Enclos paroissial de Bretagne

Les enclos paroissiaux de Bretagne ou enclos paroissiaux bretons (en breton : liorzh-iliz, porzh-bered, porzh-iliz, ou kloz-parrez) — au sens strict une église entourée d'un placître, avec éventuellement un cimetière, que borne un mur d'enceinte — sont réputés pour certains éléments architecturaux particuliers comme les calvaires, les ossuaires, les clochers et les porches des églises. La décoration intérieure des églises, notamment les sablières de la charpente, les fonts baptismaux et les retables, contribue également à leur richesse.
Les enclos sont caractéristiques de l'architecture religieuse rurale de la Basse-Bretagne (principalement en Cornouaille et Léon) et datent pour la plupart des XVIe et XVIIe siècles. Ils s'expliquent par la prospérité économique de la Bretagne, liée au commerce du lin et du chanvre, et sont initiés dans le Haut-Léon par de riches paysans-marchands, les juloded. Leur développement a aussi pour origine l'essor des foires liées aux grands événements de la vie liturgique, le contexte de la Contre-Réforme ainsi que l'importance du culte des saints locaux et des morts, témoins du syncrétisme breton. Ils sont également le symbole d'un fort développement culturel, où l'architecture gothique se mêle à l'architecture Renaissance tout au long de la construction des enclos, et où le baroque breton, porté par des artistes et des artisans locaux, porte la trace d'influences françaises, flamandes, germaniques et italiennes. Cet embellissement architectural s'est justifié par les nombreux usages sacrés et profanes du placître qui ne servait alors pas de cimetière.
Les plus célèbres enclos se trouvent dans le nord du Finistère : Commana, Guimiliau, La Roche-Maurice, Lampaul-Guimiliau, Pleyben, Plougonven, Saint-Jean-du-Doigt, Saint-Thégonnec, et Sizun. Il y a une forte concentration au « pays des enclos » dans la vallée de l'Elorn entre Landivisiau et Landerneau. En , 31 « enclos paroissiaux du Finistère » ont été inscrits sur la liste indicative de l'UNESCO par la France.
Histoire

Les enclos paroissiaux sont, dans la religion chrétienne, un espace consacré et clos qui regroupe l'église et le cimetière. Ils sont apparus au début du Moyen Âge comme élément clef de la constitution des paroisses[1]. Ils connaitront un développement architectural particulier en Bretagne rurale. L'apogée de la construction de ces enclos se situe dans l'ouest de la province de Bretagne entre le milieu du XVIe et la fin du XVIIe siècle, période de paix initiée par le concile de Trente et qui fait partie de la Renaissance française[2],[3],[4]. Cette période correspond à une absence d'usage de cimetière au niveau du placître. Les nombreux usages sacrés et profanes de l'enclos favorisent son développement architectural monumental[5].
XVe et XVIe siècles : développement économique et Contre-Réforme
La période de construction des enclos paroissiaux débute dans un contexte particulièrement favorable réunissant trois aspects : économique, culturel et religieux. La Basse-Bretagne est historiquement située à un carrefour commercial européen entre l'Europe du Nord, l'Angleterre et l'Espagne. À partir du XVe siècle l'économie devient florissante, notamment dans le Léon et le nord de la Cornouaille (Finistère nord) grâce au commerce des toiles de lin, la crée, mais aussi grâce aux tanneries[6] et à la pâte à papier. D'autre part, l'essentiel de la flotte marchande du début des XVe et XVIe siècles était breton, avec 60 % de bateaux bretons à Bordeaux et 80 % à Anvers. Durant cette période les ateliers monétaires de Rennes et de Nantes furent les plus grands du royaume de France[7]. Bien que l'origine des enclos soit à rechercher en Haute-Bretagne[8], c'est bien entre le Léon et la Cornouaille (Basse-Bretagne) que se sont développés les enclos les plus riches. Certains enclos seront initiés et soutenus par le pouvoir ducal, comme l'a été Saint-Jean-du-Doigt avec Jean V puis Anne de Bretagne[9]. Malgré la réunion du duché de Bretagne au royaume de France au siècle suivant, la nouvelle province française conservera une relative autonomie qui lui permettra d'employer ces bénéfices à son profit. Ces échanges commerciaux, ainsi que les nombreuses foires, permettent également des échanges culturels en ce début de la Renaissance. Cette période correspond à l'apparition en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas du style baroque, dont la diffusion est facilitée par l'invention de l'imprimerie. De plus, cette période est celle de la Contre-Réforme et du concile de Trente, qui encourage un renouveau de la ferveur religieuse, en particulier le culte des saints, des images et des reliques[10].

Cette prospérité économique fait émerger une aristocratie villageoise, voire une oligarchie paysanne[11], qui construit de riches châteaux et églises. Les traités d'architecture de l'époque servent d'inspiration, tels ceux de Sebastiano Serlio, d'Androuet du Cerceau ou de Philibert Delorme : les colonnes latérales du porche de l'église de Bodilis sont des copies d'ouvrages de Delorme[12]. De nombreux motifs, arrivés d'Italie, sont sculptés dans les monuments des enclos, tels des cartouches, cuirs enroulés, faunes et satyres, et cariatides[12].
Chaque village, par esprit de clocher, par émulation entre les paroisses, rivalise avec son voisin pour étaler sa richesse en construisant le plus bel enclos possible[13]. Cette rivalité s'observe entre des paroisses voisines mais parfois plus éloignées[N 1]. La monumentalité ostentatoire (le fait de posséder les monuments les plus beaux, les plus ornementés) exprime un certain orgueil paroissial. Elle traduit aussi la propension au baroque des mandataires et constructeurs qui veulent magnifier l'Église catholique de la Contre-Réforme[14], tandis que le protestantisme se développe peu en Basse-Bretagne bretonnante[15]. Ce courant est propagé par deux missionnaires qui ont une influence considérable et durable en pays bretonnant, Michel Le Nobletz et Julien Maunoir. Cela explique les grands thèmes qui enrichissent l'iconographie religieuse des enclos : Rosaire, Sainte Famille, ange gardien et saint Joseph, patron des agonisants et de la Bonne Mort[16].
Les enclos paroissiaux révèlent également la coloration toute particulière qu'ont pris le culte des saints locaux et le culte des morts chez les populations rurales bretonnes nourries du merveilleux celtique qui mêle légendes païennes et piété naïve[10]. Ils bénéficient également des matériaux locaux, comme la combinaison de la pierre jaune de Logonna en pierre de taille, et la pierre noire de Kersanton pour la sculpture, dans le secteur de Logonna-Daoulas. Cette combinaison de matériaux locaux permet par exemple le polylithisme du calvaire de Plougastel-Daoulas[17].
Enfin, ce développement particulier de l'enclos paroissial a été rendu possible la pratique funéraire qui évolue durant cette période. En effet, à partir du XVIe siècle les enterrements ont lieu uniquement dans les églises, dont l'espace limité a rendu nécessaire la construction d'un ou de plusieurs ossuaires à l'extérieur de l'église. Le cimetière, qui conserve cette appellation bien que devenu simple placître, est surtout un lieu de vie de la paroisse, avec des fonctions sacrées (mystère, prêche, offrande) et profanes (réunion, marché, foire). Cela a donné lieu à un fort développement de l'espace clos (porte triomphale, ossuaire, calvaire et porche) qui était fréquenté par les paroissiens et par les marchants des paroisses voisines[5].
XVIIe – XXe siècles : changements d'usages des enclos

