Elise Johnson McDougald

Elise Johnson McDougald
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Elise Johnson McDougald (13 octobre 1885 - 10 juin 1971)[1], également connue sous le nom de Gertrude Elise McDougald Ayer, est une éducatrice, écrivaine et militante américaine. Elle est la première femme afro-américaine à occuper le poste de directrice d'école publique à New York après la fusion des municipalités en 1898. Elle prend la suite de Sarah J. Garnet, une autre figure pionnière afro-américaine dans le secteur de l'éducation. Cette dernière était originaire de Brooklyn, à une époque où ce territoire était encore considéré comme une municipalité distincte de la ville de New York.

Enfance et éducation

Gertrude McDougald naît à Manhattan. Son père, le Dr Peter Augustus Johnson, y exerce comme l'un des premiers médecins afro-américains de la ville. Au-delà de sa carrière médicale, il s'illustre par son engagement civique en tant que cofondateur de la National Urban League, une organisation majeure dédiée à la défense des droits civils et à l'autonomisation économique des Afro-Américains.

Sa mère, Mary Elizabeth Whittle, est une Anglaise originaire de l'île de Wight, et son frère aîné, Travis James Johnson, est le premier Afro-Américain diplômé du Collège des médecins et chirurgiens de l'Université Columbia en 1908. Né à Chichester, en Angleterre, en 1883, il vit sa famille s'installer à New York en 1884. McDougald passe son enfance à Manhattan, mais aussi ses étés dans le New Jersey, où la famille de son père possédait une ferme maraîchère. Elle hérite plus tard de cette ferme et la gère[2].

En 1903, McDougald devient la première Afro-Américaine diplômée de la Girls' Technical School (aujourd'hui Washington Irving High School) et est élue présidente de sa promotion[3]. Après le lycée, elle obtient un certificat d'enseignement de la New York Training School for Teachers. Elle n'obtient jamais de licence, bien qu'elle suive des cours au Hunter College, à l'Université Columbia et au New York City College[4].

Carrière

La carrière de Gertrude McDougald dans l'enseignement débute en 1905 à l'école publique n°11, située dans le Lower Manhattan. Elle choisit de démissionner en 1911 afin de se consacrer à l'éducation de ses enfants. En 1916, elle réintègre le milieu professionnel en tant que conseillère d'orientation à la Manhattan Trade School. Par la suite, elle occupe le poste de secrétaire industrielle pour l'antenne locale de la National Urban League. Dans ce cadre, elle mène une enquête d'envergure sur les conditions de travail des femmes afro-américaines à New York, une étude soutenue financièrement par l'Urban League, la Women's Trade Union League et la YWCA. Avec Rose Schneiderman, McDougald contribue également à l'organisation des ouvrières de la blanchisserie au sein de la Women's Trade Union League[2].

Son ouvrage « New Day for the Colored Woman in Industry in NY City », coécrit avec Jessie Clark, est publié en 1919. Son travail de secrétaire exécutive du Comité syndical pour l'organisation des travailleurs noirs la met en contact avec d'autres militants politiques tels que W.E.B. Du Bois et Frank Crosswaith[5]. McDougald travaille également comme chef du département des femmes du Bureau de l'emploi du département du travail des États-Unis et comme conseillère pour le Henry Street Settlement[6].

Mme Gertrude Ayer, la première femme noire à devenir directrice d'école dans le système scolaire public de New York

En 1925, McDougald est nommée directrice adjointe de l'école publique n°90[7]. En 1934, elle est promue directrice par intérim de l'école publique nᵒ 24, devenant ainsi la première femme noire à occuper ce poste dans une école publique de New York[6],[8],[9]. En mars 1925, son essai « The Double Task: The Struggle for Negro Women for Sex and Race Emancipation » est publié dans le numéro de la revue Survey Graphic intitulé « Harlem: The Mecca of the New Negro » [10] (et réédité dans l'anthologie Daughters of Africa, de 1992, sous la direction de Margaret Busby )[11]. D'autres articles de McDougald paraissent également dans The Crisis and Opportunity[12].

En 1935, elle est nommée directrice intérimaire de l'école PS 24, en pleine Grande Dépression, alors que plus de 60 % des familles et des quartiers étaient au chômage. Après les émeutes de Harlem de 1935, McDougald participe à un forum communautaire réunissant des New-Yorkais influents de différentes origines ethniques. Ce forum vise à évaluer la situation de la ville et les changements nécessaires. Elle témoigne lors des auditions et explique comment elle souhaite gagner la confiance des parents, instaurer un climat plus serein et apporter un soutien aux familles en difficulté[3].

Cet engagement lui permet de devenir l'une des pionnières du Programme d'activités, qui accordait une grande importance à un programme d'études interculturel. Ce programme met en œuvre une pédagogie progressive centrée sur l'enfant dans les écoles primaires publiques de New York. L'objectif principal était de recentrer l'attention sur les enfants plutôt que sur les matières scolaires[3].

Parmi les changements apportés aux écoles, on peut citer l'apprentissage par l'expérience, les projets autogérés, un programme interdisciplinaire, la transformation des expériences en classe en « vie démocratique » et des sorties scolaires dans des institutions culturelles telles que le Centre Schomburg[13],[3].

