Elizabeth Beers-Curtis
Titre
–
(17 ans et 18 jours)
| Prédécesseur | Valentine de Sainte-Aldegonde |
|---|---|
| Successeur | Adèle Sampson |
| Dynastie | Maison de Talleyrand-Périgord (1867-1886) |
|---|---|
| Nom de naissance | Elizabeth Beers-Curtis |
| Naissance |
Paris (France) |
| Décès |
(à 85 ans) Rome (Italie) |
| Sépulture | cimetière de Picpus |
| Père | Joseph Beers-Curtis |
| Mère | Elizabeth Shipton Giles |
| Fratrie | Joséphine Beers-Curtis |
| Conjoint | Maurice de Talleyrand-Périgord (1867-1886) |
| Enfants |
Pauline Marie Palma de Talleyrand-Périgord princesse de Poggio-Suasa |
| Religion | protestantisme |
Elizabeth Beers-Curtis, marquise de Talleyrand ( - )[1] était une héritière américaine qui est devenue marquise de Talleyrand par mariage.
Jeunesse
Elizabeth, dite « Bessie » est née le à Paris. Elle était la fille de Joseph David Beers-Curtis (1825-1870), un important marchand new-yorkais, et de son épouse Elizabeth Shipton Giles (c. 1824 –1861)[2],[3].
La sœur cadette de la future marquise de Talleyrand, Joséphine Mary Beers-Curtis, devint la troisième épouse d'Emanuele Ruspoli, 1er prince de Poggio Suasa. De leur union sont notamment nés Francesco Ruspoli, 1er duc de Morignano ainsi que Vittoria Ruspoli, future duchesse de San Lorenzo et vicomtesse de Dampierre[4],[N 1].
Les grands-parents maternels de la future marquise sont George Washington Giles, fils du général Aquila Giles, qui a combattu aux côtés de George Washington pendant la guerre d'indépendance américaine, et Elizabeth Ogden[5]. Ses grands-parents paternels sont quant à eux Lewis Agur Curtis et Mary Elizabeth Beers. Sa tante paternelle, Mary Beers Curtis, était mariée à son oncle maternel, William Ogden Giles[5].
Elizabeth Curtis appartenait à la famille patricienne Curtis[6], de Murray Hill, à New York. La famille Curtis était, entre autres, apparentée aux familles Hoffman et Murray de Murray Hill[7]. Par son père, Elizabeth descendait de l'ancienne et honorable famille Curtis de Stratford, dans le Connecticut[7]. Son arrière-grand-père, Joseph Davis Beers, était un banquier de Wall Street qui construisit le Southern New Jersey Railroad. De plus, Elizabeth était une descendante directe de Thomas Welles, quatrième gouverneur de la colonie du Connecticut[7].
Marquise de Talleyrand
En , la marquise figurait dans le « Quatre Cents » de Ward McAllister, présenté comme un index des meilleures familles de New York, publié dans le New York Times[8],[9]. Par un heureux hasard, 400 correspondait au nombre de personnes pouvant tenir dans la salle de bal de Mme Astor[10].
Pendant la Première Guerre mondiale, la marquise de Talleyrand organisa une réunion dans sa résidence parisienne afin de fonder « une œuvre d'envergure pour le plus grand confort des officiers et soldats convalescents en zone de guerre ». Elizabeth et plusieurs autres personnes s'y impliquèrent officiellement, notamment la marquise d'Andigné (née Madeline Ives Goddard[11],[12] ), la comtesse de Roussy de Sales, la princesse Poniatowski (née Elizabeth Sperry[13]), Mme Ernest Mallet (épouse du président de la Banque de France ), Mme. la Générale Pau et Mary Alsop King Waddington (l'épouse de William Waddington, l'ancien Premier ministre français)[14]. Le marquise d’Andigné, la comtesse de Roussy de Sales ou encore la princesse Poniatowski étaient toutes trois nées américaines.
