Eephus, le dernier tour de piste
| Titre original | Eephus |
|---|---|
| Réalisation | Carson Lund |
| Scénario |
Carson Lund Michael Basta Nate Fisher |
| Acteurs principaux |
Keith Richards Frederick Wiseman Bill Lee |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame |
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 2024 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Eephus, le dernier tour de piste est un film dramatique américain réalisé par Carson Lund et sorti en 2024[1],[2].
Le titre fait référence au lancer Eephus, plusieurs fois évoqué dans le film.
Synopsis
Dans une petite ville du Massachusetts au milieu des années 1990, deux équipes amateurs de baseball, Adler’s Paint et les Riverdogs, disputent un dernier match sur leur terrain voué à la destruction pour laisser place à une école. Dirigée par Ed Mortanian (Keith William Richards), la première affronte celle de Graham Morris (Stephen Radochia) lors d’une rencontre sans véritable enjeu sportif, mais chargée d’une valeur symbolique décisive.
Le match s’étire tout au long de la journée, puis à la nuit tombée, éclairé par des phares de voitures. Les règles se diluent, les pauses se multiplient, les bières circulent et les échanges verbaux prennent autant d’importance que le jeu lui-même. Joueurs fatigués, jeunes enthousiastes et vétérans désabusés cohabitent sans réelle hiérarchie, incarnant une communauté éphémère rassemblée par l’attachement à ce lieu plus que par la compétition.
À l’image du « eephus », ce lancer volontairement lent et déstabilisant, le film adopte un rythme étiré et contemplatif. Le terrain devient l’espace d’un portrait choral où chacun existe brièvement avant de s’effacer, tandis qu’une voix de radio accompagne la partie (Frederick Wiseman). Lorsque le dernier lancer est enfin effectué, ce n’est pas seulement un match qui s’achève, mais une parenthèse de camaraderie et de refuge hors du temps, appelée à disparaître avec le terrain lui-même.
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Eephus
- Réalisation : Carson Lund
- Scénario : Carson Lund, Michael Basta et Nate Fisher
- Musique : Jonathan Davies
- Décors : Eddie Averill
- Costumes : Erik Lund
- Photographie : Greg Tango
- Son : Michael Basta et Carson Lund
- Montage : Carson Lund
- Production : Michael Basta, David Entin, Carson Lund et Tyler Taormina
- Coproduction : Ola Byszuk, Gabe Klinger, Michael Richter et Kyle Stroud
- Production déléguée : Jim Christman, Brian Clark, Ashish Shetty et Michael Tonelli
- Production associée : Tim Bonin, Kevin Fisher, Steve Galbraith, Krista Minto et David Sabot
- Assistant de production : Kaila Reed et Oliver Toy
- Sociétés de production : A Major Production, ColdFeet Films, Through the Lens Entertainment, Nord-Ouest Films et Omnes Films
- Sociétés de distribution : Capricci Films (France) ; Music Box Films (en) (États-Unis)
- Pays de production :
États-Unis - Langue originale : anglais
- Format : couleur
- Genre : drame
- Durée : 98 minutes
- Dates de sortie :
- France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale)
- États-Unis : (New York) ; (sortie nationale)
- Canada : (Vancouver)
Distribution
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Keith William Richards (en) : Ed Mortanian
- Bill Lee : Lee
- Cliff Blake : Franny
- Keith Poulson : Derek DiCapua
- Conner Marx : Cooper Bassett
- Theodore Bouloukos : Chuck Poleen
- Conner Marx : Cooper Bassett
- Jeff Saint-Dic : Preston Red
- Paul Kandarian : Clark
- Stephen Radochia : Graham Morris
- Kate Fischer : Merritt Nettles
- Joe Castiglione (en) : Mr. Mallinari
- Frederick Wiseman : Branch Moreland (voix à la radio)
- Wayne Diamond (en)
Production
Genèse
L’origine de ce premier long-métrage de Carson Lund prend racine dans une nostalgie profonde pour une Amérique rurale en mutation, celle de la Nouvelle-Angleterre où le cinéaste a lui-même grandi et pratiqué le baseball[3],[4]. Porté par le collectif indépendant Omnes Films, le projet s’articule autour d’un rituel culturel menacé : une ultime partie de baseball amateur sur le terrain de « Soldiers Field », condamné à la démolition pour laisser place à un collège[3],[5]. Le titre même du film, « Eephus », désigne une balle lancée avec une lenteur extrême, créant une trajectoire courbe qui suspend le temps, une métaphore parfaite pour ce récit qui préfère l'étirement des instants à l'efficacité du score[3]. Ce projet se veut ainsi un « écosystème » filmique où le sport devient le théâtre d'une résistance mélancolique face à l’effacement d'un monde[4].