Au XVIIe siècle, les autorités religieuses restreignent l'usage profane des églises et de leurs abords. Le développement esthétique se concentre alors davantage sur et dans les églises (porche, mobilier, sacristie). Ainsi, la monumentalité de l'accueil du paroissien passe de la porte triomphale au porche méridional de l'église. Cependant, un élément du placître continue à se développer à cette époque : l'ossuaire. En effet, il y a toujours besoin de faire de la place dans l'église pour accueillir les nouveaux défunts. Les ossuaires deviennent alors des chapelles-reliquaires (comme à Guimiliau), permettant de célébrer la messe des morts. La décoration macabre qui se trouve principalement sur les ossuaires (Ankou, inscriptions) édifie le fidèle[18]. D'autre part, une ordonnance royale de impose au conseil de fabrique de se réunir dans un lieu clos. Il se réunit donc dans la sacristie, qu'il faut développer, au lieu du porche[19].
Sous Louis XIV, l'économie bretonne est considérablement affectée par les crises et les guerres. La relation entre le pouvoir royal et la Bretagne se dégrade, provoquant entre autres la révolte des Bonnets rouges en . La politique commerciale de Colbert, notamment les taxes sur les draps anglais provoquant l'arrêt du commerce des toiles bretonnes en , suivie par le blocus dû à la guerre de la Ligue d'Augsbourg et la guerre de Succession d'Espagne, entraîne une baisse de la production toilière et des exportations agricoles bretonnes[7]. En , un décret royal confirmé par le parlement de Bretagne sept ans plus tard, interdit toute nouvelle construction d'édifice ou dans les édifices religieux existants sans nécessité. Ce décret, même s'il n'est pas appliqué uniformément, met un coup d'arrêt à la construction des enclos paroissiaux[20]. D'autre part, un décret de interdit les inhumations dans les églises, faisant des cimetières autour des églises les nouveaux lieux d'inhumation[21]. Ce retour à l'usage funéraire du cimetière sera progressif car le décret devra être répété un certain nombre de fois jusqu'en pour être appliqué. Cette fonction du cimetière, qu'il avait perdue durant deux siècles, conduit à une occupation peu organisée du placître par des pierres tombales. Cela n'empêche pas les usages profanes (marché) et la redécouverte de ces architectures du placître, telle la porte de Pleyben, réalisée en et dénommée Porz ar maro (Porte de la mort)[22]. Certaines réorganisations ont lieu dans l'enclos, avec l'ossuaire qui perd sa fonction et devient parfois une chapelle. Le calvaire peut être également déplacé du centre du cimetière comme celui de Pleyben qui devient une porte monumentale[23].

Les enclos paroissiaux seront en partie démantelés au cours des XIXe et XXe siècles. En effet, la déchristianisation liée à la Révolution française affecte surtout les éléments décoratifs des calvaires[24] (comme celui de Plourin-les-Morlaix, dont les sculptures seront ensuite réinstallées), ou donne une affectation de mairie ou d'école aux ossuaires (comme à Sizun et à Pleyben), ou de logement (comme à Landerneau)[25]. Les mouvements hygiénistes conduisent à déplacer les cimetières en dehors des villes, redonnant paradoxalement un aspect ancien aux placîtres, recouverts d'herbe. Les besoins urbanistes, tel l'agrandissement des routes pour faciliter l'automobile, amputent également les enclos. Par exemple, le cimetière de l'enclos du Faou a été déplacé en , l'ossuaire a été détruit en , et désormais une route traverse l'ancien placître[26],[27]. Certains enclos subiront les effets des guerres, comme le calvaire de Plougastel-Daoulas, détruit par un bombardement en , et reconstruit par la suite[28]. Néanmoins, malgré leur démantèlement partiel, les enclos conserveront un usage moderne dans la relation avec la mort par l'édification de nombreux monuments aux morts au sein de ces enclos à la suite des guerres des XIXe et XXe siècles[17].
XXe et XXIe siècles : patrimonialisation

Dès la liste de , l'église de Pleyben a été inscrite monument historique, les autres éléments de l'enclos le seront ensuite en et [29]. De nombreux autres enclos seront ensuite inscrits soit progressivement (en commençant par l'église) soit intégralement au cours du XXe siècle. À Saint-Thégonnec, l'église, le calvaire et l'ossuaire ont été classés en , l'arc de triomphe et le mur le sont respectivement en et [30]. En , l'ensemble de l'enclos de Commana est classé[31], celui de Plougonven l’est en [32], et celui de Sizun en [33]. Les enclos du Faou et de Rumengol sont classés comme site en [34], avant que les églises ne soient inscrites « monuments historiques » respectivement en [35] et [36].
La patrimonialisation conduit à promouvoir et à mettre en valeur les enclos restants, en commençant vers - par les nommer des « enclos paroissiaux »[37],[38] (parfois aussi nommés « enclos bretons »[2]) lors de la promotion des enclos de Guimiliau, Lampaul-Guimiliau et Saint-Thégonnec[4], alors qu'ils étaient simplement nommés « cimetières » auparavant ou en breton porzh-bered (« cour de cimetière ») et porzh-iliz (« cour d'église »)[6]. Cette patrimonialisation est associée au développement du tourisme, facilité par l'ouverture en de la ligne de chemin de fer Paris-Brest[39]. Dès lors, les premiers guides touristiques mettent en valeur les architectures les plus remarquables des enclos : les calvaires, les clochers et les ossuaires[38]. À partir des années - les enclos deviennent une attraction majeure, avec la création d'un « circuit des calvaires » et d'un « circuit des enclos ». Les ossuaires deviennent des lieux d'accueil ou des musées[38]. Par exemple, un musée ouvre dans l'ossuaire de Sizun en [40]. Un évènement marquant de l'histoire récente des enclos a été l'incendie de l'église de Saint-Thégonnec en juin qui a notamment détruit l’un des retables. La restauration, dont le retable refait à l'identique, a duré sept ans[41]. Il s'agit de la plus grosse restauration en Bretagne après celle du parlement de Bretagne détruit par un incendie en [42]. Cette fermeture temporaire de l'église a mis en avant l'importance de l'enclos dans le tourisme local. Des aménagements (circulation, stationnement, office de tourisme) sont ainsi effectués afin d'accueillir les dizaines de milliers de touristes annuels[43]. Trois « circuits des enclos » ont été conçus dans le Finistère nord, autour de Landerneau, de Landivisiau et de Morlaix[44]. En 2006, le pays de Morlaix, qui intègre Landivisiau (« le pays des enclos »[45]) et Roscoff, obtient le label Pays d'art et d'histoire[46]. Les enclos sont un élément important du projet et reconnus comme « grande ligne de force » dans le projet de renouvellement du label en 2022[47]. Un CIAP portant sur les enclos a été inauguré en à côté de l'enclos de Guimiliau[48],[49]. Le département du Finistère met en avant certains enclos, comme Saint-Thégonnec, pour son ensemble architectural, Pleyben, Plougonven, et Guimiliau, pour leur calvaire, Commana, La Martyre, La Roche-Maurice, et Lampaul-Guimiliau, pour leur église, Sizun, pour sa porte triomphale[50].

