].
Cette espèce peut être parasitée par un champignon, Purpureocillium cf. lilacinum (Ascomycota: Ophiocordycipitaceae), qui prend le contrôle de l'individu parasité, et, au moment de mourir, l'entraîne à passer des feuilles aux tiges, les gravir et s'y agripper fermement (avec les pattes et pas seulement les tarses), un comportement rarement observé chez les insectes non infecté. Ce comportement permet aux spores du champignon, qu'il formera ensuite, de mieux se diffuser par voie aérienne[8].
Défense
Lorsqu'elles sont dérangées, les Edessa rufomarginata peuvent agiter vigoureusement les antennes, ou encore s'envoler vers un endroit plus protégé dans le feuillage. Elles peuvent aussi sauter et se réfugier dans la litière de feuilles. Dans certains cas, les adultes s'envolent vers d'autres plantes. Lors de dérangement, juvéniles et adultes sécrètent fréquemment des substances volatiles émises par leur glande odoriférante[4], spécialement efficace pour repousser les invertébrés (comme les fourmis)[9].
Interactions avec des fourmis
Des interactions ont été observées avec des fourmis (myrmécophilie)[4],[10]. Des fourmis du genre Camponotus, notamment Camponotus rufipes, viennent parfois tapoter l'abdomen de juvéniles d'Edessa rufomarginata (stades III à V) avec leurs antennes et recueillir des gouttes de miellat (trophobiose) contenant des sucres, notamment la tréhalose. On estime qu'il s'agit d'une manière de décourager les attaques de ces fourmis, sachant que les juvéniles ne peuvent pas s'envoler. Cette myrmécophilie n'a été observée que pour la forme II d'E. rufomarginata, présente dans le Cerrado des États de Minas Gerais et de Sao Paulo. Il agirait de multiplier les recherches sur cette problématique, pour l'instant unique parmi les Edessinae, afin de vérifier s'il s'agit d'un comportement occasionnel ou d'un véritable mutualisme[10].
Systématique
Edessa rufomarginata a été décrite par Charles de Geer en 1773, sous le protonyme de Cimex rufomarginatus.
Groupe d'espèces proches
Au sein du genre Edessa, dans lequel plus de 300 espèces ont été décrites, des sous-genres et des groupes d'espèces ont été établis pour structurer le genre. Edessa rufomarginata fait partie du « groupe d'espèces d'Edessa rufomarginata », comprenant 15 espèces, avec Edessa marginalis (Dallas, 1851), Edessa albomarginata (Stål, 1855), Edessa abdominalis Erichson, 1848, Edessa corallipes Erichson, 1848, Edessa aulacosterna Stål, 1872, Edessa ovalis Stål, 1872, Edessa nigropunctata Berg, 1884, Edessa brasiliensis Silva, Fernandes & Grazia, 2006, Edessa castaneolineata Silva, Fernandes & Grazia, 2006, Edessa cerradensis Silva, Fernandes & Grazia, 2006, Edessa chapadensis Silva, Fernandes & Grazia, 2006, Edessa luteovenulata Silva, Fernandes & Grazia, 2006, Edessa rufodorsata Silva, Fernandes & Grazia, 2006 et Edessa virididorsata Silva, Fernandes & Grazia, 2006[11].
Publication originale
- De Geer, 1773 : Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. Tome Troisième. Imprimerie P. Hesselberg, Stockholm. 696 pages, (p. 330, Pl. 34). (lire sur Gallica)
Taxinomie
Il est à noter que la description de Charles de Geer de 1773 ne comporte pas de nom binominal et qu'elle aurait pu être considérée comme indisponible pour la nomenclature zoologique. Cependant, la Commission internationale de nomenclature zoologique considère cette description comme binominale et disponible comme une grande partie des descriptions publiées par Charles de Geer[12].
Synonymes
Selon Ely e Silva, Marin Fernandes et Grazia (2004)[2], les synonymes d'Edessa rufomarginata sont successivement :
- Cimex rufomarginatus, De Geer, 1773
- Cimex cruentus Fabricius, 1775[13]
- Edessa cruenta; Fabricius, 1803[14], repris par Burmeister, 1835[15]
- Pentatoma furcata Palisot de Beauvois, 1805[16]
- Aceratodes cruentus; Amyot et Serville, 1843[17], repris par Dallas, 1851[18] et Walker, 1867[19]
- Aceratodes flavomarginatus Stål, 1855[20],[21]
- Aceratodes flavovirens Stål, 1855[20],[21]
S'y ajoute, selon David Rider, Cimex pyrrhopus Lichtenstein, 1796[22], qui est un nomen oblitum[23].
Liens externes
- (en) BioLib : Edessa rufomarginata (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Edessa rufomarginata (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Edessa rufomarginata (consulté le )
- (fr) INPN : Edessa rufomarginata (De Geer, 1773) (TAXREF) (consulté le )
Références
- De Geer, C. 1773. Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. Tome Troisième. Imprimerie P. Hesselberg, Stockholm. 696 pages, (Punaise à rebord roux - p. 330, Pl. 34). (lire sur Gallica)
- (pt) Eduardo José Ely e Silva, José Antonio Marin Fernandes et Jocélia Grazia, « Variações morfológicas em Edessa rufomarginata e revalidação de E. albomarginata e E. marginalis (Heteroptera, Pentatomidae, Edessinae) », Iheringia. Série Zoologia, vol. 94, , p. 261–268 (ISSN 0073-4721 et 1678-4766, DOI 10.1590/S0073-47212004000300006, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Germano Leao Demolin Leite, Paulo Sérgio Nascimento Lopes, José Cola Zanuncio et Cristina de Paula Santos Martins, « Effects of environmental and architectural diversity of Caryocar brasiliense (Malpighiales: Caryocaraceae) on Edessa ruformaginata (Hemiptera: Pentatomidae) and its biology », Acta Scientiarum. Agronomy, vol. 38, no 1, , p. 19 (ISSN 1807-8621 et 1679-9275, DOI 10.4025/actasciagron.v38i1.26244, lire en ligne, consulté le )
- (en) Daniel P. Silva et Paulo S. Oliveira, « Field Biology of Edessa rufomarginata (Hemiptera: Pentatomidae): Phenology, Behavior, and Patterns of Host Plant Use », Environmental Entomology, vol. 39, no 6, , p. 1903–1910 (DOI 10.1603/EN10129, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Antônio R. Panizzi, « Wild Hosts of Pentatomids: Ecological Significance and Role in Their Pest Status on Crops », Annual Review of Entomology, vol. 42, no 1, , p. 99–122 (ISSN 0066-4170 et 1545-4487, DOI 10.1146/annurev.ento.42.1.99, lire en ligne, consulté le )
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- ↑ (pt) Eduardo J. Ely e Silva, José A. M. Fernandes et Jocélia Grazia, « Caracterização do grupo Edessa rufomarginata e descrição de sete novas espécies (Heteroptera, Pentatomidae, Edessinae) », Iheringia. Série Zoologia, vol. 96, no 3, , p. 345–362 (ISSN 0073-4721, DOI 10.1590/S0073-47212006000300012, lire en ligne, consulté le )
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- ↑ (en) « Species Index - P », sur lamp.ndsu.edu (consulté le )
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