Ernesta Forti
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Ernesta Forti, née le à Lodi et morte à une date inconnue, est une crémière et anarchiste italienne et française. Elle est surtout connue pour la crèmerie parisienne qu'elle gère avec son compagnon Constant Martin dans les années 1880 et 1890. Cette crèmerie sert de lieu de rassemblement pour un certain nombre d'anarchistes en France à cette période.
Née en Italie, Forti a un fils avant de rejoindre la France, où elle entre dans une relation avec Constant Martin et rejoint le mouvement anarchiste. Elle occupe une crèmerie, rue Jocquelet et est visée par la répression de début 1894, avant d'être expulsée du pays. Réfugiée à Londres, l'anarchiste épouse un autre militant afin d'obtenir la nationalité française et revient en France, où elle reprend la gestion de sa crèmerie.
Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET).
Biographie
Ernesta Forti naît le à Lodi[1]. En 1875, elle a un fils à Milan et le nomme Alfredo Forti[2].
À partir de 1888, Forti, qui est alors en couple avec le communard et anarchiste Constant Martin, tient une crèmerie au 3 rue Jocquelet avec lui[3],[4]. Elle est fichée comme anarchiste pendant la répression de début 1894, en février, perquisitionnée et arrêtée le 27 avec son fils et un consommateur anarchiste, Louis Barbier - que la police soupçonne alors d'être un complice d'Émile Henry[4],[5].
Elle est ensuite expulsée du territoire français comme étrangère le mois suivant, par un arrêté du et rejoint Londres avec son fils[4]. La crèmerie est reprise par la militante anarchiste Clotilde Loth, qui héberge Louis Matha, gérant de l'Endehors, un temps[6].
Pendant ce temps, à Londres, Forti épouse l'anarchiste Joseph Sicard dans un mariage blanc afin d'obtenir la nationalité française pour elle et son fils, que Sicard adopte officiellement[2]. Selon un rapport de la police française, Sicard aurait eu du mal à renoncer aux relations sexuelles avec elle et aurait dû être rappelé à l'ordre par des compagnons[7].
Elle rentre le et présente ses certificats de nationalité aux autorités avant de reprendre la gestion de la crèmerie[8].
En 1895, sa crèmerie est signalée par les rapports des autorités françaises comme réunissant de nombreux anarchistes, dont François Soubrié[9]. Elle aurait reçu pendant cette période Amilcare Cipriani, ancien anarchiste devenu député socialiste, qui serait venu l'informer des efforts qu'il serait en train de mener pour obtenir l'amnistie des anarchistes de Londres[9].
Photographie policière
Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET)[10].
Notes et références
- ↑ Rolf Dupuy, Marianne Enckell et Dominique Petit, « FORTI Ernesta (ou Madeleine) [épouse SICARD, dite femme Constant MARTIN] », dans Dictionnaire des anarchistes, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne).
- Rolf Dupuy, « FORTI, Alfredo, Constant [SICARD, Alfredo] », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- ↑ Rolf Dupuy, « MARTIN, Constant “Gabriel” », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- Rolf Dupuy, « FORTI, Ernesta », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- ↑ Dominique Petit et Rolf Dupuy, « BARBIER, Louis, Alexandre », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- ↑ Rolf Dupuy et Dominique Petit, « LOTH, Clothilde, Caroline [épouse BOSSAUT] », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- ↑ Marianne Enckell, « SICARD Clair, Joseph », sur Le Maitron (consulté le )
- ↑ « La crèmerie Constant Martin », La Nation, , p. 4
- Autorités françaises, « Ba 881 - Ernesta FORTI - rapport de 1895 », Archives de la Préfecture de Police de Paris - courtoisie d'Archives Anarchistes, (lire en ligne)
- ↑ Alphonse Bertillon, Forti. Ernesta. 45 (ou 46) ans, née à Lodi (Italie). Laitière. Anarchiste. 27/2/94., (lire en ligne)
Liens externes
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