À partir de la fin du XXe siècle, la patrimonialisation vise à une reconnaissance internationale de la particularité locale et de la richesse culturelle des enclos. Une tentative d'inscription au patrimoine mondial (avec le cairn de Barnenez) autour de la thématique de la mort a eu lieu dans les années [51]. Une nouvelle tentative a été entamée dans les années , avec une inscription sur la liste indicative de la France de 31 enclos du Finistère le [24],[52]. En , 22 enclos sont retenus pour la suite (dont un n'étant pas inclus dans la liste indicative)[53],[54]. Ce projet d'inscription à l'UNESCO encourage le développement des connaissances relatives à ces enclos, par exemple en réalisant un inventaire[55].
Cette mise en valeur d'un patrimoine artistique et architectural permet de mettre l'accent sur une richesse culturelle de la Basse-Bretagne sous l'Ancien Régime. En effet, les enclos témoignent de la présence d'un foyer artistique local œuvrant au baroque breton, et enrichi par les échanges européens au cœur desquels se trouve la Bretagne[56]. Cette période était généralement peu valorisée, entre un duché de Bretagne indépendant fantasmé (avant le rattachement au début du XVIe siècle), et une province de Bretagne du XIXe siècle, folklorique au mieux, pauvre et arriérée au pire[57]. Il s'agit également de mettre en avant l'arrière-pays du Finistère, davantage connu et visité pour son patrimoine côtier, et donc de dynamiser le tourisme en basse-saison[47],[58].
Description

Un enclos paroissial est au sens strict une église paroissiale entourée d'un placître voué ou non à un cimetière, que borne un mur d'enceinte. Les éléments caractéristiques d'un enclos sont : une église, souvent avec un porche méridional très décoré ou un clocher-porche, ainsi qu'un clocher et une sacristie très développés, et dont l'intérieur possède une décoration sculptée et colorée (voûte lambrissée et sablières, retables, fonts baptismaux) ; une porte triomphale (sur lequel peut se trouver le calvaire) ; un ossuaire ou une chapelle reliquaire ; un calvaire ; un mur d'enceinte, ouvert par des échaliers ; un cimetière dans le placître ; mais aussi une fontaine, un if, voire un mégalithe[17],[54],[59],[60].
Certains enclos ne sont pas strictement des enclos paroissiaux, car ils ne sont pas centrés sur une église paroissiale mais sur une chapelle, qui était fréquemment une trève, ce qui explique qu'ils n'ont ni cimetière, ni ossuaire, comme ceux de Saint-Ségal[61] et Berven[62].
Ces ensembles architecturaux présentent généralement un mélange d'architecture gothique et renaissance qui ne témoigne pas nécessairement d'un ordre de construction. Par exemple, le chevet de l'église de Sizun a été reconstruit en d'un style gothique tandis que la porte triomphale, du siècle précédent, est de style renaissance. L'ossuaire de Saint-Thégonnec est gothique avec une façade renaissance, dont l'ornementation rappelle le gothique flamboyant. Les intérieurs présentent une décoration baroque richement colorée qui mêle les sujets profanes et religieux dans un style local mais également influencé par les artistes italiens, français et flamands. Des inscriptions, sur l'église, l'ossuaire ou le calvaire renseignent sur le nom du recteur et du fabricien, ou délivrent un message au paroissien (en breton, latin ou français)[56].
Église
Les églises bretonnes se distinguent d'abord par leurs clochers largement ornés (balustres, clochetons, crochets, pinacles), ensuite par leurs porches. Les grands porches servent à la fois d'entrée principale et de lieu de réunion des conseils de paroisses. Ils forment des ensembles architecturaux autonomes et comportent souvent une galerie de saints ou d'apôtres[63]. Les églises ont été agrandies par une sacristie dont l'architecture la rend facilement reconnaissable de l'extérieur. L'intérieur de l'église possède un foisonnement d'éléments en bois sculptés et colorés. Elle est notamment recouverte d'une voûte lambrissée (permise par la forêt locale, et bâtie par des charpentiers de marine), contient des fonts baptismaux sous un baldaquin, et le mur oriental (chevet et transept) est recouvert de retables baroques[64].
Le clocher
Le clocher est un élément important de l'enclos car il est le premier élément visible et donc motif d'orgueil pour les différentes paroisses, ce qui explique leur fort développement. Ainsi, le clocher initial de Pleyben a été doublé d'un deuxième clocher de 47 m au-dessus du porche méridional. Cette construction a été suivie d'une construction semblable à Saint-Thégonnec. De même, le clocher de Roscoff reprend le style du clocher de Berven[65]. Les clochers sont généralement construit à l'ouest, au milieu de la façade occidentale. Certains clochers sont construits au sud, au-dessus du porche, pour former un clocher-porche[19].
Il existe plusieurs styles de clochers identifiés[48]. Les clochers en Basse-Bretagne sont entièrement construit en pierre, tandis qu'en Haute-Bretagne ils sont essentiellement à flèche d'ardoise[66]. Les plus élevés sont le type Kreisker, reprenant le style de la chapelle de Saint-Pol-de-Léon (78 m, le plus haut de Bretagne) : la tour abritant les cloches est percée de lancettes, et surmontée d'une flèche entourée de clochetons d'angle (Sizun). Les clochers léonards possèdent deux galeries à balustres autour de la chambre des cloches, et sont surmontés d'une flèche octogonale (La Roche-Maurice). Les clochers cornouaillais sont similaires mais avec une seule galerie (Ploudiry). Les clochers de type Beaumanoir sont des clochers trégorois caractérisés par une tourelle d'escalier le long d'un clocher-mur (Guimiliau). D'autres clochers trégorois sont visibles dans les enclos, tel le clocher-porche carré (Saint-Jean-du-Doigt)[66]. Tous possèdent une flèche gothique. Les clochers à dôme sont plus tardifs car ils résultent de l'influence de la Renaissance italienne et s'observent en Cornouaille (Le Faou) et dans le Léon (Berven). La flèche gothique est remplacée par une succession de lanternes coiffées de dômes, de même que les pinacles d'angle. Certains sont plus sobres et ne possèdent pas de clochetons, notamment dans les monts d'Arrée (Commana)[65],[67].
- Clochers
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Type Kresker, Sizun.
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Type Léonard, La Roche-Maurice. -
Type cornouaillais, Ploudiry. -
Type trégorois Beaumanoir, Guimiliau. -
Type cornouaillais renaissance, Le Faou. -
Type léonard renaissance, Berven. -
Type montagnard, Commana.
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Clocher-Porche, Saint-Thégonnec. -
Clocher-porche trégorois, Saint-Jean-du-Doigt.
Le porche méridional
Le porche méridional devient un élément de l'enclos au XVe siècle à La Martyre et Saint-Jean-du-Doigt. Il est fortement ouvragé et prend la forme d'un pignon[67]. L'intérieur est également très ouvragé, avec souvent les sculptures des douze apôtres et du Christ. Des bancs sont disposés afin de permettre des activités comme le commerce ou les réunions (notamment les réunions du conseil de fabrique)[68]. Leur position au sud les met à l'abri des pluies et des vents d'ouest. Le porche peut être surmonté du clocher, formant ainsi un clocher-porche méridional (Saint-Thégonnec, Pleyben). Le porche latéral peut très rarement être situé au nord de l'église (Cléden-Poher)[67]. Certains porches, typiques du Trégor, sont souvent d'architecture plus sobre et disposent d'une chambre-forte à l'étage (Plounéour-Ménez). Le porche méridional est absent de certaines églises (Plourin-lès-Morlaix) ou remplacé par un portail (La Roche-Maurice)[19].
Les premiers porches présentent une architecture gothique (La Martyre, Sizun), et intègrent progressivement des éléments Renaissance (Lampaul-Guimiliau, , Pencran, ). Le style devient résolument Renaissance après la construction du château de Kerjean (Lanhouarneau, )[69]. Le porche de Lanhouarneau est ainsi entourée de colonnes baguées inspirées de Philibert de l'Orme[70]. Le style architectural s'observe également à l'intérieur du porche, depuis une forme sobre (Le Faou) jusqu'à une forte exubérance (Commana)[19].
- Porches méridionaux
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Clocher-porche, Pleyben -
Porche gothique, La Martyre
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Porche gothique, Sizun.
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Porche renaissance, Lanhouarneau.
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Intérieur du porche renaissance, Le Faou. -
Intérieur du porche renaissance, Commana.
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Porche trégorois, Plougonven. -
Absence de porche méridional, Plourin-lès-Morlaix. -
Portail, La Roche-Maurice.
La sacristie
La sacristie est l'élément qui sera fortement développé à partir du XVIIe siècle[71], en particulier après pour permettre les délibérations du conseil de fabrique. La sacristie est souvent hors-œuvre, ce qui permet de développer une architecture autonome[19]. variation architecturale de la sacristie se retrouve dans son plan et dans son toit. Le plan peut être, dans sa forme originale, rectangulaire à deux niveaux, avec un toit simple (Lampaul-Guimiliau) ou en carène (Bodilis, Sizun), et parfois d'un seul étage (Locmélar). D'autres ont un plan quadrilobé avec un toit en dôme entouré de toits coniques (Guimiliau) ou coupoles (Pleyben), voire avec un dôme et un lanternon (La Martyre)[69].
- Sacristies
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Toit simple, Lampaul-Guimiliau. -
Carène, Bodilis.
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Carène, Sizun. -
Un étage et carène, Locmélar. -
Quadrilobé et conique, Guimiliau.
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Quadrilobé et coupoles, Pleyben.
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Dôme et lanternon, La Martyre.
Le chevet
Le chevet des églises est généralement plat, ouvert d'une maitresse-vitre (Les Iffs). Plusieurs églises du Léon et du Trégor ont un chevet polygonal très ouvragé, à noues multiples, du style Beaumanoir (Bodilis). Ce style est souvent simplifié en conservant uniquement les trois pans (Commana). Il existe de rares chevet semi-circulaires (Ploudiry)[19],[67].
- Chevets
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Chevet plat, Les Iffs.
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Chevet Beaumanoir, Bodilis.
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Chevet polygonal simple, Tréflévénez.
La décoration et le mobilier

