Escadron de bombardement 1/94 Guyenne
| Escadron de bombardement 1/94 Guyenne | |
| Création | 1936 |
|---|---|
| Dissolution | |
| Pays | |
| Allégeance | |
| Branche | Forces aériennes stratégiques |
| Rôle | Dissuasion nucléaire |
| Fait partie de | 94e escadre de bombardement |
| Composée de | 2 escadrilles (BR66 et BR129) |
| Garnison | BA 702 Avord |
| Ancienne dénomination | EB 1/93 Guyenne |
| Surnom | EB 1/94 Guyenne |
| Équipement | Dassault Mirage IVA |
| Guerres | Seconde Guerre mondiale Guerre d'Algérie |
L'escadron de bombardement 1/94 Guyenne est une ancienne unité de combat de l'Armée de l'air française qui volait sur le bombardier stratégique biréacteur Dassault Mirage IVA. Prenant ses origines en 1936, à Toulouse, l'escadron a été dissous sur sa base d'Avord le .
Historique
Création
En , à Toulouse, les escadrilles BR66 et BR129 forment le groupe de bombardement II/101 au sein de la 101e escadre de bombardement, sur Bloch 200[1]. Ainsi commence l'histoire du Guyenne. Le , l'escadre devient la 23e du nom[2], et le groupe prend l'appellation II/23[3], nom qu'il conservera jusqu'en 1943.
Doté de Bloch MB.200 jusqu'en , le II/23 participa à de nombreuses grandes manœuvres conduites avant la guerre dans la région de Dijon () et dans le Sud-Est (août-). En , il prit part à la Croisière Impériale, qui le conduisit en Afrique du Nord et en Afrique noire avant un retour en métropole par Istres[3],[4].
Seconde Guerre mondiale
Le groupe participe à la bataille de France à bord de Bloch 210. Son premier combat a lieu le , après avoir décoller depuis Étampes. En 10 jours de combat, le groupe connaîtra la perte de six équipages et de ses deux commandants d'escadrille[5]. Le , le groupe décolle de Toulouse et traverse la Méditerranée. Après l'armistice, le GB II/23 stationne successivement à Blida, Oujda et de nouveau Blida le . Le groupe fait mouvement le sur Meknès où il est rattaché au Groupement de bombardement n° 11. Le groupe II/23 figure au nombre des unités aériennes que la France est autorisée à conserver d'après les conventions de l'armistice. Le personnel est alors transformé sur LeO 451.
Les 24 et , à la suite de la bataille de Dakar, le groupe II/23 participe à des opérations de représailles sur le territoire britannique de Gibraltar. Un des appareils est abattu et s'écrase en mer.
Le , au cours de l'opération Torch, le groupe est chargé, avec le GB I/32 et le GC5, d'intervenir à Fédala. 30 chasseurs et bombardiers sont perdus. Le lendemain, c'est 52 appareils qui sont perdus. La fin des hostilités est annoncée dans la nuit du 10 au .
Le , le groupe reçoit la visite du général de Gaulle. Les jours qui suivent sont consacrés aux préparatifs du départ pour le Royaume-Uni. Le , le personnel arrive par navire à Liverpool et devient alors le Squadron 346 et prend le nom de Guyenne. Les pilotes doivent reprendre les bancs de l'école et sont instruits aux commandes du Vickers Wellington. En , ils sont transformés sur Handley Page Halifax. Le Squadron 346 Guyenne est officiellement créé le sur la base de RAF Elvington, dans le Yorkshire, qu'il partage avec le Squadron 347 Tunisie. Le , le Guyenne, pleinement opérationnel, est désigné comme devant effectuer la première mission de bombardiers lourds français contre l'ennemi[6].
Le groupe participera à de nombreuses missions de bombardement au-dessus de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Allemagne. Le , le Guyenne quitte Elvington pour atterrir à Bordeaux. Le squadron aura participé entièrement à l'activité du Bomber Command au cours de 118 missions entre et . 18 équipages seront perdus.
Le Squadron 346 est officiellement transféré à l'armée de l'air française le . Il reprend son appellation post-conflit, le groupe de bombardement II/23 Guyenne.
Le , le II/23 Guyenne se range sous l'étiquette de la 21e escadre de bombardement en devenant le II/21. Il est finalement dissous le .
Guerre d'Algérie
A peine la guerre d'Indochine terminée, l'Armée de l'air doit faire face à une nouvelle guerre, du type guérilla, en Algérie. Afin d'assurer la formation ou l'entraînement des pilotes et des navigateurs bombardiers, le Centre d'Instruction des Équipages de Bombardement (CIEB 329) est créé à Oran la Sénia et fonctionne à partir du . Celui-ci est dissout le pour donner naissance au GB II/91 Guyenne. Elle exploita des B-26 Invader et RB-26 de reconnaissance aérienne. Les opérations du groupe en Algérie se terminent en , lorsque les pourparlers d'Évian aboutissent à un cessez-le-feu. L'indépendance de l'Algérie est reconnu par la France le .
