Enceinte gallo-romaine de Toul

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France |
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48° 40′ 32″ N, 5° 53′ 23″ E |
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L'enceinte gallo-romaine de Toul est une enceinte, construite sous le Bas-Empire romain dans la commune de Toul, dans le département français de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.
L'enceinte, longue à l'origine de 1 300 m, disparaît progressivement au fil de l'agrandissement de la ville et de la construction de nouvelles fortifications. Ses rares vestiges sont protégés au titre des monuments historiques.
Localisation

Dans le centre de Toul les rues Carnot, de la Petite-Boucherie, des Tanneurs et Qui-Qu'en-Grogne suivent assez fidèlement le tracé de l'enceinte. Dans sa partie méridionale, la courtine passe au nord de la place des Trois-Évêchés et de la rue de la République. Sa façade orientale passe au niveau du chevet de la cathédrale Saint-Étienne.
Dans la géographie antique, Tullum Leucorum est implantée sur le trajet de la voie romaine d'Agrippa qui va de Lyon à Trèves[1]. Le ville enclose dans l'enceinte est située entre les deux bras de l'Ingressin avant que ce ruisseau ne se jette dans la Moselle[2].
Historique
L'enceinte est construite vers la fin du IIIe ou le début du IVe siècle apr. J.-C. sous Dioclétien plutôt que sous le règne de Valentinien Ier, comme l'indiquaient les historiens jusque dans les années 1940[3].

À partir de 1239, de nouveaux remparts sont construits à l'initiative de l'évêque Roger de Mercy. À l'est, cette enceinte s'appuie sur les murs et les tours antiques, alors que du nord au sud-ouest elle enclot un périmètre plus large qui tient compte de l'extension de la ville ; là, l'enceinte gallo-romaine est détruite ou absorbée par des bâtiments qui la masquent. Plus tard, dans les premières années du XVIIIe siècle, la construction d'une enceinte bastionnée entraîne la destruction des remparts médiévaux et de la plus grande partie des vestiges de l'enceinte antique mais un plan assez fidèle de ces fortifications est alors dressé[4].
La ville de Toul est fortement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale ; le déblaiement des ruines, en 1946, met au jour des vestiges de l'enceinte dont une partie, malgré les reconstructions des années qui suivent, est sauvegardée[5].
Certains vestiges du rempart sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du [6]. D'autres (courtine et tour) sont inscrits par arrêté du [7].
Description
L'enceinte, longue de 1 300 m pour une surface protégée de 10 à 11 ha[8], affecte une forme grossièrement circulaire avec de nombreuses irrégularités. Dans l'Antiquité, un fossé alimenté par une dérivation de l'Ingressin double extérieurement l'enceinte[9].
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Les vestiges mis au jour dans les parties ouest et sud de l'enceinte montrent une construction composée de deux parements enserrant un noyau en opus caementicium. La courtine est large de 2,80 à 3 m ; elle est, par endroits, préservée sur une hauteur de 6 m mais sa hauteur initiale est estimée à une dizaine de mètres, incluant un parapet protégeant le chemin de ronde. Les tours, de plan circulaire ou semi-circulaire selon l'endroit, sont disposées à intervalles irréguliers le long de la courtine[10]. Leur nombre est imprécis, certaines sources évoquant jusqu'à 35 tours[1].
Des grands blocs architecturaux, récupérés sur des édifices monumentaux antérieurs démolis, sont sans doute utilisés pour la construction de la fortification[11].
Deux portes flanquées de deux tours (porte au Gué au sud et porte à la Chair au nord) — ce sont probablement les deux seules qui existent à l'époque antique même si, ultérieurement, d'autres sont percées[1] — laissent le passage à la voie romaine d'Agrippa. Cette voie constitue dans Tullum Leucorum le cardo maximus qui sépare la ville en deux[1]. Dans la ville contemporaine de Toul, cette voie correspond aux rues du docteur-Chapuis et Michâtel[12].
Notes et références
- Hamm 2004, p. 368.
- ↑ Hamm 2004, p. 360.
- ↑ Choux et Liéger 1949, p. 90.
- ↑ Choux et Liéger 1949, p. 90-91.
- ↑ Choux et Liéger 1949, p. 91.
- ↑ Notice no PA00106420, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no PA00132964, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Hamm 2004, p. 367.
- ↑ Jude et Wiethold 2017, p. 364.
- ↑ Émile Delort, « XVIIe Circonscription », Gallia, t. 6, no 1, , p. 233-235 (lire en ligne).
- ↑ « Un édifice monumental gallo-romain à Toul (Meurthe-et-Moselle) », sur le site de l'INRAP, (consulté le ).
- ↑ Jude et Wiethold 2017, p. 365.
Voir aussi
Bibliographie
- Jacques Choux et Abel Liéger, « Découvertes gallo-romaines à Toul (Meurthe-et-Moselle) (1946-1949) », Gallia, t. 7, no 1, , p. 88-101 (DOI 10.3406/galia.1949.2121).
- Gilles Hamm, La Meurthe-et-Moselle, Académie des inscriptions et belles-lettres, coll. « Carte archéologique de la Gaule » (no 54), , 458 p. (ISBN 2-8775-4091-X, lire en ligne).
- Rémy Jude et Julian Wiethold, « Le suivi des travaux de points d’apport volontaire à Toul (Meurthe-et-Moselle, France). Les résultats archéologiques et carpologiques d’une opération archéologique exceptionnelle », dans Michael Koch (dir.), Archäologie in der Grossregion. Beiträge des internationalen Symposiums zur Archäologie in der Großregion in der Europäischen Akademie Otzenhausen vom 14. - 17. April 2016, Europäische Akademie Otzenhausen, coll. « Archäologentage Otzenhausen » (no 3), (ISBN 978-3-9692-9020-0), p. 361-391.
Articles connexes
- Liste des monuments historiques de Toul
- Liste des monuments historiques protégés en 1949
- Liste des monuments historiques protégés en 1994
- Liste de fortifications en France
Liens externes
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