L'intérieur des églises bretonnes est richement décoré dans un style baroque. Les éléments sculptés, et souvent peints, ayant trait tant au sacré qu'au profane, sont nombreux. L'église possède notamment une voûte lambrissée de bois peinte d'azur et étoilé pour évoquer la voûte céleste. Elle repose sur des sablières sculptées de nombreux personnages. Les entraits (poutres transversales) qui la supportent possèdent souvent aux extrémités des engoulants, têtes de monstres (dragons) dont la gueule est bouchée par la poutre. Les blochets peuvent également être sculptés de figures humaines, comme les quatre évangélistes (Locmélar)[19],[67]. Comme dans toute la France, les jubés ont majoritairement été détruits à la suite du concile de Trente, puis de la Révolution française, d'autres ont été réemployés comme tribune d'orgue. Il reste cependant des jubés à Berven, Goulven (tribune d'orgue), La Martyre, La Roche-Maurice, Loc-Envel, et Saint-Herbot[72]. Des poutres de gloire ont également été conservées (Lampaul-Guimiliau).
Le mobilier est également riche et coloré[73] : les retables polychromes sont en marbre en Haute-Bretagne et en Vannetais (Morbihan), et souvent en bois dans le reste de la Basse-Bretagne[74]. Les retables sont nombreux et fortement sculptés, baroques ou classiques[67], peints et dorés, tapissant le mur oriental du chœur et du transept. Il s'agit du principal objet mobilier commandé par les fabriques[19]. L'installation des retables a causé la destruction de nombreux vitraux. Il reste néanmoins des vitraux du XVIe siècle représentant la Passion ou la Crucifixion (La Martyre, Pleyben). Les vitraux du XVIIe siècle sont des verres blancs (Lannédern)[19]. Des vitraux modernes sont installés au XXIe siècle (Saint-Jean-du-Doigt). Une autre particularité sont les baldaquins fortement sculptés des fonts baptismaux, eux aussi sculptés[74]. Cette sculpture baroque peut aussi se retrouver sur la chaire de certaines églises, comme à Saint-Thégonnec. Plusieurs orgues ont conservé leur buffet du XVIIe siècle (Pleyben)[19]. Certaines églises, sur la côte, sont décorés d'ex-voto marins, comme à Primelin[75].
- Intérieurs d'églises
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Voûte peinte de l'église de La Roche-Maurice avec des engoulants. -
Engoulants de Lannédern. -
Sablière de Pleyben. -
Blochet, Roscoff. -
Jubé de l'église de La Martyre. -
Poutre de gloire, Lampaul-Guimiliau.
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Fonts baptismaux de l'église de Guimiliau. -
Le retable Saint-Anne, baroque, à Commana.
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Retable du Rosaire, classique, Le Faou. -
Chaire de Saint-Thégonnec.
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Vitrail, descente du Christ aux Enfers, La Martyre. -
Vitrail blanc, Lannédern. -
Vitrail moderne, Saint-Jean-du-Doigt.
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Orgue, Pleyben. -
Ex-voto, Primelin.
Porte triomphale ou arc de triomphe
L'entrée principale de l'enclos, réservée aux cérémonies, est matérialisée par un portail architecturé, la porte triomphale. Celle de Pleyben est nommée en breton Porz ar maro[22], « Porte de la mort » car elle marque l'entrée du cimetière. Elles sont généralement construites au XVIIe siècle. On retrouve des portes de style gothique, comme la porte en anse de panier de Saint-Jean-du-Doigt, et de style renaissance, comme la porte en arc de triomphe de Berven. Elle peut être surmontée d'un calvaire comme celle, gothique, de La Martyre, l'une des plus anciennes (1450)[19], ou celle, renaissance, de l'enclos de Sizun[69]. Au XVIIe siècle, le déplacement de la vie de l'enclos à l'intérieur de l'église conduit à faire des portes monumentales plus simples, comme à Plounéour-Ménez ou à Pleyben, au profit du porche de l'église[76]. Sans pouvoir présumé d'une date de construction, certains enclos n'ont que des piliers sculptés pour marquer l'entrée (Dirinon)[19].
- Portes triomphales
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Gothique (avec calvaire), La Martyre.
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Gothique, Saint-Jean-du-Doigt.
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Renaissance (avec calvaire), Sizun. -
Renaissance, Berven. -
Tardif, Plounéour-Ménez.
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Porz ar maro, tardif, Pleyben. -
Piliers sculptés, Dirinon.
Ossuaire (ou reliquaire)
L'ossuaire est destiné à recevoir les ossements retirés de l'église pour libérer de la place. Il était auparavant nommé reliquaire, et en breton ar garnel (« le charnier »)[67]. Les ossuaires monumentaux sont principalement construits en Basse-Bretagne et sont situés dans la partie ouest ou sud-ouest des enclos[77]. Les plus anciens datent du XVe siècle (Saint-Jean-du-Doigt, Lanrivain). Le plus abouti est celui de l'enclos de Saint-Thégonnec[78], bien qu'il n'ait jamais accueilli d'ossements et servit plutôt de chapelle (il y avait deux autres ossuaires dans l'enclos). La plupart des ossuaires ont été vidés de leurs reliques, hormis, dans le centre des Côtes-d'Armor, dans le Kreiz Breizh, ceux de Lanrivain, Trégornan, Bothoa et Gouarec[79]. Le dernier ossuaire construit est celui du Moustoir-Remungol en . Certains enclos possèdent deux ossuaires lorsque le premier devient insuffisant (Roscoff, Saint-Jean-du-Doigt)[80].
Les ossuaires peuvent se distinguer en deux catégories : les ossuaires attachés au porche méridional (Saint-Herbot), dits ossuaires d'attache, et les ossuaires autonomes, généralement de plus grande dimension, le long de l'enceinte de l'enclos, dont celui de Pleyben serait l'archétype[81]. Comme pour le reste de l'enclos, certains sont gothiques, comme à Pleyben et Plougonven (-), et d'autres renaissances[69], comme à Sizun () et Saint-Thégonnec (). Les deux ossuaires de Roscoff sont des deux styles, l'un gothique et l'autre renaissance. Ils sont généralement de forme rectangulaire, mais ceux de Lampaul-Guimiliau et de Saint-Thégonnec ont une abside de style Beaumanoir. L'existence d'une fenêtre au pignon indique le rôle de chapelle qu'à pu avoir l'ossuaire[19]. De rares ossuaires possèdent une crypte (Lampaul-Guimiliau et Saint-Thégonnec)[82].
Les ossuaires ont un décor macabre et des inscriptions adressées au fidèle. Les sculptures représentent notamment l'Ankou qui brandit une faux (Braspart) ou une flèche (Cléden-Poher), des crânes et des os (Guimiliau), voire une danse macabre (Ploudiry). Les inscriptions peuvent être en latin (« Requiescant in pace » (« Reposez en paix »), Saint-Thégonnec), en français (« Bone gent que icy passes priez dieu pour les trepasses », Ploudiry), et en breton (« An maro an barn an ifern ien ра но soing den e tle crena fol eo na preder e speret guelet ez eo ret decedi » (« La mort, le jugement, l'enfer froid Lorsqu'il y pense l'homme doit trembler Fol est celui dont l'esprit ne réfléchit Qu'il faut que chacun meure »), La Martyre)[83]. À noter que l'« enfer froid » de l'inscription bretonne peut renvoyer davantage à une vision celte que chrétienne de la mort[N 2].
- Ossuaires
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Ossuaire d'attache, renaissance, Saint-Herbot. -
Gothique, Plougonven.
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Renaissance, Sizun. -
Renaissance, Saint-Thégonnec.
Calvaire