Sur le domaine de son arrière-grand-père Beers dans le New Jersey, Elizabeth a fondé le Chatsworth Country Club[15], et a installé Levi P. Morton, l'ancien vice-président des États-Unis, ainsi que John Edward Parsons comme officiers[7].
Vie personnelle
Le , à Nice, Elizabeth épousa le marquis Maurice de Talleyrand-Périgord[16].
Maurice était le fils d'Alexandre de Talleyrand-Périgord, 3e duc de Dino, marquis de Talleyrand, et de Valentine de Sainte-Aldegonde, et le petit-fils d'Edmond de Talleyrand-Périgord et de Dorothée de Courlande[17]. Selon leur faire-part de mariage, paru dans le Brooklyn Daily Eagle, « Mlle Curtis n'a pas changé de religion pour celle de son époux, car la population considérable de paysans du vaste domaine prussien de Talleyrand est protestante et se réjouit d'avoir pour châtelaine une protestante et une Américaine »[16].
Ils vécurent ensemble au nouveau château construit sur le domaine de l'ancien château de Montmorency. Avant leur divorce, le [18], ils eurent une fille unique.
- Pauline Marie Palma de Talleyrand Périgord (1871–1952), qui épousa Mario Ruspoli, 2e prince de Poggio Suasa (1867–1963), fils d'Emanuele Ruspoli, 1er prince de Poggio Suasa et de sa première épouse, la princesse roumaine Caterina Vogoride-Conachi[19]. Le prince Mario était le beau-fils de la sœur cadette d’Elizabeth, Joséphine[4].
En 1887[20], choquant la société, son ex-mari épousa à Paris l'Américaine divorcée Adele Livingston Stevens, née Sampson (1841-1912)[21]. Sa seconde épouse, Adele, était la fille de Joseph Sampson (un marchand et fondateur de la Chemical Bank)[22],[23]. Ils divorcèrent également le [21].
Elizabeth est décédée au domicile de sa sœur, la princesse Ruspoli di Poggio Suasa, au palais Ruspoli, situé à Rome, en Italie, le [24]. Elle a été enterrée à Paris où elle avait passé la majeure partie de sa vie[25].
Descendance
Par sa fille unique Palma, elle était la grand-mère de cinq enfants, dont : Costantino Carlo Michele Agostino dei Principi Ruspoli (1891-1942), qui épousa Elisabeth Catherine Adrienne Marie Anne Comtesse van der Noot d'Assche ; Marescotti dei Principi Ruspoli (1892-1942), qui épousa Virginia dei Marchesi Patrizi Naro Montoro ; Alessandro Edmondo Eugenio dei Principi Ruspoli (1895-1975), marié à Marthe-Marie de Pineton de Chambrun ; Emanuele Costantino dei Principi Ruspoli (né en 1900), qui a épousé Teresa Tomassetti ; et Carlo Maurizio Giuseppe Edgardo dei Principi Ruspoli (1906-1947), qui épousa d'abord Marina dei Conti Volpi di Misurata et ensuite Luisa Maria Camperio[26].
Notes et références
Notes
- ↑ Par cette dernière, Elizabeth est la grand-tante d’Emmanuelle de Dampierre, future épouse de l’infant Jacques d’Espagne.
