Ernest Roume

Ernest Roume
Ernest Roume (à gauche), 1916
Fonctions
Président
Société de géographie
-
Gouverneur général de l'Indochine
-
Gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Paris 16e
Nom de naissance
Ernest Nestor Marie Roume
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Distinction

Ernest Nestor Roume ( à Marseille - à Paris 16e[1]) est un administrateur colonial français, ancien gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF), en poste du au .

Biographie

Jeunesse et études

Il est élève à l'École polytechnique (1879)[2].

Parcours professionnel

Entré sur concours au Conseil d'État en 1884[2], il y est auditeur puis devient maître des requêtes en 1895.

  • Maître de conférence
  • Directeur du Commerce extérieur[2].
  • Directeur des Affaires Asiatiques au Ministère des Colonies
  • Missions aux États-Unis, en Angleterre, Belgique et Hollande[2].

Afrique

En 1902, succédant à Noël Ballay, après un bref intérim de Pierre Capest, Ernest Roume est nommé Gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF)[2]. Il est le premier à habiter le Palais du Gouverneur (actuellement le Palais de la République) de Dakar. Il déplace l'administration centrale de l'AOF de Saint-Louis à Dakar, mais le siège du gouvernement du Sénégal reste à Saint-Louis. C'est sous sa gouvernance que l'idée de la Fédération des colonies avec un budget centralisé et un gouverneur général fort prend tout son sens[2]. Il obtient la première ligne de crédit allouée au développement économique des colonies. Surnommé l'architecte de l'AOF, il s'intéresse à la construction du réseau de chemin de fer.

L'année suivante, Ernest Roume entérine le choix de Koulouba par Edgard de Trentinian pour y édifier le siège du gouvernement du Soudan français (Mali).

Il remplace le « Service topographique » par le « Service géographique » de l'AOF

Il met en place le premier système scolaire de type public pour l’ensemble de l'AOF puis l'Afrique-Équatoriale française (AÉF) :

  • L’école de village (ou école de premier degré) : niveaux C.P. et C.E., (langue française, hygiène et calcul)[2]
  • L’école régionale : niveau C.M[2].
  • L’école urbaine : programmes de la métropole sanctionnés par un diplôme, le Certificat d’Études primaires[2].
  • Les écoles fédérales : forment les techniciens et cadres « auxiliaires »[2]

En 1904, il transforme l'escale de Thiès en une Commune Mixte de Premier Degré. Création du service zootechnique et des épizooties, chargés d’orienter et de coordonner les études d’ensemble ayant trait à l’élevage et à la pathologie du bétail.

En 1906, Roume crée le corps des aides médecins indigènes. Il refuse d'effectuer un recensement de l'A.O.F. selon les instructions reçues, car la méthode est impraticable : impossible de connaître toutes les races ou ethnies, ni les religions. Pour Roume, « race » et « tribu » sont deux choses différentes, et il ne faut pas que les recensements « portent les mêmes peuplades tantôt comme tribus, tantôt comme races »...

En 1907, il accepte de prendre Auguste Brunet comme Secrétaire général hors cadre, mais il précise : « Il doit être bien entendu qu'il n'exerce pas effectivement les positions de Secrétaire Général, et qu'en particulier, il n'a aucun droit à exercer éventuellement les fonctions de lieutenant-gouverneur intérimaire ». Il le recommande finalement pour une promotion.

En 1911, il tombe malade et rentre en France. C'est son protégé, William Ponty, qui lui succède[2].

Indochine

En , il part pour l'Indochine dont, jusqu'en , il est gouverneur général. En 1916, il accorde les crédits nécessaires pour l'installation de la station d'altitude de Dankia à Dalat.

En 1923, il devient président du Crédit foncier de l'Indochine[2].

Air France

  • 1933-1935 : ancien président d'Air Orient, il devient président de la compagnie aérienne nationale Air France, qui avait été créée le .

Dans les années 1930, Roume est membre du conseil d'administration de l'École libre des sciences politiques[3].

Citations

« Tout l'enseignement de l'histoire et de la géographie doit tendre à montrer que la France est une nation riche, puissante, capable de se faire respecter, mais en même temps grande pour la noblesse des sentiments[4]. »

« Considérons l'instruction comme chose précieuse qu'on ne distribue qu'à bon escient et limitons en les bienfaits à des bénéficiaires qualifiés. Choisissons nos élèves tout d'abord parmi les fils de chefs et les notables » (1924).

Académie

Distinctions

  • Grand-Croix de la Légion d'honneur[5].

Postérité

Un boulevard porte le nom d'Ernest Roume à Abidjan (Côte d'Ivoire). C'était le cas également d'une avenue à Dakar-Plateau – celle où se trouve le Palais du Gouvernement –, mais dans l'intervalle, elle a été rebaptisée du nom de Léopold Sédar Senghor.

En Guinée, une des trois principales îles des îles de Loos se nomme île de Roume.

Écrits

  • La Conquête des Colonies Allemandes, Bloud & Gay Éditeurs, Paris / Barcelone, 1917.

Voir aussi

Notes et références

  1. Son acte de décès (n° 792) dans le registre des décès du 16e arrondissement de Paris pour l'année 1941.
  2. Anne Bouvier, « Une carrière d’exception : Ernest Roume (X1879) », sur La Jaune et la Rouge, (consulté le )
  3. Gérard Vincent et Anne-Marie Dethomas, Sciences po: Histoire d'une réussite, Plon (réédition numérique FeniXX), (ISBN 978-2-259-26077-0, lire en ligne)
  4. Cité par Bernard Mouralis dans Littérature et développement: essai sur le statut, la fonction et la représentation de la littérature africaine d'expression française (Paris : Silex, [984].
  5. Annuaire officiel de la Légion d'honneur, , p. 2

Bibliographie

  • (en) Paul E. Lovejoy et A.S. Kanya-Forstner (dir.), Slavery and its abolition in French West Africa : the official reports of G. Poulet, E. Roume, and G. Deherme, University of Wisconsin-Madison, 1994, 206 p. (ISBN 0942615220)
  • Jean Chataud, Les Chemins de Fer de l'AOF (1909)
  • Jean-Claude Faur, La mise en valeur ferroviaire de l'AOF (1880-1939) - (Université de Paris. Thèse de doctorat, Faculté de Lettres, 1969)

Articles connexes

Liens externes

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