Durant le conflit, le II/91 aura effectué plus de 7 700 sorties, larguant 5 000 tonnes de bombes et tirant plus de 3 millions de cartouches. 20 membres d'équipage et cinq appareils dont deux RB-26 seront perdus.
Le , le groupe quitte Oran la Sénia pour rejoindra Cazaux. Il laisse ses RB-26 à l'ERP 1/32 Armagnac. Le Guyenne est alors renforcé par le matériel et les personnels en provenance du Gascogne récemment dissous. Le , le GB II/91 Guyenne est de nouveau dissous.
Ère nucléaire
L'escadron de bombardement 1/93 Guyenne est créé par l'instruction n° 0325/EMAA/l/OO/DR du . Le , le premier Mirage IVA de l'escadron, atterri à Istres-Le Tubé. Le , au cours d'une prise d'armes, le Guyenne renaît officiellement de ses cendres, et le Commandant Pintor en prend le commandement. Il fait partie de la 93e escadre de bombardement des Forces aériennes stratégiques. À partir du , l'escadron est déclaré opérationnel et assure alors l'alerte permanente.
En 1968 les Forces Aériennes Stratégiques se tournent vers le bombardement basse altitude, le bombardement supersonique n’étant plus retenu que comme bombardement de remplacement. En 1969, l'escadron est ainsi transformé à ce type de missions.
En 1976, les Forces Aériennes Stratégiques sont réorganisées. L'escadron 1/93 est dissous le et la 93e escadre le . Le , l'escadron de bombardement 1/94 Bourbonnais, de la 93e escadre de bombardement stationné à Avord, prend l'appellation de Guyenne. En 1979, tous les Mirage IVA ont reçu leur peinture camouflage gris/vert, plus adaptée à leur nouvelle mission basse altitude et très basse altitude.
Au mois de , la piste d'Avord étant en réfection, l'escadron s'installe sur le terrain de déploiement à Creil.
Après avoir effectué 20 000 heures de vol sur Mirage IVA, l'escadron de bombardement 1/94 Guyenne est dissous le sur sa base aérienne de Avord.
Les traditions des deux escadrilles du Guyenne seront reprises en 2008 par l'escadron de chasse 1/91 Gascogne pour la BR66, et en 2012 par le groupe de ravitaillement en vol 2/91 Bretagne pour la BR129.
Appellations successives
- Groupe de Bombardement II/101 : au
- Groupe de Bombardement II/23 : au
- Squadron 346 Guyenne : au
- Groupe de Bombardement II/23 Guyenne : au
- Groupe de Bombardement II/21 Guyenne : au
- Groupe de Bombardement II/91 Guyenne : au
- Escadron de Bombardement 1/93 Guyenne : au
- Escadron de Bombardement 1/94 Guyenne : au
Affectations
- 101e Escadre de Bombardement : au
- 23e Escadre de Bombardement : au
- No. 4 Group RAF : au
- 21e Escadre de Bombardement : au
- 2e Groupement aérien tactique de Oran : au
- Commandement aérien stratégique : au
- 93e Escadre de Bombardement : au
- 94e Escadre de Bombardement : au
Escadrilles

- BR66 Faucon égyptien (escadrille de l'EC 1/4 Gascogne depuis 2008)
- BR129 Lapin trimardeur (escadrille du GRV 2/91 Bretagne depuis 2012)
Bases
- RAF Elvington : au
- Base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac : au
- Base aérienne 141 Oran la Sénia : au
- Base aérienne 120 Cazaux : au
- Base aérienne 125 Istres-Le Tubé : au
- Base aérienne 702 Avord : au
Appareils
- Bloch MB.200 : à
- Bloch MB.210 : au
- Lioré et Olivier LeO 451 : au
- Douglas DB-7 : au
- Handley Page Halifax : au
- Douglas B-26 Invader : au
- Dassault Mirage IVA : au
Notes et références
- ↑ « 101ème EB Du 01/07/1935 au 22/10/1936 », sur Traditions-air (consulté le )
- ↑ « 23ème EB Du 22/10/1936 au 01/01/1937 », sur Traditions-air (consulté le )
- « Journal de marche du Guyenne - Chapitre 2 », sur ANFAS (consulté le )
- ↑ « HISTORIQUE GB 2/23 GUYENNE » (consulté le )
- ↑ « Journal de marche du Guyenne - Chapitre 3 », sur ANFAS (consulté le )
- ↑ « Journal de marche du Guyenne - Chapitre 4 », sur ANFAS (consulté le )
Sources
- Henri GUYOT, « Traditions des escadrilles de l'Armée de l'air », sur traditions-air.fr (consulté le )
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