Ernest Gourdon

Ernest Gourdon
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(à 81 ans)
Paris
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Ernest Gourdon, né le à Lyon et mort le à Paris, est un explorateur polaire, géologue, glaciologue, naturaliste et médecin français. Il est principalement connu pour sa participation aux deux expéditions antarctiques dirigées par Jean-Baptiste Charcot au début du XXe siècle.

Biographie

Ernest Gourdon est le fils d’Ernest Léopold Gourdon, négociant, et de Suzanne Mathilde Passebois[1].

Il effectue ses études secondaires à Lyon avant de poursuivre une formation en médecine à Paris, où il obtient son doctorat en 1913[2].

Parallèlement à sa formation médicale, il s’oriente vers les sciences naturelles, en particulier la géologie et l’étude des milieux polaires. Il devient Docteur ès-sciences de l’Université de Paris en 1908[3].

Il participe également à la Première Guerre mondiale au sein du 51e régiment d'infanterie[4].

Expéditions polaires

Ernest Gourdon prend part aux deux expéditions françaises sur le continent Antarctique dirigées par Jean-Baptiste Charcot, en qualité de géologue et de glaciologue[5][6]:

  • la Première expédition Charcot (1903-1905), à bord du Français, une goélette trois-mâts construite à Saint-Malo pour la navigation polaire ;
  • la Seconde expédition Charcot (1908-1910), à bord du Pourquoi Pas ? IV, navire d’exploration polaire équipé de l’électricité, comportant plusieurs laboratoires scientifiques et une bibliothèque. Il deviendra plus tard le premier navire-école de la marine française.
Etat-major du Pourquoi Pas ? (1908)
Etat-major du Français (Buenos Aires, 1903)

Jean-Baptiste Charcot et Ernest Gourdon sont les seuls membres de l’état-major à participer aux deux expéditions françaises en Antarctique au début du XXe siècle[5].

Lors de la première expédition, il rejoint l’équipe à Buenos Aires, avec le naturaliste Jean Turquet, en remplacement de plusieurs membres ayant quitté la mission[6].

L’expédition quitte Ushuaïa en janvier 1904 et atteint l’île Wandel (actuelle île Booth) en mars 1904, où l’équipage hiverne jusqu’en décembre de la même année. Le navire subit ensuite d’importantes avaries, entraînant un retour anticipé vers l’Amérique du Sud. Le Français est finalement revendu à l’État argentin[7].

Ernest Gourdon et Paul Pléneau devant Le Français (hivernage île Wandel, juillet 1904)

Les expéditions auxquelles participe Ernest Gourdon sont considérées comme un succès et contribuent à enrichir les connaissances scientifiques sur le plus vaste désert du monde, grâce à de nombreuses observations océanographiques, météorologiques et géologiques. Environ 4000 kilomètres de cotes sont relevés, plusieurs cartes marines sont dressées et des collections zoologiques et botaniques sont confiées au Muséum national d'histoire naturelle et à l’Institut océanographique de Monaco[8].

Avant la Première Guerre mondiale, Ernest Gourdon participe également à plusieurs campagnes scientifiques en Arctique, notamment à Jan Mayen et dans la Mer du Groenland, en qualité de géologue et médecin[2].

Il effectue également des voyages d’études dans les montagnes Rocheuses, en Tunisie et en Islande[2].

Travaux scientifiques

Carte de l'archipel Wilhem en Antarctique - Esquisse géologique par E. Gourdon (1908-1910)

Dans le cadre de ses missions en Antarctique, Ernest Gourdon mène des campagnes de prospection géologique et glaciologique et réalise de nombreux prélèvements dans des conditions extrêmes[5][6].

Les échantillons collectés sont étudiés après son retour en France, notamment en lien avec le Muséum national d'histoire naturelle[3].

Il contribue notamment à la publication scientifique officielle : Géographie physique, glaciologie, pétrographie des régions visitées par l’expédition antarctique française (1909)[3].

Les collections du Muséum national d’histoire naturelle conservent aujourd’hui plusieurs centaines d’échantillons géologiques récoltés par Ernest Gourdon lors des expéditions Charcot, comprenant notamment roches, sédiments, sables, fossiles et lames minces[9].

Distinctions

Ernest Gourdon est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1907 puis officier en 1914[2].

Hommages

Plaque (hivernage île Petermann, 1909)

Plusieurs formations géographiques antarctiques portent son nom[10]:

Le Pic Louise, culminant à 675 mètres dans l’Archipel Wilhelm a, quant à lui, été nommé en hommage à sa sœur[10].

En janvier 1906, le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts souligne les travaux scientifiques réalisés par Ernest Gourdon en saluant son courage et la qualité des matériaux géologiques rapportés en France[2].

Publications

  • Ernest Gourdon, Géographie physique, glaciologie, pétrographie des régions visitées par l’expédition antarctique française, Paris, Masson et Cie, 1909.
  • Ernest Gourdon, Un hivernage dans l’Antarctique, thèse de doctorat en médecine, Paris, G. Steinheil, 1913.

Bibliographie

  • Jean-Baptiste Charcot, Le Français au pôle Sud, José Corti, 2006.
  • Jean-Baptiste Charcot, Le Pourquoi-Pas ? dans l’Antarctique : 1908-1910, Arthaud, 2003.
  • Nicolas Mingasson, Agnès Voltz, Vincent Gaullier, L'Aventure des Pôles, Charcot explorateur visionnaire, Larousse, 2017.
  • Serge Kahn, Jean-Baptiste Charcot : explorateur des pôles, Glénat, 2015.
  • Dominique Le Brun, Charcot, Tallandier, 2021.

Notes et références

  1. Acte de naissance, Extrait des registres de l’état civil du 6e arrondissement de la ville de Lyon,
  2. « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  3. Ernest Gourdon, « Sciences naturelles: documents scientifiques - Géographie Physique - Glaciologie Pétrographie »,
  4. « Archives départementales et métropolitaines du Rhône - Ernest Gourdon, géologue-glaciologue, compagnon d’expédition de Jean-Baptiste Charcot, officier pendant la Grande guerre » [PDF] (consulté le )
  5. Jean-Baptiste Charcot, Le Pourquoi-Pas ? dans l’Antarctique, Paris, Arthaud,
  6. Jean-Baptiste Charcot, Le "Français" au Pôle Sud : journal de l'expédition antarctique française, 1903-1905, Paris, Flammarion,
  7. « L’épopée du Français et du Pourquoi Pas? Jean-Baptiste Charcot, le Polar Gentleman | Ministère des Armées et des Anciens combattants », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le )
  8. Maison de l'Amérique latine, « Quand Charcot gagnait le Sud », sur Maison de l'Amérique latine (consulté le )
  9. « Collections de science et de la Terre - Colloque organisé par MNHN, la Société géologique de France et le Paleospace de Villers-sur-mer » [PDF],
  10. « Geographic Names Information System », sur edits.nationalmap.gov (consulté le )

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