La Bretagne a une longue tradition de monuments religieux, depuis l'époque des menhirs, puis par ses nombreuses croix érigées le long des chemins, aux carrefours, ou encore sur le littoral ; les enclos présentent des calvaires qui peuvent être qualifiés de monumentaux[84]. Signes protecteurs, ces calvaires imposants ont été préservés pendant la Révolution puis à l'ère industrielle quand certains villages ont été abandonnés. Beaucoup de peintures bretonnes représentent ainsi des villageois s'agenouillant au pied de leurs calvaires[85]. Les calvaires avaient à leur pied des tables d'offrandes, et servaient donc de lieux d'offrandes publiques[86].
Le calvaire monumental représente autour de la Passion du Christ toute l'histoire sainte, forçant l'émotion et l'adoration par sa complexité, et représentant la résurrection de Jésus et sa gloire par sa verticalité[87]. Le premier de ces grands calvaires serait celui de Lanrivain, en [81]. Celui de Guimiliau (), riche de deux cents personnages pouvait servir à l'instruction religieuse des fidèles. Les thèmes représentés sur les calvaires sont généralement ceux de la vie du Christ (naissance, enfance, Passion, résurrection), de la mort (thème fréquent en Bretagne, qui trouve ses racines dans la tradition celte), des thèmes liés à la Contre-Réforme également (Rosaire, Sainte Famille, Anges gardiens...) ainsi que des saints vénérés localement (saint Roch, saint Sébastien, saint Isidore, etc.). Jusqu'au XIXe siècle, les fidèles et voyageurs pouvaient y observer encore des traces de polychromie (typiquement une tunique rouge pour les personnages romains, ocre et bleue pour les personnages liturgiques)[88],[N 3]. « Véritable bande dessinée à l'instar des vitraux conçus à l'origine pour permettre une lecture plus rapide des grandes scènes des Évangiles ou des Vies des saints, les calvaires font foisonner une multitude de personnages qui leur confèrent une tonalité épique et vivante[89] ».
De nombreux calvaires sont assez simples (Cléden-Poher, Le Tréhou). Certains calvaires sont limités à quelques personnages au pied de la croix du Christ, sans les deux croix des larrons (Commana). Quelques-uns ont été édifiés sur la porte triomphale (La Martyre, Sizun) ou un échalier (Pencran). Il faut également mentionner le calvaire de Pleubian qui peut également servir de chaire à prêcher, et dont l'usage est à rapprocher des portes triomphales qui disposent d'un chemin d'accès pouvant servir au prêche[90]. Le calvaire de Kergrist-Moëlou, rare calvaire d'importance en dehors du Finistère, a malheureusement été fortement endommagé lors de la Révolution française[91].
- Calvaires
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Calvaire, Lanrivain. -
Calvaire, Cléden-Poher. -
Calvaire sans les deux larrons, Commana.
-
Calvaire sur un échalier, Pencran. -
Calvaire sur porte, La Martyre. -
Calvaire-Chaire, Pleubian. -
Calvaire de Kergrist-Moëlou.
Il existe également sept calvaires particulièrement ouvragés, avec de nombreux personnages sculptés, que l'on qualifie de monumentaux[92]. Six de ces calvaires monumentaux sont dans des enclos. Cinq sont dans le Finistère, ceux de Plougonven, Saint-Thégonnec, Guimiliau, Plougastel-Daoulas, et Pleyben. Le sixième, celui de Guéhenno, est dans Morbihan. Le septième calvaire monumental, celui de Tronoën (à Saint-Jean-Trolimon, Finistère), n'est pas dans un enclos paroissial[93].
- Calvaires monumentaux
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Calvaire monumental, Plougonven.
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Calvaire monumental, Saint-Thégonnec.
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Calvaire monumental, Guimiliau.
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Calvaire monumental, Plougastel-Daoulas. -
Calvaire monumental, Pleyben. -
Calvaire monumental, Guéhenno.
Mur d'enceinte, placître et cimetière

