English Fairy Tales


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English Fairy Tales est un recueil de 41 contes de fées, réinterprétés par Flora Annie Steel et publiés en 1918 par Macmillan and Co., Limited, à Londres.
Présentation
Illustré par Arthur Rackham, il propose une variété de contes mettant en scène des créatures légendaires, des figures héroïques et des leçons de morale (en). L'ouvrage explore des thèmes tels que la lutte entre le bien et le mal et l'importance du courage et de l'intelligence. Il offre aux lecteurs un aperçu du folklore britannique (en) en proposant une collection exhaustive de récits populaires anglais, rendant ainsi ces histoires accessibles aux lecteurs de l'époque et des générations futures[1]. À l'origine, les contes présentés dans ce livre avaient été principalement publiés en 1890 et 1894 par Joseph Jacobs[2],[3].
Contexte
Steel est une auteure britannique reconnue pour ses contributions à la littérature, notamment dans le domaine de l'histoire et de la culture indiennes. L'un de ses premiers ouvrages, Tales of the Punjab (1894), est ainsi un recueil de contes populaires de la région du Pendjab. Elle a compilé et réinterprété ces histoires, offrant ainsi aux lecteurs un aperçu du riche patrimoine culturel du sous-continent indien [4]. Dans la préface, elle explique l'intention qui l'animait : stimuler l'imagination des enfants tout en fournissant une source précieuse aux adultes étudiant le folklore[5]. Cet intérêt pour la collecte et la préservation des contes traditionnels l'aurait conduite à publier English Fairy Tales[6].
La plupart des contes de Steel, 37, proviennent des recueils de Joseph Jacobs, notamment English Fairy Tales (1890) et More English Fairy Tales (1894). Ce dernier avait rassemblé ces contes à partir de sources écrites et de traditions orales[2],[3]. Dans More English Fairy Tales, Jacobs décrit certains contes du recueil comme des récits absurdes habilement construits, conçus intentionnellement pour amuser les enfants. Il précise que l'humour est une caractéristique de la tradition populaire anglaise[3].
La tradition folklorique anglaise s'est développée au fil des siècles, principalement par le biais des contes, et s'est plus tard reflétée dans la poésie et le théâtre. Ces récits constituent un moyen de transmettre le savoir et les connaissances d'une génération à l'autre[7]. Généralement, les contes de fées ne contiennent que des références superficielles à des lieux, des personnes et des événements réels, et commencent souvent par la formule intemporelle « il était une fois »[8]. Retracer les origines des contes de fées est difficile, car seules leurs formes littéraires ont perduré, mais des chercheurs des universités de Durham et de Lisbonne suggèrent que certains de ces contes pourraient remonter à des milliers d'années, peut-être même jusqu'à l'âge du bronze[9].
Publié en 1918, en pleine Première Guerre mondiale, il est possible que Steel ait conçu ce livre comme une source de réconfort et de distraction pour les lecteurs[10]. Les contes de fées ont toujours été utilisés comme une forme d'évasion, permettant aux lecteurs de s'immerger dans des mondes imaginaires et de s'évader temporairement de la réalité[11]. Ce sentiment d'évasion était renforcé par les illustrations d'Arthur Rackham, illustrateur anglais et figure emblématique de l'âge d'or de l'illustration britannique[12]. Cette période s'étend de 1890 au début de la Première Guerre mondiale et son essor est en partie dû à la grande popularité des livres illustrés comme cadeaux de Noël. Rackham y a largement contribué en illustrant de nombreux ouvrages de Noël[13].
Contenu
Ce recueil se compose d'une série de contes et légendes traditionnels transmis de génération en génération en Angleterre. Il présente spécifiquement la version britannique de ces contes, la distinguant ainsi des autres versions. L'inclusion délibérée de contes britanniques dans le contexte de la publication de l'ouvrage pendant la Première Guerre mondiale suggère un thème nationaliste[10]. Ce thème est manifeste dès le premier conte, St. George of Merrie England (Saint Georges de la joyeuse Angleterre). Il relate les aventures d'un chevalier anglais qui entreprend un voyage héroïque pour sauver une princesse d'un dragon, en tant que membre des Six Champions de la Chrétienté. Parmi eux figurent des chevaliers de France, d'Espagne, d'Italie et du pays de Galles, représentant certains des pays qui se sont unis au sein des Alliés pendant la Première Guerre mondiale pour combattre l'Allemagne[1].