Attribution des rôles
La distribution du film opère un mélange fascinant entre visages familiers du cinéma indépendant et silhouettes ancrées dans le réel. On y retrouve des figures telles que Keith William Richards, Cliff Blake ou Ray Hryb, mais l'une des apparitions les plus notables est celle de l’immense documentariste Frederick Wiseman, dont la voix et la présence semblent cautionner la dimension observationnelle du projet[5]. Les acteurs incarnent des « joueurs du dimanche », plombiers ou travailleurs ordinaires dont l'identité sociale s'efface derrière leur appartenance à l'équipe[5]. Le cinéaste a privilégié des physiques atypiques, loin des canons hollywoodiens, pour privilégier des corps qui racontent une histoire, celle de membres rouillés et de ventres rebondis, renforçant l'authenticité de cette communauté de « bras cassés »[4],[5].
Tournage
Le tournage d’Eephus se distingue par une rigueur formelle qui respecte les unités de temps et de lieu du théâtre classique : une seule journée, du matin au crépuscule, dans l'arène de Soldiers Field[6]. Carson Lund, officiant également comme son propre chef-opérateur, déploie une mise en scène qui emprunte aux codes du cinéma documentaire d’observation[3],[4]. La caméra s'attarde moins sur la performance sportive que sur les « à-côtés » : les bavardages sur le banc de touche, les feuilles orange de l'automne et la lumière déclinante qui enveloppe le terrain[7]. En multipliant les angles de vue, le découpage explore chaque recoin du stade comme autant d'alcôves où se joue une communication empêchée, transformant un simple match en un cérémonial quasi mythologique[5].
Musique
La dimension sonore et musicale du film, composée par Carson Lund et Erik Lund, participe pleinement à cette atmosphère de temps suspendu[5],[6]. Au-delà de la partition originale, le film accorde une importance cruciale à l'empreinte sonore du stade, décrite comme une entité qui « parle » aux joueurs[5]. Le paysage acoustique est saturé de détails familiers : le bruissement de la nature, les annonces radiophoniques et surtout la réverbération mémorielle du discours de la légende Lou Gehrig, répété par le personnage de Franny[4],[5]. Cette attention portée au son renforce la sacralité du lieu et accompagne la lente agonie d'un espace de jeu qui s'éteint dans le silence de la nuit tombée[5],[7].
Liste des titres
Liste des titres utilisés dans le film[8] :
- Ol' 55 - Kathleen Brennan, Tom Waits / Tom Waits
- Flavored Peace Sign (Buttascotch Vol.2) - Pleasure Pete
- I've Mon A Dollar - Andrew Richard Dell Isola / Heat Clown
- Gabagol - Andrew Richard Dell Isola / Heat Clown
- Losin' All The Time (In The United States) - David Broyles, Carson Lund
- All Aboard - Pleasure Pete
- My Red Nose - Andrew Richard Dell Isola / Good Deli
- Punanny - Pleasure Pete
- Another Year In The Honors - Wayne Whittaker / Pigeon Club
- Golden Sunshine - Eric Bolton / Holy Shokes
- All The Ghouls And Goblins - Michael Basta, Carson Lund, Erik Lund / Spooky Tree
- Trick - Eric Bolton / Holy Shokes
- She's My Muse She's My Queen - Michael Basta, Carson Lund, Erik Lund / Spooky Tree
- Don't Puff The Stuff - Michael Basta, Carson Lund, Erik Lund / Spooky Tree
- Long Black Cloud - John Cico
- Kick The Baby Into The Endzone - Michael Basta, Carson Lund
- Something Inside You - Carson Lund, Erik Lund
Notes et références
- ↑ « Eephus », sur Quinzaine des cinéastes (consulté le )
- ↑ Olivier Lamm, « Cannes 2024 : Eephus, c'est de la balle », Libération, (lire en ligne, consulté le )
- « "Eephus. Le dernier tour de piste" de Carson Lund : le baseball dans la peau », (consulté le )
- « « Eephus, Le Dernier Tour De Piste » réalisé par Carson Lund : Critique », sur Kino Wombat, (consulté le )
- Bastien Gens, « Critique : Eephus, le dernier tour de piste », sur Critikat, (consulté le )
- « EEPHUS, LE DERNIER TOUR DE PISTE », sur cine-zoom.com (consulté le )
- Thomas Pouteau, « Critique | Eephus, le dernier tour de piste : la banalité de la balle », sur MovieRama, (consulté le )
- ↑ Benoit Basirico, « Eephus, le dernier tour de piste (2025) - la BO • Musique de Carson Lund, Erik Lund • Eephus Soundtrack • :: Cinezik.fr », sur www.cinezik.org (consulté le )
Liens externes
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