Elle favorise également l'ouverture de l'établissement aux organismes de soutien communautaires. Cette initiative permet l'installation d'un centre d'orientation, d'une clinique médicale et dentaire, ainsi que la création de la première cafétéria scolaire du quartier de Harlem[14]. À l'école PS 24, elle enseigne à James Baldwin[2]. En 1945, elle est mutée à l'école PS 119, où elle occupe le poste de directrice jusqu'à sa retraite[15]. Après sa retraite en 1954, elle reste active, notamment en rédigeant une chronique sur les écoles de Harlem dans l' Amsterdam News[16].

Vie personnelle

McDougald se marie deux fois. En 1911, elle épouse l'avocat Cornelius W. McDougald, qui conseillait Marcus Garvey, mais ils divorcent[6]. Elle épouse son second mari, le docteur Vernon A. Ayer, en 1928[17].

Elle fait l'objet d'un dessin au pastel de Winold Reiss, paru dans Survey Graphic[18].

Durant les dernières années de sa vie, elle vit à Sugar Hill, dans le quartier de West Harlem, aux appartements Garrison, au 435 Convent Avenue, appartement 33. Elle y décède le 10 juin 1971, à l'âge de 86 ans[19],[20]. Elle laisse derrière elle son second époux et deux enfants issus de son premier mariage : le docteur Elizabeth McDougald et l'avocat Cornelius McDougald Jr[16].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Elise Johnson McDougald » (voir la liste des auteurs).
  1. https://onlinebooks.library.upenn.edu/webbin/who/Ayer%2C%20Gertrude%20E.%20%28Gertrude%20Elise%29%2C%201884-1971
  2. Johnson Lauri, « A Generation of Women Activists: African American Female Educators in Harlem, 1930-1950 », The Journal of African American History, vol. 89, no 3, "New Directions in African American Women's History",‎ , p. 229 (DOI 10.2307/4134076, JSTOR 4134076, S2CID 144188669)
  3. Keeping the Promise: Essays on Leadership, Democracy, and Education, Peter Lang, (ISBN 9780820481999, lire en ligne)
  4. Johnson, « A Generation of Women Activists », The Journal of African American History, vol. 89, no 3,‎ , p. 229, 230 (DOI 10.2307/4134076, JSTOR 4134076, S2CID 144188669)
  5. Ayer, « Letter from Gertrude Elise J. McDougald to W. E. B. Du Bois, October 14, 1925. W. E. B. Du Bois Papers (MS 312) », Special Collections and University Archives, University of Massachusetts Amherst Libraries (consulté le )
  6. Lorraine Elena Roses et Ruth Elizabeth Randolph, Harlem's glory : Black women writing, 1900-1950, Cambridge, Mass. : Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-37269-6, lire en ligne)
  7. « Mrs. Gertrude E. Ayer Takes Over Duties as Principal of P. S. 24 », The New York Age,‎ , p. 1
  8. « Mrs. Ayer Is Given School », The New York Amsterdam News,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  9. "Mrs. Gertrude E. Ayer Takes Over Duties as Principal of P. S. 24" New York Age (February 2, 1935): 1. via Newspapers.comAccès libre
  10. McDougald, « The Double Task: The Struggle of Negro Women for Sex and Race Emancipation », Survey Graphic, no Harlem: The Mecca of the New Negro,‎ , p. 689–691
  11. Boyd, « Elise Johnson McDougald—educator, writer, and activist for women's rights », Amsterdam News,
  12. Hinnov, « "Maneuvers of Silence and the Task of 'New Negro' Womanhood" », Journal of Narrative Theory, vol. 42, no 1,‎ , p. 46–68 (ISSN 1549-0815, JSTOR 24484782, lire en ligne)
  13. Johnson, « A Generation of Women Activists », The Journal of African American History, vol. 89, no 3,‎ , p. 231–232 (DOI 10.2307/4134076, JSTOR 4134076, S2CID 144188669)
  14. Kate Rousmaniere, The principal's office : a social history of the American school principal, Albany : State University of New York Press, (ISBN 978-1-4384-4823-7, lire en ligne)
  15. "Mrs. Gertrude E. Ayer Tendered Farewell Tea by School Staff at Hotel New Yorker", New York Age (February 3, 1945): 4. via Newspapers.comAccès libre
  16. Johnson, « A Generation of Women Activists », The Journal of African American History, vol. 89, no 3,‎ , p. 232 (DOI 10.2307/4134076, JSTOR 4134076, S2CID 144188669)
  17. "Mrs. Elise McDougald, School Principal, Weds Dr. Vernon A. Ayer" New York Age (September 8, 1928): 1. via Newspapers.comAccès libre
  18. Martha Jane Nadell, Enter the new Negroes, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-01511-1, lire en ligne)
  19. (en) Johnson, « A Generation of Women Activists: African American Female Educators in Harlem, 1930-1950 », The Journal of African American History, vol. 89, no 3, "New Directions in African American Women's History",‎ , p. 229 (DOI 10.2307/4134076, JSTOR 4134076, S2CID 144188669)
  20. « Mrs. Vernon Ayer, 86, A Retired Principal », New York Times,‎ , p. 30 (lire en ligne, consulté le )

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