Enseignement pour Mérikarê
| Enseignement pour Mérikarê | |
| Pays | Égypte antique |
|---|---|
| Genre | Sagesse |
| Version originale | |
| Langue | Égyptien ancien |
| Lieu de parution | Égypte |
| Date de parution | Xe dynastie |
L'Enseignement au roi Mérikarê, également intitulé Instructions adressées au roi Mérikarê, est une œuvre littéraire en moyen égyptien, la phase classique de la langue égyptienne, probablement du Moyen Empire.
Genre
Dans ce texte du genre des sagesses, l'auteur fait dire des conseils sur la manière de bien régner et d'éviter le mal à son fils, le futur roi Mérikarê, un roi d'Égypte de la IXe ou de la Xe dynastie pendant la Première Période intermédiaire[1]. Le fait que le roi ne régnait que sur une partie du pays a peut-être permis à l'auteur de cette œuvre une plus grande liberté pour décrire les limites de l'autorité royale que s'il s'était référé à des rois d'une Égypte unifiée ; le texte est en réalité un traité sur la royauté sous la forme d'un testament royal, le premier du genre. Des œuvres similaires ont été créées plus tard dans le monde hellénistique et islamique et, dans le speculum regum, trouvèrent un parallèle en Europe médiévale[1]. À l'instar des « testaments royaux » ultérieurs, l'une de ses fonctions était peut-être de légitimer le roi régnant[2],[3].
Résumé
La première section, en grande partie détruite, traite de la répression des rébellions ; la deuxième, du traitement des sujets du roi. La troisième section donne des conseils sur l'administration de l'armée et des services religieux. La quatrième décrit les réalisations du roi et la manière de les imiter. Ensuite, contrairement au recyclage constant des blocs architecturaux, le roi est enjoint d'extraire de la pierre neuve et non de réutiliser les anciens monuments ; la réalité de la réutilisation est reconnue, mais l'idéal de la construction neuve est loué. De même, la destruction d'un lieu sacré à Abydos est relatée. Le roi exprime des remords, comme s'il assumait la responsabilité de l'impensable qui a dû se répéter tout au long de l'histoire : le sacrilège commis au nom du souverain, passible de châtiment divin lors du jugement des morts[4]. L'importance de préserver la Maât, l'ordre juste du monde, est soulignée. Les deux dernières sections contiennent un hymne au dieu créateur (qui demeure anonyme) et une exhortation à suivre ces préceptes[5].
Le contraste entre le réel et l'idéal fait de cette composition une réflexion sur le pouvoir sans équivalent dans la littérature égyptienne antique.
Sources principales
Le texte est connu grâce à trois papyrus fragmentaires. Ceux-ci ne se complètent que partiellement et le plus complet, le Papyrus de l'Ermitage 1116A, contient le plus grand nombre d'erreurs et d'omissions de copistes, ce qui le rend très difficile à exploiter :
- Papyrus de l'Ermitage 1116A, fin de la XVIIIe dynastie,
- Papyrus de Moscou, Musée Pouchkine des Beaux-Arts 4658, fin de la XVIIIe dynastie,
- Papyrus Carlsberg 6, fin de la XVIIIe dynastie.
Notes et références
- Lichtheim 1980, p. 97.
- ↑ Hoop 1999, p. 310.
- ↑ Layton 1994, p. 137.
- ↑ Morenz 1992, p. 128.
- ↑ Hornung 1996, p. 55.
Bibliographie
- R. B. Parkinson, The Tale of Sinuhe and Other Ancient Egyptian Poems, Oxford World's Classics,
- Stephen Quirke, Egyptian Literature 1800BC: Questions and Readings, Londres, (ISBN 0-9547218-6-1), p. 112-120
- Miriam Lichtheim, Ancient Egyptian Literature, vol. 1, University of California Press, (ISBN 0-520-02899-6), p. 97–109
- Siegfried Morenz, Egyptian Religion, Cornell University Press, (ISBN 0-8014-8029-9)
- Erik Hornung, Conceptions of God in Ancient Egypt: The One and the Many, Cornell University Press, (ISBN 0-8014-8384-0)
- R. Hoop, Genesis 49 in Its Literary and Historical Context, Brill, (ISBN 90-04-09192-0)
- Robert Layton, Who Needs the Past?: Indigenous Values and Archaeology, Routledge, (ISBN 0-415-09558-1)
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