Esclavage dans l'archipel des Comores

Localisation de l'archipel des Comores.

L'esclavage dans l'archipel des Comores suit une histoire différenciée selon les îles de l'archipel.

Histoire de l'esclavage dans l'archipel des Comores

Les abolitions

À Mayotte

Achetée par la France au sultan Andriantsoly le , l'île de Mayotte est une société esclavagiste dirigée par les élites islamisées. L'essentiel de sa population de Mayotte est composée d'esclaves qui ont grandement contribué à peupler et mettre en valeur l'île.

L'affranchissement est promulgué à Mayotte par l'ordonnance du roi Louis-Philippe Ier du , fixant le budget du rachat et de l'émancipation de l'ensemble des esclaves de l'île[1], proclamée à Mayotte les 1er et [2]. De manière atypique, cette ordonnance précède le décret d'abolition générale du .

Des vestiges du domaine sucrier d'Hajangoua, fondé dans les années 1850 un ensemble de 470 hectares, sont encore visibles à Dembeni. Il est édifié après l'abolition de l'esclavage, mais la main d’œuvre y travaille sous un statut proche, l'engagisme. Les lieux sont abandonnés en 1898 après le passage d'un cyclone[3].

Les lieux de mémoire de l'esclavage sont peu nombreux à Mayotte, mais un Jardin de la Mémoire est inauguré à Mamoudzou le sur le front de mer. Il accueille un ensemble de quatre statues figurant des visages (deux sont en pierre et deux en bois), réalisés par quatre artistes : Daolaine Courtis (Réunion), Pekiwa (Mozambique), Rabemanenjara (Madagascar) et Conflit (Mayotte). Ces statues figurent des sous la forme de totems. Le 27 avril 2018, une stèle est ajoutée par le Département[4].

Dans les autres îles de l'archipel

À la suite d'une insurrection des esclaves makua en septembre 1891, l'abolition sur l'île d'Anjouan est proclamée par Saïd Othman, puis réaffirmée le par le sultan Saïd Omar, installé par la France[2]. Par ailleurs, les Britanniques signent un premier traité avec le sultan Selim bin Alawi à Mutsamudu le 8 novembre 1844, puis un second avec le sultan Abdallah bin Mohammed à Bambao le 10 octobre 1882, afin de mettre un terme à la traite[2].

Une révolte makua provoque l'abolition sur l'île de Mohéli en 1902. La Grande Comore n'abolit formellement l'esclavage qu'en 1904, mais il est caduc car déjà remplacé par Le travail forcé et l'engagisme[2]

Notes et références

  1. Jean Martin, « L'affranchissement des esclaves de Mayotte, décembre 1846-juillet 1847 », Cahiers d'études africaines, vol. 16, nos 61-62,‎ , p. 207-233 (lire en ligne).
  2. « es abolitions de l’esclavage aux Comores », sur ac-mayotte.fr (consulté le ) : « Source : « Les abolitions de l’esclavage aux Comores », in Mémoires d’esclavage aux Comores, Archives départementales de Mayotte, 2010 »
  3. « Usine sucrière d'Hajangoua », sur memoire-esclavage.org (consulté le )
  4. « Jardin de la Mémoire - Mamoudzou », sur memoire-esclavage.org (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Claude Chanudet et Jean-Aimé Rakotoarisoa, Mohéli : une île des Comores à la recherche de son identité, Édition l'Harmattan, , 271 p. (ISBN 978-2-7384-8736-0, lire en ligne)
  • M’hamed Oualdi, L’Esclavage dans les mondes musulmans : Des premières traites aux traumatismes, Éditions Amsterdam, coll. « Contreparties », , 256 p. (ISBN 9782354802837, présentation en ligne)
  • Archives départementales de Mayotte, L'esclavage à Mayotte et dans sa région : Du déni mémoriel à la réalité historique, Armen factory, , 168 p. (présentation en ligne)

Articles connexes

Liens externes

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