Les chapitres suivants présentent des contes bien connus, maintes fois revisités dans diverses œuvres littéraires, tels que Jack et le Haricot magique, Les Trois Petits Cochons et Le Petit Chaperon rouge. Tout au long de l'ouvrage, ces contes abordent une grande variété de thèmes et de personnages, parmi lesquels des rois, des reines, des sorcières, des animaux parlant (en) et des objets magiques[1]. Le livre contient 58 illustrations, dont 16 planches en couleurs et 42 illustrations en noir et blanc d'Arthur Rackham, qui viennent enrichir les récits et donner vie à l'univers magique des contes[14].
Réception
English Fairy Tales ont été traduits en allemand, japonais, espagnol, chinois, italien et français[15]. Selon une critique du magazine The Bookman (en), « Il serait difficile de trouver un ouvrage plus fascinant et artistiquement réalisé que le recueil de English Fairy Tales revisités par Flora Annie Steel [...]. C'est un véritable festin, un cadeau précieux pour tous les enfants imaginatifs et amateurs d'art »[16]. Les English Fairy Tales ont été publiés dans de nombreuses éditions, dont des éditions limitées de luxe signées par Arthur Rackham. L'inclusion de ses illustrations a été essentielle au succès du livre et a contribué à son accueil[10],[17]. Dans une critique du New York Tribune, Willis Fletcher Johnson (en) écrivait : « On ne verra jamais d'illustrations plus parfaites de scènes de l'enfance que celles de M. Rackham »[18]. Plus d'un siècle après leur publication, les éditions de Noël restent très recherchées par les collectionneurs[19].
La forte demande de contes de fées fut encore favorisée par l'émergence de nombreuses maisons d'édition à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Puis, le déclenchement de la Première Guerre mondiale entraîna une inflation galopante, provoquant un rationnement des ressources et une pénurie de papier, ce qui entraîna une baisse de la production de livres[20]. L'après-guerre, aggravé par la Grande Dépression, exacerba la situation, provoquant un déclin de la demande de contes de fées et de livres en général[21]. Quelques années plus tard, les contes de fées regagnèrent rapidement en popularité. En 1937, Walt Disney, conscient du désir du public d'échapper aux bouleversements d'un monde déchiré par la guerre et les difficultés économiques, lança l'ère des films de contes de fées[22]. Plus tard, après la Seconde Guerre mondiale, les contes de fées furent disponibles en format de poche. Les parents investissaient dans ces histoires pour divertir leurs enfants et leur inculquer de précieuses leçons d'espoir, de bonté et de victoire du bien sur le mal. Les contes de fées ont acquis une large reconnaissance pour leur double rôle d'outils pédagogiques et de sources de divertissement[23].
Depuis la publication de English Fairy Tales par Steel en 1918, le thème des contes de fées a évolué et s'est adapté aux contextes culturels et littéraires changeants. Au fil du temps, la fascination pour les contes de fées et le folklore s'est maintenue, et les générations suivantes ont continué à apprécier ces récits traditionnels. Les perspectives sur le folklore, les rôles de genre et la représentation culturelle ont évolué, donnant lieu à de nombreuses réécritures et adaptations de ces histoires[24].
Au total, Flora Annie Steel a publié une trentaine d'ouvrages, dont certains ont été traduits. Après la parution de ses Contes de fées anglais, elle a publié d'autres recueils de contes, des romans, ainsi que son autobiographie. Parmi ses œuvres figurent : A Tale of Indian Heroes (Un conte de héros indiens) (1923), The Law of the Threshold (La loi du seuil) (1924), The Curse of Eve (La malédiction d'Ève) (1929) et The Garden of Fidelity: Being the Autobiography of Flora Annie Steel (Le jardin de la fidélité : Autobiographie de Flora Annie Steel) (1847-1929)[6].