Le mur de clôture se développe à partir du XVIe siècle afin de délimiter l'espace sacré autour de l'église : le placître[67]. Il est généralement constitué de moellons de pierre locale, plus rarement en pierre de taille (Berven)[19]. Généralement les diverses entrées de l'enclos sont barrées par des échaliers, dalles de pierre verticales qu'il faut enjamber. Cette dalle était destinée à empêcher les animaux domestiques de pénétrer dans l'enceinte sacrée, notamment dans le cimetière. Cette précaution fait que le portique d´entrée, toujours ouvert, comporte une marche pour monter, un petit muret à enjamber et une marche pour descendre. L'enclos était ainsi protégé de l'intrusion animale. On voit très nettement cette particularité à Plounéour-Ménez. À l'intérieur de cet enclos se trouve le placître, qui désigne la place située autour de l'église délimitée par l'enclos[94]. L'échalier a également une fonction symbolique, celle d'empêcher l'entrée des animaux domestiques, en particulier des animaux à sabot, et donc des démons[95].
Initialement, les placîtres étaient en herbe, avec éventuellement des arbres dont la vente du bois assurait quelques revenus à la paroisse. Les jours de foire, la fabrique paroissiale autorisait la présence de boutiques, bénéficiant ainsi des redevances payées par les marchands ambulants. Depuis le XIVe siècle, les morts étaient inhumés dans les églises, les places les plus proches des autels étant les plus recherchées. Le sol des églises n'offrant qu'un espace assez restreint, pour procéder à de nouvelles inhumations on retirait les ossements des morts anciens que l'on déposait dans un ossuaire, appelé aussi « reliquaire » ou « charnier ». Lorsque ceux-ci étaient remplis, les ossements étaient alors déversés dans des fosses dans les cimetières du placître. En , le parlement de Bretagne interdit l'inhumation dans les églises et même si les recteurs (curés) ont bien du mal à faire respecter cette interdiction, progressivement l'habitude se prend d'inhumer les morts hors de l'église, dans l'enclos[21]. Dès lors, un cimetière se développe dans le placître. De nombreux cimetières seront déplacés hors de la ville au XIXe siècle[96].
Fontaine, if et mégalithe
Héritiers des croyances préchrétiennes, les enclos peuvent également comporter des fontaines[67], à vocation miraculeuse, des ifs[97], symboles d'éternité, et des mégalithes néolithiques[98]. Par exemple, des fontaines existent à proximité de l'enclos de Rumengol[99] et de celui de Loguivy-lès-Lannion[100]. Une rare fontaine Renaissance de Saint-Jean-du-Doigt () est présente. Un mégalithe est visible dans celui de Bourg-Blanc[101]. L'enclos de Kergrist-Moëlou possède plusieurs ifs[102].
Enclos et vie locale
Fonctions sacrées et profanes
Les enclos, construits autour des églises, avaient une fonction sacrée, mais également sociale, au cœur de la Basse-Bretagne rurale. Ils sont nourris de la spécificité religieuse de la Bretagne et de ses racines préchrétiennes, notamment dans son rapport à la mort (Anaon, Ankou, intersignes). L'absence de cimetière lors de la construction des enclos (XVe – XVIIe siècles) a permis de diversifier l'usage du placître, et d'y construire des monuments imposants et très ouvragés[5].

L'enclos délimitait l'espace sacré, ouvert par une porte monumentale. Les enclos proposent un parcours de la mort vers la résurrection : après être passé devant l'ossuaire et avoir vu l'Ankou, le retable dans l'église donne une riche représentation du paradis[103]. L'ensemble des morts de la paroisse était enterré dans l'église (et pas seulement les notables et les ecclésiastiques). Des ossuaires ont donc été construits afin de libérer de la place dans les églises. Ainsi, les habitants qui se rendaient dans l'église passaient devant les ossuaires, dont les ouvertures laissaient voir les ossements que les passant aspergeaient d'eau bénite[104]. Les cimetières ne prendront la fonction de « champs des morts » qu'à partir du XVIIIe siècle, bien qu'ils aient possédé cette dénomination bien avant. Les calvaires permettaient également de faire des offrandes publiques (tables d'offrandes à Lopérec). Les placîtres étaient aussi des lieux de prêche, où les prêtres pouvaient monter sur certains calvaires (Plougastel-Daoulas) ou sur certaines portes monumentales (Saint-Jean-du-Doigt). Certains enclos sont le siège de pardons réputés attirant une foule nombreuse. Par exemple, l'enclos de Rumengol est un sanctuaire connu pour son pardon, qui a été enrichi au XIXe siècle d'une chapelle néogothique permettant d'effectuer des messes en extérieur[105].

L'enclos n'était pas réservé aux activités religieuses, et nombre d'activités profanes, comme des réunions et le commerce, mais aussi l'étendage du linge et le séchage de la paille, s'y déroulaient. Le placître servait également à de grands évènements comme les foires, une des plus importantes de Bretagne se déroulait dans l'enclos de La Martyre[6]. Cela explique le développement de porches imposants au niveau du clocher (clocher-porche de Saint-Thégonnec) ou d'une porte sud de l'église (porche de Trémaouézan), qui sont équipés de bancs. Cet usage de l'enclos comme lieu de rassemblement de la communauté, mais également comme lieu de passage des commerçants (qui circulent entre les paroisses), explique l'importance de l'embellissement des enclos et de leur préservation jusqu'à aujourd'hui. Si les enclos ont fortement perdu de ces fonctions premières (de nombreux cimetières ont été déplacés à l'extérieur des bourgs, et la pratique religieuse a décliné), ils conservent une fonction identitaire, et deviennent source d'attrait touristique[17].
Artistes et personnalités liés
Les commandes sont réalisées par le conseil de fabrique. Pour les enclos bretons, il s'agit de personnes élues chaque année par un conseil de paroissiens, généralement de riches marchands. La fabrique gérait les biens de la paroisse, les dons, ainsi que les grands travaux des enclos. Leur nom est inscrit sur les monuments dont ils ont permis la construction. Le conseil se réunissait sous le porche méridional de l'église, ce qui explique la présence de bancs, puis au XVIIIe siècle dans la sacristie. Si les constructions en elles-mêmes sont le fait d'ouvriers spécialisés et d'artistes, les paroissiens participent néanmoins activement à la construction par le charroi des matériaux. Les noms qui sont associés aux constructions sont généralement ceux du conseil de fabrique et du recteur[65].