Références
- ↑ (en) « FORMER MISS CURTIS OF NEW YORK IS DEAD; The Marquise de Talleyrand- Perigord Stricken in Rome at the Age of 85. », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) David Charles Rose, Oscar Wilde's Elegant Republic: Transformation, Dislocation and Fantasy in fin-de-siècle Paris, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 9781443887632, lire en ligne), p. 280
- ↑ (en) Cameron Allen, The History of the American Pro-Cathedral of the Holy Trinity, Paris (1815-1980), (ISBN 9781475937817, lire en ligne), p. 513
- (en-US) « Mar 31, 1933, page 41 - St. Louis Post-Dispatch at Newspapers.com™ », sur Newspapers.com (consulté le )
- (en) Genealogical Record, The Saint Nicholas Society of the City of New York, (lire en ligne), p. 23
- ↑ (en) Harlow Dunham Curtis, A Genealogy of the Curtiss-Curtis family of Stratford, Connecticut : a supplement to the 1903 edition, (lire en ligne)
- (en) Charles Wilbur de Lyon Nicholls, The Ultra-fashionable Peerage of America: An Official List of Those People who Can Properly be Called Ultra-fashionable in the United States, G. Harjes, (lire en ligne)
- ↑ (en) Ward McAllister, « THE ONLY FOUR HUNDRED | WARD M'ALLISTER GIVES OUT THE OFFICIAL LIST. HERE ARE THE NAMES, DON'T YOU KNOW, ON THE AUTHORITY OF THEIR GREAT LEADER, YOU UNDER- STAND, AND THEREFORE GENUINE, YOU SEE. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Jerry E. Patterson, The First Four Hundred: Mrs. Astor's New York in the Gilded Age, Random House, (ISBN 9780847822089, lire en ligne), p. 224
- ↑ (en) Lisa A. Keister, Getting Rich: America's New Rich and How They Got That Way, Cambridge University Press, (ISBN 9780521536677, lire en ligne), p. 36
- ↑ (en) « MARQUISE D'ANDIGNE DIES IN PROVIDENCE; Former Madeleine Goddard Was on Visit to Brother--Decorated by Francs for War Work. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « History Bytes: Madeline Ives Goddard », newporthistory.org, Newport Historical Society, (consulté le )
- ↑ « PRINCESS PONIATOWSKI WAS MISS E. H. SPERRY », Los Angeles Herald, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Gertrude Franklin Horn Atherton, Life in the War Zone, System printing Company, (ISBN 9781508427384, lire en ligne), p. 23
- ↑ « CHATSWORTH CLUB » [archive du ], www.chatsworthnjhistory.org, Woodland Township Historical Society (consulté le )
- (en) « Miscellaneous Items », The Brooklyn Daily Eagle, , p. 4 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Melville Amadeus Henry Douglas Heddle de La Caillemotte de Massue de Ruvigny Ruvigny and Raineval (9th marquis of), The Titled Nobility of Europe: An International Peerage, Or "Who's Who", of the Sovereigns, Princes and Nobles of Europe, Harrison & Sons, (lire en ligne), p. 581
- ↑ (en) « News », The Worthington Advance, , p. 2 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « The Late Duke de Dino Was a Strange Blend of Patrician and Socialist », Buffalo Evening News, , p. 10 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « MARRIED TO HER MARQUIS; THE FINAL ACT IN A STRANGE LIFE STORY. THE FORMER MRS. ADELE LIVINGSTON STEVENS NOW THE WIFE OF THE MARQUIS DE TALLEYRAND PERIGORD. PARIS », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- « DUCHESS DE DINO IS DEAD IN PARIS; Former Wife of F.W. Stevens Was Once Prominent in New York and Newport Society. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Barbara Broome Semans, John Broome and Rebecca Lloyd Vol. I: Their Descendants and Related Families 18th to 21st Centuries, Xlibris Corporation, (ISBN 9781462811137, lire en ligne), p. 558
- ↑ Winship, « The Livingstons of Skaneateles », kihm6.wordpress.com, Skaneateles, (consulté le )
- ↑ (en) « MARQUISE DE TALLEYRAND », The Atlanta Constitution, , p. 2 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « FORMER MISS CURTIS OF NEW YORK IS DEAD; The Marquise de Talleyrand- Perigord Stricken in Rome at the Age of 85. », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Almanach de Gotha, Johann Paul Mevius sel. Witwe und Johann Christian Dieterich, (lire en ligne), p. 465
- Portail du XIXe siècle
- Portail du XXe siècle
- Portail des États-Unis