Arthur Rackham a illustré d'autres recueils de contes, notamment The Allies' Fairy Book (Le livre de contes des Alliés) (1916), Cinderella (Cendrillon) (1919), The Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant) (1920), Irish Fairy Tales (en) (Contes de fées irlandais) (1920) et son propre recueil, The Arthur Rackham Fairy Book (Le livre de contes d'Arthur Rackham) (1933). Il a également illustré des opéras de Richard Wagner et des pièces de William Shakespeare. Dès 1936, des expositions présentant son œuvre étaient organisées dans le monde entier[25].
Références
- (en) Steel et Rackham, « English fairy tales », repository.maastrichtuniversity.nl, (consulté le )
- (en) English Fairy Tales, (lire en ligne)
- « The Project Gutenberg eBook of More English Fairy Tales, by Joseph Jacobs. », www.gutenberg.org (consulté le )
- ↑ R R Clark, The Garden Of Fidelity Being The Autobiography Of Flora Annie Steel 1847-1929, (lire en ligne)
- ↑ « Tales of the Punjab. », digital.library.upenn.edu (consulté le )
- (en-GB) « Steel Flora Annie », Wordsworth Editions (consulté le )
- ↑ (en) « Folktale Stories With Moral Lessons for Kids », VEDANTU (consulté le )
- ↑ (en-US) « Reality Vs. Fairytale In Once Upon A Time », thedailyfandom.org (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Fairy tale origins thousands of years old, researchers say », BBC News, (lire en ligne, consulté le )
- « The Power of Fairy Tales And Nationalism | Children's Literature Student Exhibitions », cla.blog.torontomu.ca (consulté le )
- ↑ « The Value of Some Escapist Literature | Shawn Maust », www.shawnmaust.com (consulté le )
- ↑ (en-GB) Tate, « Arthur Rackham 1867–1939 », Tate (consulté le )
- ↑ (en-US) Rivera, « Celebrating the Legacy of Illustrator Arthur Rackham », blog.bookstellyouwhy.com (consulté le )
- ↑ (de) « English Fairy Tales Retold by F. A. Steel and Illustrated by Arthur Rackham [Signed Limited Edition of 500] von Steel, Flora Annie (F. A.): Good Hard Cover (1918) First Edition., Signed by Artist | The BiblioFile », www.abebooks.de (consulté le )
- ↑ « English Fairy Tales Flora Annie Steel - Treffer », www.worldcat.org (consulté le )
- ↑ (en) « English Fairy Tales. », www.peterharrington.co.uk (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Arthur Rackham First Edition books - Rare & Antique Books », Rare and Antique Books (consulté le )
- ↑ (en) « Original artwork for English Fairy Tales: "Mr and Mrs Vinegar at Home". by RACKHAM, Arthur (illus.); STEEL, Flora Annie.: Signed by Author(s) | Peter Harrington. ABA/ ILAB. », www.abebooks.com (consulté le )
- ↑ (en) « English Fairy Tales, Rackham - AbeBooks », www.abebooks.com (consulté le )
- ↑ (en) « History of publishing - Copyright Law, Intellectual Property, Authorship | Britannica », www.britannica.com (consulté le )
- ↑ (en) « History of Publishing Ep 8: World War I and The Book Club », Bunch, (consulté le )
- ↑ T. Mollet (2019-04-10), A. Teverson (ed.), The American Dream: Walt Disney’s Fairy Tales, Abingdon, UK: Routledge, pp. 221–221, ISBN 978-1-138-21757-7, consulté le 14 août 2023.
- ↑ (en-GB) « The Evolution Of Fairy Tales », The Curious Reader, (consulté le )
- ↑ (en) « Gender Roles as taught by Fairy Tales – Abigail Gurvich ENG170 ePortfolio », hawksites.newpaltz.edu (consulté le )
- ↑ « Arthur Rackham - Illustration History », www.illustrationhistory.org (consulté le )
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