Les enclos ont été produits par des artistes locaux, influencés par la Renaissance française par le biais des ouvrages illustrés (notamment par Philibert Delorme). La famille de Beaumanoir, en particulier Philippe de Beaumanoir, est réputée être à l'origine du style Beaumanoir, une architecture d'église initiée en à la chapelle Saint-Nicolas de Plufur[106]. L'un des rares artistes connus est le sculpteur Roland Doré, qui a principalement œuvré sur des calvaires mais aussi des porches, des ossuaires et des sacristies, entre et [107]. Il y a aussi le Maître de Plougastel (-) dont l'atelier est principalement connu pour le calvaire de Plougastel-Daoulas, mais dont les œuvres se retrouvent dans de nombreux enclos. On recensera également Bastien et Henri Prigent pour le calvaire de Plougonven. Le travail du bois, pour les retables et les sablières, a également nécessité l'intervention de sculpteurs locaux comme Berthouloux, Lerrel ou Le Roux. Ils seront remplacés à la fin du XVIIIe siècle par les sculpteurs de la marine de Brest, tel Antoine Chavagnac, au profit d'un style plus académique dit « versaillais ». La position de carrefour commercial de la pointe bretonne peut expliquer les influences ou les productions françaises ou étrangères. Par exemple, un retable de Saint-Thégonnec reprend L'assomption de la Vierge, de Nicolas Poussin, tandis que des panneaux de retables présentent une influence flamande (d'après Rubens à Lampaul-Guimiliau, et Jordaens à Bodilis)[19] et que le retable de la chapelle d'Ergué-Gabéric a été produit dans un atelier d'Anvers. De même, certaines verrières de l'église de Guengat ont été dessinées par un artiste de Nuremberg[108], et les gravures de Dürer sont des sources d'inspiration pour établir des cartons[109]. Plusieurs buffets d'orgues ont été réalisés par les Dallam, des facteurs d'orgues anglais installés dans le Léon. Des bas-reliefs d'albâtre d'un retable de Roscoff ont été produits à Nottingham (Angleterre)[110]. Des artistes continueront à œuvrer dans les enclos au cours des siècles, comme Yann Larhantec (-) qui a sculpté des autels, des calvaires et des statues, et a notamment restauré des monuments dégradés durant la Révolution française[111]. De même, Yan’ Dargent (-), originaire de Saint-Servais, y a peint une fresque et des tableaux pour l'enclos de Saint-Servais[112].
Quelques personnalités publiques ont également interagi avec certaines églises des enclos. Ainsi, Saint-Jean-du-Doigt a été fondé par le duc Jean V et financé par Anne de Bretagne[9]. L'église de Rumengol, sanctuaire important, a notamment reçu des ex-voto de La Pérouse du duc de Wellington[113]. En , le sanctuaire reçoit la visite de Napoléon III lors de son tour de Bretagne[114]. L'auteur breton Anatole Le Braz a raconté le pardon de Sain-Jean-du-Doigt[115].
Iconographie
Faisant suite au concile de Trente et à la Contre-Réforme, les enclos ont une vocation pédagogique (catéchisme)[95] qui explique la richesse des sculptures du calvaire et des retables, ainsi que l'iconographie des vitraux. On y retrouve l'ensemble de la vie du Christ et de Marie, ainsi que la Passion sur les calvaires. Les thèmes des retables sont principalement le rosaire, la Sainte Famille, l'ange gardien et saint Joseph, patron des agonisants et de la Bonne Mort[16]. La sculpture, généralement peinte, qu'elle soit décorative, sacrée ou profane, se déploie sur l'ensemble de l'enclos, tels la porte triomphale et l'ossuaire. Dans l'église, la sculpture est abondante sur le porche méridional et à l'intérieur, sur les sablières et les entraits (engoulants) de la charpente. Des textes en latin, en français ou en breton, peuvent préciser le message spirituel adressé au paroissien. La présence de l'Ankou, personnification de la mort chez les Bretons, est fréquente, notamment sur l'ossuaire[14]. Celle des apôtres est fréquente dans le porche méridional, et, dans l'église, sur les sablières de la charpente, celle de personnages laïques comme des sonneurs de biniou[73]. Des sculptures peuvent faire référence à des activités locales, comme les bateaux sculptés présents à Roscoff[110].
- Décors sculptés et peints des enclos
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Ankou à La Martyre.
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Ankou à Ploudiry.
-
Sirène de Sizun.
-
Inscription à La Martyre.
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Inscription à Guimiliau. -
Sculpture à Guimiliau. -
Bateau à Roscoff. -
Lambris peint de Saint-Divy.
-
Sablière et engoulant de Roscoff. -
Sablière de Pleyben. -
Joueur de biniou, sablière de Pleyben. -
Sablière à Lannédern. -
Représentation de travaux agricoles, sablière de La Roche-Maurice. -
Engoulant et scène sacrée à Lampaul-Guimiliau. -
La Mise au tombeau de Lampaul-Guimiliau. -
Détail d'un retable à Commana.
Les enclos remarquables
Les auteurs recensent entre 40 et 100 enclos en Bretagne, en fonction des critères retenus (calvaire, ossuaire, retable, sacristie ...)[54],[116],[117]. Les enclos les plus ouvragés se concentrent majoritairement en Basse-Bretagne, dans le nord du Finistère (nord-Cornouaille et Léon), dans la vallée de l'Elorn. On en retrouve néanmoins jusque dans le sud-Finistère, dans les Côtes-d'Armor (Kergrist-Moëlou), et quelques-uns dans le Morbihan (Guéhenno). En Haute-Bretagne, des enclos se retrouvent dans l'est des Côtes-d'Armor (Trémeur) et le nord de l'Ille-et-Vilaine (Saint-Suliac, Villamée). De nombreux autres enclos d'aspect moins développé, ou dont les destructions les rendent peu lisibles et de moindre intérêt patrimonial, ne sont pas comptabilisés (Le Faou, Plougastel-Daoulas, Landerneau ...). À noter l'ancien enclos de Quimerc'h, dont l'église est en ruine, mais l'ossuaire a été restauré, et le porche et le calvaire ont été déplacés dans le cimetière[118]. Le projet d'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco, initié par le département du Finistère, a pour objectif de mettre en valeur les enclos les plus représentatifs de cet âge d'or de la Bretagne des XVIe et XVIIe siècles.
- Les enclos paroissiaux de Bretagne
-
Lanrivoaré (Léon, 29). -
Goulven (Léon, 29).
-
Kerdévot (Cornouaille, 29). -
Primelin (Cornouaille, 29).
-
Kergrist-Moëlou (Basse-Bretagne, 22).
-
Guéhenno (Basse-Bretagne, 56). -
Trémeur (Haute-Bretagne, 22).
-
Saint-Suliac (Haute-Bretagne, 35). -
Villamée (Haute-Bretagne, 35). -
Landerneau (enclos détruit, 29). -
Plougastel-Daoulas (enclos détruit, 29). -
Quimerc'h (enclos détruit, 29).
-
Quimerc'h : calvaire et porche dans le cimetière.
| Enclos | Église | Liste indicative
()[17] |
Liste ()[53] | Coordonnées | Illustration |
|---|---|---|---|---|---|
| Bodilis | église Notre-Dame | X | X | 48° 31′ 50″ N, 4° 06′ 59″ O |
|
| Brasparts | église Notre-Dame-et-Saint-Tugen | X | X | 48° 18′ 04″ N, 3° 57′ 24″ O | |
| Châteaulin | église Notre-Dame | X | 48° 11′ 44″ N, 4° 05′ 52″ O | ||
| Cléden-Poher | église Notre-Dame-de-l'Assomption | X | 48° 14′ 07″ N, 3° 40′ 11″ O |
| |
| Commana | église Saint-Derrien | X | X | 48° 24′ 48″ N, 3° 57′ 20″ O | |
| Dirinon | église Sainte-Nonne | X | X | 48° 23′ 52″ N, 4° 16′ 07″ O |
|
| Goulven | église Saint-Goulven | X | 48° 37′ 45″ N, 4° 18′ 05″ O |
| |
| Guimiliau | église Saint-Miliau | X | X | 48° 29′ 18″ N, 3° 59′ 52″ O |
|
| La Martyre | église Saint-Salomon | X | X | 48° 26′ 56″ N, 4° 09′ 36″ O | |
| La Roche-Maurice | église Saint-Yves | X | X | 48° 28′ 23″ N, 4° 12′ 11″ O |
|
| Lampaul-Guimiliau | église Notre-Dame | X | X | 48° 29′ 35″ N, 4° 02′ 25″ O |
|
| Lannédern | église Saint-Edern | X | X | 48° 18′ 09″ N, 3° 53′ 40″ O | |
| Le Faou (Rumengol) | église Notre-Dame | X | X | 48° 18′ 08″ N, 4° 08′ 55″ O | |
| Le Tréhou | église Sainte-Pitère | X | 48° 23′ 24″ N, 4° 07′ 48″ O | ||
| Locmélar | église Saint-Mélar | X | X | 48° 27′ 11″ N, 4° 03′ 58″ O |
|
| Pencran | église Notre-Dame | X | X | 48° 26′ 12″ N, 4° 14′ 07″ O | |
| Pleyben | église Saint-Germain | X | X | 48° 13′ 38″ N, 3° 58′ 11″ O |
|
| Pleyber-Christ | église Saint-Pierre | X | X | 48° 30′ 19″ N, 3° 52′ 26″ O | |
| Plomodiern | chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom | X | 48° 12′ 10″ N, 4° 14′ 05″ O | ||
| Plonévez-du-Faou (Saint-Herbot) | église Saint-Herbot | X | X | 48° 19′ 39″ N, 3° 48′ 33″ O |
|
| Ploudiry | église Saint-Pierre | X | 48° 27′ 10″ N, 4° 08′ 32″ O |
| |
| Plougonven | église Saint-Yves | X | X | 48° 31′ 18″ N, 3° 42′ 44″ O | |
| Plounéour-Ménez | église Saint-Yves | X | 48° 26′ 21″ N, 3° 53′ 33″ O | ||
| Plourin-lès-Morlaix | église Notre-Dame | X | 48° 32′ 09″ N, 3° 47′ 23″ O | ||
| Plouzévédé (Berven) | chapelle Notre-Dame-de-Berven | X | 48° 36′ 19″ N, 4° 06′ 49″ O |
| |
| Roscoff | église Notre-Dame-de-Croaz-Batz | X | X | 48° 43′ 35″ N, 3° 59′ 09″ O |
|
| Saint-Jean-du-Doigt | église Saint-Jean-Baptiste | X | X | 48° 41′ 39″ N, 3° 46′ 22″ O | |
| Saint-Ségal | chapelle Saint-Sébastien | X | 48° 13′ 22″ N, 4° 06′ 28″ O | ||
| Saint-Servais | église Saint-Servais | X | 48° 30′ 41″ N, 4° 09′ 19″ O |
| |
| Saint-Thégonnec | église Notre-Dame | X | X | 48° 31′ 13″ N, 3° 56′ 47″ O |
|
| Sizun | église Saint-Suliau | X | X | 48° 24′ 20″ N, 4° 04′ 42″ O |
|
| Trémaouézan | église Notre-Dame | X | X | 48° 30′ 15″ N, 4° 15′ 17″ O |
Notes et références
Notes
- ↑ Ce fut le cas entre les villages de Guimiliau et de Lampaul-Guimiliau distants seulement de moins de trois kilomètres, comme le relève Florian Le Roy : « Une rivalité de bourg à bourg se donne libre essor. Pendant un quart de siècle, on va lutter à coups de fontaines, de calvaires, de chaires, de croix processionnelles. Dans le même temps, les fabriciens de Saint-Thégonnec et de Guimiliau passent commande, les premiers d'un arc de triomphe, les seconds d'un calvaire de 150 personnages bien comptés avec tout un déploiement de reîtres et de lansquenets, tels qu'ils les ont observés pendant les guerres de la Ligue. Aussitôt Saint-Thégonnec, pour ne pas être dépassé, commande les croix des deux Larrons. Pleyben se paye un porche monumental et finit par un calvaire. Guimiliau veut alors un baptistère, un buffet d'orgues, une chaire à prêcher comme oncques on ne vit ! C'est bon ! Saint-Thégonnec lui réplique par une chaire digne de Saint-Pierre de Rome et une mise au tombeau d'un sculpteur morlaisien, Lespaignol. Toutes les paroisses de la montagne solitaire s'enflamment d'émulation : Sizun aura son arc de triomphe, Commana un porche merveilleux et Bodilis aussi ! » cf. Léon Le Berre, « Conférence de Florian Le Roy sur l'art breton en Haute et Basse Cornouaille », Ouest-Éclair, no 15558, (lire en ligne).
- ↑ À proximité des enclos se trouve le Yeun Elez, marécage réputé pour être l'une des portes des enfers.
- ↑ L'association des 7 calvaires monumentaux de Bretagne lance en le projet « Quand les calvaires étaient peints… » à partir du constat que la plupart des croix et calvaires étaient colorisés. Cette mise en peinture a été réalisée à titre expérimental en utilisant des techniques historiques et plus modernes réversibles. cf. « Rétrospective du projet « Quand les calvaires étaient peints… » », La Gariguette. Magazine d'informations de la ville de Plougastel, no 68, , p. 4.
Références
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- de Beaulieu 2025, p. 4-5.
- Provost 2015, §5-10.
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- Pelletier 2020, p. 6-7.
- ↑ de Beaulieu 2025, p. 15.
- « Enclos paroissial », sur Mairie de Saint-Jean-du-Doigt, (consulté le ).
- Vircondelet 2003, p. 15.
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- Jérôme Thomas, « Les enclos paroissiaux bretons. Une pastorale de la mort ? », Annales de l'Université de Craiova, vol. 9, no 1, , p. 325-351 (lire en ligne [PDF]).
- ↑ « Le protestantisme en Bretagne », sur Musée protestant (consulté le ).
- Pelletier 2020, p. 6.
- « Enclos paroissiaux du Finistère », sur unesco.org, Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (consulté le ).
- ↑ Provost 2015, §16.
- « Les enclos paroissiaux finistériens de la candidature au patrimoine mondial de l’UNESCO - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur relecture.patrimoine.bzh (consulté le ).
- ↑ Pelletier 2020, p. 91.
- Provost 2015, §18-19.
- Le Bars 1961, p. 138.
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Voir aussi
Bibliographie
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- Alain Vircondelet (photogr. Roger Gain), Les enclos bretons : Chefs-d'œuvre de l'art populaire, Paris, Flammarion, , 160 p. (ISBN 2-0801-11612).

Articles connexes
Liens externes
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- Le CIAP Les Enclos
- Association pour la Promotion des Enclos Paroissiaux de la Vallée de l’Élorn
- Enclos paroissiaux du Finistère (unesco.org)
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